José Giovanni

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José Giovanni

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José Giovanni en 2001.

Nom de naissance Joseph Damiani
Activités Réalisateur
Scénariste
Romancier
Dialoguiste
Naissance
Paris Drapeau de la France France
Décès (à 80 ans)
Lausanne Drapeau de la Suisse Suisse
Langue d'écriture français
Genres Roman policier
Distinctions Prix Paul-Léautaud
Prix POLAR 1997

José Giovanni, pseudonyme de Joseph Damiani, est un écrivain, un scénariste, un dialoguiste, et un réalisateur d'origine corse, naturalisé suisse, né à Paris (France) le et mort à Lausanne (Suisse) le d'une hémorragie cérébrale.

Ancien repris de justice et condamné à mort, il puisa souvent son inspiration dans ses expériences personnelles ou dans des personnages réels comme Abel Danos (dit "le Mammouth") et Raymond Naudy (dit « Le Toulousain ») [1] dans Classe tous risques pour composer ses intrigues policières sans jamais révéler leurs rapport avec son passé lié à la Collaboration. Seule exception : Mon ami le traître (1988). Dans ses films aussi bien que dans ses romans, il se fait le chantre de la pègre et sa mythologie : amitiés viriles, code de l'honneur, fidélité et trahison, vengeances et confrontation de l'individu avec la nature.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine corse, José Giovanni a connu une enfance dorée et préservée du besoin. Son père possède un bar à Harlem (New York). Après le retour de la famille en France, alors que son père est un riche propriétaire Joseph peut entreprendre un parcours d'études des plus sérieux (collège Stanislas, lycée Janson-de-Sailly) mais, la famille étant ruinée par des revers de fortune en contrecoup de la crise de 1929, il va exercer plusieurs métiers (bûcheron, mineur, aubergiste) et, par son oncle, se rapprocher de la pègre. Après la défaite de 1940 il rejoint le groupe Jeunesse et Montagne (créé par l'Armée de l'Air dans le cadre des Chantiers de Jeunesse du gouvernement de Vichy)[2].

La prison pendant onze ans[modifier | modifier le code]

Pendant l'Occupation et à la Libération, il fréquente le « milieu » de Pigalle, en particulier les gangsters collaborateurs, dont Abel Danos, un des bourreaux de la Gestapo française de la rue Lauriston, et participe à une affaire de chantages perpétrés sous uniforme allemand jusqu'en 1944, puis sous uniforme de l'armée de Libération, organisée par son oncle maternel, Paul Santos, avec l'aide de son frère aîné, Paul Damiani, membre de la Milice gestapiste, de Jacques Ménassole, garde du corps de Jean Hérold-Paquis de Radio-Paris, et de Georges Accad.

Le 18 mai 1945, ils enlèvent à Suresnes Haïm Cohen, patron d'une entreprise de liqueurs, qui fait du marché noir. Cohen leur remet un chèque de 105 000 francs avant d'être abattu par Jacques Ménassole. Son corps est jeté dans la Seine. Le 31 mai suivant, les frères Jules et Roger Peugeot, industriels à Maisons-Alfort, sont à leur tour enlevés, rackettés et abattus, et les corps enterrés dans les bois de Fausse-Repose. Au cours de l'opération Joseph s'est accidentellement tiré une balle dans la jambe. Immobilisé, il est arrêté chez lui. Le chef de la bande, Paul Santos, s'enfuit en Espagne. Paul Damiani est arrêté, s'évade, et est abattu à Nice le 11 juillet 1946 dans un règlement de comptes par d'anciens résistants. Ménassole se suicide dans le métro parisien le 11 juin 1947 alors qu'on va l'arrêter.

