José Giovanni

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José Giovanni

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José Giovanni en 2001.

Nom de naissance Joseph Damiani
Activités Réalisateur
Scénariste
Romancier
Dialoguiste
Naissance 22 juin 1923
Paris Drapeau de la France France
Décès 24 avril 2004 (à 80 ans)
Lausanne Drapeau de la Suisse Suisse
Langue d'écriture français
Genres Roman policier
Distinctions Prix Paul-Léautaud
Prix POLAR 1997

José Giovanni, pseudonyme de Joseph Damiani, est un écrivain, un scénariste, un dialoguiste, et un réalisateur d'origine corse, naturalisé suisse, né à Paris (France) le 22 juin 1923 et mort à Lausanne (Suisse) le 24 avril 2004 d'une hémorragie cérébrale.

Ancien repris de justice et condamné à mort, il puisa souvent son inspiration dans ses expériences personnelles ou dans des personnages réels - comme Abel Danos (dit « Le Mammouth ») et Raymond Naudy (dit « Le Toulousain »)[1] - pour composer ses intrigues policières sans jamais révéler leur rapport avec son passé lié à la Collaboration. Seule exception : Mon ami le traître (1988)[2]. Dans ses films aussi bien que dans ses romans, il se fait le chantre de la pègre et sa mythologie : amitiés viriles, code de l'honneur, fidélité et trahison, vengeances et confrontation de l'individu avec la nature. Ayant toujours caché son passé de collaborationniste sous l'Occupation qui ne fut révélée qu'en 1993, les écrits et films de Giovanni sont une reconstruction afin de masquer la réalité de ce qui s'était passé et qui était inavouable[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

D'origine corse, Joseph Damiani a connu une enfance dorée et préservée du besoin. Ses parents, Barthélemy Damiani et Emilie Santolini, possédaient deux grands hôtels à Paris, l'Élysée Star et le Normandy, dont l'un a servi a l'installation d'un tripot clandestin (Barthélemy encourut plusieurs condamnations dont une à un an de prison pour « escroquerie et tenue de maison de jeux » le 19 décembre 1932 par la Cour d'appel de Paris). Alors que son père était un riche propriétaire, Damiani entreprit un parcours d'études des plus sérieux (collège Stanislas et lycée Janson-de-Sailly). Les condamnations de Barhtélemy laissent la famille ruinée, mais ils parviendront à se retourner, s'intallent en 1939 à Marseille et par la suite tiennent un hôtel à Chamonix. Là Joseph se découvre une passion pour la montagne[4]. En 1942 Joseph s'inscrit à la Faculté libre de droits d'Aix-en-Provence mais il est défaillant aux examens de juin 1942 et mai 1943.

L'Occupation et la collaboration[modifier | modifier le code]

En avril 1943 Joseph Damiani rejoint à Chamonix le chantier de Jeunesse et Montagne (créé par l'Armée de l'Air dans le cadre des Chantiers de Jeunesse sous le contrôle de Pierre Laval du gouvernement de Vichy) qu'il quittera en septembre 1943.

En février 1944 il monte à Paris, fréquente l'ami de son père Simon Sabiani, pilier de la LVF, qui le fait adhérer au PPF, le parti fasciste antisémite de Jacques Doriot.

Par son oncle maternel, Ange Paul Santolini dit « Santos »[5], et son frère ainé, Paul Damiani[6], il se rapproche de la pègre. Il fréquente le milieu de Pigalle, en particulier les gangsters collaborateurs.

En mars 1944 il devient garde du corps du directeur de l'Office de placement allemand (OPA) de la Canebière à Marseille et membre du Schutzkorps (SK)[7] sous le numéro matricule 123. Il détient un ausweiss (laissez-passer allemand) du 25 avril au 26 juin 1944 ainsi qu'une autorisation allemande de port d'armes. Il participe dans le Midi à de nombreuses arrestations, souvent accompagnées de chantages[8], d'hommes qui sont envoyés travailler en Allemagne.

En août 1944 il se rend à Lyon avec un complice, un certain Orloff[9], agent de la Gestapo, qui sera fusillé après la Libération pour Intelligence avec l'ennemi le 8 mai 1945. Ils se font passer pour des membres de la police allemande et rançonnent deux négociants juifs.

