José Giovanni

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José Giovanni

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José Giovanni en 2001.

Nom de naissance Joseph Damiani
Activités Romancier
Scénariste
Dialoguiste
Réalisateur
Naissance 22 juin 1923
Paris Drapeau de la France France
Décès 24 avril 2004 (à 80 ans)
Lausanne Drapeau de la Suisse Suisse
Langue d'écriture français
Genres Roman policier
Distinctions Prix Paul-Léautaud 1995
Prix Charles-Exbrayat 1997
Prix Polar 1997

Œuvres principales

Le Trou

José Giovanni, de son vrai nom Joseph Damiani, est un écrivain, scénariste, dialoguiste et réalisateur français, né à Paris le 22 juin 1923. Naturalisé suisse en 1986, il est mort à Lausanne le 24 avril 2004 d'une hémorragie cérébrale.

Ancien repris de justice condamné à mort, il puisa souvent son inspiration dans ses expériences personnelles ou dans des personnages réels - comme Abel Danos (dit « Le Mammouth ») et Raymond Naudy (dit « Le Toulousain »)[1] - pour composer ses intrigues policières sans jamais révéler leur rapport avec son passé lié à la Collaboration. Seule exception tardive : Mon ami le traître en 1988[2]. Dans ses films aussi bien que dans ses romans, il se fait le chantre de la pègre et sa mythologie : amitiés viriles et code de l'honneur, fidélité et trahison, vendetta et vengeance, confrontation de l'individu avec la nature. Toute l’œuvre de José Giovanni est une reconstruction fictionnelle de son passé, « le passé qu'on ne peut oublier » comme il le dit lui-même, « parce qu'il revient toujours, à un moment ou à un autre »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

D'origine corse, Joseph Damiani a connu une enfance dorée et préservée du besoin. Ses parents, Barthélemy Damiani et Emilie Santolini, possédaient deux grands hôtels à Paris, l'Élysée Star et le Normandy, dont l'un a servi à l'installation d'un tripot clandestin (Barthélemy encourut plusieurs condamnations dont une à un an de prison pour « escroquerie et tenue de maison de jeux » le 19 décembre 1932 par la Cour d'appel de Paris). Alors que son père était un riche propriétaire, Damiani entreprit un parcours d'études des plus sérieux (collège Stanislas et lycée Janson-de-Sailly). Les condamnations de Barthélemy laissent la famille ruinée, mais ils parviendront à se retourner, s'installent en 1939 à Marseille et par la suite tiennent un hôtel à Chamonix. Là Joseph se découvre une passion pour la montagne[4]. En 1942 Joseph s'inscrit à la Faculté libre de droits d'Aix-en-Provence mais il est défaillant aux examens de juin 1942 et mai 1943.

L'Occupation et la Collaboration[modifier | modifier le code]

En avril 1943 Joseph Damiani rejoint à Chamonix le chantier de Jeunesse et Montagne (créé par l'Armée de l'Air dans le cadre des Chantiers de Jeunesse sous le contrôle de Pierre Laval du gouvernement de Vichy) qu'il quittera en septembre 1943.

En février 1944 il monte à Paris, où par son oncle maternel, Ange Paul Santolini dit « Santos »[5], et son frère ainé, le milicien Paul Damiani[6], il se rapproche de la pègre. Il fréquente le milieu de Pigalle, en particulier les gangsters Collaborateurs.

À Marseille son père le présente à son ami Simon Sabiani, secrétaire général de la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchévisme), qui le fait adhérer au PPF, le parti fasciste antisémite de Jacques Doriot.

En mars 1944 il devient garde du corps du directeur allemand de l'OPA (Office de placement allemand) de la Canebière à Marseille et membre du Schutzkorps (SK)[7] sous le numéro matricule 123. Il détient un ausweiss (laissez-passer allemand) du 25 avril au 26 juin 1944 ainsi qu'une autorisation allemande de port d'armes. Il participe en Provence à de nombreuses arrestations, souvent accompagnées de chantages[8], de Français et d'étrangers qui sont envoyés travailler en Allemagne.

