Le Silence de la mer

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Le Silence de la mer
Auteur Vercors
Genre Nouvelle
Pays d'origine France
Éditeur Éditions de Minuit
Date de parution 1942
Nombre de pages 185

Le Silence de la mer est une nouvelle de Vercors (pseudonyme de Jean Bruller), publiée clandestinement aux Éditions de Minuit en février 1942.

Le Silence de la Mer est devenu un ouvrage « classique », abordant des thèmes centraux, comme la vie ou la guerre.

Le Silence de la mer et autres récits est aussi le titre d'un recueil de nouvelles de Vercors qui comporte six nouvelles.

La nouvelle[modifier | modifier le code]

Trame de l'histoire[modifier | modifier le code]

En 1941, au début de l'Occupation, un officier allemand, épris de culture française, réquisitionne la maison d'une famille comprenant un vieil homme et sa nièce. À travers des monologues prônant le rapprochement des peuples et la fraternité, il tente, sans succès, de rompre le mutisme de ses hôtes dont le patriotisme ne peut s'exprimer que par ce silence actif.

Autour du livre[modifier | modifier le code]

Un livre est rarement l'objet d'un culte tel que l'a été le Silence de la mer, pour des raisons plus patriotiques et conjoncturelles que littéraires. Le contexte a donné lieu à de nombreuses allégations comme celle d'Ilya Ehrenbourg qui pensait qu'il s'agissait sûrement d'une « œuvre de provocation écrite certainement par un nazi pour servir l'action d'intoxication menée par la Gestapo ». Ou encore la plupart des résistants à Londres qui avaient lu le livre étaient sûrs qu'il avait été écrit par André Gide

L'histoire est inspirée de faits réels, Vercors ayant accueilli chez lui un officier allemand avec une jambe raide qui jouait au tennis pour la rééduquer. Toutefois, aucun rapport ne s'était jamais établi entre eux mais Vercors avait remarqué que cet officier avait pour la France un certain attachement matérialisé par sa possession de nombreux livres français et d'un buste de Pascal. À partir de ces éléments Vercors a écrit l'histoire que nous connaissons aujourd'hui, sa femme étant devenue sa nièce pour créer un lien passionnel plus dramatique.

Rédigé au cours de l'été 1941, le livre n'est achevé d'imprimer que le 22 février 1942. Nombre de lecteurs remarquèrent un décalage entre le récit et les réalités de la situation : pour ceux qui ne supportaient pas le joug allemand le temps du silence était dépassé, l'heure de la lutte avait sonné. La dédicace à Saint-Pol-Roux souligne le sens du récit. Le poète, ami de Jean Moulin et de Max Jacob, était mort en décembre 1940 à l'hôpital de Brest, six mois après qu'un soldat allemand ivre eut forcé la porte de son manoir, tué sa servante et violé sa fille, Divine (le viol fut réfuté par la suite). L'hommage est explicite : les autorités qui ont pu couvrir un tel crime ne sauraient être suivies lorsqu'elles proposent de collaborer avec elles. Les écrivains qui acceptent de collaborer avec elles se font leurs complices.

Le manuscrit parvient à Londres et le général De Gaulle en ordonne une réédition sur le champ aux fins de large diffusion. C'est une de celles-ci qui passera dans les mains de Melville qui l'adaptera pour le cinéma.

Le roman est le premier ouvrage publié par les Éditions de Minuit.

L'auteur a cru reconnaître en Ernst Jünger une image fidèle du personnage de Werner von Ebrennac, l'officier allemand, après sa lecture de Jardins et routes, le journal de Jünger publié dans une traduction française en 1942[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Metteur en scène et année des représentations :

  • Sandrine Briard (1998-2001)
  • Robert Valbon (2001-2002)
  • Serge Dekramer (2010-2012[2])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Circonstances de la mort de Saint-Pol-Roux, à qui le livre est dédié

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Julien Hervier, Ernst Jünger. Dans les tempêtes du siècle, Fayard, 2014, p. 313.
  2. Fiche du projet : http://lesilencedelamer.fr/