Unterseeboot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
U-995
U-36, photo de 1936.

Les U-Boot (abréviation d'Unsterseeboot qui signifie sous-marin en allemand, au pluriel U-Boote) sont les sous-marins allemands des deux guerres mondiales. Ils sont surtout célèbres pour leurs campagnes d'attaques de convois de ravitaillement partant des États-Unis et du Canada pour l'Europe.

Le terme d'U-Boot est généralement utilisé en français pour désigner :

Les marines de guerre allemandes successives ont appelé leurs sous-marins par une dénomination commençant par un U suivi d'un nombre.

Sommaire

Première Guerre mondiale [modifier]

Les U 52 et U 35 en surface en 1916.
Construction du SMS Vulcan en 1907. Ce navire de surface servit au support des U-Boot durant la Première Guerre mondiale.

Dans la marine impériale allemande, le premier sous-marin (U-1) a été livré en décembre 1906. Lorsque la guerre éclate en aout 1914, elle en aligne 28.

Les U-Boote furent lancés dans une guerre sous-marine « totale » (sans distinction de la nationalité du navire, et sans faire de différence entre navires civils et militaires) au début de la guerre. Le 22 septembre 1914, le U-9 torpille trois croiseurs britanniques en mer du Nord; En mai 1915, le U-20 coula le paquebot Lusitania. Des 1 195 personnes qui périrent à la suite de ce torpillage, 123 étaient des civils américains (note : les chiffres donnés sur la page Lusitania sont légèrement différents), dont un célèbre producteur de théâtre et un membre de la famille Vanderbilt. Cet événement provoqua une forte hostilité de l'opinion publique américaine envers l'Allemagne. Le président américain Woodrow Wilson menace l'Allemagne et exige réparation. Pour éviter que les États-Unis ne lui déclarent la guerre, l'Allemagne suspend sa guerre sous-marine.

Toutefois, l'Allemagne annonça près de deux ans plus tard, le 31 janvier 1917, que ses U-Boot engageraient à nouveau une guerre sous-marine totale. L'opinion américaine ayant entre-temps évolué dans un sens plus favorable à l'entrée en guerre des États-Unis, cette décision fut prise comme une déclaration de guerre par les Américains. Ce fut un facteur déterminant dans l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des alliés le 6 avril suivant.

La technologie fait d'immenses progrès et en 1918, les sous-marins ont atteint un niveau qui les rapproche de celui qu'ils auront en 1940. La classe U-139 fait ainsi 2 000 tonnes et plonge à 75 mètres.

Sur les 345 U-Boots opérant durant la Première Guerre mondiale, 274 U-Boots coulèrent 6 394 navires marchands représentant 12 800 733 tonneaux et une centaine de navires de guerre représentant 366 490 tonnes.

229 ont été perdus dont 178 en opérations et sur 13 000 officiers et matelots ayant servi dans les U-Boote 515 officiers et 4 849 marins ont trouvé la mort au combat, soit 40 % des effectifs[1].

Seconde Guerre mondiale [modifier]

Les U-Boote furent une composante majeure de la seconde bataille de l'Atlantique, qui dura jusqu'à la fin de la guerre. La stratégie de l'amiral Dönitz, Befehlshaber der U-Boote (commandant des U-boote) était d'étrangler le Royaume-Uni qui continuait le combat contre l'Allemagne nazie, en coulant les navires qui traversaient l'Atlantique pour la ravitailler.

Les premiers mois de la guerre virent les U-Boote accumuler les succès. Fin 1939, l'U-47 commandé par Günther Prien, se jouant de toutes les défenses, pénétrait dans la baie de Scapa Flow (au nord de l'Écosse), base navale de la Home Fleet britannique, et coulait le cuirassé Royal Oak. Le public découvrit, outre Prien, les autres as de cette guerre sous-marine, dont Churchill dit, plus tard, qu'il fut le seul péril qu'il redouta réellement pendant la guerre : Kretschmer, Schepke, Endrass...

En quittant, après juin 1940 et l'occupation de la France, leur base de Wilhelmshaven pour cinq bases sur le littoral atlantique français : Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice (La Rochelle) et Bordeaux, les U-Boote accrurent également considérablement leur rayon d'action, tout en évitant la mer du Nord et la Manche, zones à la fois dangereuses et pauvres en cibles.

À la tactique des convois mise en œuvre par l'amirauté pour protéger les cargos, Dönitz répliqua en groupant ses « Loups gris » en meute. Lorsqu'un sous-marin ou un avion de reconnaissance (Condor) avait repéré un convoi, il indiquait sa position au BdU qui lançait alors à la poursuite du convoi les sous-marins présents dans la zone. Une fois réunis, ils lançaient alors des attaques meurtrières sur des convois insuffisamment protégés.

Immédiatement après l'entrée en guerre des États-Unis, l'opération Paukenschlag (« Coup de Cymbale ») marqua l'apogée des succès des sous-mariniers allemands : la zone au large des côtes nord-américaines sous juridiction américaine, où les cibles étaient jusque-là non menacées parce que les U-Boote n'y entraient pas, devint, entre la fin 1941 et le printemps 1942, un champ de tir aux pigeons pour les sous-mariniers. Les navires qui naviguaient sans protection, ou protégés par des escortes aux équipages inexpérimentés, furent coulés par centaines.