À Paris, Joseph Damiani aurait participé, sous uniforme allemand, à des opérations de chantage contre des trafiquants montées par son oncle « Santos »[9].

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1944, Joseph Damiani participe en compagnie de Bernard Madeleine[10], sous les couleurs de « la Résistance », à l'« expédition » d'un faux maquis mené par Edouard Dirand, dit « Eddy », dit « Lieutenant Georges », chez un commerçant de La Guerche-de-Bretagne qu'ils dévalisent[11].

En août 1944 il se rend à Lyon avec un complice, un certain Orloff[12], agent de la Gestapo, qui sera fusillé après la Libération pour Intelligence avec l'ennemi le 8 mai 1945. Se présentent comme étant de la police allemande, ils y rançonnent deux négociants juifs.

Le triple assassinat[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 1945, Joseph Damiani, son frère Paul Damiani[13], ancien membre de la Milice gestapiste, Georges Accad, ancien membre de la Gestapo de l'avenue Foch[14] et Jacques Ménassole, ancien milicien et garde du corps de Jean Hérold-Paquis de Radio-Paris — qui a revêtu l'uniforme d'un sous-lieutenant de l'Armée française pour l'occasion — se présentent chez Haïm Cohen, dit « Collu », représentant en vin, rue Gramont à Paris, comme étant de la sureté militaire. Ils l'emmènent en prétendant le confronter à des témoins qui l'accusent de marché noir. Dans une villa à Suresnes, « le Bon Repos », louée par les frères Damiani, il est torturé et contraint de livrer la clé de son coffre-fort[15] et de leur remettre un chèque au porteur de 105 000 francs avant d'être abattu d'une balle de 6,35 dans la tempe. Son corps est jeté dans la Seine au Pont de Sèvres. Joseph Damiani encaisse le chèque à la banque Barclay's sous l'identité du « comte J. de Montreuil ».

Quelques jours plus tard, le 31 mai suivant, sur les indications de Jacqueline Beausergeant, la maîtresse de Georges Accad[16], la bande, se faisant passer de nouveau comme étant de la sûreté militaire, se rend chez les frères Jules et Roger Peugeot, fabricants d'appareils électriques à Maisons-Alfort, et les emmènent à la villa de Suresnes « aux fins de confrontation ». Les deux frères sont enfermés dans la cave. Sous la menace des armes ils sont contraints de rédiger une lettre dans laquelle ils reconnaissent avoir fait des affaires avec les Allemands et eu des rapports avec la Gestapo. Les ravisseurs leur demandent un million de francs pour détruire la lettre. Ils refusent et sont torturés. Roger Peugeot finit par avouer avoir caché 125 Louis d'or. Ayant trouvé le magot, ils emmènent Jules Peugeot sur la route de Mantes et l'abattent à coups de revolver près du Pont de Sans-Souci. De retour à la villa ils trouvent leur complice resté garder Roger Peugeot grièvement blessé et le prisonnier raide mort. Ils enterrent les deux frères dans la Forêt de Fausses-Reposes près du Chesnay[17].

Au cours de l'opération Joseph Damiani s'est accidentellement tiré une balle dans la jambe. Immobilisé, il est arrêté chez lui début juin 1945. Accad aussi est appréhendé. Le 12 juin 1945 Ménassole se suicide d'une balle dans la tête dans la station de métro Montmartre après avoir tiré sur les inspecteurs qui allaient l'arrêter. Paul Damiani est arrêté à Strasbourg, s'évade début décembre 1945 pendant le transfert pour la reconstitution du crime, et est abattu le 17 juin 1946 dans un règlement de comptes au « Bar des Santons » à Nice[18].

