Henry Moret

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Henry Moret
Moret henry.jpg
Portrait d'Henry Moret (vers 1890).
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Mouvement

Henry Moret, né à Cherbourg[1] (Manche) le et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils naturel de Louise Moret et donc né de père inconnu, aucun détail de son enfance n'est à ce jour renseigné. Pendant son service militaire à Lorient, Henry Moret découvre la côte sud de la Bretagne. Il devient un élève du peintre lorientais Ernest Coroller[2]. Il est ensuite admis à l'École des beaux-arts de Paris dans les ateliers de Jean-Léon Gérôme et Jean-Paul Laurens en 1876, et fréquente l'atelier d'Henri Lehmann, puis l'Académie Julian à Paris.

Il débute au Salon des artistes français de 1880 en envoyant son tableau La Plage de Loqueltaz à marée basse[3]. Il rencontre Marius Gourdault, un peintre impressionniste qui séjourne l’été à Doëlan, qui deviendra dès lors un ami. En 1881, il expose au Salon des artistes français et au Salon des indépendants, puis s'installe au Pouldu. « D'un caractère indépendant, installé chez le maître du port Kerluen et non à la pension Gloanec, il se lie vite néanmoins à tout le groupe des impressionnistes »[4] et fait la connaissance, en 1888, de Paul Gauguin et de ses amis à Pont-Aven. Il s'intègre à son groupe[5] et devient l'un des plus intéressants représentants de l'École de Pont-Aven. En 1890, il rejoint Gauguin et ses amis à l'auberge de Marie Henry au Pouldu et s'installe ensuite à Doëlan, où il revient à une technique de peinture plus impressionniste et travaille sous contrat pour la galerie Durand-Ruel. Ce marchand de tableaux lui consacre une exposition à Paris en 1898. Environ 800 de ses œuvres sont répertoriées[6].

Henry Moret a surtout peint la Bretagne — la côte sud du Finistère principalement et le littoral du Morbihan — ainsi que les îles bretonnes de l'Océan Atlantique — Groix, Belle-Île, Houat, Ouessant —, un peu la Manche et les Pays-Bas. « Avant tout épris de la mer, c’est sa vision personnelle qu’il transcrit dans une fusion de deux styles opposés entre lesquels il ne peut trancher : synthétisme ou impressionnisme »[7].

« Fasciné par la mer, Moret a utilisé des couleurs profondes et des coups de pinceau énergiques pour capturer sa violence et la puissance, en correspondance avec la force inébranlable des affleurements de granit. En combinant l'esthétique de la simplicité d'inspiration japonaise avec la technique impressionniste, Moret a créé un mélange magique de composition simple et de couleurs captivantes[8]. »

