Eugène Deloncle

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Eugène Deloncle

alt=Description de l'image Deloncle, Eugene.jpg.
Naissance 20 juin 1890
Brest (Finistère)
Décès 7 janvier 1944 (à 53 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
homme politique français
Activité principale
cofondateur de la Cagoule en 1935
Formation
Polytechnicien (Promotion X1910, second), ingénieur du Génie maritime

Antoine Octave Eugène Deloncle est un homme politique français, né à Brest (Finistère) le 20 juin 1890 et mort à Paris le 7 janvier 1944 (à 53 ans), cofondateur de La Cagoule en 1935.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du commandant Antoine Charles Louis Deloncle[1] (qui refusa de quitter la passerelle du paquebot La Bourgogne lors de son naufrage, le 4 juillet 1898, et fut englouti en mer avec lui) et d'Anna Ange Marie Grossetti. Il est le neveu de François Deloncle, député des Basses-Alpes et de la Cochinchine, et de Charles Deloncle, député et sénateur de la Seine.

Il épouse Mercédès Cahier, fille de médecin, dont il a un fils Louis et une fille Claude.

Après sa mort, sa femme épouse son fils adoptif Jacques Corrèze.

En 1939, sa nièce Edith Cahier, fille de Paul Cahier, épouse Robert Mitterrand, frère de François Mitterrand.

Sa sœur Louise qui épousa l'avocat Laurent-Cely fut la mère de l'écrivain Jacques Laurent, son autre sœur fut mariée un temps au joueur de bridge Pierre Albarran.

Carrière et activité politique[modifier | modifier le code]

Polytechnicien (Promotion X1910, second), ingénieur du Génie maritime, il combat pendant la Première Guerre mondiale comme officier d'artillerie et il est blessé sur le front de Champagne. Il est fait chevalier de la légion d'honneur par arrêté du 7 novembre 1920.

Il adhère d'abord à l'Action française, puis dans un esprit de dissidence vis-à-vis d'elle, fonde en 1935, avec Jean Filliol, l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN puis CSAR ; l'adjectif nationale fut supprimé plus tard et, mal lu, le « O » fut pris pour un « C ») connue de la police sous le nom de Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR) et surnommé La Cagoule par la presse. Ce surnom est d'ailleurs attribué avec mépris par Maurice Pujo de l'Action française.

Ses principaux « faits d'armes » sont :

  • l'attentat contre la Confédération générale du patronat français et du groupe des industries métallurgiques le 11 septembre 1937, cette action visant à faire croire à l'opinion publique à un complot communiste menaçant la démocratie ;
  • l'assassinat des frères Sabatino et Carlo Rosselli, deux militants italiens antifascistes réfugiés en France. Meurtres commis à la demande du gouvernement fasciste italien, en échange de la fourniture d'armes de guerre et d'un soutien financier

Selon Pierre Péan, à la fin du mois de novembre 1936, Deloncle rencontre le général Henri Giraud. Giraud promet son aide à Deloncle en cas de soulèvement communiste, et Deloncle lui annonce que les cagoulards se rangeraient sous ses ordres en échange. Très satisfait, Giraud « est évidemment d'accord pour travailler avec les gens de l'OSARN et souhaite la meilleure réussite à l'entreprise de Deloncle et Duseigneur [...] »[2].

En juillet 1938, l'état-major civil et plusieurs militaires, soit un total de 120 personnes, sont arrêtés par la police.

Après l'armistice de juin 1940, Deloncle rejoint l’amiral François Darlan et reprend contact avec d’anciens cagoulards.

Fin 1940, Eugène Deloncle crée le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal Pétain, puis, par le Rassemblement national populaire, se rapproche de Marcel Déat. Les intrigues entre les deux hommes ont raison de cette alliance et Deloncle est exclu en mai 1942.

Il collabore aussi avec l’amiral Wilhelm Canaris, qui dirige le contre-espionnage militaire allemand.

Le 7 janvier 1944, Deloncle est assassiné (son fils Louis, blessé, survit et dirige la branche espagnole de L'Oréal[3]) par la Gestapo – par l'intermédiaire d'agents français du SD – en raison de ses relations avec l'amiral Canaris et d'autres membres de l'Abwehr opposés à Hitler.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 18 décembre 1854, Cahors- 4 juillet 1898
  2. Pierre Péan, Le Mystérieux docteur Martin (1895-1969), Paris, Fayard,‎ 1993, 500 p. (ISBN 978-2213644677), p. 140.
  3. Eugène Schueller, alors patron du groupe L'Oréal, fut un soutien inconditionnel d'Eugène Deloncle et Marcel Déat, collaborationnistes notoires. Il ne fut cependant pas inquiété à la libération, ayant donné des gages à la résistance, comme au régime de Pétain, ce qui lui permit de mettre Louis Deloncle à l'abri des poursuites de ses adversaires politiques.