Condamnations à vingt ans de travaux forcés et à l'indignité nationale pour Collaboration[modifier | modifier le code]

Inculpé d'« atteinte à la sécurité extérieure de l’État », Joseph Damiani est jugé par la Cour de justice de Marseille le 20 juillet 1946 pour appartenance au PPF, appartenance au Schuztkorps, pour avoir été le garde du corps du directeur de l'OPA de Marseille et pour arrestations de réfractaires au STO.

Il est condamné à vingt ans de travaux forcés pour avoir « en temps de guerre, entretenu des intelligences avec l'Allemagne ou ses agents »[19].

En outre, pour avoir appartenu au PPF, il est condamné à la dégradation nationale à vie.

Tentative d'évasion[modifier | modifier le code]

En 1947, alors qu'il purge sa peine dans l'attente du procès d'assises pour le triple assassinat, Damiani et quatre de ses compagnons de détention de la Prison de la Santé font une tentative d'évasion qui échoue. Ils sont arrêtés, à la suite d'une délation, dans l'un des égouts principaux de la ville de Paris où ils étaient parvenus grâce à un tunnel, creusé durant des semaines et qui partait de leur cellule. C'est cet épisode qui inspirera son premier ouvrage, Le Trou.

Condamnation à mort pour trois assassinats[modifier | modifier le code]

Le procès d'assises a lieu les 9 et 10 juillet 1948. Le Parisien libéré du jeudi 10 juillet 1948 titre : « La pègre des bars élyséens devant les Assises : Accad et Damiani appliquaient les méthodes de la Gestapo pour rançonner "leurs clients" ». Joseph Damiani accuse ses deux complices morts ; Ménassole du meurtre de Cohen et son frère Paul de celui de Roger Peugeot. Il accuse Accad du meurtre de Jules Peugeot qui reconnaît : « Jules Peugeot m'a sauté dessus. J'ai eu peur. J'ai tiré ». Joseph qui à l'instruction avait reconnu avoir tiré deux balles sur Roger Peugeot le nie maintenant : « Je me suis blessé à la cuisse en tirant la première balle dans la bagarre et je me suis évanoui. C'est Paul qui l'a tué. Il me l'a dit quand je suis revenu à moi »[20]. Le procureur Turlan fait état de lettres de menace qu'il a reçues de la famille Damiani et réclame la mort : « J'obéis à ma conscience qui réclame la mort ; je la veux, Damiani, je l'aurai. »[21]. Damiani fait sa dernière déclaration : « Je jure que je n'ai pas tué Roger Peugeot. Le fait que je me défende n'enlève rien à mes remords. C'est moi seul qui sait ce qu'a été ma vie et ce que sont mes remords. » Dans le dossier de la Cour de justice de Marseille comme dans celui de la Cours d'assises de Paris figure un rapport de police sur la moralité de Damiani qui conclut : « Il est permis de dire qu'on se trouve en présence d'un individu extrêmement nuisible à la société et qui, avant d'être assassin, a été traître à la cause de son pays et commis des actes relevant du plus pur gangstérisme »[22].

Le 10 juillet 1948 Joseph Damiani est condamné à mort, solidairement avec Georges Accad, par la Cour d'assises de Paris pour les trois assassinats avec préméditation[23].

Damiani échappe de peu à la guillotine. Le 17 novembre 1948 son pourvoi en cassation est rejeté. Mais le 3 mars 1949 il est gracié par le président Vincent Auriol, ainsi qu'Accad, et sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité.

