Jorge Rafael Videla

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Jorge Rafael Videla
Jorge Rafael Videla en 1976.
Jorge Rafael Videla en 1976.
Fonctions
43e président de la Nation argentine

(&&&&&&&&&&&018265 ans, 0 mois et 0 jour)
Prédécesseur Isabel Perón
Successeur Roberto Eduardo Viola
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mercedes (Argentine)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Buenos Aires (Argentine)
Nationalité argentine
Conjoint Alicia Raquel Hartridge
Profession Militaire
Religion Catholique

Jorge Rafael Videla
Présidents de la Nation argentine

Jorge Rafael Videla, né à Mercedes, dans la province de Buenos Aires le et mort en prison le [1],[2], est un général et homme d'État argentin. Il dirigea l'Argentine et la guerre sale, après le coup d'État militaire du 24 mars 1976 qui destitua Isabel Perón. En 1981, il céda la présidence de la junte au général Roberto Eduardo Viola. Il a été placé en résidence surveillée au retour de la démocratie en 1983, puis condamné à la prison à perpétuité lors du procès de la junte de 1985. Amnistié en 1989 par le président Carlos Menem, son dossier est rouvert en 2007[3] et se conclut le 23 décembre 2010 par une condamnation à la prison à vie, suivie de plusieurs autres.

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Jorge Rafael Videla est né en 1925, dans la ville de Mercedes, il est le troisième des cinq fils du colonel Rafael Videla Eugenio Bengolea (1888-1952) et Maria Olga Redondo Ojea (1897-1987).

En avril 1948, Jorge Videla a épousé Alicia Raquel Hartridge, fille de Samuel Alejandro Hartridge Parkes (1890-1967), professeur de physique et ambassadeur d'Argentine en Turquie, et de María Isabel Lacoste Álvarez (1894-1939).

Ils ont eu sept enfants : María Cristina (1949), Jorge Horacio (1950), Alejandro Eugenio (1951-1971), María Isabel (1958), Pedro Ignacio (1966), Fernando Gabriel (1961) et Rafael Patricio (1953).

Éducation et carrière militaire[modifier | modifier le code]

Né d'un père colonel, il obtient un diplôme du Collège militaire de la nation en 1944, puis entame sa carrière militaire. Après avoir travaillé au ministère de la défense de 1950 à 1962, il prend la direction de l’académie militaire en 1962. En 1971, Videla devient général, et deux années plus tard, il devient chef d’état-major avant d’être nommé, en 1975, commandant en chef de l’armée argentine, sous la présidence d’Isabel Perón, qui a succédé à son époux.

La dictature[modifier | modifier le code]

Le , Videla, à la tête d'une junte militaire, s’empare du pouvoir. La junte restera en place jusqu'au 10 décembre 1983. Elle se compose dans un premier temps de Videla, du commandant de la marine, l’amiral Emilio Massera et du commandant des forces aériennes, le Brigadier-général Ramón Agosti. Videla cède la présidence de la junte au général Roberto Viola en 1981.

Les militaires argentins répriment brutalement l'opposition de gauche, lors de la prétendue « guerre sale », qui n'eut de guerre que le nom : les guérillas (l'ERP et les Montoneros) étaient déjà démantelées en mars 1976, et les militaires s'attaquèrent aux opposants civils : politiques, syndicalistes, prêtres et nonnes - Alice Domon et Léonie Duquet, Gabriel Longueville etc. - Mères de la place de mai) ainsi qu'à leurs familles, leurs enfants, leurs amis, leurs voisins, etc. Cette entreprise aujourd'hui qualifiée par la justice argentine de « génocide » (voir par exemple la condamnation, en 2008, du général Antonio Domingo Bussi), fut justifiée par la junte au nom d'un anti-communisme virulent, lié à un national-catholicisme prétendant défendre la grandeur de la « civilisation catholique occidentale » contre les « rouges » et les « juifs »[4],[5],[6]. 30 000 personnes furent victimes de disparitions forcées sous la dictature, 500 centres clandestins de détention et de torture créés, tandis qu'environ 500 000 personnes furent contraintes à l'exil, qui plus est clandestin dans les premières années de la junte, qui refusait alors de délivrer des visas de sortie.

Au cœur de la dictature, c'est lui qui remet la Coupe du monde de football 1978 au capitaine de l'équipe argentine, Daniel Passarella, « El Pistolero ». Cette coupe du monde s'est déroulée au moment même où les tortures et assassinats s'exécutaient dans les sous-sols de l'ESMA (École supérieure de mécanique de la Marine), à proximité des stades de Buenos Aires où se jouaient les matches dans la liesse populaire.

La fin du régime[modifier | modifier le code]

Affaiblie par sa défaite face au Royaume-Uni lors de la guerre des Malouines, la dictature militaire cède la place en 1983 à un gouvernement civil élu démocratiquement avec pour président le radical Raúl Alfonsín.

Procès[modifier | modifier le code]

Videla est jugé avec d'autres membres de la junte, ainsi que d'ex-guérilleros, lors du Procès de la junte de 1985, et condamné à la perpétuité. Entre autres affaires, on le juge coupable d'homicides dans le massacre de Margarita Belén. Amnistié en 1989 par le président Carlos Menem, cette grâce fut annulée en 2007 par un tribunal, sentence confirmée en appel en juin 2009[3](la Cour suprême a requis une peine de prison à perpétuité).

Videla est jugé dans quatre procès différents :

Bénéficiant d'une assignation à résidence de 1998 à 2008, celle-ci fut annulée par le juge fédéral Norberto Oyarbide, chargé de l'enquête sur l'Opération Condor, qui l'a fait transférer à la prison de Campo de Mayo en octobre 2008[3],[7]. Par ailleurs, à la suite de l'identification, par l'Équipe argentine d'anthropologie judiciaire (EAAF), de la dépouille de l'argentin-allemand Rolf Nasim Stawowiok, un jeune militant de 20 ans de la Jeunesse péroniste qui fut enlevé le , puis enterré anonymement, un magistrat allemand de Nuremberg a ouvert une enquête contre l'ex-dictateur[7].

Le , il est condamné dans l'affaire du vol de bébés d'opposantes détenues à 50 ans de prison pour avoir mis en place un plan systématique[8].

Il décède en prison le à l'âge de 87 ans[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://america-latina.blog.lemonde.fr/2013/05/17/le-dictateur-argentin-jorge-rafael-videla-etait-un-illumine-et-un-pervers/#xtor=RSS-3208
  2. Chronique de Jean Ortiz, « Videla : Un dictateur meurt sur son bidet » , article édité sur humanité.fr, le 19 mai 2013
  3. a, b, c et d Argentine : Videla de nouveau jugé, Le Figaro, 20 août 2009.
  4. Laura Graciela Rodríguez et Germán Soprano (2009), « La política universitaria de la dictadura militar en la Argentina: proyectos de reestructuración del sistema de educación superior (1976-1983) », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Cuestiones del tiempo presente, 2009
  5. Mario Ranalletti (2010), « Aux origines du terrorisme d'Etat en Argentine », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n°105, janvier-mars 2010, p.45-57
  6. ,Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008
  7. a, b et c También lo quieren juzgar en Nuremberg, Página/12, 23 janvier 2010
  8. Juan Mabromata, « Vols de bébés en Argentine: lourdes peines de prison pour deux anciens dictateurs », Yahoo! Actualités, publié le 6 juillet 2012
  9. L'ex-dictateur argentin Videla est mort en prison, Le Figaro, 17 mai 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


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Coat of arms of Argentina.svg
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