Joseph est condamné à mort le 10 juillet 1948 par la Cour d'assises de Paris pour complicité d'assassinat avec Georges Accad. Jacqueline Beausergent, maîtresse d'Accad, et indicatrice du "coup" avec les Peugeot, est condamnée à dix ans de travaux forcés. Le Parisien libéré du samedi 10 juillet 1948 titre : "La pègre des bars élyséens devant les Assises : Accad et Damiani appliquaient les méthodes de la Gestapo pour rançonner "leurs clients".

Joseph (José Giovanni) échappe de peu à la guillotine. Il est gracié par le président Vincent Auriol, ainsi qu'Accad, et sa peine est commuée en vingt ans de travaux forcés. Il sort de prison en décembre 1956.

« J'ai payé. J'ai droit au pardon et à l'oubli », avait déclaré Giovanni après la révélation en 1993 par la presse suisse de son passé collaborationniste.

De 1968 à sa mort, il a vécu aux Marécottes, village valaisan non loin de Chamonix.

L'écriture[modifier | modifier le code]

À trente-trois ans, il écrit son premier roman, Le Trou, qui raconte sa tentative d'évasion faite avec d'autres détenus. Son avocat, Stephen Hecquet, et Roger Nimier font lire le livre à Antoine Blondin et Albert Camus grâce à qui il sera publié. Son style, à la fois étrange et maladroit, ne manque pas d'étonner par ses trouvailles et ses images fortes, quelquefois à la limite du tolérable.

En 1958, Marcel Duhamel le fait entrer à la Série noire, où il se fait d'emblée remarquer par la publication de trois romans sortis la même année :

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Ses romans noirs à succès le conduisent vers le cinéma et, en 1959, Jacques Becker lui propose d'être conseiller technique et scénariste pour l'adaptation de son roman le Trou. C'est le début d'une carrière cinématographique très riche au cours de laquelle il sera tour à tour auteur, scénariste, réalisateur, et qui l'amène à laisser un peu de côté son œuvre littéraire.

En 1995, il revient à l'écriture et consacre à la mémoire de son père un ouvrage, Il avait dans le cœur des jardins introuvables, qu'il adaptera ensuite au cinéma avec Bruno Cremer.

José Giovanni a écrit vingt romans, deux livres de souvenirs dont Mes Grandes Gueules, trente-trois scénarios et a réalisé quinze films et cinq téléfilms.

À la fin de sa vie, il consacrait une partie de son temps à visiter en prison de jeunes délinquants et à les encourager à se réinsérer.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romancier[modifier | modifier le code]

Publications aux éditions Gallimard
Publications aux éditions Jean-Claude Lattès
  • 1982 : Les Loups entre eux
  • 1984 : Un Vengeur est passé
  • 1987 : Tu boufferas ta cocarde
Publications aux éditions Robert Laffont
Publications aux éditions du Rocher
  • 2001 : Les Gosses d'abord
Publications aux éditions Fayard
  • 2002 : Mes grandes gueules
  • 2003 : Comme un vol de vautours
  • 2004 : Le Pardon du grand Nord

Réalisateur, scénariste, dialoguiste[modifier | modifier le code]

[Ré] : réalisateur, [Sc] : scénariste, [Di] : dialoguiste, [OS] : auteur du roman à l'origine du scénario

Acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Naudy, de son vrai nom, était un truand, membre, durant la seconde guerre mondiale, de la "Gestapo française de la rue Lauriston" menée par Henri Lafont et autrement appelée "la Carlingue", se livrant à des actes de collaboration active tout en s'enrichissant.
  2. Passionné par l'escalade, après sa sortie de prison il pratiquera l'alpinisme et réalisera des courses en montagne difficiles avec son beau-frère René Desmaison.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Nicole Vaillant Dubus, À toi, José Giovanni. – Colomars : Mélis éditeur, coll. « Lettre à… ». – 31 p., 21 cm. – (ISBN 2-914333-50-1). (Publié à l'occasion de l'exposition "Cinépolar avec José Giovanni" au Festival du livre de Nice, en juin 2002)

Émission Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]