Condamnation à dix ans de prison pour rançonnement de juifs cachés sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 1949 Damiani est jugé par la 10e chambre correctionnelle du tribunal de la Seine pour l'affaire de « vol aux faux policiers » de deux juifs en compagnie d'« Orloff » à Lyon le 11 août 1944. Joseph Gourentzeig (caché sous le nom de « André Courent » pour échapper aux recherches de la Gestapo), négociant en soierie, cherchait par tous les moyens à faire libérer ses parents qui avaient été arrêtés en tant que juifs par la Milice à Pusignan. Par plusieurs intermédiaires il entre en contact avec René Meunier[24], un jeune milicien qui doit intervenir contre finances pour faire libérer les parents Gourentzeig. À l'issue du rendez-vous où la somme lui est remise, surgissent deux hommes qui se présentent comme étant de la police allemande : « Orloff » et Joseph Damiani. Ils appréhendent Joseph Gourentzeig et son beau-frère Georges Edberg qui l'accompagnait et les conduisent au domicile de ce dernier où ils s'emparent, sous la menace de leurs armes, d'une grosse somme d'argent, de bijoux, de vêtements et de linge. Ils tirent plusieurs coups de feu pour obliger leurs victimes à transporter le butin jusqu'à leur voiture. Les parents de Gourentzeig ne sont pas libérés et son père, Jacob, sera fusillé quelques jours plus tard sur l'aéroport de Lyon à Bron[25].

Joseph Damiani est condamné à dix ans de prison pour vols commis en « alléguant un faux ordre de l'autorité étrangère ». Cette peine est confondue avec les travaux forcés à perpétuité.

Onze ans et demi de prison[modifier | modifier le code]

Le 14 novembre 1951 Damiani obtient la réduction de sa peine à vingt ans de travaux forcés. Enfin, après les remises de peine régulières, le président René Coty remet le reste des travaux forcés le 30 novembre 1956 et Joseph Damiani sort libre de la Centrale de Melun le 4 décembre 1956 à l'âge de trente-trois ans après onze ans et demi de détention.

L'écrivain et Le Trou[modifier | modifier le code]

Damiani avait tenu son journal pendant son séjour dans le couloir de la mort dans l'attente de la décision de la Cour de cassation puis celle de la grâce présidentielle. Grâce à son avocat Stephen Hecquet[26]ce Journal d'un condamné à mort signé « X » avait été publié en juin 1952 dans les deuxièmes cahiers de Positions, édité par Le Soleil noir, Le temps des assassins.

À sa sortie de prison, sur les conseils d'Hecquet, Damiani écrit sous le nom de « José Giovanni » son premier roman, Le Trou, qui raconte sa tentative d'évasion. Hecquet fait lire le manuscrit à son ami Roger Nimier qui le « remet en forme » et le fait publier hors collection chez Gallimard en 1957[27]. Le style de Giovanni, à la fois étrange et maladroit, ne manque pas d'étonner par ses trouvailles et ses images fortes, quelquefois difficilement supportables.

En 1958, Marcel Duhamel le fait entrer à la Série noire, où il se fait d'emblée remarquer par la publication de trois romans sortis la même année : Classe tous risques[28], L'Excommunié[29] et Le Deuxième Souffle[30].

Le cinéaste[modifier | modifier le code]

Ses romans noirs à succès conduisent Giovanni vers le cinéma. Le cinéaste Jacques Becker s’était intéressé en 1947 à un article de journal relatant la tentative d’évasion de la Prison de la Santé et avait envisagé d'en faire un film. En 1958, à la lecture du premier roman de Giovanni, Becker reprend son projet et l'engage comme conseiller technique et co-scénariste pour la réalisation de son film Le Trou[31]. Becker présente Giovanni à Claude Sautet pour lequel il écrit les dialogues de Classe tous risques. Les deux films sortiront en 1960. C'est le début d'une carrière cinématographique très longue au cours de laquelle il sera tour à tour auteur, scénariste puis réalisateur, et qui l'amène à laisser un peu de côté son œuvre littéraire.

En 1995, il revient à l'écriture et consacre à la mémoire de son père un roman autobiographique, Il avait dans le cœur des jardins introuvables, qu'il adaptera ensuite au cinéma avec Bruno Cremer sous le titre Mon père, il m'a sauvé la vie et qui sera son dernier film.

Révélation tardive d'un passé collaborationniste[modifier | modifier le code]

En janvier 1984 Joseph Damiani avait été réhabilité, ce qui ne l'innocente pas mais lui rend ses droits civiques[32].