Le triple meurtre[modifier | modifier le code]

En 1944-45, à Paris, mais aussi en Bretagne, sous uniforme allemand et parfois sous les couleurs de la Résistance, puis de l'Armée de Libération, Joseph Damiani participe à des opérations de chantage contre des trafiquants montées par son oncle « Santos » (jusqu'à l'arrestation de celui-ci en août 1944[10], puis sans lui) avec l'aide de son frère aîné, Paul Damiani[11], membre de la Milice gestapiste, de Jacques Ménassole, milicien et garde du corps de Jean Hérold-Paquis de Radio-Paris et de Georges Accad, membre de la Gestapo de l'avenue Foch[12].

Le 18 mai 1945, les frères Damiani, Accad et Ménassole — qui a revêtu l'uniforme d'un sous-lieutenant de l'Armée française — se présentent chez Haïm Cohen, dit « Collu », représentant en vin, rue Gramont à Paris, comme étant de la sureté militaire. Ils l'emmènent en prétendant le confronter à des témoins qui l'accusent de marché noir. Dans une villa à Suresne, « le Bon Repos », louée par les frères Damiani, il est torturé et contraint de livrer la clé de son coffre-fort où ils trouvent 200 000 francs et de leur remettre un chèque au porteur de 105 000 francs avant d'être abattu d'une balle de 6,35 dans la tempe. Son corps est jeté dans la Seine au Pont de Sèvres.

Quelques jours plus tard, le 31 mai suivant, sur les indications de Jacqueline Beausergeant, la maîtresse de Georges Accad[13], la bande, se faisant passer de nouveau comme étant de la surête militaire, se rend chez les frères Jules et Roger Peugeot, fabricants d'appareils électriques à Maisons-Alfort, et les emmènent à la villa de Suresne « aux fins de confrontation ». Les deux frères sont enfermés dans la cave. Sous la menace des armes ils sont contraints de rédiger une lettre dans laquelle ils reconnaissent avoir fait des affaires avec les Allemands et eu des rapports avec la Gestapo. Les ravisseurs leur demandent un million de francs pour détruire la lettre. Ils refusent et sont torturés. Roger Peugeot finit par avouer avoir caché 125 Louis d'or. Ayant trouvé le magot, ils emmènent Jules Peugeot sur la route de Mantes et l'abattent à coups de revolver près du Pont de Sans-Souci. De retour à la villa ils trouvent leur complice resté garder Roger Peugeot grièvement blessé et le prisonnier raide mort. Ils enterrent les deux frères dans les bois de Fosse-Repose près de Mantes[14].

Au cours de l'opération Damiani s'est accidentellement tiré une balle dans la jambe. Immobilisé, il est arrêté chez lui début juin 1945. Le 12 juin 1945 Ménassole se suicide d'une balle dans la tête dans la station de métro Montmartre après avoir tiré sur les inspecteurs qui allaient l'arrêter. Paul Damiani est arrêté à Strasbourg, s'évade début décembre 1945 pendant le transfert pour la reconstitution du crime, et est abattu par d'anciens résistants le 17 juin 1946 dans un règlement de comptes au « Bar des Santons » à Nice[15].

Condamnation à vingt ans de travaux forcés et à l'indignité nationale pour collaboration[modifier | modifier le code]

Joseph Damiani est condamné le 20 juillet 1946 à vingt ans de travaux forcés par la Cour de justice de Marseille pour « atteinte à la sécurité extérieure de l’État » pour avoir appartenu au PPF, pour avoir appartenu au Schuztkorps, pour l’arrestation de réfractaires au STO, pour avoir été le garde du corps du directeur de l'OPA de Marseille et donc « avoir, en temps de guerre, entretenu des intelligences avec l'Allemagne ou ses agents »[16].

En plus de cette peine, en tant que membre du PPF, il est condamné à la dégradation nationale.

En 1947, alors qu'il purge sa peine dans l'attente du procès d'assises pour le triple assassinat, Damiani et ses compagnons de cellule de la Prison de la Santé font une tentative d'évasion qui échoue et qui inspirera son premier ouvrage, Le Trou.

