Rassemblement national populaire

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Rassemblement national populaire
Image illustrative de l'article Rassemblement national populaire
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Présentation
Fondation 1941
Disparition 1944
Idéologie Fascisme

Le Rassemblement national populaire (RNP) (1941-1944) était un parti collaborationniste français fondé par Marcel Déat en février 1941. Se voulant socialiste et européen, il se destinait à « protéger la race », et à collaborer avec l’Allemagne nazie.

Le RNP fut l'un des trois principaux partis collaborationnistes avec le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot et le Parti franciste de Marcel Bucard, prônant un alignement politique, social et militaire sur l'Allemagne nationale-socialiste.

L'une des particularité du RNP est la prédominance dans ses instances dirigeantes d'éléments issus de la gauche pacifiste, très majoritairement de la SFIO ou du néosocialisme, ce qui se traduit par un discours socialiste, une activité syndicaliste et une orientation fédéraliste européenne plus marqués que chez les autre mouvements collaborationnistes.

La Phase RNP-MSR (février-octobre 1941)[modifier | modifier le code]

Le RNP est fondé par Marcel Déat (ancien député SFIO, fondateur en 1933 du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (néo-socialiste), ministre de l’Air en 1936, et ultra-pacifiste en 1939). Éloigné de Vichy après avoir proposé sans succès un parti unique durant l’été 1940, et même brièvement arrêté par la police de Vichy le 13 décembre 1940 en même temps que Pierre Laval, il crée le RNP au début 1941.

Dès le départ, les autorités d'occupation imposent une fusion contre nature du RNP de Marcel Déat, qui recrute plutôt à gauche, et du Mouvement social révolutionnaire (MSR) d'Eugène Deloncle, mouvement d’extrême-droite qui continue l’action de la Cagoule.

Le premier comité directeur du RNP-MSR comprend 5 hommes (2 RNP, 3 MSR) :

La fusion entre le RNP et le MSR ne prend pas du fait de la rivalité des chefs et de la divergence des profils des membres des deux organisations. Le MSR conserve de facto son autonomie au sein du RNP et son principal rôle est de former le service de sécurité du RNP, la Légion nationale populaire[1].

La méfiance règne entre les deux chefs, d’autant que l’équipe de Deloncle est spécialiste des complots et des coups de main. Après l’attentat de Paul Collette contre Pierre Laval et Marcel Déat le 27 août 1941, Déat accuse le MSR d’avoir tenté de l’éliminer. Le MSR est donc exclu du RNP en octobre 1941, non sans quelques derniers coups tordus sanglants. Le RNP se réorganise par l’exclusion des éléments soupçonnés d’être proches du MSR jusqu’aux premiers mois de 1942.

Le RNP sans MSR (après octobre 1941)[modifier | modifier le code]

Idéologie[modifier | modifier le code]

Sur le plan idéologique, le RNP est favorable à un régime à parti unique et d'inspiration fasciste dans une Europe unifiée et socialiste. Il se revendique de l'héritage républicain, laïc et pacifiste, ce qui le différencie radicalement de son grand rival, le PPF de Doriot. Ainsi, le RNP défend le principe du suffrage universel, l’école publique, une ligne anti-cléricale ou encore le maintien des bustes de Marianne dans les mairies[2]. dans ses écrits, Déat se réclame de la tradition républicaine et révolutionnaire et affirme et loue la parenté entre le jacobinisme et le totalitarisme : « L’État révolutionnaire de 1793 est singulièrement proche de l’État totalitaire ; ce n'est pas du tout l'État capitaliste et libéral (...). Disons en raccourci que la Révolution française a tendu vers un national-démocratisme, et que nous tendons maintenant à un national-socialisme. Mais le premier mouvement était aussi révolutionnaire que le second, il avait le même sens, il allait dans la même direction. Il est absolument faux de vouloir les opposer l'un à l'autre[3]. » Par ailleurs, il verse dans un antisémitisme moins violent que le PPF.