Alors que Giovanni n'avait jamais évoqué de manière claire le motif de sa condamnation à mort, et encore moins même mentionné ses condamnations pour Collaboration et extorsion de juifs sous l'Occupation[33], la presse suisse révèle en 1993 son passé collaborationniste. Le 14 octobre 1993 les quotidiens La Tribune de Genève et 24 Heures de Lausanne, faisant suite à l'enquête de l'agence de presse suisse BRRI (Bureau de reportage et de recherche d'information), accusent le cinéaste et romancier d'avoir collaboré avec les nazis et la Milice française, pendant la guerre[34]. L'enquête dévoile que derrière l'ancien malfrat José Giovanni se cache en réalité un militant fasciste du nom de Joseph Damiani condamné à la Libération à vingt ans de travaux forcés et à la dégradation nationale pour Collaboration, à dix ans de prison pour rançonnement de juifs cachés, et condamné à mort pour trois assassinats crapuleux. Giovanni dément avec vigueur et indignation ces accusations, faisant valoir son « casier judiciaire vierge » (il avait été réhabilité), sa « carte de la Résistance française » (qu'il n'a jamais eue)[35], rappelle que sa condamnation à mort sanctionnait des faits de droit commun et non de Collaboration[36] et annonce son intention de porter plainte pour diffamation… ce qu'il ne fera jamais. Finalement il déclare : « J'ai payé. J'ai droit au pardon et à l'oubli. »[37].

L'homme de droite et fin de vie[modifier | modifier le code]

Selon son site officiel[38], José Giovanni, homme de droite, défenseur de la famille et de l'ordre, était adversaire acharné de la peine de mort mais justifiait la vendetta. Pour lui : « tout homme qui arrache un enfant des bras de sa mère mérite la mort ». Il dénonçait les abus de la justice mais la voulait plus dure, défendait le rôle de la prison dans la société tout en consacrant, à la fin de sa vie, une partie de son temps à visiter les détenus qu’il ne voulait pas qu’on exclue.

De 1968 à sa mort il a vécu en Suisse aux Marécottes, village valaisan non loin de Chamonix.

Œuvres[modifier | modifier le code]

José Giovanni a écrit vingt-deux romans, un livre de souvenirs (Mes Grandes Gueules), trente-trois scénarios et a réalisé quinze films et cinq téléfilms.

Romancier[modifier | modifier le code]

Publications aux éditions Gallimard
Publications aux éditions Jean-Claude Lattès
  • 1982 : Les Loups entre eux
  • 1984 : Un vengeur est passé
  • 1987 : Tu boufferas ta cocarde
Publications aux éditions Robert Laffont
Publications aux éditions du Rocher
  • 2001 : Les Gosses d'abord
Publications aux éditions Fayard
  • 2002 : Mes grandes gueules (Mémoires)
  • 2003 : Comme un vol de vautours
  • 2004 : Le Pardon du grand Nord

Réalisateur, scénariste, dialoguiste[modifier | modifier le code]

[Ré] : réalisateur, [Sc] : scénariste, [Di] : dialoguiste, [OS] : auteur du roman à l'origine du scénario

José Giovanni fait des apparitions dans les films suivants :

