Jean Madiran

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Jean Madiran

Nom de naissance Jean Arfel
Naissance 14 juin 1920
Libourne
Décès 31 juillet 2013 (à 93 ans)
Suresnes
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
journaliste et essayiste

Jean Madiran, de son vrai nom Jean Arfel, né le 14 juin 1920 à Libourne (Gironde) et mort le 31 juillet 2013 à Suresnes[1], est un journaliste et essayiste français. Proche du traditionalisme catholique, il milite d'abord dans la mouvance de l'Action française et soutient par la suite le Front national[2].

Il a également fait usage du nom de plume Jean-Louis Lagor[3], en début de carrière, ainsi que celui de Jean-Baptiste Castetis (Lagor, Madiran et Castetis sont des communes des Pyrénées-Atlantiques).

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant l'Occupation, Jean Madiran, décoré de la Francisque, est secrétaire de Charles Maurras[4],[5], assertion contre laquelle Jeanne Smits, directrice du quotidien Présent, s'élève avec force[6]. Il collaborait alors à L'Action française et à la Revue universelle (fondée par Jacques Bainville et Henri Massis). Ses écrits expriment alors sans retenue antisémitisme et antimaçonnisme[7].

Après 1945, il se réfugie dans un monastère situé sur la colline de Madiran, d'où son pseudonyme. Il devient ensuite journaliste et essayiste, réputé dans les milieux traditionalistes catholiques et nationalistes[réf. souhaitée]. Il publie son premier livre, La Philosophie politique de saint Thomas (Les Éditions Nouvelles, 1948), sous le pseudonyme de Jean-Louis Lagor et lance une publication d'inspiration maurassienne, l'Indépendance française, rachetée en 1950 par Aspects de la France[8].

Il collabore à l'hebdomadaire Rivarol de 1951 à 1958[9] et, en 1956, crée la revue mensuelle de réflexion catholique traditionaliste Itinéraires, qu'il dirige jusqu'en 1996. En décembre 1989, à la suite du sacre de quatre évêques à Écône par Monseigneur Lefebvre, il ralentit le rythme de parution de la revue pour lui faire adopter une périodicité trimestrielle qu'elle conserve[10].

Il a été directeur de publication du quotidien catholique et français Présent, dont il fut un des fondateurs en 1982. Il y occupe durant des années les fonctions de directeur de la rédaction mais ne porte plus désormais que le titre de directeur émérite, bien que toujours présent au sein de la rédaction.

Compagnon de route du Front national, Jean Madiran n'a pas pris parti lors du conflit entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, ce qui a entraîné un appel au boycott du journal de la part de Le Pen[11]. Jean Madiran se réclame de la « droite nationale » traditionnelle et se définit comme un « intellectuel catholique ». Toutefois, dans un article paru dans le journal Itinéraires[12], il écrivait : « Mais si l’on nous demande de “nous situer”, c’est-à-dire de déclarer nous-mêmes ce que nous sommes et où nous sommes, alors il faut entendre la réponse qui est la nôtre. C’est une réponse qui modifie la formule de François Brigneau, ou plutôt qui l’accomplit et l’épanouit dans sa complète vérité : “Nous sommes à droite de l’extrême droite.” Ce n’est point mépris non différencié pour tous ceux et tout cela que le jargon officiel présente comme “l’extrême droite”. Mais d’abord c’est, ici encore, refus de l’arbitraire de gauche qui inspire et impose un faux classement. Il n’y a en réalité aucun extrémisme, de droite ou d’ailleurs, à vouloir fonder la vie sociale sur “travail-famille-patrie”, “Dieu premier servi”. »

En 1991, lors du procès du milicien Paul Touvier, il prend sa défense dans le quotidien Présent : « Paul Touvier n'a tué ni torturé personne, il n'a fait tuer ni torturer personne. Mais il a été milicien. Il “faut” donc qu'il soit coupable ».[réf. nécessaire]

Le 6 février 1995, à Paris, Madiran organise avec d'autres personnalités dont François Brigneau, une réunion présidée par Maurice Bardèche pour célébrer l'anniversaire du 6 février 1934 et la mort de Robert Brasillach. Il déclare : « Jeunes gens et jeunes filles qui êtes ici ce soir, nous remettons entre vos mains la mémoire de la Révolution nationale, nous vous remettons la mémoire de la France qui attend, qui espère et qui veut sa libération. »