La tonalité spécifique du déatisme, faite de surenchère collaborationniste et de défense d'une ligne de gauche républicaine, se traduit par des prises de protestation contre la révocation des maires de gauche, contre les campagnes visant les francs-maçons et les instituteurs et dans le même temps la célébration d'un Hitler imaginaire, qu'il décrit comme désireux d'effacer les frontières au profit d'échanges économiques, édifiant une Europe pacifiée, unie et socialiste[4]. Ces idées entraînent une opposition constante entre le RNP et les éléments réactionnaires du début du régime de Vichy.

Dès le départ, Marcel Déat entend donner pour la partie programmatique la prépondérance à ses amis socialistes en créant une « série de commissions et de comités d'études réunissant les têtes pensantes de la gauche et de l'extrême gauche », se félicitant de pouvoir recourir à ses « liaisons étendues dans le monde universitaire comme dans toutes sortes de milieux techniques et intellectuels[5] ».

Après le départ des éléments droitiers du MSR, Ernst Achenbach suggère à Déat de prendre contact avec les masses et d'insister sur l'orientation socialiste de son mouvement ; de fait, en 1942, la Commission permanente, instance dirigeante du RNP, comprend douze personnes issues du socialisme : SFIO, Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès, Union socialiste républicaine[Note 1].

Soutien de l'ambassade allemande[modifier | modifier le code]

Dans son rapport à Ribbentrop daté du 23 juin 1941, Abetz prône « un traité de paix qui empêcherait, par la mise en place d'un gouvernement de gauche et l'occupation permanente par l'Allemagne, toute opposition contre l'Europe dirigée par le Reich ». L'ambassadeur du Reich en France favorise donc le RNP, conformément à ses inclinations personnelles d'ancien social-démocrate : il préfère travailler avec d'anciens socialistes comme Marcel Déat et avec des collaborateurs surtout motivés par le pacifisme et l'idée d'unifier l'Europe, quitte à ce que ce soit sous domination allemande, plutôt qu'avec Doriot et son PPF suspectés d'être trop indépendant car « il pourrait finir par s'imposer et susciter une mystique nationale capable de rénover la France dans le sens national-socialiste [6] », ce dont Berlin ne veut pas. Dans son rapport à Ribbentrop daté du 23 juin 1941, Abetz prône « un traité de paix qui empêcherait, par la mise en place d'un gouvernement de gauche et l'occupation permanente par l'Allemagne, toute opposition contre l'Europe dirigée par le Reich[7] ». De fait, le conseiller Schleier, constatant que « la grande majorité des partisans de la politique de collaboration vient de la gauche française[8] » pousse Abetz à favoriser l'entrée au gouvernement de Vichy des syndicalistes et socialistes acquis à la collaboration et Marcel Déat finira par rentrer dans le gouvernement de Laval. Le RNP ne cesse de critiquer les « réactionnaires de Vichy » et le PPF[Note 2].

Le Front révolutionnaire national[modifier | modifier le code]

Très déçu ne pas accéder au gouvernement de Vichy dans le sillage du retour au pouvoir de Pierre Laval en avril 1942 ou de l’occupation de la zone sud en novembre 1942, Marcel Déat consacre l’année 1943 à tenter de réaliser un parti unique de la collaboration qui lui permette de s’imposer. À la suite des rencontres en novembre 1942 entre les chefs du RNP (Déat, Albertini) et du MSR (Georges Soulès), qui s’étaient tous connus à la SFIO, le RNP créé le Front révolutionnaire national (FRN) qui parvient à rassembler les principaux partis collaborationnistes hormis le PPF de Doriot : RNP-Front social du travail, MSR, Parti franciste, Groupe Collaboration et Jeunes de l’Europe nouvelle, Comité d’action antibolchévique. Le PPF refuse la manœuvre, mais Déat réussit à débaucher un de ses dirigeants, Jean Fossati (secrétaire du PPF), et nomme à la tête du FRN le seul chef du RNP issu du PPF : Henri Barbé. Le FRN ne mène cependant à rien.

Déat au gouvernement de Vichy[modifier | modifier le code]

Sur le plan tactique, le RNP critique avec virulence Vichy trop conservateur et pas assez européen mais s'abstient de critiquer Pierre Laval : Déat se voit en successeur de ce dernier avec qui il partage des réseaux républicains et pacifistes de nature proches.

