Lectoure

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Lectoure
Statue du Maréchal Lannes et cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais
Statue du Maréchal Lannes et cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais
Blason de Lectoure
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Gers
Arrondissement Condom
Canton Lectoure
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes de la Lomagne Gersoise
Maire
Mandat
Gérard Duclos
2008-2014
Code postal 32700
Code commune 32208
Démographie
Gentilé Lectourois
Population
municipale
3 785 hab. (2010)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 56′ 07″ Nord 0° 37′ 19″ Est / 43.9352777778, 0.621944444444 / 43.9352777778; 0.62194444444443° 56′ 07″ N 0° 37′ 19″ E / 43.9352777778, 0.621944444444 / 43.9352777778; 0.621944444444  
Altitude Min. 68 m – Max. 223 m
Superficie 84,93 km2
Localisation

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Lectoure

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Lectoure

Lectoure (en gascon graphie classique, Leitora[1]) est une commune française, située dans le département du Gers et la région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Lectourois.

Sommaire

Géographie[modifier]

Localisation[modifier]

La commune est située en Lomagne à 22 km à l'est de Condom, à 35 km au sud d'Agen et 35 km au nord d'Auch, sur le Gers. La ville actuelle s'élève sur un éperon calcaire, siège de l'ancien oppidum, orienté est-ouest, délimité au nord et au sud par deux vallées débouchant sur la plaine du Gers. La ville antique s'étendait dans la plaine, au sud.

Map commune FR insee code 32208.png

Géologie et relief[modifier]

Hydrographie[modifier]

Lectoure est traversée par le Gers.

Voies de communication et transports[modifier]

Toponymie[modifier]

Histoire[modifier]

Article détaillé : Histoire de Lectoure.

L'occupation du site est constante depuis l'époque préhistorique, comme en témoignent les nombreux vestiges retrouvés lors de fouilles. La situation géographique en « éperon barré » du site a toujours favorisé l'occupation humaine. Oppidum gaulois, puis occupée pacifiquement par les Romains, la cité de Lactora s'étend alors dans la plaine et connaît une longue période de prospérité. Les invasions barbares successives obligent les habitants à revenir sur la hauteur, à élever des remparts et à faire de Lectoure une place forte pendant plusieurs siècles. Sa réputation est fermement établie. Victor Hugo, dans Notre-Dame de Paris, fait dire à l'un des gueux lancés à l'assaut de Notre-Dame : – Par les moustaches du pape ! (...) voilà des gouttières d'églises qui vous crachent du plomb fondu mieux que les mâchicoulis de Lectoure.

Capitale du comté d'Armagnac, elle connaît pourtant plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui voit la capitulation et la mort de Jean V d'Armagnac, et une destruction presque totale.

Réunie à la couronne de France, Lectoure renaît de ses cendres. Elle subit de nouveaux sièges lors des guerres de religion : alors possession des rois de Navarre, protestante, elle doit capituler devant Blaise de Monluc. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont une période calme où s'épanouit une société bourgeoise. À la Révolution, de nombreux volontaires s'enrôlent et deviendront des figures marquantes de l'Empire : le maréchal Jean Lannes, et une pléthore de généraux dont les portraits ornent la salle des illustres. Les XIXe et XXe siècles voient une évolution qui n'est guère différente de celle des autres petites villes : lent déclin de la population, avec la rupture brutale due aux guerres mondiales (surtout celle de 1914-1918), qui épargnent cependant Lectoure, de par sa situation géographique éloignée des opérations militaires, qui lui vaut en revanche un afflux de réfugiés (les Alsaciens de Saint-Louis en 1940).

Politique et administration[modifier]

Administration municipale[modifier]

Liste des maires[modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
septembre 1944 mars 1959 Raymond Dieuzaide    
mars 1959 mars 1965 Robert Lambrey    
mars 1965 mars 1971 Gilbert Albinet    
mars 1971 janvier 2000 Robert Castaing PS Sénateur
février 2000 en cours Gérard Duclos[2] PS  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Jumelages[modifier]

Population et société[modifier]

Démographie[modifier]

En 2010, la commune comptait 3 785 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
5 503 5 453 6 360 6 109 6 495 6 262 6 352 6 225 6 098
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
5 914 6 086 5 733 5 507 5 542 5 272 4 994 4 736 4 495
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
4 310 4 166 3 726 4 040 4 218 4 407 3 955 4 134 3 908
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2010 -
3 950 3 790 3 923 4 034 3 933 3 797 3 766 3 785 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[3] puis Insee à partir de 1968[4].)

Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier]

Lectoure possède les établissements scolaires suivants :

  • Enseignement primaire :
    • école maternelle La Ribambelle
    • école primaire Gambetta
    • école primaire Jean-François Bladé
    • école privée maternelle et primaire Immaculée Conception
  • Secondaire :
    • cité scolaire Maréchal-Lannes : collège, section professionnelle, BTS, lycée d'enseignement général et technologique.site
    • CFA agricole
    • collège Saint-Joseph
    • lycée Saint-Jean

Manifestations culturelles et festivités[modifier]

  • Le festival pyrotechnique « Les nuits de feu », le dernier week-end d'août.
  • Fête du Melon, en août.
  • L'Été photographique de Lectoure a lieu chaque année, en juillet-août. Organisé par le Centre de photographie de Lectoure, à l'initiative du photographe François Saint-Pierre, il s'agit d'une importante manifestation qui regroupe de nombreuses expositions dans divers lieux de la ville : Centre photographique de Lectoure, Halle aux grains, maison de Saint-Louis, école Jean-François Bladé, etc., avec des rencontres avec les artistes, des performances, des projections, des ateliers, des visites commentées. On y retrouve les meilleurs photographes contemporains.
  • Les Rencontres avec les Métiers d'Art en novembre.
  • La Foire de la Saint-Martin le 2e week-end de novembre.

Santé[modifier]

  • Hôpital[5] local, créé au XVIIIe siècle sur l'emplacement de l'ancien château des comtes d'Armagnac. Il a également acquis les bâtiments voisins de l'ancien collège-lycée Maréchal-Lannes. Il offre 227 places, ainsi qu'un service de soins de longue durée de 80 places, et un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD).
  • Maison de retraite, avenue du Maréchal-Lannes (route de Tané), 79 places.
  • Complexe thermal.

Sports[modifier]

Équipements de sports et loisirs[modifier]

  • La piscine, installée en plein centre ville, sur une des terrasses des remparts, offre une vue étendue sur la plaine du Gers et la chaine des Pyrénées, visible dans sa quasi-totalité lorsque les conditions atmosphériques le permettent.
  • Stade E. Vila
  • Le lac des Trois Vallées est un ensemble de loisirs autour d’une retenue collinaire, semblable à celles qui ont été créées dans le Gers dans les années 1960 pour permettre l’irrigation des terres agricoles. Le lac est au cœur d’un ensemble d’équipements de 140 hectares comprenant camping, bungalows, piscine, espaces de jeux, etc.[6]

Club sportif[modifier]

Club de rugby à XV l'Union Sportive Lectouroise évoluant dans le Championnat de France de 3e division fédérale pour la saison 2006-2007

Cultes[modifier]

La ville est située sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On vient de Miradoux, la prochaine commune est La Romieu, et la collégiale Saint-Pierre.

L'hôpital léproserie du Pont de Pile, les quatre hôpitaux Sainte-Catherine, Saint-Jean-Baptiste au faubourg est, Saint-Jacques, Saint-Antoine et Saint-Esprit près de l'église de ce nom, ainsi que les corps de saint Clair d'Aquitaine (conservé à la cathédrale) et de saint Gény (au couvent bénédictin), firent de Lectoure une halte majeure des pèlerins.

Économie[modifier]

Pendant longtemps l’économie a été essentiellement agricole. Les agriculteurs pratiquaient une « polyculture vivrière » qui assurait à peu près toutes les ressources alimentaires : céréales, vignes, maraîchage, élevage (volailles, oies et canards), porcs, chevaux (Lectoure possédait un haras). L’élevage bovin fournissait des animaux de travail (vache gasconne) et de boucherie, très peu de production laitière. De rares industries étaient liées à l’agriculture (fabrication de machines agricoles).