Dans le cadre de la bataille pour la succession de Jean-Marie Le Pen, il n'a jamais pris position estimant que : « Le plus vraisemblable est que Jean-Marie Le Pen installera Marine pour lui succéder. C’est aussi le plus raisonnable. »

Après la mort de Jean Madiran, le 31 juillet 2013, ses obsèques sont célébrées le 5 août 2013 en l'église Notre-Dame des Armées, à Versailles, l'homélie étant prononcée par Dom Louis-Marie, père abbé de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux[13],[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sous le nom de « Jean-Louis Lagor »
  • Jean-Louis Lagor, Le Temps de l'imposture et du refus : 1944-1947, Paris, L'Indépendance française,‎ 1947, 173 p. (notice BnF no FRBNF39041559)
  • Jean-Louis Lagor, De Gaulle au pouvoir... Pour quoi faire ?, Paris, L'Indépendance française,‎ 1948, 92 p. (notice BnF no FRBNF35823238)
  • Jean-Louis Lagor, La philosophie politique de saint Thomas d'Aquin ; précédé d'une Lettre de Charles Maurras, Paris, Les Éditiosn Nouvelles,‎ 1948, 191 p. (notice BnF no FRBNF32338845)
  • Jean-Louis Lagor, Un autre chevalerie naîtra, Paris, Nouvelles éditions latines,‎ 1949, 95 p. (notice BnF no FRBNF32338847)
  • Jean-Louis Lagor, Rappelle-toi, Barbara, Paris, Éditions du Conquistador,‎ 1951, 223 p. (notice BnF no FRBNF32338846)
Sous le nom de Jean Madiran
  • Ils ne savent pas ce qu'ils font, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1955. 192 p.
  • Ils ne savent pas ce qu'ils disent, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1955. 186 p.
  • On ne se moque pas de Dieu, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1957. 207 p.
  • Brasillach, Club du Luxembourg, Paris, 1958. 261 p.
  • Lettre à Jean Ousset, Les Presses Bretonnes, 1960
  • Doctrine, prudence et options libres, Nouvelles Éditions latines, coll. « Les Documents du Centre français de sociologie » no 3, 1960. 32 p.
  • L'Unité, Librairie des chercheurs et curieux, Paris, 1960. 32 p.
  • De la Justice sociale, Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires », Paris, 1961. 91 p.
  • La Cité catholique aujourd'hui, Les Presses Bretonnes, 1962
  • Le principe de totalité, Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires », Paris, 1963. 95 p.
  • Saint Thomas d'Aquin, Les principes de la réalité naturelle (De principiis naturae, introduction, traduction et notes par Jean Madiran, texte latin et traduction française en regard), Nouvelles Éditions latines, coll. « Docteur commun » no 1, Paris, 1963, 127 p. – Réédition 1994. 127 p. (ISBN 2-7233-0483-3).
  • L'intégrisme : histoire d'une histoire, Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires », 1964. 285 p.
  • La vieillesse du monde : essai sur le communisme, Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires », Paris, 1966. 237 p. (réédition 1975, Éditions Dominique Martin Morin, Paris. 140 p.)
  • Pius Maurras, Éditions Dominique Martin Morin, 1966
  • L'hérésie du XXe siècle [tome 1], Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires », 1968. 309 p. (réédition, 1988, 319 p., (ISBN 2-7233-0364-0)).
  • Réclamation au Saint-Père [L'hérésie du XXe siècle, tome 2], Nouvelles Éditions latines, coll. « Itinéraires » no 24, 1974. 300 p.
  • « La Messe, état de la question », Itinéraires (numéro spécial de la revue), Paris, 1976. 79 p. 5e édition revue et complétée.
  • Les deux démocraties, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1977. 199 p. (ISBN 2-7233-0024-2).
  • La Droite et la gauche, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1977. 118 p. (ISBN 2-7233-0017-X).
