Lectoure

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lectoure
Pays
drapeau de la France
     France
Région Midi-Pyrénées
Département Gers
Arrondissement Condom
Canton Lectoure
(chef-lieu)
Code Insee 32208
Code postal 32700
Maire
Mandat en cours
Gérard Duclos
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Lomagne Gersoise
Coordonnées
géographiques
43° 56′ 07″ Nord
         0° 37′ 19″ Est
/ 43.9352777778, 0.621944444444
43° 56′ 07″ N 0° 37′ 19″ E / 43.9352777778, 0.621944444444
Altitudes moyenne : 182 m
minimale : 68 m
maximale : 223 m
Superficie 84,93 km² (8 493 ha)
Population sans
doubles comptes
3 933 hab.
(1999)
Densité 46 hab./km²
Carte de localisation de Lectoure

Lectoure (en gascon Leitora selon la graphie dite « classique » ou Leytoure en graphie dite « moderne ») est une commune française, située dans le département du Gers et la région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Lectourois.

Sommaire

[modifier] Géographie

Commune située en Lomagne à 22 km à l'est de Condom, à 35 km au sud d'Agen et 35 km au nord d'Auch, sur le Gers. La ville actuelle s'élève sur un éperon calcaire, siège de l'ancien oppidum, orienté est-ouest, délimité au nord et au sud par deux vallées débouchant sur la plaine du Gers. La ville antique s'étendait dans la plaine, au sud.

[modifier] Pèlerinage de Compostelle

La ville est située sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On vient de Miradoux, la prochaine commune est La Romieu, et la collégiale Saint-Pierre.

L'hôpital léproserie du Pont de Pile, les quatre hôpitaux Sainte-Catherine, Saint-Jean-Baptiste au faubourg est, Saint-Jacques, Saint-Antoine et Saint-Esprit près de l'église de ce nom, ainsi que le corps de saint Gény, alors conservé au couvent bénédictin, firent de Lectoure une halte majeure des pèlerins.

[modifier] Histoire

Article détaillé : Histoire de Lectoure.

L'occupation du site est constante depuis l'époque préhistorique, comme en témoignent les nombreux vestiges retrouvés lors de fouilles. La situation géographique en « éperon barré » du site a toujours favorisé l'occupation humaine. Oppidum gaulois, puis occupée pacifiquement par les Romains, la cité de Lactora s'étend alors dans la plaine et connaît une longue période de prospérité. Les invasions barbares successives obligent les habitants à revenir sur la hauteur, à élever des remparts et à faire de Lectoure une place forte pendant plusieurs siècles. Sa réputation est fermement établie. Vicor Hugo, dans Notre-Dame de Paris, fait dire à l'un des gueux lancés à l'assaut de Notre-Dame : – Par les moustaches du pape ! (...) voilà des gouttières d'églises qui vous crachent du plomb fondu mieux que les mâchicoulis de Lectoure.

Capitale du comté d'Armagnac, elle connaît pourtant plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui voit la capitulation et la mort de Jean V d'Armagnac, et une destruction presque totale.

Réunie à la couronne de France, Lectoure renaît de ses cendres. Elle subit de nouveaux sièges lors des guerres de religion : alors possession des rois de Navarre, protestante, elle doit capituler devant Blaise de Monluc. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont une période calme où s'épanouit une société bourgeoise. À la Révolution, de nombreux volontaires s'enrôlent et deviendront des figures marquantes de l'Empire : le maréchal Jean Lannes, et une pléthore de généraux dont les portraits ornent la salle des illustres. Les XIXe et XXe siècles voient une évolution qui n'est guère différente de celle des autres petites villes : lent déclin de la population, avec la rupture brutale due aux guerres mondiales (surtout celle de 1914-1918), qui épargnent cependant Lectoure, de par sa situation géographique éloignée des opérations militaires, qui lui vaut en revanche un afflux de réfugiés (les Alsaciens de Saint-Louis en 1940).