Condamnation à mort pour trois assassinats[modifier | modifier le code]

Le procès d'assises a lieu les 9 et 10 juillet 1948. Le Parisien libéré du samedi 10 juillet 1948 titre : « La pègre des bars élyséens devant les Assises : Accad et Damiani appliquaient les méthodes de la Gestapo pour rançonner « leurs clients ». Joseph Damiani accuse ses deux complices morts ; Ménassole du meurtre de Cohen et son frère Paul de celui de Roger Peugeot. Il accuse Accad du meurtre de Jules Peugeot qui reconnaît « Jules Peugeot m'a sauté dessus. J'ai eu peur. J'ai tiré. » Joseph qui à l'instruction avait reconnu avoir tiré deux balles sur Roger Peugeot le nie maintenant : « Je me suis blessé à la cuisse en tirant la première balle dans la bagarre et je me suis évanoui. C'est Paul qui l'a tué. Il me l'a dit quand je suis revenu à moi. » Le procureur Turlan fait état de lettres de menace qu'il a reçues de la famille Damiani et réclame la mort : « J'obéis à ma conscience qui réclame la mort ; je la veux, Damiani, je l'aurai. »[17]. Damiani fait sa dernière déclaration : « Je jure que je n'ai pas tué Roger Peugeot. Le fait que je me défende n'enlève rien à mes remords. C'est moi seul qui sais ce qu'a été ma vie et ce que sont mes remords. » Dans le dossier de la Cour de justice de Marseille comme dans celui de la Cours d'assises de Paris figure un rapport de police sur la moralité de Damiani qui conclut : « Il est permis de dire qu'on se trouve en présence d'un individu extrêmement nuisible à la société et qui, avant d'être assassin, a été traître à la cause de son pays et commis des actes relevant du plus pur gangsterisme »[18].

Le 10 juillet 1948 Joseph Damiani est condamné à mort, solidairement avec Georges Accad, par la Cour d'assises de Paris pour les trois assassinats avec préméditation[19].

Damiani échappe de peu à la guillotine. Le 17 novembre 1948 son pourvoi en cassation est rejeté. Mais le 3 mars 1949 il est gracié par le président Vincent Auriol, ainsi qu'Accad, et sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité.

Condamnation à dix ans de prison pour rançonnement de juifs[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 1949 Damiani est jugé par la 10ème chambre correctionnelle du tribunal de la Seine pour l'affaire de « vol aux faux policiers » de deux juifs en compagnie d'« Orloff » à Lyon le 11 août 1944. Joseph Gourentzeig (qui se faisait appeler « André Courent » pour échapper aux recherches de la Gestapo), négociant en soierie, cherchait par tous les moyens à faire libérer ses parents qui avaient été arrêtés en tant que juifs par la Milice à Pusignan. Par plusieurs intérmédiaires il entre en contact avec René Meunier[20], un jeune milicien qui doit intervenir contre finances pour faire libérer les parents Gourentzeig. A l'issue du rendez-vous où la somme lui est remise, surgissent deux hommes qui se présentent comme étant de la police allemande, « Orloff » et Joseph Damiani. Ils appréhendent Joseph Gourentzeig et son beau-frère Georges Edberg qui l'accompagnait qu'ils conduisent au domicile de ce dernier où ils s'emparent, sous la menace de leurs armes, d'une grosse somme d'argent, de bijoux, de vêtements et de linge. Ils tirent plusieurs coups de feu pour obliger leurs victimes à transporter le butin jusqu'à leur voiture. Les parents de Gourentzeig ne sont pas libérés et son père, Jacob, sera fusillé quelques jours plus tard sur l'aéroport de Lyon à Bron[21].

Joseph Damiani est condamné à dix ans de prison pour vols commis en « alléguant un faux ordre de l'autorité étrangère ». Cette peine est confondue avec les travaux forcés à perpétuité.

Onze ans et demi de prison[modifier | modifier le code]

Le 14 novembre 1951 Damiani obtient la réduction de sa peine à vingt ans de travaux forcés. Enfin après les remises de peine régulières, le nouveau président René Coty remet le reste des travaux forcés le 30 novembre 1956 et Joseph Damiani sort de prison à l'âge de trente-trois ans après onze ans et demi de détention le 4 décembre 1956. Plus tard, il sera amnistié par le président Georges Pompidou.