Le régime de Vichy se durcissant, ses points de vue se rapprochent de ceux des collaborationnistes. En mars 1944, Déat est nommé ministre du Travail et de la solidarité nationale du régime de Vichy et prend dans son cabinet les dirigeants du RNP (Georges Albertini, Georges Dumoulin, Ludovic Zoretti, Gabriel Lafaye, etc.). L’activité du parti est dès lors délaissée.

Le 17 août 1944, devant l’avancée alliée, Marcel Déat part se réfugier en Allemagne. Il y est presque seul (« l’unique du parti » raille son collègue Abel Bonnard en référence à l’ancienne obsession du parti unique). Les membres du RNP, contrairement à ceux des autres partis collaborationnistes, préfèrent dans l’ensemble rester en France.

Organisation et profil du RNP (après octobre 1941)[modifier | modifier le code]

Le profil du RNP[modifier | modifier le code]

Marcel Déat calque le RNP sur la SFIO d’avant-guerre afin de séduire son électorat, populaire et surtout de classes moyennes. Le RNP joue ainsi avec les symboles :

  • Le nom « Rassemblement national populaire » est une référence au « Rassemblement populaire », le nom initial du Front populaire.
  • Le RNP se veut la « Section française de l’internationale européenne » ou SFIE, par analogie avec la SFIO[9],
  • Les uniformes du RNP sont calqués sur celui des Jeunes gardes socialistes (chemise bleue, cravate rouge)[10].

Il en est de même en ce qui concerne les dirigeants du RNP :

  • au niveau central : sur les 15 principaux dirigeants du parti en février 1943, 6 viennent de la SFIO, 6 du néo-socialisme, 1 est passé par le parti communiste, puis le PPF, 2 viennent de droite (liste plus bas)[11].
  • dans l’encadrement : « L’antécédent néo-socialiste, radical ou SFIO semble avoir joué un rôle analogue au niveau des sections locales »[12].

Les membres du RNP sont issus des classes moyennes urbaines (les trois quarts des dirigeants) : employés, fonctionnaires, enseignants, et aussi artisans, commerçants, professions libérales. Le parti compte peu d’ouvriers (11 %, notamment des cheminots[13]). Au total, le RNP est plus âgé et plus intellectuel, et donc moins activiste, que le PPF et le Parti franciste.

En termes quantitatifs, le RNP est, comme tous les partis de la collaboration, un échec, ne parvenant pas à séduire les masses. On lui accorde en général, au maximum, entre 20 000 membres (dont 12 000 en province)[14] et 30 000[15]. Il connaît son apogée en 1942. D’autres estimations ne lui accordent que 2.640 membres vraiment actifs, dont seulement 13 % d’ouvriers de l’industrie[16].

Presse proche du RNP[modifier | modifier le code]

Les Jeunesses nationales populaires (JNP)[modifier | modifier le code]

Les JNP sont dirigées par Roland Silly et des militants provenant des Étudiants révolutionnaires ou d’autres structures de l’extrême gauche trostkisante d'avant-guerre[18]. Parmi les 9 autres dirigeants figure Roland Goguillot, dit Roland Gaucher, membre de la Fédération des étudiants révolutionnaires et du PSOP.

Le logo des JNP était un gamma stylisé (ressemblant à la rune Ōthalan fréquemment utilisée par les nazis, mais à l'envers), généralement représenté en bleu dans un carré blanc sur la pointe, le tout sur fond rouge.

Concernant les adhérents, « ceux qui formaient le gros des troupes de la JNP, et dont certains étaient d’anciens Faucons rouges ou étaient issus de familles à forte tradition syndicaliste, suivaient l’exemple de leurs chefs et affichaient des idées nationales-socialistes »[19]. Là aussi, le RNP cultive son image « de gauche » : le chant des JNP est ainsi une marche du parti communiste allemand[10]. Les JNP n'ont pas de programme d'action mais quatre commandements :

  • Un chef : Déat
  • Une mystique : Servir
  • Une doctrine : Socialisme
  • Une devise : À temps héroïques, Jeunesse héroïque

Cette devise adoptée lors du premier congrès servira de thème aux affiches illustrées par le tambour Joseph Bara affichant ainsi la parenté revendiquée par le RNP de l'héritage révolutionnaire et jacobin[20].