  • La République du Panthéon : explication de la politique française (recueil de textes publiés dans la revue Itinéraires entre 1974 et 1981), Éditions Dominique Martin Morin, Bouère, 1982. 176 p. (ISBN 2-85652-049-9).
  • Éditoriaux et chroniques. 1, De la fondation d'"Itinéraires" à sa condamnation par l'épiscopat, 1956-1966, Éditions Dominique Martin Morin, Bouère, 1983. 316 p. (ISBN 2-85652-055-3).
  • Éditoriaux et chroniques. 2, Le Catéchisme, l'Écriture et la messe, 1967-1973, Éditions Dominique Martin Morin, Bouère, 1984. 331 p. (ISBN 2-85652-062-6).
  • Éditoriaux et chroniques. 3, La France à la dérive et la décomposition de l'Église : 1974-1981, Éditions Dominique Martin Morin, Bouère, 1984. 320 p. (ISBN 2-85652-075-8).
  • Le Concile en question : correspondance Congar-Madiran sur Vatican II et sur la crise de l'Église (en collaboration avec Yves Congar), Éditions Dominique Martin Morin, Bouère, 1985. 175 p. (ISBN 2-85652-079-0).
  • Les Droits de l'homme DHSD[15], Éditions de Présent, Maule, 1988. 159 p. (ISBN 2-905781-07-6) (réédition, 1995, (ISBN 2-905781-13-0)).
  • Le vol du butor : divertissement littéraire sur ma vie et mes œuvres, Itinéraires (numéro spécial de la revue), Paris, 1990. 16 p.
  • Quand il y a une éclipse, Éditions Difralivre, Maule, 1990. 206 p. (ISBN 2-908232-02-2).
  • Maurras, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1992. 234 p. (ISBN 2-7233-0452-3).
  • Gilson : chroniques philosophiques, Difralivre, 1992 (ISBN 978-2-908232-04-2)
  • « Court précis de la loi naturelle selon la doctrine chrétienne », Itinéraires (numéro spécial de la revue), 1995. 46 p.
  • Le Monde et ses faux, Éditions de Présent, Paris, 1997. 112 p. (ISBN 2-905781-15-7).
  • L'extrême droite et l'Église : réponse, Éditions de Présent, Paris, 1998. 161 p. (ISBN 2-905781-18-1). Ouvrage qui fait réponse à L'extrême droite et l'Église de Xavier Ternisien, 1997, Éditions Brepols.
  • Une civilisation blessée au cœur, Éditions Sainte-Madeleine, Le Barroux, 2002. 109 p. (ISBN 2-906972-41-X).
  • La révolution copernicienne dans l'Église, Éditions Consep, Paris, 2002. 107 p. (ISBN 2-85162-090-8).
  • La trahison des commissaires, Éditions Consep, Versailles, 2004. 65 p. (ISBN 2-85162-147-5).
  • Maurras toujours là, Éditions Consep, Versailles, 2004. 102 p. (ISBN 2-85162-120-3).
  • Histoire du catéchisme, 1955-2005, Éditions Consep, Versailles, 2005. 160 p. (ISBN 2-85162-083-5).
  • La laïcité dans l'Église, Éditions Consep, Versailles, 2005. 152 p. (ISBN 2-85162-159-9).
  • Jean Madiran, L'Accord de Metz : ou pourquoi notre Mère fut muette, Versailles, Via Romana,‎ 2006, 75 p. (ISBN 978-2-916727-06-6, notice BnF no FRBNF40957944)
  • Jean Madiran, Histoire de la messe interdite : Fascicule 1 (1964-1976), Versailles, Via Romana,‎ 2007, 122 p. (ISBN 978-2-916727-20-2, notice BnF no FRBNF41117694)
  • Jean Madiran, Les vingt-cinq ans de “Présent” : confessions didactiques, Versailles, Via Romana,‎ 2007, 47 p. (ISBN 978-2-916727-18-9, notice BnF no FRBNF41243098)
  • Jean Madiran, La Trahison des commissaires : 3e  éd. revue et complétée, Versailles, Via Romana,‎ 2008, 103 p. (ISBN 978-2-916727-31-8, notice BnF no FRBNF41223070)
  • Jean Madiran, Enquête sur la maladie de la presse écrite, Versailles, Via Romana,‎ 2008, 64 p. (ISBN 978-2-916727-38-7, notice BnF no FRBNF41326196)
  • Jean Madiran, Histoire de la messe interdite : Fascicule 2 (1976-1989), Versailles, Via Romana,‎ 2009, 160 p. (ISBN 978-2-916727-50-9, notice BnF no FRBNF41497947)
  • Jean Madiran, Chroniques sous Benoît XVI. Tome I : avril 2005-décembre 2009, Versailles, Via Romana,‎ 2010, 430 p. (ISBN 978-2-916727-71-4, notice BnF no FRBNF42200505)
