Christianisme social

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Le christianisme social est une doctrine sociale apparue au XIXe siècle, fondée sur l'humanisme du christianisme (l'homme est à l'image de Dieu, il a donc droit à la dignité) opposé au libéralisme économique de l’époque et aux conséquences sociales dramatiques de l'industrialisation rapide.

Le « Christianisme social » est le nom générique qui peut s'appliquer aux doctrines et actions sociales de tous les chrétiens :

  • catholiques (lire plus bas).
  • protestants (lire plus bas).
  • orthodoxes.

Le protestantisme social en France[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, des pasteurs protestants émus par la misère ouvrière entament une réflexion sur la justice sociale. C’est après la Commune de Paris que naît parmi les protestants ce nouveau mouvement théologique qu’est le Christianisme social. La révolution industrielle a provoqué de telles misères dans les quartiers ouvriers des villes que des pasteurs se sont émus et ont amorcé une réflexion théologique sur la question sociale.

À partir de 1872, la Mission populaire évangélique, animée par le britannique Robert Mac All, avait attiré l'attention sur l'ignorance religieuse des classes ouvrières.

À partir de 1878, le pasteur Tommy Fallot, issu d'une famille d'industriels et pasteur de la chapelle du Nord de Paris (ancienne Chapelle Taitbout), plaide pour un socialisme chrétien. Pour lui, il ne s'agit plus seulement d'assistance, de charité ou de morale mais de justice sociale. L'écho de ces innovations amène à Fallot des hommes éminents comme le doyen Raoul Allier et des pasteurs comme Charles Wagner, Wilfred Monod, Elie Gounelle, Jules Jézéquel, mais elle dresse aussi contre lui une frange conservatrice et bourgeoise du protestantisme.

Au même moment à Nîmes se constitue « l'École de Nîmes », autour de l'économiste Charles Gide, oncle d'André Gide. Celui-ci cherche une troisième voie entre capitalisme et socialisme. Il est à l'origine du mouvement coopératif : coopératives de production et de consommation. Il met l'accent sur la solidarité.

En 1896 est créée la Revue de Christianisme social, revue qui paraît encore aujourd'hui sous le titre « Autre Temps ».

Le relais de Tommy Fallot est pris par les pasteurs Elie Gounelle à Roubaix, Jules Jézéquel à Laval et Wilfred Monod à Rouen. Ils œuvrent dans des paroisses ouvrières et créent des associations appelées « solidarités », sortes de maisons chrétiennes du peuple, où se côtoient protestants, catholiques et agnostiques.

Si le socialisme n'accueille pas ce mouvement à cause de sa dimension chrétienne, l'Église protestante du début du XXe siècle sera marquée par la dimension sociale chrétienne.

Le catholicisme social en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catholicisme social.

Le catholicisme social est une doctrine apparue après la Révolution française et au début de la Révolution industrielle, qui vise à promouvoir une politique sociale conforme à l'Évangile et aux enseignements de l'Église, ou même à bâtir une nouvelle société humaniste à base chrétienne, en opposition au libéralisme économique.

Le terme « catholicisme social » apparaît pour la première fois en 1890 mais ce courant de pensée est bien antérieur[1].

  1. Jean-Baptiste Duroselle, les débuts du catholicisme social en France 1822-1870

Le renouveau du christianisme social[modifier | modifier le code]

Le christianisme social est redevenu un mouvement actif avec la refondation de communes théologiques sur l'ensemble du territoire francais mais également dans des pays voisins. Les travaux de ces communes sont accessibles sur http://www.christianismesocial.org

Repère bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Klauspeter Blaser, Le christianisme social : une approche théologique et historique, Van Dieren,‎ 2003 (ISBN 9782911087332, lire en ligne)
  • Jean Boissonnat, L'aventure du christianisme social : passé et avenir, Bayard,‎ 1999, 156 p. (ISBN 2-227-31719-1)
  • Raoul Crespin (préf. Paul Ricoeur), Le christianisme social : des protestants engagés, 1945-1970, Les bergers et les images,‎ 2010, 433 p. (ISBN 978-2-85304-109-6)
  • Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel (sous la direction de), À la gauche du Christ : les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours, Seuil,‎ 2012, 622 p. (ISBN 978-2-02-109143-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site de relance du christianisme social Site internet des Semaines Sociales de France