[modifier] Héraldique

Blason : de gueules à deux béliers d’argent, passant l’un au-dessus de l’autre.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
septembre 1944 mars 1959 Raymond Dieuzaide - -
mars 1959 1965 Robert Lambrey - -
mars 1965 1971 Gilbert Albinet - -
mars 1971 2001 Robert Castaing PS -
mars 2001 2014 Gérard Duclos PS
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Jumelages

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[1])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
3908 3950 3790 3923 4034 3933
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Économie

  • Important centre de production de melon (le Melon de Lectoure)
  • Ail blanc de Lomagne
  • Depuis quelques années, un chimiste belge, Henri Lambert, s'est installé dans une ancienne tannerie au bord du Gers pour relancer la culture du pastel et produire, grâce à de nouvelles méthodes, des teintures et des pigments. Le Bleu de Lectoure acquiert une grande renommée.
  • Depuis 2003, avec l'exploitation d'eaux captées à une grande profondeur (le forage fut réalisé en 1979), Lectoure est devenue une station thermale. Les eaux sulfatées, chlorurées, sodiques, ont une température de 42 °. L'établissement thermal est installé dans un hôtel particulier du début du XVIIIe siècle, l'hôtel de Goulard, le plus vaste de la ville.

[modifier] Monuments et lieux touristiques

La fontaine Diane, gravure XIXe s. in Le Midi pittoresque, d'Eugène Trutat
Le clocher, vu de l'est
L'hôtel de ville
L'escalier de l'hôtel de ville
La salle des Illustres

Lectoure est labellisée ville d'art et d'histoire.

[modifier] Hôtel de ville

L’hôtel de ville construit de 1676 à 1682 par l’évêque Hugues de Bar, palais des évêques jusqu'à la Révolution puis demeure du maréchal Lannes et sous-préfecture jusqu’en 1926, abrite une salle des Illustres, galerie à l'italienne où figurent les portraits des Lectourois les plus notables, un grand nombre d'officiers supérieurs de la Révolution et de l'Empire, mais aussi, au XIXe siècle, trois amiraux (écrivains et poètes sont exclus de cette galerie...) :

[modifier] Musée

L'hôtel de ville abrite aussi une pharmacie ancienne reconstituée autour d'une cheminée Renaissance, une salle dédiée au souvenir du maréchal Lannes.

Au sous-sol voûté, le musée Eugène-Camoreyt avec les 21 autels tauroboliques (sacrifice de taureaux au sang purificateur), dédiés aux cultes de Cybèle et de Mithra, et trouvés en 1540, pendant les travaux de la reconstruction de la cathédrale (les consuls de l'époque ayant décidé d'en constituer une collection publique, on peut considérer ce musée comme un des plus anciens de France), monnaies et vestiges archéologiques (sarcophage en marbre blanc de l'école d'Aquitaine) de la cité gallo-romaine établie sur la plaine du Gers.

Porte de l'ancienne sénéchaussée
Portail de l'ancienne église des Cordeliers
Monument aux morts, par Carlo Sarrabezolles

Un itinéraire fléché guide vers le jardin des Marronniers, ancien jardin de l'évêché, où un théatre de verdure accueillait régulièrement la troupe de la Comédie-Française (une plaque rappelle que la tragédienne Madeleine Roch joua ici pour la dernière fois, et une allée porte le nom du Comédien français Albert Lambert). Il domine une terrasse où se trouve la piscine municipale et offre une vue sur la plaine du Gers vers le sud jusqu'aux Pyrénées.

[modifier] Visite de la ville

L'itinéraire se poursuit par la rue Nationale, axe principal où se trouvent pliusieurs hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, la tour d'Albinhac XIIIe siècle, dernière des « maisons fortes » subsistant du Moyen Âge, le portail des Cordeliers, l’église des Carmes ou du Saint-Esprit du XVIIe siècle, l'hôpital du XVIIIe siècle élevé par l'évêque Mgr de Narbonne-Pelet, sur l'emplacement du château des comtes d'Armagnac, le boulevard du Nord longeant les remparts (et son pendant au sud, le boulevard du Midi), la tour du Bourreau du XIVe siècle, sur les remparts nord, la rue Barbacane.