  • Important centre de production de melon (le Melon de Lectoure)
  • Ail blanc de Lomagne
  • Le chimiste belge Henri Lambert (mort en février 2010[7]) s'est installé à partir de 1995 dans une ancienne tannerie au bord du Gers pour relancer la culture du pastel et produire, grâce à de nouvelles méthodes, des teintures et des pigments. Le Bleu de Lectoure acquiert une grande renommée.
  • Depuis 2003, avec l'exploitation d'eaux captées à une grande profondeur (le forage fut réalisé en 1979), Lectoure est devenue une station thermale. Les eaux sulfatées, chlorurées, sodiques, ont une température de 42 °. L'établissement thermal est installé dans un hôtel particulier du début du XVIIIe siècle, l'hôtel de Goulard, le plus vaste de la ville.

Culture locale et patrimoine[modifier]

Monuments et lieux touristiques[modifier]

Hôtel de Ville
L'escalier de l'hôtel de ville
La salle des Illustres
Le clocher, vu de l'est
La fontaine Diane, gravure XIXe siècle s. in Le Midi pittoresque, d'Eugène Trutat

Vieille ville[modifier]

Lectoure est labellisée ville d'art et d'histoire. La ville de Lectoure a obtenu le label Station classée de Tourisme en septembre 2011.

L’axe principal est constitué par la rue Nationale, ancienne rue Royale et rue Impériale, où se trouvent plusieurs hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, la tour d'Albinhac XIIIe siècle, dernière des « maisons fortes » subsistant du Moyen Âge, le portail des Cordeliers, l’église des Carmes ou du Saint-Esprit du XVIIe siècle, l'hôpital du XVIIIe siècle élevé par l'évêque Mgr de Narbonne-Pelet, sur l'emplacement du château des comtes d’Armagnac. Au Nord et au Sud les boulevards suivent le tracé des anciens remparts de la ville, encore présents bien que portes fortifiées et tours aient disparu : le boulevard du Nord à la base des remparts, et le boulevard du Midi établi sur l’ancien chemin de ronde. La seule tour conservée est, à l’angle nord-est, la tour du Bourreau du XIVe siècle.

Hôpital, ancien château des comtes d’Armagnac[modifier]

Article détaillé : Château des comtes d'Armagnac.

L’ancien château des comtes d'Armagnac, un des mieux fortifiés en son temps, occupait l’éperon ouest à l'extrémité de la ville, dont il était séparé par des ouvrages fortifiés visibles sur le plan de Mérian, aujourd’hui disparus. Progressivement démantelé, sur son emplacement, au XVIIIe siècle, l’évêque Claude-François de Narbonne-Pelet fit construire un hôpital, bel exemple d’architecture classique, s’ouvrant sur une cour carrée bordée d’arcades sur trois côtés. Sur l’arrière, du côté ouest, des vestiges de l’ancien château sont encore visibles. Au pied des remparts se trouvent les allées Montmorency, ainsi nommées selon une légende fermement établie, à défaut d'être confirmée historiquement : en 1632, Henri II de Montmorency, gouverneur du Languedoc, a comploté contre le pouvoir royal de Louis XIII afin de conquérir l'indépendance de sa province. Battu et fait prisonnier à la bataille de Castelnaudary, il aurait été emmené au château de Lectoure. Mais la population était pour lui. Les dames de Lectoure décidèrent de lui donner une occasion de s'évader. Elles firent passer au prisonnier un gâteau, dans lequel était cachée une échelle de soie. Malheureusement, l'échelle était trop courte : le duc chuta et se blessa. Il fut repris, et connut le destin que l'on sait, condamné à mort, il fut décapité dans la cour du Capitole de Toulouse[8]. Il est possible qu’une tentative d’évasion moins romantique, où un gardien complice fut démasqué et tué, ait eu lieu[9].

Non loin de l'Hôpital, le cimetière Saint-Esprit comprend un petit carré militaire avec les tombes de soldats coloniaux (principalement sénégalais) stationnés à Lectoure durant la Première Guerre mondiale et décimés par la « grippe espagnole ».