  • Jean Madiran, Dialogues du Pavillon bleu : fiction, Versailles, Via Romana,‎ 2011, 160 p. (ISBN 979-10-90029-14-9, notice BnF no FRBNF42578198)
  • Jean Madiran, Chroniques sous Benoît XVI. Tome II : 2010-2013, Versailles, Via Romana,‎ octobre 2013, 380 p. (ISBN 979-10-90029-58-3)
    Parution annoncée pour octobre 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Maxence, « Jean Madiran : sous le signe de la piété »,‎ 31 juillet 2013
  2. Source : Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, pages 64 à 66 : « Principal théoricien laïc de l'intégrisme catholique »
  3. Article de L’Homme Nouveau, no 1327, 4 juillet 2004.
  4. Xavier Gélinas, La droite intellectuelle québécoise et la Révolution tranquille, Presses Université Laval,‎ 2007, 486 p. (lire en ligne), p. 141
  5. Audrey Fontana, Élaboration d’une théorie des représentations culturelles des identités politiques : L’exemple de la politique culturelle du Front national de 1986 à 1998, Université Lumière Lyon 2,‎ 2009 (lire en ligne)
  6. Jeanne Smits écrit notamment, parlant du ou des auteurs de la dépêche de l'AFP rapportant la mort de Jean Madiran : « Ils ont déniché ça sur Wikipédia, et c'est faux : malgré ses tentatives, Jean Madiran n'a jamais réussi à corriger sa notice aussi truffée d'erreurs qu'une fiche des renseignements généraux. » Source : Jeanne Smits, « Jean Madiran et les chacals », Présent, no 7910,‎ 6 août 2013, p. 1.
  7. " M. Arfel-Madiran affirmait sous l'Occupation que " le juif souffre par où il a péché ", Olivier Biffaud, Le Monde, 29 mai 1990. :" Un an plus tard (6), dans un article intitulé " Les bons trucs «, M. Arfel ne désarme pas. » On fait actuellement aux Français le coup de l'indignation, écrit-il, parce qu'ils n'osent plus affirmer leurs vérités cardinales, et notamment celle-ci : qu'au milieu des conséquences tragiques de la défaite de 1940, le juif souffre par où il a péché, tandis que le Français souffre par où il a laissé pécher le juif. (…) Cette double forme résume toute notre position antisémite actuelle : le regret que l'on n'ait pas empêché les juifs de nuire à la France et la volonté de ne plus se laisser guider par eux. « Alors que le sort des juifs émeut et mobilise une partie de l'opinion catholique, M. Arfel achève son article par cette conclusion : » Nous ne nions pas que les juifs subissent durement le contrecoup de leur politique imprudente et impudente. Mais qu'on ne gémisse pas que nous nous acharnons sur de pauvres hères traqués et réduits à néant. Ils sont puissants et agissants puisqu'ils tourneboulent encore une partie de l'opinion et la mobilisent pour leur défense, et pour l'oubli de leurs fautes. "
  8. Jean-Paul Gautier, Les Extrêmes droites en France : de la traversée du désert à l'ascension du Front national, 1945-2008, Paris, Éd. Syllepse, 2009, page 17
  9. Il "a été le secrétaire particulier de Charles Maurras et militant de l'Action française à partir de 1943, puis il a collaboré à Rivarol de 1951 à 1958". Erwan Lecoeur. Dictionnaire de l'extrême droite. Page 241
  10. Source : Emmanuel Ratier, article Itinéraires, dans l’Encyclopédie politique française, volume 1, p. 352.
  11. Renaud Dély, Histoire secrète du Front National, Grasset, 1999, 332 p. (ISBN 978-2246578413) [EPUB] emplacement 5678 sur 6403.
  12. Jean Madiran, « Notre politique », Itinéraires, no 256, septembre-octobre 1981.
  13. Jeanne Smits, « Les funérailles de Jean Madiran », Présent, no 7911,‎ 7 août 2013, p. 1
  14. Bernard Antony, « Les obsèques de Jean Madiran », sur Le blog de Bernard Antony,‎ 6 août 2013 (consulté le 8 août 2013)
  15. DHSD : Droits de l’Homme sans Dieu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]