Psychanalyste

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Psychanalyste
Appellation(s) Psychanalyste
Secteur(s) d'activité Santé mentale
Niveau de formation Universitaire, études privées

Un psychanalyste est un professionnel, qui a été en analyse didactique et est en plus formé sur le plan pratique et théorique à diriger des cures psychanalytiques[1]. « Quiconque a reconnu que le transfert et la résistance constituent le pivot du traitement appartient sans retour à notre horde sauvage[2]. »

Sommaire

Formation [modifier]

La formation du psychanalyste s'effectue dans le cadre d'associations psychanalytiques. En France, du fait de clivages historiques, théoriques ou de questions d'affinité de travail, il existe de nombreuses associations psychanalytiques. Certains psychanalystes appartiennent ou participent aux travaux de plusieurs d'entre elles. La Société psychanalytique de Paris, l'École de la cause freudienne ou l'Association Lacanienne Internationale, sont par exemple trois associations françaises importantes, les seules à avoir demandé et obtenu la reconnaissance d'utilité publique.

Principe de l'analyse didactique [modifier]

Afin de devenir psychanalyste il convient d'avoir effectué une cure psychanalytique approfondie. On parle alors d'analyse didactique. Cette distinction entre analyse didactique et cure psychanalytique date du temps de Freud et a été formalisée à l'Institut psychanalytique de Berlin mais assez rapidement, des analystes se sont rendu compte que c'était bien la cure psychanalytique qui était requise pour devenir analyste et qu'elle ne devait varier en rien de celle d'un analysant "tout venant". Le terme analyse didactique est donc de moins en moins utilisé et on parle ainsi et maintenant plus volontiers de la cure psychanalytique personnelle comme de l'une des conditions à laquelle le candidat doit se prêter pour devenir psychanalyste.

Pratique sous supervision [modifier]

Les premiers pas dans la pratique psychanalytique s'effectuent le plus souvent sous la supervision de collègues expérimentés.

Cursus théorique [modifier]

La pratique de la psychanalyse suppose l'étude universitaire ou para-universitaire des textes théorico-cliniques d'analystes fondamentaux tels que Sigmund Freud, le fondateur de cette discipline, mais aussi Anna Freud, Mélanie Klein, Jacques Lacan et les écoles qu'ils ont fondées ou qui se réclament de leurs enseignements. Le psychanalyste en formation étudie aussi selon ses intérêts et les orientations du groupe auquel il appartient, les écrits des psychanalystes contemporains. Ce travail d'étude de la littérature psychanalytique se poursuit durant la vie professionnelle et donne souvent lieu à des travaux de recherche.

Formation pratique [modifier]

La partie pratique de la formation du psychanalyste n'est jamais délivrée par l'université mais par les associations psychanalytiques qui encadrent et reconnaissent la formation pratique de leurs membres.

Débats et innovations [modifier]

La question de la formation initiale des psychanalystes a donné lieu à d'importants débats au cours du siècle dernier. Si l'essentiel des écoles et courants psychanalytiques s'accordent à juger nécessaire les trois prérequis que constituent une analyse approfondie, plusieurs cures supervisées et un cursus d'études théoriques, les modalités pratiques et les procédures d'habilitations peuvent grandement différer. L'International Psychoanalytical Association reconnait en son sein une diversité de modes de formations en fonction des pays ou des obédiences particulières, comme c'est le cas par exemple en Angleterre entre les kleiniens, les annafreudiens et les indépendants.