Fontaine Diane[modifier]

Au sud, la fontaine Diane, Hountélie en gascon, d’origine romaine, habillée de trois arcades du XIIIe siècle. L’origine de son nom est sujette à caution : si elle était probablement bâtie sur un lieu de culte gallo-romain, l’appellation Hountélie a été interprétée comme « fontaine d’Élie », ou comme hount Délios, Délios représentant Diane, et ce nom est resté.

Non loin de là se trouve l'ancienne tannerie royale d'Ydrone, bel exemple d'architecture industrielle du XVIIIe, où travaillaient une centaine d'ouvriers.

Bastion[modifier]

La promenade du Bastion, ancien bastion sud défendant l'entrée principale, à l'est de la ville, transformé en promenade au XIXe siècle, avec un kiosque à musique, offre aussi une vue dégagée vers le sud. On y accède à l'est par un large escalier monumental que surmonte la statue en marbre blanc du maréchal Lannes, par Jean-Pierre Cortot. Le bastion nord, dit « petit bastion », fut remplacé à la même époque par des habitations et une place. Sérieusement endommagés par la tempête Klaus en 2009, les arbres centenaires du Bastion ont été arrachés en 2010 et de nouvelles plantations sont été réalisées, en même temps qu’un nouvel éclairage était mis en place.

Monument aux morts[modifier]

Le monument aux morts, inauguré le 11 novembre 1923, qui s'élevait devant la cathédrale Saint-Gervais et qui a été déplacé récemment square Gambetta, est une œuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles, second grand prix de Rome en 1914, en granit gris de Bretagne, haute de 7,60 m. Il représente une Victoire ailée tenant deux couronnes de lauriers, devant un obélisque.

Édifices religieux[modifier]

Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais[modifier]

La cathédrale occupe l'emplacement d'un temple gallo-romain de Cybèle.

La nef, à l'origine romane et probablement faite pour une série de coupoles, fut rebâtie en 1325 en ogives, puis en 1540, le chœur en style flamboyant.

La tour de plan carré à cinq niveaux, élevée en 1488 par le maître d'œuvre tourangeau Mathieu Reguaneau, possédait un étage supplémentaire octogonal et une flèche qui en faisaient un des plus hauts clochers de France. Elle fut détruite juste avant la Révolution sur l’ordre du dernier évêque, Emmanuel-Louis de Cugnac. Elle aurait, selon une légende locale non fondée, attiré la foudre jusqu’à la cave de l’évêché, causant ainsi le bris de milliers de bouteilles épiscopales.

Des retables du XVIIe siècle, du XVIIIe siècle, et du XIXe siècle ; des portraits d'évêques, des ornements sacerdotaux, un lutrin du XVIIe siècle, 36 stalles, une Assomption de marbre blanc d'origine italienne (XVIIIe siècle) constituent l'essentiel du riche mobilier de la cathédrale. Elle conserve aussi les reliques de saint Clair d'Aquitaine, évangélisateur et hypothétique premier évêque de Lectoure, après avoir été celui d'Albi. Il subit le martyre avec ses compagnons au pied des remparts. Transférées à Bordeaux, ses reliques furent ramenées à Lectoure, en grande pompe, le 12 octobre 1858[10]. Un musée d'Art sacré a été installé dans l'ancienne sacristie.

Église Saint-Esprit[modifier]

L'église paroissiale du Saint-Esprit est le seul vestige de l'ancien couvent des Carmes dont elle constituait la chapelle. Vendue comme bien national à la Révolution, elle fut rendue au culte au XIXe siècle et subit de nombreux remaniements. Elle abrite un beau retable avec une Assomption de l'école espagnole, et plusieurs toiles religieuses qui ne manquent pas d'intérêt.

Le 16 octobre 1763, Jean II de Bastard-Saint-Denis, capitaine aux régiments de Pons et de Mailly, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, est enterré dans cette église[11].

