Hospitaliers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Hospitaliers est le nom donné aux premiers compagnons de frère Gérard l'hospitalier et soignant les croisés et les pèlerins, hommes, femmes et enfants de toutes nationalités, dans le xenodochium ("hospital" en vieux français, maison d'hôtes, auberge, maison pour voyageurs en grec) de Jérusalem créé au XIe siècle avant de devenir le nom des frères de l'ordre de l’hôpital de Saint-Jean de Jérusalem.

Article principal : Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Frère Gérard crée à Jérusalem un xenodochium (maison d'hôtes en grec), placé sous la protection de saint Jean-Baptiste, et regroupant autour de lui des aides à cette tâche. Cette maison d'hôte ("hospital" en vieux français") prend le nom d'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem[1]. L'hôpital est constitué en une congrégation que la bulle Pie postulatio voluntatis du 15 février 1113 délivrée par le pape Pascal II, place sous la tutelle et protection exclusive du pape[2].

« C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XIIe siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre[2]. »

Si, dans le domaine spirituel, dès le 21 octobre 1154, une catégorie de frères prêtres ou chapelains est établie, accordée par le pape Anastase IV ; pour le domaine hospitalier, il faut attendre les statuts de Roger de Moulins du 14 mars 1182, pour voir apparaître officiellement dans le personnel soignant de l'Ordre des médecins et des chirurgiens[3].

Fonction historique[modifier | modifier le code]

Le grand hospitalier était aussi le titre porté par le pilier de la langue de France, un haut dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem formant avec les autres dignitaires les baillis conventuels le Collachium ou « couvent hospitalier », que l'historien Alain Demurger catégorise (avec l'infirmier et le grand prieur ou prieur conventuel, ce dernier n'ayant jamais fait partie du « couvent hospitalier ») comme « service des âmes »[4]. Cette haute fonction d'Hospitalier apparaît dans les statuts de Jobert en 1176 mais serait mentionnée pour la première fois dès 1162[5].

« Il est le gestionnaire de l'hôpital des pauvres malades et veille à la régularité de son approvisionnement ; des casaux lui sont alloués pour cela mais, si le besoin s'en fait sentir, il reçoit une part des responsions d'Occident et des fournitures des maisons de l'Hôpital d'Orient[6]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Bériou (dir. et rédacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (préf. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Fayard, , 1029 p. (ISBN 978-2-2136-2720-5, présentation en ligne), p. 1200
  2. a et b Alain Demurger (2013) p. 58 et p. 61
  3. Alain Demurger (2013) p. 101, p. 103 et p. 111
  4. Alain Demurger (2013) p. 240
  5. Alain Demurger (2013) p. 237 et p. 240
  6. Alain Demurger (2013) p. 241

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Tallandier, 2013, 574 pages, (ISBN 979-10-210-0060-5)