Pour des raisons historiques et politiques l'International Psychoanalytical Association, fondée par Freud pour fédérer l'ensemble des psychanalystes, ne parvient plus aujourd'hui à représenter l'ensemble des psychanalystes freudiens, ni même la majorité d'entre eux[réf. nécessaire]. De nombreuses sociétés de psychanalyse, soit ne sont pas reconnues par elle soit ne reconnaissent pas son standard de formation et ont développé des pratiques spécifiques qui s'ajoutent au triptyque analyse, supervision, cursus théorique. Les psychanalystes lacaniens ont par exemple développé une approche critique de la formation du psychanalyste qui prend le contrepied du modèle proposé par l'IPA. Lacan en effet n'eut de cesse de pointer le risque que le corporatisme et la bureaucratie n'en viennent, dans ce modèle centraliste, à prendre le pas sur les critères proprement psychanalytiques de formation et d'habilitation. Certes Lacan n'a pas le monopole de cette approche critique puisque de telles dérives ont été notées par certains des pionniers de la psychanalyse dont Michael Balint ou Anna Freud[réf. nécessaire]. Ces travers sont aujourd'hui encore publiquement dénoncés par certains responsables de l'IPA, dont par exemple un ancien président Otto Kernberg[réf. nécessaire]. Néanmoins le départ de Lacan de l'IPA permit à son école une expérimentation effective en matière de formation qui contribua à une relativisation du standard et à des réformes dans les pratiques de formation qui portèrent même jusque dans les institutions ipéistes françaises. Suite à la dissolution de l'École Freudienne de Paris et à la mort de Lacan ses élèves ont préféré diversifier les types de liens associatif et n'ont pas hésité à multiplier en réseau les petits groupes ainsi qu'à les dissoudre ou les refermer sur eux-mêmes après un temps de fonctionnement. Ils ont également mis au cœur de la formation du psychanalyste un dispositif novateur, inventé par Lacan lui-même, et nommé procédure de la passe. Celui-ci permet au candidat de témoigner devant ses pairs du chemin parcouru dans sa propre analyse, jusqu'à son terme. Parfois critiqué, au sein même du mouvement lacanien, comme un dispositif fragile, insuffisamment protecteur et porteur de possibles dérives, la passe est aujourd'hui proposée par certaines associations sous des formes modifiées. Un groupe de psychanalystes français, l'Organisation Psychanalytique de Langue Française, a également contribué de manière importante à la question de la formation des analystes en mettant au secret la cure du candidat et en travaillant à développer une pratique et une théorie spécifique de supervision analytique. L'innovation dans la formation des psychanalystes existe également au sein de l'International Psychoanalytical Association puisque certaines associations ont mis en avant des pratiques nouvelles telles que l'observation psychanalytique des bébés, inventée par Esther Bick et très courante en Angleterre, ou la supervision collective, partie intégrante du cursus français.

Pratique [modifier]

Fonction du psychanalyste dans le dispositif analytique [modifier]

Le psychanalyste a pour fonction d'écouter de manière dite « égale », c'est-à-dire toujours avec la même attention neutre, les associations libres de l'analysant qu'il reçoit, selon les termes consacrés, avec « neutralité » et « bienveillance ». Ses interventions se font sous la forme d'interprétations qui révèlent le contenu latent (inconscient) à partir du discours manifeste du patient incluant les récits de rêves. Il interprète aussi en fonction de la dynamique du transfert[3] — qui a été décrite par Freud comme la « pierre angulaire » du traitement et de ses progrès[4] — et celle du contre-transfert.

Modalités d'exercice du psychanalyste [modifier]