Il est interviewé, ainsi que Bertrand Tavernier, Philippe Sarde, Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Rappeneau, Jean-Louis Livi, Jean-Loup Dabadie, etc., dans Claude Sautet ou la Magie invisible, documentaire de Nguyen Trung Binh et Dominique Rabourdin en 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans Classe tous risques (1960) le personnage de Lino Ventura s’appelle Abel Davos. Abel Danos (de son vrai nom), dit « Le Mammouth » en raison de sa forte corpulence - que Joseph Damiani connaitra plus tard à la Prison de la Santé - fut un tueur à gages, membre du milieu et de 1941 à 1944 un des bourreaux de la « Gestapo française de la rue Lauriston », menée par Henri Lafont et Pierre Bonny et autrement appelée « la Carlingue », qui se livrait à des actes de Collaboration active tout en s'enrichissant. Il sera fusillé pour Collaboration en 1952. Le complice de Ventura dans le film s’appelle Raymond Naldi. Raymond Naudy, de son vrai nom, ancien FFI, était le compagnon de Danos dans le « Gang des Tractions Avant ».
  2. Résumé : En 1944, Georges (Thierry Frémont), petit voyou qui a servi dans la police allemande, commence à craindre l'arrivée des FFI. Son frère, milicien bossu, se suicide au cyanure. À la Libération, pour se sauver, Georges offre ses services à un officier du Deuxième Bureau (André Dussolier) qui l'oblige à dénoncer les tortionnaires, les miliciens, les collaborateurs qu'il a rencontrés, à participer lui-même à l'épuration. Au mépris de la parole donnée, il sera exécuté. A la sortie du film, Michel Braudeau écrit dans Le Monde du 29 octobre 1988, sous le titre « Mon ami le traitre de José Giovanni en un combat douteux » : « On peut s'attrister de voir tous les résistants, gaullistes ou non, noyés dans le mensonge, la vilenie, alors que la compassion de l'auteur se porte essentiellement sur un petit salaud frimeur qui explique ainsi l'indulgence qu'il eut pour les caprices de son frère bossu : " Mon frère, ce qui l'excitait, c'était de voir souffrir les autres. Pour moi, la joie d'un infirme, ça n'a pas de prix." On peut tout comprendre, certes, mais on choisit ses sympathies. ... Dussolier avait quelque motif de s'inquiéter : c'est indéniable, José Giovanni, metteur en scène de son propre roman, n'est ni Patrick Modiano ni Louis Malle. Mais il ne pouvait se douter qu'au-delà du désordre de la narration, du style téléfilm grandiloquent et filandreux, on aboutirait à un résultat aussi gênant. Aussi louche ». Lino Ventura, gêné par le regard indulgent porté sur les « collabos » et le point de vue sévère sur les Résistants et la Libération, refusa de tourner le rôle de l'officier du Deuxième Bureau, ce qui motiva sa rupture définitive avec Giovanni. Bernard Giraudeau avait aussi refusé le rôle. (Cf. José Giovanni, Mes grandes gueules - Mémoires, Éditions Fayard, 2002 et Jean-Luc Douin, Les jours obscurs de Gérard Lebovici, Éditions Stock, 2004).
  3. Interview de José Giovanni dans L'Humanité du 8 décembre 1966
  4. Passionné par l'escalade, il réalisera plus tard des courses en montagne difficiles avec son beau-frère René Desmaison.
  5. Gérant d'un bar-restaurant, « Le Pershing », fréquenté par les agents des Services allemands et ami de Simon Sabiani.
  6. Paul Damiani, dit « Pierrot », dit « Barthy », né le 12 novembre 1921, maître d'hôtel au bar-restaurant « Le Pershing » tenu par son oncle « Santos », il est membre de la Milice gestapiste.
  7. SK, section des services de renseignement allemand qui avait pour activité principale le recrutement de travailleurs français et la recherche des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).
  8. Le 7 avril 1944 il exige 2 000 francs de Baptistin Davin, coiffeur à Marseille, à titre de rançon.