Henry Moret meurt prématurément à Paris de la tuberculose, à l’âge de 56 ans[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Gros temps à Doëlan, Vannes, musée de la Cohue.
États-Unis
France
  • Brest, musée des Beaux-Arts[11] :
    • Le Sémaphore de Beg ar Mor, 1899, huile sur toile, 42,5 × 81,3 cm[12] ;
    • La Chapelle du Pouldu, 1889, huile sur toile, 50 × 59,5 cm[13].
    • Crique sur la côte rocheuse, fusain sur papier, 24 × 30,9 cm[14] ;
    • Étude de vague, fusain sur papier, 23,7 × 32,7 cm[15] ;
    • Falaise plongeant dans la mer, fusain sur papier, 22,4 × 32 cm[16] ;
    • Falaise rocheuse, fusain sur papier, 24 × 32,4 cm[17] ;
    • Houle dans la crique, fusain sur papier, 24,3 × 32,7 cm[18] ;
    • Îlots devant la côte, fusain sur papier, 23,8 × 32,7 cm[19] ;
    • La Mer vue de la côte (recto) et La Vague (verso, esquisse), fusain sur papier, 22,6 × 32,8 cm[20] ;
    • Mer agitée dans une crique, fusain sur papier, 23,2 × 32,9 cm[21] ;
    • Mer calme dans une crique, fusain sur papier, 23,2 × 32,8 cm[22] ;
    • Pointe aux tas de goémon, fusain sur papier, 23,3 × 32,6 cm[23] ;
    • Pointe de rocher I, fusain sur papier, 21,1 × 31,5 cm[24] ;
    • Pointe de rocher II, fusain sur papier, 22,4 × 28,1 cm[25] ;
    • Vague dans la crique (recto) et Mer agitée (verso), fusain sur papier, 24,4 × 32,3 cm[26] ;
    • Haute falaise découpée, fusain sur papier, 22,5 × 31,7 cm[27].
  • Caen, musée des Beaux-Arts : Paysage, huile sur toile[28].
  • Libourne, musée des Beaux-Arts : Pointe de Pen-Men, 1904, huile sur toile, 80 × 105 cm, dépôt du musée d'Orsay.
  • Pont-Aven, musée de Pont-Aven : Falaises à Ouessant, huile sur toile, 66 × 81 cm[10].
  • Quimper, musée des Beaux-Arts : Goulphar, 1895 ou 1896, huile sur toile, 92 × 73 cm, dépôt du musée d'Orsay.
  • Rennes, musée des Beaux-Arts : Men du Finistère, 1899, huile sur toile[29] ;
  • Vannes, musée de la Cohue :
    • Gros temps à Doëlan, huile sur toile[30] ;
    • Fenaison en Bretagne, 1908, huile sur toile ;
    • Falaise de Groix[30].
  • Reims, musée des Beaux-Arts
    • Port Lamatte, 1899, huile sur toile[31] ;
    • L'Ile de Kerellec (Ouessant), 1901, huile sur toile[32] ;
    • Matinée brumeuse à Ouessant, 1901, huile sur toile[33] ;
    • Brumes du matin sur les côtes de Bretagne, 1901, huile sur toile [34];
    • Brumes sur la rivière à Pont-Aven, 1901, huile sur toile[35] ;
    • Le soir à Douëlan, 1902, huile sur toile[36] ;
    • La pointe de Creac'h à Ouessant, 1902, huile sur toile[37] ;
    • Jour d'hiver, 1904, huile sur toile[38].
Russie
Suisse

Œuvres référencées non localisées[modifier | modifier le code]

Le Port à Loc'h (Primelin), 1911, huile sur toile, localisation inconnue.

Cette liste d'œuvres n'est pas exhaustive et ne garantit pas leur authenticité.

  • Batteuses de blé au fléau, 1891, huile sur toile (tableau offert par le peintre à Maxime Maufra)[39].
  • Les Chaumes en Guidel, 1891, huile sur toile marouflée sur panneau, 55 × 100 cm[40].
  • L'Île de Houat (1893)[41].
  • Le Roulage au Pouldu ou La prairie rose, 1894, huile sur toile, 58 × 72 cm, collection particulière[42].
  • Brume à Riec[43].
  • Le Sémaphore de Beg Ar Mor, pointe de Brigneau (Finistère), 1904, huile sur toile, 66 × 93 cm[44].
  • Le Moulin près du village à Ouessant, 1901, huile sur toile, 54 × 73 cm[10].
  • Landes en fleurs. Ouessant, 1901, huile sur toile, 50 × 73 cm[10].
  • Grosse mer. Ouessant, huile sur toile, 64 × 80 cm[10].
  • À Pern, huile sur toile[10].
  • Le Crépuscule à Ouessant, huile sur toile[10].
  • Le Soir à Ouessant, huile sur toile, 60 × 30 cm[10].
  • Ouessant, 1901, huile sur toile, 65 × 81 cm[10].
  • Ouessant. Jour de calme, 1905, huile sur toile, 93 × 74 cm[10].
  • Les Rochers rouges à Ouessant, 1909, huile sur toile, 65 × 81 cm[10].
  • L'Enfer de Plogoff, 1911, huile sur toile. Toile vendue 142 000 euros à Brest en 2021[45].
  • Le Port à Loc'h (Primelin), 1911, huile sur toile.
  • Gros temps côte de Bretagne : ce tableau, vendu à Brest en juillet 2022, a atteint 81 000 euros, sans compter les frais de vente.

