José Giovanni

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José Giovanni

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José Giovanni en 2001.

Nom de naissance Joseph Damiani
Activités Romancier, scénariste, dialoguiste, et réalisateur
Naissance 22 juin 1923
Paris
Décès 24 avril 2004 (à 80 ans)
Lausanne
Genres Roman policier
Distinctions Prix Paul Léautaud

José Giovanni, pseudonyme de Joseph Damiani, était un écrivain, un scénariste, un dialoguiste, et un réalisateur d'origine corse, naturalisé suisse, né à Paris (France) le 22 juin 1923 et mort à Lausanne (Suisse) le 24 avril 2004 d'une hémorragie cérébrale.

Ancien repris de justice et condamné à mort, il puisa souvent son inspiration dans ses expériences personnelles ou dans des personnages réels comme par exemple Abel Danos (dit "le Mammouth") et Raymond Naldi dans Classe tous risques pour composer ses intrigues policières sans jamais révéler la réalité de son passé lié à la collaboration. Dans ses films aussi bien que dans ses romans, il se fait le chantre de la pègre et sa mythologie : amitiés viriles, code de l'honneur, fidélité et trahison, vengeances et confrontation de l'individu avec la nature.

Sommaire

[modifier] Biographie

D'origine corse, José Giovanni a fait de solides études (collège Stanislas, lycée Janson-de-Sailly) et exercé de nombreux métiers (bûcheron, mineur, aubergiste…). Après la défaite de 1940 il rejoint le groupe Jeunesse et Montagne (créé par l'Armée de l'Air dans le cadre des Chantiers de Jeunesse du gouvernement de Vichy) ; passionné par l'escalade, il pratique l'alpinisme et réalisera des courses en montagne difficiles avec son beau-frère René Desmaison.

[modifier] La prison pendant onze ans

Pendant l'Occupation et à la Libération, il fréquente le « milieu » de Pigalle, en particulier les gangsters collaborateurs, dont Abel Danos, un des bourreaux de la Gestapo française de la rue Lauriston, et participe à une affaire de chantages perpétrés sous uniforme allemand jusqu'en 1944, puis sous uniforme de l'armée de Libération, organisée par son oncle maternel, Paul Santos, avec l'aide de son frère aîné, Paul Damiani, membre de la Milice gestapiste, de Jacques Ménassole, garde du corps de Jean Hérold-Paquis de Radio-Paris, et de Georges Accad.

Le 18 mai 1945, ils enlèvent à Suresnes Haïm Cohen, patron d'une entreprise de liqueurs, qui fait du marché noir. Cohen leur remet un chèque de 105.000 francs avant d'être abattu par Jacques Ménassole. Son corps est jeté dans la Seine. Le 31 mai suivant, les frères Jules et Roger Peugeot, industriels à Maisons-Alfort, sont à leur tour enlevés, rackettés et abattus, et les corps enterrés dans les bois de Fausse-Repose. Au cours de l'opération Joseph s'est accidentellement tiré une balle dans la jambe. Immobilisé, il est arrêté chez lui. Le chef de la bande, Paul Santos, s'enfuit en Espagne. Paul Damiani est arrêté, s'évade, et est abattu à Nice le 11 juillet 1946 dans un règlement de comptes par d'anciens résistants. Ménassole se suicide dans le métro parisien le 11 juin 1947 alors qu'on va l'arrêter.

Joseph est condamné à mort le 10 juillet 1948 par la Cour d'assises de Paris pour complicité d'assassinat avec Georges Accad. Jacqueline Beausergent, maîtresse d'Accad, et indicatrice du "coup" avec les Peugeot, est condamnée à dix ans de travaux forcés. Le Parisien Libéré du samedi 10 juillet 1948 titre : "La pègre des bars élyséens devant les Assises : Accad et Damiani appliquaient les méthodes de la Gestapo pour rançonner "leurs clients".