L'écriture[modifier | modifier le code]

Damiani avait tenu son journal pendant son séjour dans le couloir de la mort dans l'attente de la décision de la Cour de cassation, puis celle de la grâce présidentielle. Grâce à son avocat Stephen Hecquet[22]ce Journal d'un condamné à mort signé « X » avait été publié en juin 1952 dans les deuxième cahier de Positions, édité par Le Soleil noir, Le temps des assassins. Sorti de prison, sur les conseils d'Hecquet Damiani écrit, sous le nom de José Giovanni, son premier roman, Le Trou, qui raconte sa tentative d'évasion faite avec d'autres détenus. Hecquet fait lire le manuscrit à son ami Roger Nimier qui le « remet en forme » et le fait publier hors collection chez Gallimard. Le style de Giovanni, à la fois étrange et maladroit, ne manque pas d'étonner par ses trouvailles et ses images fortes, quelquefois à la limite du tolérable.

En 1958, Marcel Duhamel le fait entrer à la Série noire, où il se fait d'emblée remarquer par la publication de trois romans sortis la même année :

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Ses romans noirs à succès le conduisent vers le cinéma et, en 1959, Jacques Becker lui propose d'être conseiller technique et scénariste pour l'adaptation de son roman le Trou. C'est le début d'une carrière cinématographique très riche au cours de laquelle il sera tour à tour auteur, scénariste, réalisateur, et qui l'amène à laisser un peu de côté son œuvre littéraire.

En 1995, il revient à l'écriture et consacre à la mémoire de son père un ouvrage, Il avait dans le cœur des jardins introuvables, qu'il adaptera ensuite au cinéma avec Bruno Cremer sous le titre Mon père, il m'a sauvé la vie.

José Giovanni a écrit vingt romans, deux livres de souvenirs dont Mes Grandes Gueules, trente-trois scénarios et a réalisé quinze films et cinq téléfilms.

Révélation tardive d'un passé collaborationniste[modifier | modifier le code]

Alors que Giovanni n'avait jamais évoqué de manière claire le motif de sa condamnation à mort, ni dans Le Trou, récit de sa détention et de sa tentative d'évasion, ni dans ses mémoires (Il avait dans le cœur des jardins introuvables et Mes Grandes Gueules), la presse suisse révèle en 1993 son passé collaborationniste. Le 14 octobre 1993 les quotidiens La Tribune de Genève et 24 Heures de Lausanne, faisant suite à l'enquête de l'agence de presse suisse BRRI (Bureau de reportage et de recherche d'information), accusent le cinéaste et romancier d'avoir collaboré avec les nazis et la Milice française, pendant la guerre[23]. L'enquête dévoile que derrière l'ancien malfrat José Giovanni se cache en réalité un militant fasciste du nom de Joseph Damiani poursuivi pour collaboration à la Libération et condamné à mort pour trois assassinats crapuleux. Giovanni dément avec vigueur et indignation ces accusations, faisant valoir son « casier judiciaire vierge » (il avait été amnistié), sa « carte de la Résistance française » (qu'il n'a jamais eue)[24] et annonce son intention de porter plainte pour diffamation... ce qu'il ne fera jamais. Puis Giovanni prétend que sa condamnation à mort sanctionnait des faits de droit commun et non de collaboration. Finalement il déclare : « J'ai payé. J'ai droit au pardon et à l'oubli. »[25].

De 1968 à sa mort il a vécu en Suisse aux Marécottes, village valaisan non loin de Chamonix. À la fin de sa vie, il consacrait une partie de son temps à visiter en prison de jeunes délinquants et à les encourager à se réinsérer.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romancier[modifier | modifier le code]

Publications aux éditions Gallimard
Publications aux éditions Jean-Claude Lattès
  • 1982 : Les Loups entre eux
  • 1984 : Un vengeur est passé
  • 1987 : Tu boufferas ta cocarde
Publications aux éditions Robert Laffont
Publications aux éditions du Rocher
  • 2001 : Les Gosses d'abord
Publications aux éditions Fayard
  • 2002 : Mes grandes gueules (Mémoires)
  • 2003 : Comme un vol de vautours
  • 2004 : Le Pardon du grand Nord

Réalisateur, scénariste, dialoguiste[modifier | modifier le code]

