Simon Sabiani

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Simon Sabiani
Image illustrative de l'article Simon Sabiani
Fonctions
Parlementaire français
Député
19281936
Gouvernement Troisième République
Groupe politique Ind. (1928-1932)
GI (1932-1936)
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Bouches-du-Rhône
Signature.
Simon Sabiani, Paul Carbone et François Spirito.

Simon Pierre Sabiani, né le à Casamaccioli et mort le à Barcelone, est un politicien et homme d'affaires français, héros de la Première Guerre mondiale, puis collaborateur du Régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Grande guerre[modifier | modifier le code]

Il participe à la Grande Guerre, incorporé au 15e corps d'armée au sein du 112e régiment d'infanterie de ligne, il perd un œil au bois de la Gruerie en juin 1915 après avoir dirigé contre l'ennemi six contre-attaques en six heures. Surnommé par ses compagnons d'armes « Le Lion de L'Argonne », « Le Bayard Corse », il reçoit quatre citations à l'ordre de l'Armée, est décoré sur le champ de bataille de la légion d'honneur, reçoit la médaille militaire ainsi que la croix de guerre ornée de 4 palmes, 2 étoiles d'argent.

Il avait quatre frères, et une sœur. Trois de ces frères furent tués sur le front lors de la première guerre mondiale.

  • Jean-Luc était lieutenant d'active. Chevalier de la Légion d'honneur ; croix de guerre, tombé au champ d'honneur, dans une attaque en Champagne.
  • Joseph, était sergent-major au 4e régiment de zouaves, tombé au champ d'honneur à Provins, en 1914.
  • François, avocat au barreau de Marseille, était sergent, croix de guerre, est tombé au champ d'honneur le 16 août 1918, lors du torpillage du navire le Balkan. Pierre Anfriani seul survivant de l'état major, précisera dans son rapport à l'autorité maritime que François Sabiani aurait pu se sauver s'il ne s'était occupé de porter secours à des passagers en perdition. Une plaque de marbre en son honneur était apposée sur les murs du palais de justice.
  • Don-Pierre a été fait prisonnier de guerre, après blessures reçues dans un combat à Bois-le-Prêtre (cinquante-deux mois de captivité).

Engagement dans les partis de gauche (1919-1936)[modifier | modifier le code]

Après guerre, Simon Sabiani adhère différentes organisations marxistes. Il est d'abord membre de la SFIO ; en 1919, il commanda des groupes musclés qui sèment le trouble dans les réunions électorales de la droite, empêchant ainsi Léon Daudet de prendre la parole à Marseille[1]. Il rejoint un moment le PCF, puis fonde en 1923 le Parti d’action socialiste.

Il est élu conseiller général des Bouches-du-Rhône en 1925, député en 1928 et devient premier adjoint du maire de Marseille de 1929 à 1935 ; il est maire par intérim en 1931 à la mort de Siméon Flaissières. Il est réélu député en 1932.

Il rejoignit également la LICA et participe à des rassemblements de dénonciation des persécutions hitlériennes[2].

Engagement au PPF (1936-1945)[modifier | modifier le code]

En 1936, il rejoint le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, dont il devient membre du bureau politique. Il est à la tête de la section locale du PPF à partir de 1936. Parmi ses amis et agents électoraux on trouve les figures du milieu marseillais: les futurs gangsters collaborateurs Paul Carbone et François Spirito, ainsi que le futur gangster résistant Antoine Guérini.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il gère notamment le bureau marseillais de recrutement de la LVF, dont il est le secrétaire général. Il sera un collaborateur radical, surtout après la mort de son fils François engagé dans la LVF sur le front russe[3].

Son fils, François Sabiani, étudiant en droit âgé de 20 ans, s'engage dans la LVF. Il voulait s'engager dans les Forces françaises libres et se trouvait déjà sur un bateau à Port-Vendres où son père l'obligea à débarquer. Dans son livre, Et j'ai cassé mon fusil, Jean-Baptiste Emmanuelli écrit qu’il s’est lui-même engagé dans la LVF à la demande de la mère de François Sabiani avec pour mission d’aller convaincre son fils de quitter la LVF. Il a été cité à l'ordre de la Légion : « Avait une haute conception de son devoir. S’était distingué le 29 mai 1942, au cours d’une patrouille de reconnaissance, par son calme et son mépris du danger. A été blessé mortellement, le 2 juin 1942, en accomplissant une mission de liaison ». Il meurt sur le Front de l'Est, non loin de Smolensk lors d'une opération de la LVF, le 2 juin 1942.

Exil (1944-1956)[modifier | modifier le code]

Simon Sabiani est condamné à mort par contumace, à cause de sa politique de « collaboration ». Il part à Sigmaringen (auprès du gouvernement en exil du régime de Vichy), puis se réfugie en Italie, en Argentine, et enfin en Espagne sous le nom de Pedro Multedo. Avant de mourir le 29 septembre 1956 à Barcelone, à la clinique Notre-Dame de Lourdes. Il serait revenu « clandestinement » en Corse pour revoir sa mère. Il repose aujourd'hui dans la chapelle familiale de son village de Casamaccioli.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 234.
  2. « Le grandiose meeting de Marseille », Le Droit de vivre, juin 1933.
  3. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 235.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Simon Sabiani, Colère du peuple, Les Œuvres Françaises, 1936 (préface de Jacques Doriot)
  • Simon Sabiani, La Vérité sur l'attentat de Marseille, Grandes Conférences des Ambassadeurs, 1934

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Nicolaï, Simon Sabiani, un chef à Marseille, 1919-1944, Olivier Orban, 1991
  • Paul Jankowski, Communism and Collaboration. Simon Sabiani and Politics in Marseille (1919-1944), New Haven-Londres, Yale University Press, 1989.
  • Jean-Baptiste Emmanuelli, Et J'ai Cassé Mon Fusil, Robert Laffont

Liens externes[modifier | modifier le code]

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