Abel Hermant

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Abel Hermant

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Abel Hermant

Nom de naissance Antoine Joseph Abel Hermant
Activités romancier
dramaturge
essayiste
Naissance 3 février 1862
Paris, Drapeau de la France France
Décès 28 septembre 1950 (à 88 ans)
Chantilly, Drapeau de la France France
Langue d'écriture français
Genres roman, théâtre, essai

Abel Hermant, né le 3 février 1862 dans le 8e arrondissement de Paris et mort le 28 septembre 1950 à Chantilly[1], est un écrivain et dramaturge français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Licencié ès lettres, il est reçu premier au concours d'entrée à l’École normale supérieure en 1880, établissement qu'il devait quitter un an plus tard pour se consacrer à la littérature. Son premier ouvrage publié est un volume de vers, Les Mépris (1883). Après plusieurs romans de jeunesse, il s'oriente vers une analyse ironique des mœurs de la Belle Époque et connaît en son temps le succès. Il se bat en duel contre le duc de Sagan, qui s'estimait offensé par sa pièce La Meute.

Auteur mondain prolifique dont l'œuvre a complètement sombré dans l'oubli, il est élu à l’Académie française le 30 juin 1927 au fauteuil de René Boylesve. Par ailleurs, il tient une chronique de bon langage dans Le Temps, puis dans Le Figaro sous le pseudonyme de Lancelot (en référence à Claude Lancelot, auteur de la Grammaire de Port-Royal). Elle faisait autorité et était marquée par le purisme le plus absolu. Ses articles sur le sujet ont été ensuite réunis en volumes.

Abel Hermant rédigea également l'argument du ballet d'Albert Roussel Bacchus et Ariane (1930).

Collaborationniste durant l'Occupation de la France par l'Allemagne, il est condamné le 15 décembre 1945 pour faits de collaboration et exclu de l’Académie[2]. Contrairement à ceux de Philippe Pétain et de Charles Maurras, son fauteuil, comme celui d’Abel Bonnard, fut pourvu de son vivant[2].

Gracié et libéré en 1948, il tente de justifier sa conduite pendant l’Occupation dans Le Treizième Cahier : rêveries et souvenirs d'un philosophe proscrit (1949).

Il épousa en 1888 (après des fiançailles au Paradou, le 4 septembre)[3], Georgette Charpentier (1872-1945), fille de l'éditeur Georges Charpentier. Georgette Charpentier se trouve dans le tableau de Renoir Madame Georges Charpentier et ses enfants (Metropolitan Museum of Art). Le couple divorça en 1892 après le décès en bas-âge de leur fils unique (1890).

Œuvre[modifier | modifier le code]

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Proses[modifier | modifier le code]

  • Les Mépris (1883)
  • M. Rabosson (l'éducation universitaire) (1884)
  • La Mission de Cruchod (Jean-Baptiste) (1885), réédité en 2014 sous le titre Une folle amitié de collégien
  • Le Cavalier Miserey (1887), œuvre sur les mœurs homosexuelles militaires]
  • Nathalie Madoré (1888)
  • Ermeline - 1796 - (1882-1888-1890)
  • Amour de tête (1890)
  • Cœurs à part (1890)
  • Les Confidences d’une aïeule (1893)
  • Le Disciple aimé (1895), version remaniée de La Mission de Cruchod (Jean-Baptiste)
  • Le Frisson de Paris (1895)
  • Les Transatlantiques (1897)
  • Confession d'un homme d'aujourd'hui – Mémoires pour servir à l’histoire de la société (1901-1929)
  • Les Affranchis (1908)
  • Mémoires pour servir à l'histoire de la société. Chronique du cadet de Coutras (1909)
  • Le Premier Pas, nouvelles (1910)
  • Le Cycle de Lord Chelsea (1923), œuvre sur le procès d'Oscar Wilde
  • Xavier ou Les entretiens sur la grammaire française (1923)
  • Les Fortunes de Ludmilla (1924)
  • Les Confidences d'une biche (1924)
  • Camille aux cheveux courts (1927)
  • Le Nouvel Anacharsis. Promenade au jardin des lettres grecques (1928)
  • Poppée, l'Amante de l'Antéchrist (1935), Pardès, Collection Destins de femmes dirigée par Jacqueline Kelen
  • Une vie, trois guerres - Témoignages et souvenirs, Paris, Pierre Lagrange (1943), 263 p.
  • Le Treizième Cahier : rêveries et souvenirs d'un philosophe proscrit (1949)

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris 8e, acte de naissance no 163, année 1862 (avec mention marginale de décès)
  2. a et b Collectif - Fondation Charles de Gaulle, De Gaulle et la Libération, Éditions Complexes, Paris, 2004, 221 p. (ISBN 978-2-8048-0016-1) [présentation en ligne], chapitre : « De Gaulle et la République des lettres », par Nicole Racine : p. 184-186 : « [...] L'ordonnance du 26 décembre 1944 entraînait automatiquement la destitution et l'exclusion de toutes fonctions, offices publics et corps constitués de quiconque était déclaré coupable d'indignité nationale. [...] »
    Ont participé à cet ouvrage : Claire Andrieu, Serge Berstein, Michèle et Jean-Paul Cointet, Laurent Douzou, René Hostache, Chantal Morelle, Nicole Racine, Odile Rudelle, Maurice Vaïsse, Dominique Veillon, Olivier Wieviorka. Textes tirés des actes du colloque des 6, 7 et 8 octobre 1994 organisé par la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation des Sciences politiques, l'Association française des constitutionnalistes et la participation de l'université de Caen ; publié en version intégrale : Le rétablissement de la légalité républicaine, 1944, Éditions Complexes, 1996.
  3. . « Biographie d'Abel Hermant », sur la Cyber-Gazette du pays royannais (consulté le 28 juin 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, éd. Albin Michel, 2001.

Lien externe[modifier | modifier le code]