Les JNP auraient compté 2 500 membres pour toute la France.

Principaux membres du RNP (après octobre 1941)[modifier | modifier le code]

La direction du RNP : les 15 membres de la CP[modifier | modifier le code]

Le RNP est dirigé par une commission permanente de 15 membres (liste des membres en février 1943 publiée par Lambert et Le Marec et Handourtzel et Buffet) :

Personnalités exclues car trop modérées[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités du RNP furent exclues car jugées trop modérées :

Autres personnalités du RNP[modifier | modifier le code]

Les « entrismes » au sein du RNP[modifier | modifier le code]

Des militants issus de deux tendances politiques différentes vont tenter de mener une stratégie d'entrisme au sein du RNP, c'est-à-dire d'y adhérer de façon tactique pour y former un groupe d'influence qui puisse infléchir sa politique dans le sens voulu. Il s'agit de certains trotskistes, habitués à la stratégie d'entrisme au sein des partis de gauche, et de certains militants nationalistes algériens, qui espèrent ainsi faire avancer la cause de l'indépendance de leur pays.

L’entrisme trotskiste au RNP[modifier | modifier le code]

Suivant la stratégie trotskiste de « l’entrisme » un petit groupe de trotskistes issu du Parti communiste internationaliste (PCI) est entré au RNP, dont Henri Molinier (membre de la direction du PCI, frère de Raymond), Roger Foirier (PCI, jeunesse du PSOP), Maurice Déglise (membre du comité central des Jeunesses communistes puis trotskiste, André Gailledrat dit Morgat (membre du comité central du PCI, rédacteur en chef de la revue La Vérité (journal 1929), puis membre du PSOP), Jean Desnots (voir FST plus loin).

L’entrisme des nationalistes algériens au RNP[modifier | modifier le code]

Certains nationalistes anticolonialistes nord-africains jouent la carte de la collaboration avec l’Allemagne nazie qui leur laisse espérer l’indépendance de l’Algérie afin d’affaiblir la France. Dans cette optique, plusieurs dirigeants nationalistes algériens du Parti du peuple algérien (PPA) créé en 1937 par Messali Hadj (surtout l’équipe qui privilégiait l’action en France et non en Algérie) entrent dans les organisations du RNP, espérant qu’il serve de couverture à leur action.

  • Comité nord-africain du RNP (mai 1941 à début 1944). Secrétaire général : Mohamed el-Maadi (ou Mahadi) (officier français, membre de l'Étoile nord-africaine, tenté par le Parti populaire algérien, puis adhère à la Cagoule. Après 1940 : au Mouvement social révolutionnaire (MSR) puis au RNP. Puis expulsé du RNP en 1943 car joue trop la carte allemande. Il crée la Légion nord-africaine, unité militaire pro-allemande). Autres chefs : Graied, Belkacem Radjef (ancien trésorier et numéro 3 du PPA) (Lambert et Le Marec).
  • L'Union des travailleurs nord-africains (UTNA) regroupe les nord-africains du Front social du travail, le syndicat du RNP (lire plus bas). L’UTNA aurait recruté 3 000 membres, notamment parmi les 18 000 ouvriers non qualifiés embauchés pour la construction du mur de l’Atlantique. Chefs : Mohamed Laroubi (condamné en novembre 1939 pour « atteinte à la sécurité de l’État ». Après 1940 : président de l'UTNA), Amar Khider (ouvrier, ancien chef du PPA), Si Djilani (membre fondateur de l’Étoile nord-africaine puis ancien membre du bureau politique du PPA, directeur du journal el-Oumma)[21].

