Hugues de Pairaud

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Hugues de Pairaud est d'une famille noble du Forez. C'est par son oncle Humbert de Pairaud qu'il est reçu dans l'Ordre du Temple, à Lyon (1263)[1].

Il a été commandeur de Chalon-sur Saône[2], ou de sa baillie[3], mais à une date indéterminée. Il fut commandeur de Bonlieu[4], commandeur d'Epailly en 1280 et 1284. Quatre ans plus tard, il est commandeur de Bures[5], puis maître de province de l'Ordre du Temple en France en 1296[6]. Ensuite, il devint Visiteur de France (représentant du maître de l'Ordre du Temple dans la province)[7].

Sur le témoignage d'un certain sergent du Faur au procès des Templiers, existe l'hypothèse d'une compétition entre Hugues de Pairaud et Jacques de Molay pour la maîtrise à la tête de l'Ordre. Se présentant pour cette charge au cours du chapitre général de l'automne 1291 sur l'île de Chypre, Jacques de Molay remporta l'élection organisée avant le 20 avril 1292, comme l'indique un document qui le reconnaît à cette date comme nouveau maître de l'ordre du Temple. Cependant une fois élu, Demurger remarque que nous n'avons aucune trace de contestation de l'autorité de Jacques de Molay sur l'Ordre, y compris par Hugues de Pairaud.

Peu avant l'arrestation des Templiers, Hugues de Pairaud, au courant de ces rumeurs, confie à Pierre Gaudès, précepteur de la commanderie de Dormelles et de Beauvoir un coffre contenant 1 189 pièces d'or et 5 010 pièces d'argent.

« C'est assavoir que frère Hugues de Peraut, jadis visiteur du Temple, de Montlhéry ou il estoit en garde, li dit que il avait baillié en garde un petit coffre à un frère qui avait nom frere Pierre Gaudes, jadis commandeur des maisons de Dormelles et de Biauvoir, près de Moret[8] »

Ce coffre est remis à un pêcheur de Moret-sur-Loing qui le cacha sous son lit. Lors de l'arrestation des Templiers, le pêcheur confia le coffre au bailli royal de Sens, Guillaume de Hangest qui confisqua la somme d'argent et la versa directement dans le trésor royal[7].

Hugues de Pairaud fut arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, emprisonné à Loches et finalement amené à Paris[9]. Il fait partie des dignitaires de l'Ordre que le pape Clément V souhaite interroger en personne, mais sa requête ne sera pas satisfaite[10].

Au cours de son interrogatoire en novembre 1307, il mentionne la présence d'Henri de Dole lors de sa réception à Lyon[11] et l'on sait grâce au témoignage d'un certain Dominique de Dijon que cet Henri était vers 1280 « magister passagii ultramarini »[12]. Le maître du passage outremer, « C'est-à-dire qu'il avait la responsabilité de l'acheminement et du passage vers l'Orient latin des moyens et des hommes nécessaires à l'action du Temple »[13].

Après le relaps de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud est conduit en prison à Montlhéry, où il fut probablement emprisonné jusqu'à sa mort[14].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alain Demurger, Jacques de Molay - Le crépuscule des templiers, Paris, Payot & Rivages, coll. « Biographie Payot », , 390 p. (ISBN 2-228-89628-4), p. 48 & 54
  2. (la) Jules Michelet, Le procès des Templiers, vol. 2, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Documents inédits sur l'histoire de France », , 540 p. (lire en ligne), p. 139, disponible sur Gallica
  3. Amédée-Louis-Alexandre Trudon des Ormes, « Liste des maisons et de quelques dignitaires de l'ordre du Temple, en Syrie, en Chypre et en France », dans Charles-Jean-Melchior de Vogüé, Revue de l'Orient latin, vol. VII., Paris, Ernest Leroux, (réimpr. 1964) (ISSN 2017-716X, lire en ligne), p. 231, disponible sur Gallica
  4. Victor Carrière, « Pétel, chanoine Auguste, curé de Saint-Julien, près Troyes, Le Temple de Bonlieu et ses dépendances », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 2, no 12,‎ , p. 744 (lire en ligne)
  5. Jean-Bernard de Vaivre, « La commanderie d'Epailly et sa chapelle templière » in Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, tome XXXIII, diffusion De Boccard, Paris MMV, p.23 & 24.
  6. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1), p. 313
  7. a et b Demurger 2008, p. 324
  8. Récit de Guillaume Clignet à la chambre des comptes le 31 août 1321. Cité par Alain Demurger dans Les templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Âge
  9. Demurger 2008, p. 437
  10. cf. la bulle papale Considerantes dudum.
  11. (la) Jules Michelet, Le procès des Templiers, vol. 2, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Documents inédits sur l'histoire de France », , 540 p. (lire en ligne), p. 361-362, disponible sur Gallica
  12. (la) Jules Michelet, Le procès des Templiers, vol. 1, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Documents inédits sur l'histoire de France », , 681 p. (lire en ligne), p. 632, disponible sur Gallica
  13. Demurger 2002, p. 48
  14. Demurger 2008, p. 483