Gabriele Kröcher-Tiedemann

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Gabriele Kröcher-Tiedemann (née le 18 mai 1951 à Ziegendorf (en) (Allemagne), décédée le 7 octobre 1995) est une allemande, membre du groupe anarchiste armé ouest-allemand Bewegung 2. Juni (Mouvement du 2 Juin) puis proche de Ilich Ramírez Sánchez. Elle était l'épouse de Norbert Kröcher (en).

Biographie[modifier | modifier le code]

Gabriele Kröcher-Tiedemann naît le 18 mai 1951 à Ziegendorf, ville allemande située dans la région du Mecklembourg. Elle fréquente une école secondaire à Bielefeld avant de déménager à Berlin pour étudier la politique et la sociologie. Elle est alors membre d'une commune de vie collective à Berlin et s'oppose comme beaucoup de jeunes berlinois à l'occupation américaine en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. On ne sait pas exactement quand Gabriele Kröcher-Tiedemann est entrée dans la clandestinité, mais en 1973, elle abat un policier dans un parking de Buchen après qu'il a tenté de l'arrêter pour avoir volé des plaques d'immatriculation. Elle est arrêtée et condamnée à huit ans de prison.

Toutefois, en raison de l'enlèvement de Peter Lorenz, elle est libérée en 1975, et envoyée au Yémen. Le 20 décembre 1975, elle accompagne Ilich Ramírez Sánchez lors d'un raid au siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne. Durant cette opération, elle tue deux personnes : un policier du nom d'Anton Tichler et un garde de sécurité irakien qui avait réussi à s'emparer d'elle ; pendant qu'il essaye de la maîtriser, Gabriele Kröcher-Tiedemann sort un deuxième pistolet et tire sur l'homme en visant la tête. Le raid est un succès et le 22 décembre, 42 otages ainsi que les preneurs d'otages se rendent à Alger puis à Tripoli avant de revenir à Alger. Tous les otages sont libérés.

En novembre 1977, Gabriele Kröcher-Tiedemann travaille de nouveau avec le Mouvement du 2 Juin. Ils enlèvent un milliardaire autrichien, Walter Palmers, et réussissent à obtenir une rançon de 2 millions de dollars en échange de sa liberté.

Elle réapparait en décembre 1977 aux côtés de Christian Möller, lorsqu'elle tire sur deux douaniers suisses qui tentent de l'arrêter à Porrentruy. Les deux hommes, Pierre Oberli et Marc Hayoz, s'en tireront, malgré de très graves blessures, sans garder de séquelles[1]. Arrêtée, ses bagages sont fouillés et on y retrouve des armes, des faux documents, les plans de l'ambassade d'Israël à Berlin et 20 000 dollars provenant de la rançon Palmers.

Emprisonnement et mort[modifier | modifier le code]

Gabriele Kröcher-Tiedemann passe les dix années suivantes dans une prison suisse. En 1987, elle est extradée vers l'Allemagne, où elle est mise en accusation pour son rôle dans le raid de l'OPEP. De nombreux témoins ayant peur de témoigner contre elle par crainte de représailles, elle est, faute de preuves, acquittée en mai 1990.

Gabriele Kröcher-Tiedemann est libérée en 1991 et connaît ensuite des problèmes de santé, se faisant opérer cinq fois en 1992. Le 7 octobre 1995, Gabriele Kröcher-Tiedemann succombe à un cancer à l'âge de 44 ans.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Impartial, Kröcher-Möller : un acte d'accusation révélateur, du 20 juin 1978.