Au pied des restes de l'ancien château des comtes d'Armagnac, dont il subsiste quelques rares vestiges, se trouvent les allées Montmorency, ainsi nommées selon une légende fermement établie, à défaut d'être confirmée historiquement : en 1632, Henri II de Montmorency, gouverneur du Languedoc, a comploté contre le pouvoir royal de Louis XIII afin de conquérir l'indépendance de sa province. Battu et fait prisonnier à la bataille de Castelnaudary, il aurait été emmené au château de Lectoure. Mais la population était pour lui. Les dames de Lectoure décidèrent de lui donner une occasion de s'évader. Elles firent passer au prisonnier un gâteau, dans lequel était cachée une échelle de soie. Malheureusement, l'échelle était trop courte : le duc chuta et se blessa. Il fut repris, et connut le destin que l'on sait, condamné à mort, il fut décapité dans la cour du Capitole de Toulouse.

Non loin de l'Hôpital, le cimetière Saint-Esprit comprend un petit cimetière militaire avec les tombes de soldats coloniaux stationnés à Lectoure durant la Première Guerre mondiale et décimés par la « grippe espagnole ».

Au sud, la fontaine Diane, Hountélie en gascon, d’origine romaine, habillée de trois arcades du XIIIe siècle. Non loin de là se trouve l'ancienne tannerie d'Ydrone, bel exemple d'architecture industrielle du XVIIIe, où travaillaient une centaine d'ouvriers.

La promenade du Bastion, ancien bastion sud défendant l'entrée principale, à l'est de la ville, transformé en promenade au XIXe siècle, offre aussi une vue dégagée vers le sud. On y accède à l'est par un large escalier monumental que surmonte la statue en marbre blanc du maréchal Lannes, par Jean-Pierre Cortot. Le bastion nord, dit « petit bastion », fut remplacé à la même époque par des habitations et une place.

Le monument aux morts, inauguré le 11 novembre 1923, qui s'élevait devant la cathédrale Saint-Gervais et qui a été déplacé récemment, est une œuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles, en granit gris de Bretagne, haute de 7,60 m.

[modifier] Édifices religieux

La cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais occupe l'emplacement d'un temple gallo-romain de Cybèle.

La nef, à l'origine romane et probablement faite pour une série de coupoles, fut rebâtie en 1325 en ogives, puis en 1540, le chœur en style flamboyant.

La tour de plan carré à cinq niveaux, élevée en 1488 par le maître d'œuvre tourangeau Mathieu Reguaneau, possédait un étage supplémentaire octogonal et une flèche qui en faisaient un des plus hauts clochers de France. Elle fut détruite juste avant la Révolution sur l’ordre du dernier évêque, Monseigneur de Cugnac. Elle aurait, selon une légende locale non fondée, attiré la foudre jusqu’à la cave de l’évêché, causant ainsi le bris de milliers de bouteilles épiscopales.

Des retables du XVIIe siècle, du XVIIIe siècle, et du XIXe siècle ; des portraits d'évêques, des ornements sacerdotaux, un lutrin du XVIIe siècle, 36 stalles, une Assomption de marbre blanc d'origine italienne (XVIIIe siècle) constituent l'essentiel du riche mobilier de la cathédrale. Elle conserve aussi les reliques de saint Clair d'Aquitaine, évangélisateur et hypothétique premier évêque de Lectoure, après avoir été celui d'Albi. Il subit le martyre avec ses compagnons au pied des remparts. Transférées à Bordeaux, ses reliques furent ramenées à Lectoure, en grande pompe, le 12 octobre 1858[3]. Un musée d'Art sacré a été installé dans l'ancienne sacristie.

L'église paroissiale du Saint-Esprit est le seul vestige de l'ancien couvent des Carmes dont elle constituait la chapelle. Vendue comme bien national à la Révolution, elle fut rendue au culte au XIXe siècle et subit de nombreux remaniements. Elle abrite un beau retable avec une Assomption de l'école espagnole, et plusieurs toiles religieuses qui ne manquent pas d'intérêt.

Le portail gothique assez altéré que l'on peut voir rue Nationale est le seul vestige apparent de l'ancienne église des Cordeliers. Orientée sud-nord, elle présentait un vaste volume où subsistent une grande fenêtre murée à l'Est et des enfeux. Au XIXe siècle, à l'intérieur de la nef, on a construit un solide bâtiment avec des salles voûtées qui était la prison.