[Ré] : réalisateur, [Sc] : scénariste, [Di] : dialoguiste, [OS] : auteur du roman à l'origine du scénario

Acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans Classe tous risques (1960) le personnage de Lino Ventura s’appelle Abel Davos. Abel Danos (de son vrai nom), dit « Le Mammouth » en raison de sa forte corpulence - que Joseph Damiani connaitra plus tard à la Prison de la Santé - fut un tueur à gages, membre du milieu et de 1941 à 1944 un des bourreaux de la « Gestapo française de la rue Lauriston », menée par Henri Lafont et Pierre Bonny, et autrement appelée « la Carlingue », qui se livrait à des actes de collaboration active tout en s'enrichissant. Il sera fusillé pour collaboration en 1952. Le complice de Ventura dans le film s’appelle Raymond Naldi. Raymond Naudy, de son vrai nom, ancien FFI, était le compagnon de Danos dans le « Gang des Tractions Avant ».
  2. Georges, petit voyou qui a servi dans la police allemande commence à craindre l'arrivée des FFI. Son frère, milicien bossu, se suicide au cyanure. À la Libération, pour se sauver, il offre ses services au Deuxième Bureau qui l'oblige à dénoncer les tortionnaires, les miliciens, les collaborateurs qu'il a rencontrés, à participer lui-même à l'épuration. Au mépris de la parole donnée, il sera exécuté. Dans le film, tous les résistants, gaullistes ou non, sont noyés dans le mensonge et la vilenie, alors que la compassion de l'auteur se porte essentiellement sur un petit salaud frimeur qui explique ainsi l'indulgence qu'il eut pour les caprices de son frère bossu : « Mon frère, ce qui l'excitait, c'était de voir souffrir les autres. Pour moi, la joie d'un infirme, ça n'a pas de prix ». (Cf. « Mon ami le traitre » de José Giovanni. En un combat douteux, article de Michel Braudeau paru dans Le Monde du 29 octobre 1988.) Lino Ventura, gêné par le point de vue sur les résistants et la Libération, refusa de tourner le film, ce qui motiva sa rupture avec Giovanni (cf. Jean-Luc Douin, Les jours obscurs de Gérard Lebovici, Stock, 2004.)
  3. BibliObs « José Giovanni n’avait pas choisi la résistance… mais bien la collaboration », article publié sur le site du Nouvel Observateur le 13 septembre 2013
  4. Passionné par l'escalade, il réalisera plus tard des courses en montagne difficiles avec son beau-frère René Desmaison.
  5. Gérant d'un bar-restaurant, « Le Pershing », fréquenté par les agents des Services allemands et ami de Simon Sabiani.
  6. Paul Damiani, dit « Pierrot », dit Barthy, né le 12 novembre 1921, maître d'hôtel au bar-restaurant « Le Pershing » tenu par son oncle « Santos », il est membre de la Milice gestapiste.
  7. SK, section des services de renseignement allemand qui avait pour activité principale le recrutement de travailleurs français et la recherche des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).
  8. Le 7 avril 1944 il exige 2 000 francs de Baptistin Davin, coiffeur à Marseille, à titre de rançon.
  9. Nicolaï Alexandre Raineroff dit « Orloff », dit « von Rainer Orloff », dit « Comte Orloff », dit « Nicky ». Admis en 1941 comme citoyen du Grand Reich en tant que Volkdeutscher, il est membre du PPF et de la Geheime Feldpolizei (GFP) à Avignon et Marseille. Dans cette région il a participé à un grand nombre de dénonciations et d'arrestations de juifs, suivies la plupart du temps de chantage. Sa tâche à la GFP était d'arrêter les sympathisants du gaullisme, les communistes, les résistants et les maquisards (dont certains furent fusillés). Dans son roman Le Deuxième souffle, Giovanni met en scène un truand nommé Orloff, qui ressemble en grande partie à son ancien complice.
