Parti ouvrier et paysan français

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Le Parti ouvrier et paysan français (POPF) est un parti politique collaborationniste français actif de 1940 à 1944 et composé d'anciens parlementaires et élus locaux du Parti communiste français.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Parti ouvrier et paysan français était composé d'anciens élus du Parti communiste français d'abord opposés au pacte germano-soviétique de septembre 1939 impliquant le sabotage de la défense nationale, puis favorables sous l'occupation à la collaboration avec l'Allemagne.

Le POPF a été créé en février 1941 par les parlementaires du « Groupe ouvrier et paysan » en désaccord avec la signature du pacte germano-soviétique.

Le POPF était dirigé par Marcel Gitton, ancien numéro trois du Parti communiste et par un comité central de 20 membres, presque tous parlementaires et élus municipaux de la région parisienne venant du PCF. Le POPF a ainsi compté 16 parlementaires PCF de 1936 sur 76, soit un sur cinq. Sur les 26 parlementaires ayant rompu avec le parti au moment du pacte germano-soviétique, 16 rejoindront le POPF. Malgré la présence de notabilités locales au sein du POPF, les militants communistes ne suivirent pas la voie de la collaboration et la tentative de récupération échoua : il ne compta que 300 membres environ[1].

En septembre 1941, le POPF afficha sur les murs de la région parisienne une première « lettre ouverte aux ouvriers communistes », signée par 29 anciens dirigeants du PCF passés au POPF.
Une deuxième lettre ouverte reprit la lettre du 21 octobre 1941, de Marcel Cachin (membre du bureau politique du PCF et directeur de l’Humanité), pacifiste convaincu et inquiet du sort des premiers otages, au commandant Bömelburg, responsable de la police militaire allemande ; dans cette lettre il condamnait les attentats individuels contre l’armée allemande, comme d'ailleurs Charles de Gaulle à la même époque (précisions : peu de temps après, Marcel Cachin fut exfiltré de son lieu de résidence, transporté en lieu sûr et ne connaîtra ultérieurement aucun problème).

Les statuts du POPF furent enregistrés le 14 janvier 1942 après l'accord des autorités d'occupation et après l'assassinat de son fondateur Marcel Gitton le 4 septembre 1941[2]. Marcel Gitton ayant été abattu par la résistance communiste, fut remplacé par Marcel Capron, ouvrier métallurgiste, communiste de la première heure, député de la Seine entre 1932 et 1936 et maire d'Alfortville.

Le POPF et le Comité ouvrier de secours immédiat (Cosi, dirigés par quelques figures de la gauche anarchiste et syndicale, furent les principales organisations collaborationnistes issues de la gauche révolutionnaire. L'ancien député communiste André Parsal qui adhéra au Parti ouvrier et paysan français (POPF), participa, en juin 1942, à la création du Comité d'information ouvrière et sociale (COSI) chargé de la propagande pour la relève en zone occupée. Sa Fédération française des travailleurs de l'agriculture sera reconnue par l'ambassade d'Allemagne, soucieuse de développer la collaboration syndicale[3]. Le POPF participa à d'autres organisations collaborationnistes destinées à enrégimenter de la classe ouvrière (COSI, Front social du travail, etc.).

Malgré une activité discrète, le POPF sera particulièrement visé par les attentats communistes pendant la guerre, puis au moment l'épuration.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Handourtzel, Cyril Buffet, La Collaboration... à gauche aussi,  éd. Perrin, Paris, 1989.
  2. Dominique Venner, Histoire de la collaboration, éd. Pygmalion Gérard Watelet, 200, p. 689.
  3. Dominique Venner, Histoire de la collaboration, éd. Pygmalion Gérard Watelet, 200, p. 166.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémy Handourtzel, Cyril Buffet, La Collaboration... à gauche aussi,  éd. Perrin, Paris, 1989.
  • Pierre Philippe Lambert, Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la Collaboration 1993.
  • (en) Sean McMeekin, From Moscow to Vichy: Three Working-Class Militants and the French Communist Party, 1920–1940 (parcours politiques de Jules Teulade, Albert Vassart et Henri Barbé), in Contemporary European History 2000, 9, 1-38, Cambridge University Press.
  • Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Liquider les traîtres – La face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, 2007.