Joseph (José Giovanni) échappe de peu à la guillotine. Il est gracié par le président Vincent Auriol, ainsi qu'Accad, et sa peine est commuée en vingt ans de travaux forcés. Il sort de prison en décembre 1956.

De 1968 à sa mort, il a vécu aux Marécottes, village valaisan non loin de Chamonix.

[modifier] L'écriture

À trente-trois ans, il écrit son premier roman, le Trou, qui raconte sa tentative d'évasion faite avec d'autres détenus. Son avocat, Stephen Hecquet, et Roger Nimier font lire le livre à Antoine Blondin et Albert Camus grâce à qui il sera publié. Son style, à la fois étrange et volontairement maladroit, ne manque pas d'étonner par ses trouvailles et ses images fortes, quelquefois à la limite du tolérable.

En 1958, Marcel Duhamel le fait entrer à la Série noire, où il se fait d'emblée remarquer par la publication de trois romans sortis la même année :

[modifier] Le cinéma

Ses romans noirs à succès le conduisent vers le cinéma et, en 1959, Jacques Becker lui propose d'être conseiller technique et scénariste pour l'adaptation de son roman le Trou. C'est le début d'une carrière cinématographique très riche au cours de laquelle il sera tour à tour auteur, acteur, réalisateur, scénariste et qui l'amène à laisser un peu de côté son œuvre littéraire.

En 1995, il revient à l'écriture et consacre à la mémoire de son père un ouvrage, Il avait dans le cœur des jardins introuvables, qu'il adaptera ensuite au cinéma avec Bruno Cremer.

José Giovanni a écrit vingt romans, deux livres de souvenirs dont Mes Grandes Gueules, trente-trois scénarios et a réalisé quinze films et cinq téléfilms.

À la fin de sa vie, il consacrait une partie de son temps à visiter en prison de jeunes délinquants et à les encourager à se réinsérer.

[modifier] Œuvres

[modifier] Romancier

  • 1957 : Le Trou
  • 1958 : Le Deuxième Souffle n°414 d.l. 1er trim. 1958
  • 1958 : Classe tous risques n°428 d.l. 2e trim. 1958
  • 1958 : L'Excommunié (adapté au cinéma par Jean Becker en 1961 sous le titre Un nommé La Rocca et par lui-même en 1972 sous le titre La Scoumoune) n°452 d.l. 3e trim. 1958
  • 1959 : Histoire de fou n°475 d.l. 1er trim. 1959
  • 1960 : Les Aventuriers (adapté au cinéma par Robert Enrico en 1966 avec le titre original et par lui-même en 1967 sous le titre La Loi du survivant)
  • 1962 Le Haut-Fer (adapté au cinéma par Robert Enrico en 1965 sous le titre Les Grandes Gueules)
  • 1964 : Ho ! n°842 d.l. 1er trim. 1964
  • 1964 : Meurtre au sommet n°866 3e trim. 1964
  • 1983 : Le Ruffian
  • Le Musher
  • 1995 : Il avait dans le cœur des jardins introuvables (prix Léautaud 1995, adapté par l'auteur au cinéma en 2000 sous le titre Mon Père, il m'a sauvé la vie)
  • La Mort du poisson rouge (prix Charles-Exbrayat 1997 - Prix POLAR 1997)
  • Chemins fauves
  • Comme un vol de vautours"
  • Le Pardon du grand Nord"

[modifier] Acteur

[modifier] Réalisateur, scénariste, dialoguiste

[Ré] : réalisateur, [Sc] : scénariste, [Di] : dialoguiste, [OS] : auteur du roman à l'origine du scénario

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • 2003 : Nicole Vaillant Dubus, À toi, José Giovanni. – Colomars : Mélis éditeur, coll. « Lettre à… ». – 31 p., 21 cm. – ISBN 2-914333-50-1. (Publié à l'occasion de l'exposition "Cinépolar avec José Giovanni" au Festival du livre de Nice, en juin 2002)

[modifier] Émission Radio

[modifier] Liens externes

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