  9. C'est Joseph qui accuse son oncle d'être l'organisateur de ses méfaits mais cela n'a jamais été prouvé. Arrêté en août 1944, Santolini dit « Santos » est inculpé pour atteinte à la sureté de l’État. Il est accusé de d'avoir été membre du PPF, d'avoir entretenu des relations régulières avec les services de renseignement allemands, de s'être livré au marché noir, d'avoir été un « indicateur en matière économique » ainsi que de vols dits « aux faux policiers ». Après plusieurs années de préventive, la Cour de justice de la Seine classera l'affaire le 7 mars 1949 faute de preuves suffisantes.
  10. Bernard Madeleine a inspiré le personnage de « Bernard » qui s'évade de prison avec « Gu Minda » au début du roman de Giovanni, Le Deuxième souffle. Le véritable « Gu », Gustave Méla, dit « Gu le Terrible », caïd marseillais auteur de la célèbre attaque du train de l’or en 1938, s'était en effet évadé de la prison de Castres le 29 mars 1944 en compagnie de Bernard Madeleine, le futur « Monsieur Madeleine, caïd des caïds ».
  11. Enquête de la police judiciaire de Rennes qui a recueilli les aveux de Joseph Damiani.
  12. Nicolaï Alexandre Raineroff dit « Orloff », dit « von Rainer Orloff », dit « Comte Orloff », dit « Nicky ». Admis en 1941 comme citoyen du Grand Reich en tant que Volkdeutscher, il est membre du PPF et de la Geheime Feldpolizei (GFP) à Avignon et Marseille. Dans cette région il a participé à un grand nombre de dénonciations et d'arrestations de juifs, suivies la plupart du temps de chantage. Sa tâche à la GFP était d'arrêter les juifs, les gaullistes, les communistes, les résistants et les maquisards (dont certains furent fusillés). Dans son roman Le Deuxième Souffle, Giovanni met en scène un truand nommé Orloff, qui ressemble en grande partie à son ancien complice.
  13. Arrêté le 31 août 1944 pour « activité avec les principaux membres de la Gestapo, en collaboration étroite avec son oncle Santolini, dit Santos ». Paul Damiani est accusé d'avoir dénoncé en décembre 1943 Lucienne Delmas qui travaillait pour l'Intelligence Service. Arrêtée par le service de Sécurité allemand (SD), elle a subi d'affreuses tortures pendant sept mois. Paul Damiani est envoyé le 3 septembre au camp de Drancy mais il est mis en liberté provisoire en décembre 1944.
  14. Au numéro 84 de l'avenue Foch à Paris se trouvait le quartier général de la Gestapo.
  15. Chez Cohen ils trouvent 80 000 francs dans le coffre et s'emparent d'objets d'une valeur de 250 000 francs.
  16. Avant d'être la maîtresse d'Accad, elle avait été la maîtresse de l'agent de la Gestapo Léoni et d'un des frères Peugeot.
  17. La Nouvelle République, 13 juin 1945.
  18. Le patron de l'établissement, Pierre Guistiniani, qui l'a abattu, sera relâché au nom de la légitime défense. Cf. Nice-Matin du 28 juin 1946 et Temps noir, la Revue des littératures policières, no 16, septembre 2013 - page 195.
  19. La Marseillaise et Le Provençal du 21 juillet 1946
  20. Le Monde du 12 juillet 1948 : « Les deux jeunes bandits Damiani et Accad sont minables, étriqués, falots. »
  21. Le Parisien libéré du 11-12 juillet 1948
  22. Temps noir, la Revue des Littératures Policières, no 16, septembre 2013 - page 185.
  23. Jacqueline Beausergent, indicatrice du « coup » avec les Peugeot, est condamnée à dix ans de travaux forcés. Elle est défendue par maître Isorni, avocat du Maréchal Pétain. Cf. Le Parisien libéré et Libération du 11-12 juillet 1948.
  24. Joseph Damiani avait connu René Meunier au chantier Jeunesse et Montagne.
  25. 109 otages Juifs ont été massacrés par les nazis entre le 17 et le 21 août 1944 à Bron sur ordre de Klaus Barbie.
  26. Avocat et écrivain d’extrême droite. Il s'implique dans les Chantiers de la jeunesse française vichystes. Puis il va servir de chef adjoint du cabinet du préfet de Versailles jusqu'à la Libération.
