Sturmabteilung

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48° 08′ 38″ N 11° 34′ 07″ E / 48.14375833, 11.56854444

Emblème des SA

La Sturmabteilung (littéralement Section d’Assaut[1], de Sturm « tempête » ou militairement « assaut »[2] et Abteilung signifiant « détachement, section »), abrégée en S.A. formait une organisation paramilitaire du parti nazi, le NSDAP, dont est issue la S.S[3],[4], également fondée par Adolf Hitler. Les SA jouèrent un rôle important dans l'accès au pouvoir de ce dernier en 1933.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme Sturmabteilung s'apparente à celui des Sturmtruppen, ces « troupes d'assaut » créés dans l'armée lors de la Première Guerre mondiale en Allemagne, pour appuyer les grandes offensives.

Les SA sont appelées « chemises brunes » en raison de la couleur de l'uniforme que ses membres portent à partir de 1925. C'est Gerhard Roßbach, qui à la fin de 1924 achète en Autriche, un lot de surplus de chemises militaires tropicales de couleur brune. Elles étaient disponibles en grand nombre pour un prix modique après la guerre. Elles avaient initialement été confectionnées pour habiller les troupes de l'Empire colonial allemand[5].

Lorsque Adolf Hitler arrive à reconstituer les SA, après l'interdiction qui les frappait en vertu de la condamnation du putsch de 1921, il habille ses hommes avec ces chemises rapidement disponibles et fait fabriquer le reste des vêtements pour compléter l'uniforme (hauts-de-chausses, cravates, képis). Il semble que cela soit donc davantage par opportunisme économique que par choix symbolique que le brun fut adopté comme couleur officielle des SA et du parti Nazi en général[6].

Création et rôle[modifier | modifier le code]

Sturmabteilung d'Essen en 1926
Ernst Röhm, premier chef des SA
SA lors du boycott des magasins juifs le 1er avril 1933 à Berlin.

Hitler a créé les SA à Munich en 1921 en réunissant d'anciens combattants, des officiers mécontents et des membres des Corps francs (chargés de la répression des révolutionnaires socialistes pendant la révolution de 1918-1919), sous l'autorité d'Ernst Röhm.

Leur constitution en troupe paramilitaire par les vétérans nationalistes visait d'abord à contourner les limitations du Traité de Versaille dans lesquels les vainqueurs de la Première Guerre mondiale imposaient de réduire l'armée régulière à 100 000 hommes.

Les SA faisaient office de service d'ordre, qui provoquait l'éviction des opposants lors des rassemblements du parti nazi, puis prirent une importance de plus en plus grande dans l'organisation du pouvoir. Les SA furent à l'origine de nombreux actes de violences dans les années 1920, principalement lors de combats de rues contre des groupes communistes comme le Rote Frontkämpferbund (l'Union de défense du Parti communiste d'Allemagne), et furent interdites à l'issue de la tentative de putsch de Hitler le 9 novembre 1923.

L'hymne officiel des SA était le Horst-Wessel-Lied, qui est ensuite devenu l'hymne du Parti nazi. Ce chant faisait référence, comme son nom l'indique, au jeune militant Horst Wessel élevé au rang de martyr après son assassinat en 1930.

La SA est le premier groupe paramilitaire Nazi à développer des titres pseudo-militaires afin de conférer des grades à ses membres. Les grades de la SA furent adoptés par de nombreux autres groupes du parti Nazi dont les SS fondée en avril 1925[3].

Le commandant de la SA porte le titre de SA-Stabschef, c'est-à-dire chef d'état-major de la SA. Adolf Hitler restait nominalement le chef de la SA avec le titre d'Oberster SA-Führer.

La SA compte à l'origine deux mouvances: celle anticapitaliste et apparentée à la gauche ouvrière en l'Allemagne du Nord, incarnée par Röhm, et une seconde (la base du mouvement, située à Munich) moins idéologique, qui absorbera finalement la première[7]. Néanmoins, notamment d'après l'historien allemand Joachim Fest, la seconde révolution prônée par la SA à partir de 1933 et jusqu'à la Nuit des Longs Couteaux s'apparente moins à un programme national-socialiste qu'au « désir d'individus isolés de faire fortune, ou encore de reprendre place dans la société en dehors de toute idéologie »[8].

