Odeur de sainteté

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La locution odeur de sainteté est attestée après 1650. Elle évoque le plus souvent une odeur agréable de fleur (rose, violette) que serait censé produire le cadavre (relique) de certains saints ou bienheureux immédiatement après leur mort. Le phénomène d’osmogénèse miraculeuse se réfère à cette effusion d’un parfum d’origine inconnue et la personne est alors dite myroblite. Il est une référence christique qui reproduit le rituel décrit dans la Bible[1], le corps du Christ étant embaumé selon cette technique par Joseph d'Arimathie et par Nicodème[2].

Par métonymie, la locution est devenue quasi-synonyme d'être dans les bonnes grâces d'une personne ou d'une institution, y compris profane.

Explications[modifier | modifier le code]

L'embaumement à base d'encens peut être une source de cette odeur de sainteté, cette gomme-résine aromatique favorisant le dégagement des odeurs de la relique à son contact. Plusieurs explications scientifiques[3] mettent en jeu des acides gras volatils (acide butyrique, formique, acétique, caproïque, sécrétés par la peau lors de troubles de nutrition), de l'acétone et de l'acide acétoacétique produite par la cétose en raison de l'état de malnutrition causée par la pratique du jeûne religieux entrecoupé d'une alimentation uniquement végétarienne, le saint exhalant alors l'odeur végétale du peu de nourriture qu'il a ingéré. L'odeur peut également être produite par des changements dans la composition du sang résultant de troubles nerveux ou de maladies somatiques, telle l'acétonémie diabétique de Thérèse d'Avila[4]. C'est dans ce contexte que pape Benoît XIV rappelle : « quand on nous propose un pareil miracle, nous devons nous renseigner avec soin sur la bonne foi du promoteur, rechercher si le corps n’a pu être oint de parfums, d’aromates, d’onguents, nous informer également du bois sur lequel il a été déposé, des fleurs et des herbes qui ont été dans la chambre ou près de la chambre »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Philippe Charlier, Joël Poupon, Gaël-François Jeannel, Dominique Favier, Speranta-Maria Popescu, Raphaël Weil, Christophe Moulherat, Isabelle Huynh-Charlier, Caroline Dorion-Peyronnet, Ana-Maria Lazar, Christian Hervé et Geoffroy Lorin de la Grandmaison, « The embalmed heart of Richard the Lionheart (1199 A.D.) : a biological and anthropological analysis », Scientific Reports, vol. 3, no 1296,‎ (DOI 10.1038/srep01296)
  2. Évangile selon Jean, 19, 39
  3. Georges Dumas, « L'odeur de sainteté », La Revue de Paris, t. 6,‎ novembre-décembre 1907, p. 543-552.
  4. Annick Le Guérer, Les Pouvoirs de l'odeur, Odile Jacob, , p. 138-139
  5. Hubert Larcher, La mémoire du soleil, aux frontières de la mort, Édition désIris, , p. 41

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]