Organisations syndicales et professionnelles du RNP[modifier | modifier le code]

  • Le Centre syndicaliste de propagande (CSP) a été créé en avril 1941 par l’équipe du journal syndicaliste L’Atelier qui a rejoint le RNP (Georges Dumoulin, Georges Albertini, Francis Delaisi) dans l’attente de créer un Rassemblement national syndical. En attendant, le CSP est un club de réflexion et un groupe de pression qui réclame une charte du travail plus favorable aux salariés. Ont été successivement secrétaires généraux du Centre syndicaliste : Georges Dumoulin (un des chefs du RNP, lire plus haut), Aimé Rey (délégué à la propagande de la CGT dans les années 1920, mort en 1943), Roger Bertrand, en 1945 Kléber Legay (mineur, secrétaire de la Fédération CGT du Nord, René Mesnard (membres de la CGT, de la SFIO, puis néo-socialiste.
  • Le Front social du travail (FST) a été créé en juillet 1942 : il se veut le véritable syndicat du RNP avec des cellules dans les entreprises. Son délégué général est Francis Desphilippon, un des chefs du RNP (lire plus haut).
  • L'Union de l’Enseignement a été créée en novembre 1942 pour regrouper les enseignants du RNP. Son secrétaire fut Pierre Vaillandet (professeur à l’École Normale, député SFIO du Vaucluse en 1936) mais elle était aussi dirigée par Georges Albertini. Elle fut un échec.
  • Le Centre paysan avait pour chefs : René de Robert (ingénieur agricole, ami de Déat, membre du Cercle européen), Julien Dobert, Jean Desnots (membre du comité central du Parti communiste, qui passa au trotskisme en 1935), André Gorse.
  • La Ligue de la pensée française. Créée en 1942 par René Chateau pour rassembler les intellectuels pacifistes et laïcs, elle regroupe des proches de Marcel Déat parfois rebutés par l'alignement systématique du RNP sur le parti national-socialiste allemand[22].

Le RNP et l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

L’antisémitisme du RNP est incontestable mais il est en retrait par rapport à celui des autres partis de la collaboration, les dirigeants exigeant que les Juifs soient rejetés de la Nation mais non de l’Humanité[23]. Ainsi, le bulletin intérieur du RNP, en juillet 1942, admet des distinctions entre diverses catégories de Juifs : les Juifs anciens combattants et les Juifs utiles (savants, intellectuels, producteurs) doivent être intégrés à la Nation[24], ce que le PPF critiquera violemment[23]. Marcel Déat écrira dans ses mémoires politiques qu'il s'opposa à l'antisémitisme radical et que distinguant les juifs étrangers arrivés récemment « peu désirables » et les juifs français assimilés, il fit acclamer par le congrès du RNP les noms de Brunschvicg et Bergson[25].

Marcel Déat, qui fut avant la guerre un ami de la LICA qui appela à voter pour lui et qui fut l’un des hommes politiques français qui protestèrent le plus contre l’antisémitisme et le racisme dans les années 1930[26], relativisera dans ses mémoires publiées en 1989 son antisémitisme et celui du RNP pendant la guerre.

Symboles du RNP[modifier | modifier le code]

Le RNP adopta un emblème : un poing tenant fermement trois flambeaux aux couleurs nationales symbolise l'unité de la nation ; elle est encadrée par un fer à cheval pour laquelle trouva une explication de rassemblement économique : sous le pied du cheval se rencontre le symbole agricole, l'industrie lourde de l'acier et l'effort de l'artisan[27],[28].