Carmel[modifier]

La chapelle du Carmel est comprise dans l'enceinte du couvent qui abrite encore quelques religieuses carmélites. Le maréchal Antoine de Roquelaure, qui fut gouverneur de la ville, l'avait comblée de bienfaits, à commencer par l'offre de la maison et du jardin où s'installa le couvent. Au XVIIIe siècle, le couvent est un foyer de défense et de propagation du jansénisme. De l'extérieur, la chapelle ne se signale que par la porte classique, rue Marès, surmontée d'une niche contenant une statue de la Vierge, entre deux ailerons, elle-même sommée d'un fronton triangulaire à trois boules. Sous la niche, figure le blason du Carmel. La nef est divisée en trois travées. La partie réservée aux fidèles est séparée du chœur par un large escalier de dix marches. Le chœur, donc très surélevé, est construit sur une sacristie, devenue une crypte en clôture. L'autel, encore surélevé de trois marches, est en marbre blanc et rouge et présente un retable où figurent des statues de Saint-Jean de la Croix et de saint Joseph, encadrant une peinture de la Vision de sainte Thérèse (XVIIIe s.). Sur la gauche s'ouvre une petite chapelle de N.-D. du Sacré-Cœur, et du côté opposé, un grand arc grillagé marque la tribune réservée aux religieuses, où des stalles auraient été offertes par Louise de France, fille de Louis XV et elle-même Carmélite. Les murs de la nef sont couverts de douze peintures en camaïeu à sujets religieux. Le plus remarquable est le plafond, à nervures dorées à peine cintrées, qui reprennent un plan de croisées d'ogives à liernes et tiercerons, avec des clés pendantes portant le blason du Carmel. Les peintures originales de 1684 furent restaurées au XIXe siècle par le peintre lectourois Paul Noël Lasseran. L'ensemble n'est pas sans évoquer la chapelle des Carmélites de Toulouse.

Ancienne église des Cordeliers[modifier]
Article détaillé : Couvent des Cordeliers de Lectoure.

L'église des Cordeliers ne subsiste que par son portail gothique, très altéré, rue Nationale. Orientée sud-nord, elle présentait un vaste volume où se voient encore une grande fenêtre murée, à l'Est, et des enfeux. Au XIXe siècle, à l'intérieur de la nef dépourvue de voûtes, on a construit un solide bâtiment avec des salles voûtées, qui était la prison.

Chapelle Saint-Gény[modifier]

La chapelle Saint-Gény, au sud de la ville, dans la plaine, est un édifice très ancien. Il est supposé être le tombeau de Huginius, plus connu sous le nom de saint Gény, ermite introducteur du christianisme à Lectoure à la fin du IIIe siècle. Probablement bâti sur l'emplacement de la première église antique, encore qu'il n'y en ait aucune preuve formelle, le monastère avait été fondé au Xe siècle. En 1059 il brûla entièrement et en 1074 les ruines furent confiées à l'abbaye Saint-Pierre de Moissac, puis à Cluny, qui dans une construction nouvelle fonda l'actuelle église de Saint-Gény. Les parties visibles datent de la reconstruction au XVIe siècle. L’église, à l’abandon depuis la Révolution, fut rachetée au XIXe siècle par l’abbé de Cortade qui en entreprit la restauration. La nef se présente comme une construction de style gothique méridional. La façade à fronton galbé flanquée de deux tourelles à poivrières, qui peut rappeler le XVIIIe siècle, date de 1876 et est l’œuvre de l’abbé de Cortade. Il retrouva dans la crypte un sarcophage, supposé être celui de saint Gény, très abîmé, qu’il fit restaurer avec quelque excès. Après sa mort, la chapelle retourna à l’abandon, à part dans les années 1930 où ses nouveaux propriétaires, la famille Soulès, lui redonnèrent un peu de vie. Des moines français, rattachés à l'Église orthodoxe serbe, en Europe occidentale, ont repris le flambeau. La réouverture s'est faite à Noël 2000, en présence de Monseigneur Luka Kovasevic. On peut y voir le sarcophage et le reliquaire du saint ermite et de ses compagnons martyrs au IVe siècle. Le monastère a un musée d’icônes.

Patrimoine culturel[modifier]

Musée[modifier]

L'hôtel de ville abrite le Musée Eugène-Camoreyt, composé de quatre parties distinctes : au rez-de chaussée, une pharmacie ancienne reconstituée autour d'une cheminée Renaissance, une salle consacrée au maréchal Lannes, et une autre à l’amiral Boué de Lapeyrère..