L'organisation fut de nouveau autorisée en 1926 et joua un rôle croissant jusqu'à l'assassinat de Röhm.

En 1933, après l'élection du NSDAP, les SA se voyaient en concurrence avec l'armée régulière (Reichswehr), en tant qu'artisans de la révolution national-socialiste. Les tensions entre Röhm et Hitler, sur le rôle et le contrôle de ces troupes d'esprit révolutionnaire créditées de 400 000 hommes, menaçaient l'unité du pouvoir.

Afin de rétablir l'ordre au sein du parti de manière exemplaire, Hitler, poussé par ses conseillers dont Heinrich Himmler, le Reichsführer SS, et Goebbels, ordonne de purger la SA. Leurs principaux concurrents dont Röhm sont arrêtès et assassinés, sous prétexte de déjouer leur conspiration durant la Nuit des Longs Couteaux. Les purges ne se limitent pas aux dirigeants SA : des éléments conservateurs nationalistes qui avaient permis à Hitler d'accéder au pouvoir sous Hindenburg sont également assassinés: entre autres, le général Kurt von Schleicher, les collaborateurs de Franz von Papen ainsi que le fondateur du parti nazi, Gregor Strasser.

Après cet épisode, la SA a joué un rôle marginal dans l'histoire du IIIe Reich, à l'exception néanmoins encore de la Nuit de Cristal en 1938, en organisant les pogroms et la spoliation des juifs dans toute l'Allemagne.

À partir de 1934, c'est Viktor Lutze qui dirige la SA « apaisée » jusqu'à sa mort en 1943. L'élite de la SA constituera dès lors l'essentiel des effectifs de la Panzer Grenadier Division Feldherrnhalle. Wilhelm Schepmann prendra sa succession jusqu'à la fin de la guerre et la dissolution de la SA, en 1945.

La SA participa notamment aux combats lors des batailles de Vitebsk et de Narva, et fut anéantie, en 1944, sur la Berezina.

La SA fut jugée lors du Procès de Nuremberg, mais, contrairement à la Schutzstaffel (SS), ne fut pas déclarée organisation criminelle.

Chefs[modifier | modifier le code]

Le chef suprême des SA portait le titre de Oberster SA-Führer. Voici la liste des hommes qui ont porté ce grade :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.universalis.fr/encyclopedie/sa/
  2. Parent de l'ancien français estur « assaut » (avec chute du m final). Extrait de la Chanson de Roland, vers 2861 : De granz batailles, de forz esturs pleners
  3. a et b (en) Nazi Germany - SchutzStaffel SS
  4. Historiquement, le choix du terme "Saalschutz" abrégé S.S. ("service d'ordre de la salle") par Hitler, serait antérieur. De là se serait développé le terme de "Sturm-Staffel" (escadron d'assaut) vers 1920 sous la même abréviation, puis "Sturm-Abteilung".[réf. nécessaire]
  5. Toland, John (1976). Adolf Hitler. New York: Doubleday & Company. p.220 ISBN 0-385-03724-4
  6. Robin Lumsden. The Allgemeine-SS. Osprey Publishing,1993, p.20
  7. Joachim Fest, Les Maîtres du IIIe Reich, Grasset, Collection Le Livre de Poche Référence, 1965 [rééd. 2011], pages 262-263.
  8. Joachim Fest, Les Maîtres du IIIe Reich, Grasset, Collection Le Livre de Poche Référence, 1965 [rééd. 2011], pages 268-269.
  9. Le NSDAP et ses organes et instruments (incluant le Volkischer Beobachter et les SA) furent bannis en Bavière et dans certaines parties de l'Allemagne entre novembre 1923 et avril 1925 après la tentative de putsch raté de la part de Hitler dans le but de renverser la République de Weimar en novembre 1923 Putsch de la Brasserie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ligne de Front no 34 : La Panzer-Grenadier Division FELDHERRNHALLE

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]