L'église Saint-Gény, est un gracieux édifice du XVIIIe s. Probablement bâti sur l'emplacement de la première église antique, encore qu'il n'y en ait aucune preuve formelle, il était à l'abandon depuis la Révolution. Des moines français, rattachés à l'Église orthodoxe serbe, en Europe occidentale, ont repris le flambeau. Le monastère avait été fondé au Xe siècle. En 1059 il brûla entièrement et en 1074 les ruines furent confiées à l'abbaye Saint-Pierre de Moissac, puis à Cluny, qui dans une construction nouvelle fonda l'actuelle basilique de Saint-Gény, en activité jusqu'à la Révolution. La réouverture s'est faite à Noël 2000, en présence de Monseigneur Luka Kovasevic. On peut y voir le sarcophage et le reliquaire du saint ermite et de ses compagnons martyrs au IVe siècle. Le monastère a un musée d'icônes.

[modifier] Environs

Les environs de Lectoure sont riches en paysages variés et en villages qui ont conservé leur cachet ancien. On peut y trouver (parfois difficilement, il est vrai) des châteaux et des maisons fortifiées du Moyen Âge dites salles ou tours-salles.

Sainte-Mère, au nord de Lectoure représente le type caractéristique du château gascon.

À proximité, à Saint-Avit-Frandat, le château de Lacassaigne offre un ensemble exceptionnel : la réplique de la Salle du Conseil suprême du Palais des Grands Maîtres de l'ordre de Malte, à La Valette (Malte), dont l'original a disparu. Cette décoration fut commandée par le propriétaire du château, lui-même chevalier de Malte. La salle est ornée de 14 peintures relatant le siège de Malte, en 1565, par Soliman le Magnifique, où 800 chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem résistèrent victorieusement à 40 000 Turcs. Ces copies furent réalisées sur place par des peintres de l'École italienne du XVIIe siècle. Les murs, le plafond, les portes, la cheminée sont l'œuvre d'une École italienne. Les poutres sont ornées d'une quarantaine de cartouches représentant des paysages de Malte.

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Enseignement

Lectoure possède les établissements scolaires suivants :

  • Enseignement primaire :
    • école maternelle La Ribambelle
    • école primaire Gambetta
    • école primaire Jean-François Bladé
  • Secondaire :
    • cité scolaire Maréchal-Lannes : collège, section professionnelle, BTS, lycée d'enseignement général et technologique.
    • CFA agricole
    • collège Saint-Joseph
    • le lycée Saint-Jean

[modifier] Sports

Club de rugby à XV l'Union Sportive Lectouroise évoluant dans le Championnat de France de 3e division fédérale pour la saison 2006-2007

[modifier] Fêtes et festivals

  • Fête du Melon, en juillet.
  • L'Été photographique de Lectoure a lieu chaque année, en juillet-août. Organisé par le Centre photographique de Lectoure, à l'initiative du photographe François Saint-Pierre, il s'agit d'une importante manifestation qui regroupe de nombreuses expositions dans divers lieux de la ville : Centre photographique de Lectoure, Halle aux grains, maison de Saint-Louis, école Jean-François Bladé, etc., avec des rencontres avec les artistes, des performances, des projections, des ateliers, des visites commentées. On y retrouve les meilleurs photographes contemporains.

[modifier] Notes et références

  1. Lectoure sur le site de l'Insee
  2. L'ennemi d'Abd-el-Kader, Revue d'Aquitaine, 4e année, 1859-1860
  3. Ch. Biermann, Translation solennelle des reliques de Saint Clair à Lectoure, Auch, Librairie catholique de E. Falières, 1858, reprint Lacour, Nîmes, 1992.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Histoire de Lectoure, sous la direction de Maurice Bordes et Georges Courtès, Lectoure, 1972.
  • Sites et monuments du Lectourois, sous la direction de Maurice Bordes, Lectoure, 1974.
  • Deux siècles d'Histoire de Lectoure (1780-1980), Syndicat d'initiative, Lectoure, 1981.
Étape précédente
Miradoux
Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle
Coquille Saint-Jacques
Via Podiensis
Étape suivante
La Romieu
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Lectoure ».
Créer un livre