Charles Noguès

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Officier général francais 5 etoiles.svg Charles Auguste Paul Noguès
Image illustrative de l'article Charles Noguès

Naissance 13 août 1876
Monléon-Magnoac
Décès 20 avril 1971
Paris
Origine Drapeau de la France France
Grade Général d'armée
Années de service 18971943
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre du Rif
Seconde Guerre mondiale
Commandement 17e régiment d'artillerie
10e division d'infanterie
19e corps d'armée
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Auguste Paul Charles Albert Noguès (Monléon-Magnoac, 13 août 1876 - Paris, 20 avril 1971) est un général français de la Seconde Guerre mondiale. En 1942, il est Résident général de la France au Maroc, sous l'autorité du Général Juin, commandant en chef des forces françaises d’Afrique française du Nord de 1939 à 1943[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un agriculteur des Hautes-Pyrénées (maître d'hôtel à sa naissance), il est admis à l'École polytechnique en 1897.

Il devint en 1921 le gendre de Théophile Delcassé.

Officier d'artillerie, il accomplit la plus grande partie de sa carrière en Afrique du Nord où, dès 1912, il est appelé au cabinet de Hubert Lyautey. Après la Première Guerre mondiale, qu'il termine à la tête d'un régiment d'artillerie, il occupe différents postes dans le cabinet Millerand, puis retourne en Afrique en 1924, prend part à la campagne du Rif et devient directeur des affaires indigènes à Rabat en 1927.

Il est promu général de brigade le 2 juin 1927, puis général de division le 29 octobre 1930, et enfin élevé au rang et à l'appellation de général de corps d'armée le 1er mai 1933.

Il est fait commandeur de la Légion d'honneur le 25 septembre 1925 puis grand officier puis grand croix en 1939 remise par le président Albert Lebrun.

En 1933, il devient commandant du 19 ecorps à Alger, puis en 1936 prend le poste de résident général du protectorat au Maroc. Le rang et l'appellation de général d'armée lui sont conférés le 17 mars 1936. Il assume en 1939 les fonctions de commandant en chef du théâtre d'opération d'Afrique du Nord.

L'annonce de l'armistice, le 17 juin 1940, par le gouvernement français réfugié à Bordeaux, stupéfait Noguès. Il s'ouvre au maréchal Pétain, le 18 juin, de sa décision de continuer le combat en Afrique du Nord[2]. Les soutiens pour continuer le combat arrivent de tout l'Empire. Georges Le Beau, gouverneur général de l'Algérie, Marcel Peyrouton, résident général en Tunisie, soutiennent la combativité du général Noguès[3]. Le général Legentilhomme de la Côte française des Somalis, et le général Mittelhauser, commandant en chef du théâtre d'opération de Méditerranée orientale, soutiennent la continuation de la lutte[4].

Léon Cayla, gouverneur général de l'AOF, et Robert Brunot, haut-commissaire au Cameroun, apportent aussi leur soutien à Noguès[5]. Pour les Anglais, qui n'ont plus confiance en Pétain, le général Noguès apparaît donc comme l'homme de la situation pour continuer le combat ; c'est le sens du message du général Liddell, gouverneur de Gibraltar, au commandant en chef du théâtre d'opération d'Afrique du Nord[5]. Le 19 juin, un jour après son appel de Londres à poursuivre le combat contre les Allemands, le général de Gaulle envoie un message au général Noguès pour se mettre sous ses ordres :

« Suis à Londres en contact officieux et direct avec le gouvernement. Me tiens à votre disposition soit pour combattre sous vos ordres, soit pour tout démarche qui pourrait vous paraître utile[6]. »

Noguès (à gauche) avec Lt. General Mark W. Clark à Casablanca le 9 mai 1943, lors d'une cérémonie de présentation d'armements aux Forces Françaises.

Devant le silence de Noguès, il réitère son allégeance au commandant en chef du théâtre d'opération d'Afrique du Nord, le 24 juin, en lui proposant de devenir le chef de la résistance nationale au sein du futur Comité national français[6]. Mais le général Noguès conditionne la poursuite de son combat au statut de l'Afrique du Nord et plus généralement de l'Empire, dans les clauses de l'armistice[7]. Or, les clauses de l'armistice du 22 juin ne touchant ni à la flotte, ni à l'Empire, les velléités de résistance de Noguès s'éteignent. Le général choisit le légalisme et condamne alors la désobéissance de de Gaulle, qu'il fait désormais censurer dans toute l'Afrique du Nord. Il refuse de recevoir la mission anglaise menée par Alfred Duff-Cooper et Lord Gort[8]. De même, il va considérer que les députés, passagers du paquebot Massilia, arrivés à Casablanca le 24 juin, sont sans mandat, et il fait mettre en résidence surveillée Georges Mandel[8].

Il interdit donc toute dissidence au Maroc et, en 1942, applique les consignes de résistance au débarquement allié du 8 novembre, jusqu'à la conclusion trois jours plus tard du cessez-le-feu.

Noguès fit partie, avec le général Giraud, des responsables de l'exécution sommaire de Fernand Bonnier de La Chapelle le 26 décembre 1942 suite à l'assassinat de Darlan.

En juin 1943, il démissionne. Remplacé par Gabriel Puaux, il se retire au Portugal.

Condamné par contumace à 20 ans de travaux forcés en 1947, Charles Noguès rentre en France en juin 1954 et se constitue prisonnier. Mis aussitôt en liberté provisoire, il retourne au Portugal. En 1955, le gouvernement Edgar Faure, profitant de sa présence, recourt à son influence pour régler le problème du retour au Maroc du sultan Mohammed V.

Jugé à Paris et condamné à l'indignité nationale, il est aussitôt relevé de cette peine.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Buffetaut, La campagne d’Afrique du Nord : Opération Torch, Histoire&Collections, coll. « Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale »,‎ 1996, 82 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. op. cit; Yves Buffetaud 1996, p. 34
  2. Christine Levisse-Touzé, L'Afrique du Nord dans la guerre, Albin Michel,‎ 1998, p. 64
  3. L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 65
  4. L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 66
  5. a et b L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 67
  6. a et b L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 72
  7. L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 74
  8. a et b L'Afrique du Nord dans la guerre, p. 75