  27. Au cinéma Le Trou de Jacques Becker en 1960 avec Philippe Leroy-Beaulieu, Marc Michel et des non professionnels dont Jean Keraudy. Ce sera le dernier film de Jacques Becker.
  28. Au cinéma Classe tous risques de Claude Sautet en 1960 avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo.
  29. Au cinéma Un nommé La Rocca de Jean Becker avec Jean-Paul Belmondo en 1961 et La Scoumoune, remake par José Giovanni en 1972 avec Belmondo dans le même rôle et Claudia Cardinale.
  30. Au cinéma Le Deuxième Souffle de Jean Pierre Melville avec Lino Ventura en 1966 et Le Deuxième Souffle (nouvelle adaptation) d'Alain Corneau avec Daniel Auteuil en 2007.
  31. Le Parisien libéré du 9 février 1960
  32. Contrairement à ce que Giovanni affirme à la télévision suisse en 1995 - sans jamais préciser les raisons de ses quatre condamnations - (cf. « Plaisir de lire », réalisation René Joly © Canal 9 - Télévision valaisanne, 1995, il n'y a jamais eu de procès en révision.
  33. Selon lui, il avait été condamné à tort pour « une affaire de racket de son oncle qui avait mal tourné » alors qu'il était blessé chez lui ce jour-là. Cf. Biographie « officielle » de José Giovanni sur son site. En fait son oncle était en prison depuis neuf mois au moment des faits.
  34. Jacques Cordy, « Le cinéaste José Giovanni était-il « collabo » ? », article publié par le quotidien Le Soir de Bruxelles le 15 octobre 1993
  35. Dans ses « Mémoires » Giovanni raconte qu’il a fait passer des juifs en Suisse, ce qui est une pure invention. En vérité, Giovanni, qui a fui Paris après la Libération pour éviter d’être arrêté pour son appartenance au PPF, se réfugie chez sa demi-sœur Léa qui tenait le bar « La Casita » à Nantes. Il cherche alors à pouvoir bénéficier de l’indulgence de la Cour de justice qui ne manquera pas de le juger pour ses activités de Collaborateur. Il traverse donc les lignes de la poche de Saint-Nazaire, mais sera rapidement arrêté par les Allemands qui le relâcheront au bout de quelques semaines, ce qui lui vaut de se targuer de son appartenance fictive à la Résistance. Aucun fait de résistance de la part de Joseph Damiani (qui n'en a pas fait état à ses procès) n'a été pris en compte par le Jury de la Cour de justice de Marseille le 20 juillet 1946.
  36. Il se glorifiait de son passé de taulard condamné à mort repenti et se présentait comme un « accidenté de l'après-guerre » (Le Figaro, 15 novembre 1966). « Oui, j'ai été en prison plusieurs fois pendant un bon nombre d'années. Ça a commencé par une histoire de Résistance, et après ça c'est prolongé par des histoires de droit commun » (L'Âge d'or, revue de cinéma, n°2, spécial José Giovanni, janvier 1964). De ses condamnations pour Collaboration il ne parlera jamais.
  37. Antoine de Baecque, « José Giovanni dans le noir complet », article publié dans le quotidien Libération du 26 avril 2004
  38. Biographie « officielle » de José Giovanni sur son site

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Nicole Vaillant Dubus, À toi, José Giovanni, 31 p., coll. « Lettre à… », Mélis éditeur (ISBN 2-914333-50-1). Publié à l'occasion de l'exposition Cinépolar avec José Giovanni au Festival du livre de Nice en juin 2002.
  • 2013 : Joseph Damiani, alias José Giovanni - Dossier de 42 pages très complet sur la vie occultée de Damiani/Giovanni par Franck Lhomeau plus « Le passé tous risques de José Giovanni », un entretien de 20 pages avec Bertrand Tavernier, dans Temps Noir la Revue des Littératures Policières, no 16, septembre 2013 - Éditions Joseph K., 22 rue Geoffroy Drouet, 44 000 Nantes (ISBN 978-2-910686-65-9)

Émission Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]