  10. A la Libération, il est inculpé pour atteinte à la sureté de l’État. Il est accusé de d'avoir été membre du PPF, d'avoir entretenu des relations régulières avec les services de renseignement allemands, de s'être livré au marché noir, d'avoir été un « indicateur en matière économique » ainsi que de vols dits « aux faux policiers ». Après plusieurs années de préventive, la Cour de justice de la Seine classera l'affaire le 7 mars 1949 faute de preuves suffisantes.
  11. Arrêté le 31 août 1944 pour « activité avec les principaux membres de la Gestapo, en collaboration étroite avec son oncle Santolini, dit Santos ». Paul Damiani est accusé d'avoir dénoncé en décembre 1943 Lucienne Delmas qui travaillait pour l'Intelligence Service, arrêtée par le service de Sécurité allemand (SD), elle a subi d'affreuses tortures pendant sept mois. Paul Damiani est envoyé le 3 septembre au camp de Drancy mais il est mis en liberté provisoire en décembre 1944.
  12. Au numéro 84 de l'avenue Foch à Paris se trouvait le quartier général de la Gestapo.
  13. Avant d'être la maîtresse d'Accad, elle avait été la maîtresse de l'agent de la Gestapo Léoni et d'un des frères Peugeot.
  14. La Nouvelle République, 13 juin 1945.
  15. Le patron de l'établissement, Pierre Guistiniani, qui l'a abattu, sera relâché au nom de la légitime défense. Cf. Nice-Matin du 28 juin 1946 et Temps noir, la Revue des Littératures Policières, no 16 septembre 2013 - page 195
  16. La Marseillaise et Le Provençal du 21 juillet 1946
  17. Le Parisien libéré du 11-12 juillet 1948
  18. Temps noir, la Revue des Littératures Policières, no 16 septembre 2013 - page 185.
  19. Jacqueline Beausergent, indicatrice du « coup » avec les Peugeot, est condamnée à dix ans de travaux forcés. Elle est défendue par Maître Isorni, avocat du Maréchal Pétain. Cf. Le Parisien libéré et Libération du 11-12 juillet 1948.
  20. Joseph Damiani avait connu René Meunier au chantier Jeunesse et Montagne.
  21. 109 ôtages Juifs ont eté massacrés par les nazis entre le 17 et le 21 août 1944 à Bron.
  22. Avocat et écrivain d’extrême droite. Il s'implique dans les Chantiers de la jeunesse française vichystes. Puis il va servir de chef adjoint du cabinet du Préfet de Versailles jusqu'à la Libération.
  23. Jacques Cordy, « Le cinéaste José Giovanni était-il « collabo » ? », article publié par le quotidien Le Soir le 15 octobre 1993
  24. Dans ses « Mémoires » Giovanni raconte qu’il a fait passer des juifs en Suisse, ce qui est une pure invention. En vérité, Giovanni, qui a fui Paris après la Libération pour éviter d’être arrêté pour son appartenance au PPF, se réfugie chez sa demi-sœur Léa qui tenait le bar « La Casita » à Nantes. Il cherche alors à pouvoir bénéficier de l’indulgence de la Cour de justice qui ne manquera pas de le juger pour ses activités de collaborateur. Il traverse donc les lignes de la poche de Saint-Nazaire, mais sera rapidement arrêté par les Allemands qui le relâcheront au bout de quelques semaines ce qui lui vaut de se targuer de son appartenance fictive à la résistance. Aucun fait de résistance de la part de Joseph Damiani n'a été pris en compte par le Jury de la Cour de justice de Marseille le 20 juillet 1946.
  25. Antoine de Baecque, « José Giovanni dans le noir complet », article publié dans le quotidien Libération du 26 avril 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Nicole Vaillant Dubus, À toi, José Giovanni. – Colomars : Mélis éditeur, coll. « Lettre à… ». – 31 p., 21 cm. – (ISBN 2-914333-50-1). (Publié à l'occasion de l'exposition "Cinépolar avec José Giovanni" au Festival du livre de Nice, en juin 2002)

Émission Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site officiel de José Giovanni Site édité par Zazie, la veuve de Giovanni, qui fait l'impasse sur la période 1940-1944 et l'Occupation.
  • Temps noir, la Revue des Littératures Policières, no 16 – septembre 2013 [1], 375 p. (ISBN 978-2-910686-65-9) Éditions Joseph K. - 22 rue Geoffroy Drouet, 44 000 Nantes. Dossier de 40 pages très complet sur la vie occultée de Damiani/Giovanni par Franck Lhomeau.