Ces temps heureux pour la Kriegsmarine prirent fin au milieu de 1942. Sur le plan technique, les Alliés utilisaient mieux le sonar (Asdic). Ils découvrirent ensuite la machine à chiffrer Enigma et ses codes, en capturant un sous-marin que son commandant n'a pas réussi à saborder après avoir été mis hors de combat. Les progrès du radar rendirent possibles les repérages, de jour comme de nuit, des sous-marins en surface, et, plus tard, de leur schnorchel (invention néerlandaise) ou de leur périscope lorsqu'ils étaient en navigation sous-marine. Le rayon d'action des avions et hydravions de patrouille maritime et leur armement anti-sous-marin allait toujours s'améliorant, couvrant progressivement la totalité de l'Atlantique nord. Sur le plan militaire, les chantiers navals et les usines américaines rendirent disponibles toujours plus de liberty ships, d'escorteurs et d'avions ; l'organisation et la protection des convois croissaient constamment ; des porte-avions d'escorte accompagnaient les convois, ou, constitués en groupes de chasseurs de sous-marins, les chassait des routes maritimes.

Avec les avancées des Alliés dans la lutte anti-sous-marine, les Loups gris, toujours moins nombreux et aux équipages toujours plus inexpérimentés, cédèrent du terrain et coulèrent toujours moins d'unités adverses. Dönitz avait succédé à Erich Raeder à la tête de la Kriegsmarine, les U-Boot aussi profitèrent de quelques améliorations techniques (torpilles acoustiques, détecteur de radar, etc.), mais, cela ne permit pas de redresser la situation. Arrivé trop tard à la fin de la guerre, le type U XXI, remarquable à de nombreux égards, ne put rien changer à la guerre sous-marine.

À la fin de la guerre, la probabilité pour un U-boot de se faire repérer et couler était beaucoup trop élevée dans les zones utiles. Les grands capitaines avaient péri en mer (Prien, Endrass et Schepke) ou avaient été fait prisonniers. Leurs successeurs Rasch, Cremer ou Hardegen se retrouvèrent bientôt acculés dans la mer du Nord et la Baltique, à protéger les navires allemands qui évacuaient le matériel et les populations des territoires de l'Est où l'Armée rouge avançait. Le nouveau sous-marin Walter (U-Type XXVI), que Dönitz avait appelé de ses vœux dès avant la guerre, avait des performances qui faisaient de lui un sous-marin de nouveau redoutable, mais la capitulation survint alors que les premières unités venaient d'entrer en service.

Pour les militaires appelés à servir dans l'armée de leur pays, l'arme sous-marine fut incontestablement la plus dangereuse de la Seconde Guerre mondiale : 743 U-Boote furent perdus sur les 1154 mis en service et 30 000 des 40 000 sous-mariniers qui servirent durant le conflit périrent en mer. Corps d'élite dans une Kriegsmarine déjà élitiste, regroupés dans 31 Flottilles, les sous-mariniers formaient une corporation à part, avec ses règles et ses traditions. L'amiral Dönitz, qui avait été commandant de sous-marin pendant la Première Guerre mondiale, veilla à entretenir parmi ses équipages un esprit de camaraderie affranchi d'une trop pesante rigueur hiérarchique : les sous-mariniers ne portaient par exemple pas d'uniforme à bord, ils portaient la barbe, ce qui est commode dans les espaces clos du sous-marin.

La Kriegsmarine produisit plusieurs types de U-Boot suivant les évolutions technologiques :

Menace écologique [modifier]

Parmi les 743 U-Boote perdus ou coulés, certains représentent aujourd'hui une menace écologique au fond des océans en raison de leur cargaison dangereuse immergée ou de la présence de fioles de mercure en cours de dispersion et à l'origine de contaminations toxicologiques du milieu marin (voir aussi Maladie de Minamata). On peut citer l'exemple médiatisé[2],[3] du U-864, le seul cas connu de sous-marin coulé en immersion par un autre sous-marin.

L'enfouissement sous une chape de sable a été proposé comme solution pour circonscrire la propagation des substances toxiques et contaminantes[4].

Après guerre (post 1945) [modifier]

Article détaillé : Liste des U-Boots (post 1945).

Notes et références [modifier]

Dans les arts [modifier]

Jeux vidéo
Films
  • Das Boot (Le Bateau) film de Wolfgang Petersen (1981) sans doute le plus réaliste des films sur la guerre sous-marine. Il retrace l'odyssée d'un sous-marin allemand pendant la Seconde Guerre mondiale
  • Torpilles sous l'Atlantique film de Dick Powell, 1957; racontant le duel dans l'Atlantique sud entre un u-boot et un destroyer américain.
  • La Guerre de Murphy (Murphy's War) Film de guerre américain réalisé par Peter Yates en 1971 avec Peter O'Toole et Philippe Noiret. Basée sur la Loi de Murphy, dite aussi Loi de l'Emmerdement Maximum, sur les exceptions dans le contexte statistiques des probabilités, racontant comment l'unique rescapé d'un croiseur coulé par un U-Boot décide de le retrouver et le couler afin de venger la mort de ses compagnons, et cela, malgré l'annonce de la fin de la guerre.
  • U-571, film de Jonathan Mostow, 2000; Les Américains s'emparent d'un U-boot et de sa machine à coder Enigma.
  • U-234: Hitler's Last U-Boat, documentaire de Andreas Gutzeit, 2001
Bandes dessinées

Hergé, Coke en stock, 1958, Le Manitoba ne répond plus, 1952

Voir aussi [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]