Au sous-sol voûté, le musée lapidaire et archéologique, avec les 20 autels tauroboliques (sacrifice de taureaux au sang purificateur), dédiés aux cultes de Cybèle et de Mithra, et trouvés en 1540, pendant les travaux de la reconstruction de la cathédrale (les consuls de l'époque ayant décidé d'en constituer une collection publique, on peut considérer ce musée comme un des plus anciens de France), monnaies et vestiges archéologiques (sarcophage en marbre blanc de l'école d'Aquitaine) de la cité gallo-romaine établie sur la plaine du Gers.

Porte de l'ancienne sénéchaussée
Portail de l'ancienne église des Cordeliers

Un itinéraire fléché guide vers le jardin des Marronniers, ancien jardin de l'évêché, où un théâtre de verdure accueillait régulièrement la troupe de la Comédie-Française (une plaque rappelle que la tragédienne Madeleine Roch joua ici pour la dernière fois, et une allée porte le nom du Comédien français Albert Lambert). Il domine une terrasse où se trouve la piscine municipale et offre une vue sur la plaine du Gers vers le sud jusqu'aux Pyrénées. La table d’orientation en lave émaillée qui s’y trouve actuellement, prévue pour la promenade du Bastion voisine, n’y fut jamais installée car on s’était aperçu au dernier moment qu’elle comportait des erreurs.

Environs[modifier]

Les environs de Lectoure sont riches en paysages variés et en villages qui ont conservé leur cachet ancien. On peut y trouver (parfois difficilement, il est vrai) des châteaux et des maisons fortifiées du Moyen Âge dites salles ou tours-salles, et des châteaux gascons typiques : château de Sainte-Mère, château de Rouillac, château de Plieux, château de Terraube

À Saint-Avit-Frandat, le château de Lacassagne offre un ensemble exceptionnel : la réplique de la Salle du Conseil suprême du Palais des Grands Maîtres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à La Valette (Malte), dont l'original a disparu. Cette décoration fut commandée par le propriétaire du château, lui-même chevalier de Malte. La salle est ornée de 14 peintures relatant le siège de Malte, en 1565, par Soliman le Magnifique, où 800 chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem résistèrent victorieusement à 40 000 Turcs. Ces copies furent réalisées sur place par des peintres de l'École italienne du XVIIe siècle. Les murs, le plafond, les portes, la cheminée sont l'œuvre d'une École italienne. Les poutres sont ornées d'une quarantaine de cartouches représentant des paysages de Malte.

Personnalités liées à la commune[modifier]

Héraldique[modifier]

Blason Blasonnement :
De gueules à deux béliers d’argent, passant l’un au-dessus de l’autre.

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Histoire de Lectoure, sous la direction de Maurice Bordes et Georges Courtès, Lectoure, 1972.
  • Sites et monuments du Lectourois, sous la direction de Maurice Bordes, Lectoure, 1974.
  • Deux siècles d'Histoire de Lectoure (1780-1980), Syndicat d'initiative, Lectoure, 1981.

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

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Notes et références[modifier]

Notes[modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier]

  1. Carte du Gers en occitan sur le site du Conseil général
  2. Site de la préfecture - Fiche de Lectoure
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  5. http://etablissements.fhf.fr/annuaire/hopital-fiche.php?id_struct=753
  6. Site du Lac des Trois Vallées
  7. La Dépêche du Midi, 23/02/2010
  8. Eugène Trutat, Le Midi pittoresque, Limoges, Marc Barbou et Cie, 1875, p. 132
  9. Histoire de Henri II, dernier duc de Montmorency, 1699 Google books
  10. Ch. Biermann, Translation solennelle des reliques de Saint Clair à Lectoure, Auch, Librairie catholique de E. Falières, 1858, reprint Lacour, Nîmes, 1992.
  11. Jean de Bastard comte d'Estang, Généalogie de la Maison de Bastard, p. 105
  12. Philippe Tamizey de Larroque, Note sur le poète lectourois Lacarry, Wikisource
  13. Raymond Nart, Soubiran, un escroc au renseignement sous Napoléon, Nouveau Monde, 2013, 185 p. 


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Coquille Saint-Jacques
Via Podiensis
(? km jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle)
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