À cet emblème, s'ajouta un drapeau rouge frappé d'un losange blanc encadrant un signe zodiacal du bélier bleu, déjà utilisé par les néo-socialistes bordelais en 1934 mais dont la forme angulaire pouvait rappeler la croix gammée des nationaux-socialistes allemands[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit de Déat, Benedetti, Favier, Lafaye, Levillain, Montagnon, Albertini, Desphelippon, Dumoulin, Guionnet, Silly Zoretti.
  2. Déat étant soutenu par le représentant de l’Allemagne en France, Otto Abetz, Doriot se tournera pour sa part vers les SS.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Philippe Lambert, Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la collaboration, 1993, Paris 1940-1944, éd. Gracher, 1993, p. 47.
  2. Pascal Ory, Les collaborateurs
  3. Marcel Déat, Pensée allemande et pensée française, éd. Aux Armes de France, juin 1944, p. 38-39.
  4. Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, éd. Pygmalion, Gérard Watelet, 2007, p. 578.
  5. Marcel Déat, Mémoires politiques, 1989, p. 596.
  6. Philippe Burrin, La dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery 1933-1944, Paris, éd. Le Seuil, p. 437.
  7. Dominique Venner, Histoire de la collaboration, éd. Pygmalion Gérard Watelet, 200, p. 160.
  8. Archives nationales 3 W 210. Cité par Jean-Paul Cointet, Histoire de Vichy, p. 288.
  9. Handourtzel et Buffet
  10. a et b Lambert et Le Marec
  11. Lambert et Le Marec ; Handourtzel et Buffet
  12. Pascal Ory, Les collaborateurs
  13. Pascal Ory, etc.
  14. selon Handourtzel et Buffet
  15. selon Le Marec-Lambert
  16. Reinhold Brender en 1992 cité par Robert Soucy dans « Fascisme français ? ».
  17. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 332.
  18. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 331-332.
  19. Wilfred H. Halls, Les jeunes et la politique de Vichy, Syros Alternatives, 1988, page 338)
  20. Pierre Philippe Lambert, Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la collaboration, 1993, Paris 1940-1944, éd. Gracher, 1993.
  21. Lambert et Le Marec et autres
  22. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 211.
  23. a et b Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 201.
  24. Georges Albertini, Le National-Populaire, 13 juin 1942.
  25. Marcel Déat, Mémoires politiques, éd. Denoël, p. 609.
  26. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 199.
  27. Marcel Déat, Mémoires politiques, éd. Denoël, p. 596.
  28. Initialement, le poing devait être encadré par un oméga mais sur suggestion de Pierre Laval, il fut remplacé par un fer à cheval. Le fer a cheval a cependant conservé de l'oméga les deux empattements de sa base.
  29. Pierre Philippe Lambert, Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la collaboration, Paris 1940-1944, éd. Gracher, 1993, p. 56.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Burrin, Philippe, « La dérive fasciste, Doriot, Déat, Bergery », Le Seuil, 1986.
  • Cointet Jean-Paul, "Marcel Déat : du socialisme au national-socialisme", Paris, Perrin, 1998, 418 pages.
  • Varennes, Claude, « Le destin de Marcel Déat », Janmaray, 1948.

Ouvrages généraux sur la collaboration[modifier | modifier le code]

  • « La gauche dans la collaboration », Le Crapouillot, no 110, septembre 1992.
  • Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 201

Textes de Marcel Déat[modifier | modifier le code]

  • Marcel Déat. Mémoires politiques, introd. et notes de Laurent Theis, épilogue par Hélène Déat, Paris, Denoël, 1989, 990 pages.
  • Marcel Déat. De la fausse collaboration à la vraie révolution, décembre 1941-janvier 1942, Paris, Rassemblement national populaire, 1942, 47 pages (Recueil d'articles extraits de «l'Œuvre», 30 décembre 1941 - 13 janvier 1942, et d'un exposé prononcé à Radio-Paris, le 5 janvier 1942.)
  • Marcel Déat. Discours, articles et témoignages, Coulommiers, Éd. Déterna, « Documents pour l'histoire », 1999, 149 pages.
  • Marcel Déat. Le Parti unique, Paris, Aux Armes de France, 1943, in-16, 183 pages, (Articles parus dans ″l'Œuvre″, 18 juillet-4 septembre 1942)
  • Marcel Déat et Dominique Sordet, Le Coup du 13 décembre, Suivi de Il faut les chasser par Marcel Déat, Paris, impr. de Guillemot et de Lamothe, 1943. In-16 (190 x 140), 47 pages.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Philippe Lambert et Le Marec, Organisation Mouvements et unités de l'État français Vichy 1940-1944, Paris : Éditions Grancher, 1992.
  • Pascal Ory, Les Collaborateurs 1940-1945. Paris : Le Seuil, 1976.
  • Rémy Handourtzel et Cyril Buffet. La collaboration... à gauche aussi ». Paris : Éditions Perrin, 1989. ISBN 2262006318.
  • Reinhold Brender, Marcel Déat und das Rassemblement National Populaire, Ed. Oldenbourg [Munich], [1992].

Liens vidéo[modifier | modifier le code]

  • Films de meetings et rassemblements du RNP sur le site de l'Ina ([1] puis cliquer sur l'une des images).