Henri Massis

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Henri Amédée Félix Massis, né à Paris le 21 mars 1886 et mort à Paris le 17 avril 1970, est un critique littéraire, essayiste politique et historien de la littérature[1]. Il créa des revues comme Roseau d'Or et la Revue universelle qu'il mit sur pied avec son ami Jacques Bainville. Engagé à l'extrême droite (à l'Action française), il a participé au régime de Vichy.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Un critique littéraire de la Droite catholique[modifier | modifier le code]

Élève d'Alain au lycée Condorcet, Henri Massis poursuit en lettres à la Sorbonne une licence de philosophie qu'il obtient en 1908. Pendant ses études, il publie son premier ouvrage de critique littéraire, Comment Émile Zola composait ses romans alors remarqué par Emile Faguet comme début prometteur. Politiquement, le jeune Massis est alors barrèsien. Massis est très tôt attiré par Charles Maurras et l'Action française. Fervent polémiste, il rejette la diffusion de la culture allemande à la Sorbonne et le déclin de la culture classique (enquête avec Alfred de Tarde sous le pseudonyme d'Agathon). Un second « Agathon » suivit en 1913 : « Les Jeunes gens d'aujourd'hui » dont il applaudit le goût de l'action, la foi patriotique, la renaissance catholique et le réalisme politique.

Durant les années 1920, Massis renouvelle ce type de critique à propos des écrivains de son temps comme André Gide ou Romain Rolland. Au premier il reproche, notamment, ses mœurs « sataniques » et ses attaques contre l'institution familiale (Nourritures terrestres) ; il dénonce le penchant socialiste du second et voit en lui un traître qui pactise avec « l'ennemi ».

Pour faire contre-feu à la condamnation de l'Italie par la Société des Nations en 1935 après l'invasion de l'Éthiopie, Massis, partisan d'une entente avec le régime fasciste de Mussolini, se fait le porte-parole d'une certaine droite lorsqu'il rédige le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe. Comme pour ses confrères de l'Action française, la germanophobie de Massis lui fait condamner — logiquement — le régime hitlérien (Chefs, 1939). Il manifestera son appui au dictateur Salazar.

Face à la NRF, Henri Massis essaie de mettre sur pied avec Maritain une sorte de NRF catholique avec la collection du Roseau d'Or publiée chez Plon.

Journaliste et pétainiste sous l’Occupation[modifier | modifier le code]

Massis s'est longuement consacré au journalisme. Il a fait ses débuts à L'Opinion avant d'être rédacteur en chef à la Revue universelle de 1920 à 1936, puis directeur de ce même journal de 1936 à 1944. La revue s'installe à Vichy en 1940 et y défend la collaboration.

Sous l'Occupation allemande, il est membre du Conseil national mis en place par Vichy. Il obtient la Francisque. Son nom figura dans la Liste des écrivains indésirables dressée par le Comité National des écrivains en 1944. Néanmoins, en retrait, il échappa à l’Épuration.

Après la Seconde Guerre mondiale, il se consacre en particulier à des études biographiques, s'intéressant entre autres à Renan, Barrès, Proust et Salazar. Le 19 mai 1960, il est élu membre de l'Académie française. Son épouse est décédée en 1968.

Un écrivain antimoderniste[modifier | modifier le code]

Massis fut un témoin engagé des bouleversements sociaux et politiques de la France du XXe siècle. En homme de droite, catholique et antimoderniste, il a pris part à de nombreux débats de son temps en se démarquant du pangermanisme, du protestantisme et de l'engouement pour le communisme. Loin du modernisme littéraire, il garde la mémoire d'écrivains qui sont restés dans l'ombre de Proust et du surréalisme, tels que Ernest Psichari et Jacques Rivière. Ses témoignages sur Barrès et Maurras sont de précieux documents pour la compréhension de la genèse des idées d'extrême droite après l'affaire Dreyfus. « Figure majeure de la scène intellectuelle française, Henri Massis est encore, un des maurrassiens les plus diffusés à l'étranger. [Il peut d'ailleurs être] considéré comme l'ambassadeur de la culture maurrassienne[2]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Comment Émile Zola composait ses romans, 1905.
  • Le Puits de Pyrrhon, 1907.
  • La Pensée de Maurice Barrès, 1909.
  • Agathon (et Alfred de Tarde) L'Esprit de la nouvelle Sorbonne, 1911.
  • Agathon (et Alfred de Tarde) Les Jeunes Gens d'aujourd'hui, 1913.
  • Romain Rolland contre la France, 1915.
  • Luther prophète du germanisme, 1915.
  • La Vie d'Ernest Psichari, 1916.— Réédité en 2008, à la suite du Voyage du centurion d'Ernest Psichari (Paris, Éditions Saint-Lubin (ISBN 9782917302026)).
  • Impressions de guerre, 1916.
  • Le Sacrifice (1914-1916), 1917.
  • La Trahison de Constantin, 1920.
  • Jérusalem le Jeudi-Saint de 1918, 1921.
  • Jugements I : Renan, France, Barrès, 1923.
  • Jugements II : André Gide, Romain Rolland, Georges Duhamel, Julien Benda, les chapelles littéraires, 1924.
  • De Lorette à Jérusalem, 1924.
  • Le Réalisme de Pascal, 1924.
  • Jacques Rivière, 1925.
  • En marge de "Jugements", 1927.
  • Réflexions sur l'art du roman, 1927.
  • Défense de l'Occident, 1927.
  • Avant-postes, 1928.
  • Évocations. Souvenirs (1905-1911), 1931.
  • Dix ans après, 1932.
  • Débats, 3 vol., 1934.
  • Les Cadets de l'Alcazar, 1936.
  • Notre ami Psichari, Ernest Flammarion, Collection « Chefs de file », décembre 1936.
  • Le Drame de Marcel Proust, 1937.
  • L'Honneur de servir, 1937.
  • Chefs. Les Dictateurs et nous, 1939.
  • La Guerre de trente ans (1909-1939), 1940.
  • Les Idées restent, 1941.
  • La Prière de Lyautey, 1942.
  • Découverte de la Russie, 1944.
  • D'André Gide à Marcel Proust, 1948.
  • Allemagne d'hier et d'après-demain, 1949.
  • Portrait de M. Renan, 1949
  • Maurras et notre temps, 2 vol, 1951.
  • L'Occident et son destin, 1956.
  • Visage des idées, 1958.
  • À contre-courant, 1958.
  • L'Europe en question, 1958.
  • De l'homme à Dieu, 1959.
  • Salazar face à face, 1961.
  • Maurras et notre temps, éd. définitive et augmentée, 1961.
  • Barrès et nous, suivi d’une correspondance inédite (1906-1923), 1962.
  • Au long d'une vie, 1967.
  • Préface: "Robert Brasillach" en: R. B.: Œuvres complètes Vol XII. Au Club de l'honnête homme, 1964, p. X - XVI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. selon le site de l'Académie Française
  2. Michel Leymarie, Olivier Dard, Jacques Prévotat, Neil McWilliam, Le maurrassisme et la culture, Presses Univ. Septentrion, 1er juin 2010 - 370 p., p. 220

Liens externes[modifier | modifier le code]