Jean-Marie Clamamus

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Jean-Marie Clamamus
Jean-Marie Clamamus en 1932
Jean-Marie Clamamus en 1932
Fonctions
Parlementaire français
Député 1924-1936
Sénateur 1936-1940
Gouvernement IIIe république
Groupe politique Communiste
Biographie
Date de naissance 27 juillet 1879
Date de décès 15 février 1973
Résidence Seine

Jean-Marie Clamamus, né le 27 juillet 1879 à Saint-Léger-des-Vignes (Nièvre) et mort le 15 février 1973 à Paris, est un homme politique français.

Militant socialiste[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste, Jean-Marie Clamamus fait des études de droit commercial qui lui permettent de devenir comptable, puis directeur commercial et expert-comptable. Il milite activement à la Section française de l'Internationale ouvrière dès sa fondation en 1905, et contribue notamment à l'implantation du nouveau parti socialiste unifié dans les banlieues de Paris. Candidat aux élections municipales de 1919 à Bobigny sur la liste socialiste, il devient maire de cette ville après que la liste a été intégralement élue. Il conserve ce mandat jusqu'en 1944, avec une interruption entre 1939 et 1941.

Personnalité communiste[modifier | modifier le code]

En 1920, lors du Congrès de Tours, Jean-Marie Clamamus est de ceux qui choisissent de fonder le Parti communiste français. En 1924, il est tête de liste du Bloc ouvrier et paysan, émanation électorale de la SFIC, dans la 4e circonscription de la Seine. Élu, il sera systématiquement réélu jusqu'en 1936. À la Chambre des députés, il se montre un député très actif, intervenant sur des questions sociales comme le logement, mais aussi sur d'autres sujets tels que la condition féminine ou l'éducation sexuelle.

En tant que maire de Bobigny, il engage une politique très volontariste de résorption de l'habitat insalubre. L'exemple de cette réussite est le Nouveau Village, doté en 1921 du gaz et en 1926 de l'éclairage électrique. Sa gestion de la ville sera source de quelques tensions avec la direction du Parti qui lui reproche son indépendance et son autoritarisme[1].

Candidat aux élections sénatoriales de 1935, il est battu mais prend sa revanche quelques mois plus tard en profitant du départ de Pierre Laval qui choisit d'être sénateur du Puy-de-Dôme plutôt que de la Seine (il avait été élu dans les deux départements simultanément). Il bat André Grisoni, candidat radical indépendant lors de l'élection sénatoriale partielle organisée quelques semaines plus tard et se démet de son mandat de député.

La Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, il rompt avec le PCF et rejoint les députés fondateurs de l'Union populaire française dans leur opposition au Pacte germano-soviétique, ce qui lui vaut de perdre sa mairie. Le 10 juillet 1940, il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il retrouve sa mairie de Bobigny en 1941, d'abord comme président de la délégation spéciale, puis comme maire. Parallèlement, il fait partie de la mouvance d'anciens communistes animée par Marcel Gitton qui choisit de collaborer avec le nouveau régime en créant le Parti ouvrier et paysan français. Le 28 avril 1942, il est victime à son domicile d'une tentative d'attentat perpétrée par le groupe Valmy, spécialisé dans la liquidation des traitres au parti communiste. Son fils est grièvement blessé. Deux autres tentatives, les 17 avril et 20 mai 1943, ne sont pas davantage couronnées de succès. Puis, dans la nuit du 12 août 1944, son garage est dynamité. Finalement, un commando FTP tente de l'interpeller chez lui le 26 août 1944. Alors qu'il est caché dans la cave, ils emmènent sa femme et son fils, entre-temps devenu milicien et compromis dans un trafic de cartes d'alimentation ; il est fusillé sommairement dans un verger du chemin de Groslay à Bobigny.

Pour ces différentes raisons, Jean-Marie Clamamus est détenu pendant quelques mois à la Libération, puis déclaré inéligible et condamné à dix ans de dégradation nationale en 1948. En dépit d'une mesure d'amnistie ultérieure, il ne reprend pas d'activité politique, écrit quelque temps pour le journal d'extrême-droite Rivarol et décède en 1973.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, notices biographiques sur les ministres, sénateurs et députés français de 1889 à 1940, Paris, PUF, 1960.
  • Jean-Marce Berlière et Franck Liaigre, Liquider les traîtres, la face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, 2007

Références[modifier | modifier le code]