Olive Schreiner

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Olive Schreiner 1889 à Menton, France

Olive Schreiner (24 mars 1855 - 11 décembre 1920) était une écrivaine d'Afrique du Sud, pacifiste, militante politique et féministe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Neuvième de 12 enfants, Olive Schreiner est née en 1855 dans les territoires du Basoutholand à l'est de la colonie du Cap. Elle est la fille d’un pasteur méthodiste allemand Gottlob Schreiner et de Rebecca née Lyndall, tous deux missionnaires de la Wesleyan Missionary Society

Olive n'a que 6 ans quand son père est affecté par son Église dans les territoires orientaux de la colonie du Cap. Impliqué dans des trafics avec les indigènes, il est peu de temps après exclu de l'ordre missionnaire. Il se lance alors dans les affaires mais sans succès. Sa famille se retrouve alors dans la misère.

En 1867, Olive est envoyée chez son frère ainé, Theophilus Schreiner, maître de classe à Cradock. Elle y reçoit une éducation scolaire primaire. Ayant très tôt renié la foi religieuse de ses parents, elle se sent mal à l'aise dans l'environnement austère et puritain de Cradock.

Quand son frère part tenter sa chance sur les champs diamantifères du Griqualand ouest, Olive Schreiner s'installe à Barkly East où elle rencontre Willie Bertram qui lui fait connaître les principes philosophiques de Herbert Spencer auxquels elle adhère.

Pendant plusieurs années, elle accumule les postes de gouvernante d'enfants. Elle finit par retourner vivre un temps avec ses parents puis avec ses frères.

En 1874, c'est chez ses parents qu'elle se découvre asthmatique. Tout en commençant à écrire, elle continue de travailler comme gouvernante.

En 1880, ayant économisé assez d'argent, elle part à Édimbourg en Écosse où elle exerce le métier d'infirmière. En 1881, elle s'installe à Southampton en Angleterre. Elle tente de suivre des études de médecine mais handicapée par son asthme, elle doit renoncer et se concentrer sur l'écriture pour gagner sa vie.

Olive Schreiner

En 1883, sous le pseudonyme de Ralph Iron, elle publie l'histoire d'une ferme africaine, rédigé à la suite de deux romans semi-autobiographiques, plus ou moins achevés qui ne sont publiés qu’après sa mort. Le succès est immédiat. Pendant les sept années qui suivent, elle tient une place importante dans la vie littéraire et politique de l'Angleterre. Côtoyant de nombreux socialistes et des libre-penseurs tels Karl Pearson, elle adhère à une organisation progressiste (la Fellowship of the New Life) et au mouvement féministe, où, en compagnie notamment de Eleanor Marx, la fille de Karl Marx, elle prend la défense des ouvrières exploitées, des prostituées, des femmes battues, ou abandonnées dans la misère. Amie et maîtresse d’Havelock Ellis à partir de 1884, elle poursuit à ses côtés une réflexion sur la sexualité.

En 1886, elle s'installe sur le continent européen et voyage en France, en Suisse et en Italie avant de revenir en Angleterre.

En 1889, elle retourne en Afrique du Sud où elle s'implique dans la vie politique de la colonie du Cap. Elle est d'abord favorable à Cecil John Rhodes avant d'en devenir une adversaire farouche. Elle produit ainsi de nombreux textes polémiques, notamment où elle critique l’annexion de la future Rhodésie du Sud par Cecil Rhodes et ses partisans (Trooper Halket of Mashonaland, 1897). C'est dans le cadre de ses activités politiques qu'elle rencontre Samuel Cronwright, un fermier qui partage les mêmes points de vue progressistes sur les questions relatives autant qu'à Rhodes qu'aux droits des indigènes d'Afrique du Sud. En 1894, ils se marient en dépit de son aversion pour le mariage mais leur unique enfant décède peu de temps après sa naissance.

En 1898, le couple s'installe à Johannesburg au Transvaal. Elle continue son engagement politique et prend parti pour les républicains face aux Britanniques. Elle plaide alors pour le pacifisme (A South African’s View of the Situation, 1898) et tente de persuader Paul Kruger et les représentants du Transvaal de renoncer à la guerre contre les Anglais mais sans succès.

Durant la Seconde Guerre des Boers, elle prend parti pour ces derniers tout en appelant à la paix au côté de son frère William Philip Schreiner, premier ministre de la colonie du Cap de 1898 à 1900.

En 1907, elle adhère à la ligne féministe du Cap et dans le débat politique sur la constitution du dominion de l'Union d'Afrique du Sud, elle en appelle à donner plus de droits politiques aux Noirs et aux femmes. Elle plaide encore en faveur de la justice sociale (The Transvaal Leader, 1908), et revendique l’égalité des sexes ("Women and Labour" en 1911).

Les dernières années de sa vie sont marquées par la maladie et la solitude.

En 1913, Schreiner tombe sévèrement malade. Elle a encore la force de se rendre en Angleterre pour suivre un traitement médical. Quand la Première Guerre mondiale commence, elle entame l'écriture d'un ouvrage sur la guerre, inspiré de sa correspondance avec Gandhi. Ce livre The Dawn of Civilisation est le dernier qu'elle écrit et publie peu de temps avant sa mort dans son sommeil au Cap en 1920.

Elle est d'abord enterrée à Kimberley puis est exhumée par son mari pour être enterrée avec son bébé, son chien sur les terres agricoles de Buffelshoek à Cradock avant d'être rejointe par son mari.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Nuit africaine (The Story of an African Farm, 1883), Phébus, 1989, 358 p.
  • Rêves (Dreams, 1890), Flammarion, 1913,
  • Dream Life and Real Life, 1893
  • The Political Situation in Cape Colony, 1895 (avec Samuel Cronwright-Schreiner)
  • Trooper Peter Halket of Mashonaland, 1897
  • An English South African Woman's View of the Situation, 1899
  • A Letter on the Jew, 1906
  • Closer Union: a Letter on South African Union and the Principles of Government, 1909
  • La femme et le travail (Woman and Labour, 1911), 1913, 132 p.
  • Thoughts on South Africa, 1923
  • Stories, Dreams and Allegories, 1923
  • From Man to Man, 1926
  • Undine, 1929

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