Expositions monographiques[modifier | modifier le code]

  • « Henry Moret. Aquarelles et peintures », musée de Pont-Aven, 1988.
  • « Henry Moret, un paysagiste de l’École de Pont-Aven , musée des Beaux-Arts de Quimper, du au .
  • « Henry Moret (1856-1913). De Pont-Aven à l'impressionnisme en Bretagne », musée des Beaux-Arts de Quimper, du au [46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cherbourg-Octeville en 2000, puis commune déléguée dans Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016.
  2. Né en 1822, mort en 1893, peintre de marine, il fut aussi professeur de peinture au lycée de Lorient vers 1850-1860 (cf. letelegramme.fr).
  3. no 2729 du catalogue.
  4. Antoine Terrasse, Pont-Aven, l'école buissonnière, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (no 173), 1993.
  5. On soupçonne que certaines toiles signées de Gauguin seraient attribuables à Henry Moret (cf. autourduperetanguy.blogspirit.com).
  6. Bertrand Frélaut, La Merveilleuse Bretagne des peintres, Georges Naef, 2004 (ISBN 2-8313-0387-7).
  7. museepontaven.fr.
  8. artbios.irvinewebworkssites.com (texte anglais traduit en français).
  9. « Henry MORET (Cherbourg 1856 - Paris 1913) : Ventes aux enchères | Millon », sur www.millon.com (consulté le )
  10. a b c d e f g h i j et k « Moret Henry », sur ouessant.e-monsite.com.
  11. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p.
  12. Notice de la base Joconde.
  13. Notice de la base Joconde.
  14. Notice de la base Joconde.
  15. Notice de la base Joconde.
  16. Notice de la base Joconde.
  17. Notice de la base Joconde.
  18. Notice de la base Joconde.
  19. Notice de la base Joconde.
  20. Notice de la base Joconde.
  21. Notice de la base Joconde.
  22. Notice de la base Joconde.
  23. Notice de la base Joconde.
  24. Notice de la base Joconde.
  25. Notice de la base Joconde.
  26. Notice de la base Joconde.
  27. Notice de la base Joconde.
  28. « Joconde - catalogue - dictionnaires », sur www.culture.gouv.fr.
  29. « Joconde - catalogue - dictionnaires », sur www.culture.gouv.fr.
  30. a et b « Vannes - La Cohue », sur notesdemusees.blogspot.fr.
  31. « Port Lamatte, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  32. « L'Ile de Kerellec (Ouessant), MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  33. « Matinée brumeuse à Ouessant, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  34. « Brumes du matin sur les Côtes de Bretagne, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  35. « Brume sur la rivière à Pont-Aven, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  36. « Le soir à Douëlan, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  37. « La pointe de Creac'h à Ouessant, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  38. « Jour d'hiver, MORET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  39. « Un tableau atypique d’Henry Moret aux enchères à Brest les 6 et 7 mai », Journal Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  40. Elle est l'œuvre d'Henry Moret ayant atteint la plus haute enchère en étant adjugée à 255 000 euros le à La Baule par l'étude Salorges Enchères (cf. magazine.interencheres.com).
  41. Jean-Yves Roland, Marie-Bénédicte Baranger, Henry Moret, Plomelin, Palantines, , 159 p. (ISBN 2-911434-26-9), p. 59.
  42. Jean-Yves Roland, Marie-Bénédicte Baranger, Henry Moret, Plomelin, Palantines, , 159 p. (ISBN 2-911434-26-9), p. 63.
  43. [PDF] thierry-lannon.com.
  44. Vente Thierry et Lannon, Brest, , Gazette de l'hôtel Drouot, no 41, p. 17, photographie.
  45. Véronique Le Bagousse, « « L'enfer de Plogoff » d'Henri Moret se déchaîne pour 142 000 euros », Journal Le Télégramme,‎ .
  46. « Henry Moret (1856-1913). De Pont-Aven à l’Impressionnisme en Bretagne » (présentation en ligne sur mbaq.fr).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Henry Moret. Aquarelles et peintures, musée de Pont-Aven, 1988. — Catalogue d'exposition.
  • André Cariou, Henry Moret, un paysagiste de l’École de Pont-Aven, éd. du musée des Beaux-Arts de Quimper, 1998 (ISBN 2-906739-26-X). — Catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts de Quimper du au .
  • Jean-Yves Rolland et Marie-Bénédicte Baranger, Henry Moret, Éditions Palantines, 2002.
  • Collectif, Henry Moret (1856-1913). De Pont-Aven à l'impressionnisme en Bretagne, Libel, 2021 192 p. (ISBN 9782491924089). — Catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts de Quimper du au .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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