Le contrat analytique comporte les modalités, rythme et durée des séances, vacances et payement. Ce dernier constitue directement le revenu de l'analyste ou est parfois de nature symbolique dans les cas où la cure est financée par un tiers-payant. Les tarifs pratiqués peuvent varier dans certaines fourchettes, en fonction du marché, mais aussi parfois des moyens du patient. Le traitement peut sous certaines conditions être remboursé par la Sécurité Sociale ou des assurances du même type dans d'autres pays. Selon l'indication thérapeutique, l'analyste peut modifier d'une manière plus ou moins importante le cadre de la cure. On en vient alors à parler de psychothérapies (- psychanalytiques) [5]. Le fait que les psychothérapies psychanalytiques s'adressent plutôt à des personnes souffrant de symptômes et les cures types plutôt réservée à des personnes "bien portantes" est une idée reçue. Souvent le dispositif de la cure classique est nécessaire pour des personnes très symptomatiques pour les aider à surmonter les mécanismes sous-jacents aux symptômes. L'introduction par Jacques Lacan d'une distinction conceptuelle entre pratique psychanalytique pure et pratique psychanalytique appliquée à la thérapeutique permet de résoudre cette apparente difficulté en distinguant entre l'adaptation parfois nécessaire du cadre à la situation ou aux moyens du patient et ce qui ressort aux différentes modalités de l'investissement du désir de l'analyste (thérapie, formation, recherche etc.) dans le projet et le processus de la cure. Quel que soit le cadre proposé la garantie du caractère psychanalytique d'une pratique repose en dernière analyse sur la qualité de psychanalyste de celui qui la met en œuvre, ce qui pose, de manière circulaire, le problème de sa formation. En effet, si l'on peut dire que l'analyste est le produit de sa propre psychanalyse il faut aussi affirmer qu'une cure analytique est la cure proposée et pratiquée par un psychanalyste. Psychanalyse et psychanalyste sont ainsi deux termes qui se définissent mutuellement et renvoient nécessairement l'un à l'autre.

Références [modifier]

  1. Sigmund Freud disait sous forme de métaphore et pour souligner la difficulté de la tâche qu'il y avait trois métiers « impossibles » : « éduquer, gouverner et analyser » in analyse avec fin et analyse sans fin 1937 (cf. les textes de Michel Fain, E. Enriquez, M. Cifali, Jean Cournut: in Les 3 métiers impossibles, Vèm rencontres psychanalytiques d'Aix-en-Provence 1986, éd. : Les belles lettres, coll. : Confluents psychanalytiques, ISBN 2251334378).
  2. Sigmund Freud : Lettre à Georg Grodeck du 5 juin 1917
  3. Heinrich Racker : Transfert et contre-transfert. Études sur la technique psychanalytique, Cesura Lyon, 2000, ISBN 2905709790. Préface de Leon Grinberg et Rebecca Grinberg.
  4. Citation de Sigmund Freud: Quiconque a reconnu que le transfert et la résistance constituent le pivot du traitement appartient sans retour à notre horde sauvage, lettre à Georg Groddeck du 5 juin 1917
  5. François Richard et al.: Le travail du psychanalyste en psychothérapie, préf. André Green, Ed.: Dunod, coll.: Inconscient et culture, 2020, ISBN 2100065742

Bibliographie [modifier]

Liens externes [modifier]

Génération de psychanalyste [modifier]

Il existe différentes manière de classer les psychanalystes. Une de ces manières consiste à distinguer différentes générations d'analystes.

  • Le premier, par auto-analyse, est Sigmund Freud.
  • La première génération est celle des analysants de Freud lui-même (Anna Freud, Sandor Ferenczi, Marie Bonaparte etc.)
  • La seconde génération est celle des analysants des psychanalystes de la première génération, par exemple Mélanie Klein qui fit son analyse didactique auprès de Sandor Ferenczi.
  • La troisième génération suit la seconde suivant le même principe, elle comprend par exemple Wilfred Ruprecht Bion, qui fit son analyse auprès de Mélanie Klein.

Quelques psychanalystes renommés [modifier]

Une autre manière de les classer consiste à mettre en avant leur appartenance à des courants théoriques. On peut distinguer ainsi des psychanalystes freudiens, jungiens, kleiniens, néo-kleiniens, ego-psychologues, lacaniens, freudo-marxistes etc.

Une autre forme de typologie, adoptée ci-dessous, consiste à les classer par pays d'exercice.

Allemands [modifier]

Anglais [modifier]

Argentins [modifier]

Autrichiens [modifier]

Belges [modifier]

Canada [modifier]

Congolais de la République démocratique du Congo [modifier]

États Unis [modifier]

Français [modifier]

Hongrois [modifier]

Italiens [modifier]


Indiens [modifier]

Marocains [modifier]

Québécois [modifier]

Russe [modifier]

Suisses [modifier]