Théophano Skleraina

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Théophano Skleraina
Statue de l'église d'Eschwege.
Statue de l'église d'Eschwege.
Titre
Reine consort de Germanie
14 avril 9727 décembre 983
(1 an, 7 mois et 23 jours)
Prédécesseur Adélaïde de Bourgogne
Successeur Cunégonde de Luxembourg
Impératrice consort du Saint-Empire
7 mai 9737 décembre 983
(10 ans, 7 mois et 0 jour)
Prédécesseur Adélaïde de Bourgogne
Successeur Cunégonde de Luxembourg
Biographie
Dynastie Sklèros
Date de naissance 955
Lieu de naissance Constantinople
Date de décès 15 juin 991 (à 60 ans)
Lieu de décès Nimègue
Père Constantin Sklèros
Mère Sophie Phocakaina
Conjoint Otton II
Enfant(s) Adelaïde
Sophie
Mathilde
Otton III

Théophano ou Théophanu ou encore Théophania (en grec Θεοφανώ / Theophanô) (v. 955 † 991) est une princesse byzantine de la dynastie arménienne dite macédonienne, donnée en mariage à Otton II du Saint-Empire et donc impératrice consort du Saint-Empire et l'une des souveraines les plus influentes du Moyen Âge. Elle régna 11 ans aux côtés d'Otton II et 7 ans comme régente de son fils. On peut traduire son nom du grec par « apparition de Dieu ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Otton II et Theophano, couronnés par le Christ

Sa parenté est controversée ; toutefois il semble établi aujourd'hui qu'elle était la nièce de Jean Ier Tzimiskès par son père Constantin Sklèros (elle est identifiée en tant que neptis de l'empereur dans le contrat de mariage, ce qui peut vouloir dire nièce ou petite-fille) et apparentée à Nicéphore II Phocas par sa mère Sophie Phocakaina. Sa date de naissance à Constantinople est incertaine, on l'estime à 955.

Au début de 972, la légation allemande, sous la direction de l'archevêque de Cologne Géron, arrive à Constantinople pour chercher Théophano. Elle est donc mariée le 14 avril 972 par le pape Jean XIII dans l'église Saint-Pierre de Rome et couronnée le même jour.

Elle a cinq enfants :

Sarcophage de l'impératrice Théophano, église Saint-Pantaléon de Cologne.

Théophano accompagne son mari dans tous ses voyages et effectue des actions diplomatiques en son nom en qualité d’impératrice. Adalbert de Metz décrit Théophano comme désagréable et bavarde. Elle est aussi critiquée pour avoir introduit des parures luxueuses et des bijoux en Allemagne. Le théologien Pierre Damien affirme même qu’elle eut une liaison amoureuse avec Jean Philagathos, un moine grec qui devient brièvement l'antipape Jean XVI.

Il est connu qu’elle ne s’entendait pas bien avec sa belle-mère, Adélaïde de Bourgogne, ce qui fut la cause de la rupture entre Otton II et sa mère. Il faut dire que d'après Dhont, 1972, p. 167-170, "radieuse et brillante", elle n'avait rien de commun avec la "bigotte italienne". Selon Odilon de Mercœur, abbé de Cluny, par ailleurs comblé de donations par Adélaïde, celle-ci fut très contente quand « cette Grecque » mourut. Mais les avis sont très partagés, même Thietmar reviendra positivement sur son jugement en voyant la manière dont elle éleva son fils le futur Otton III. En fait elle fut victime à l'époque d'une certaine misogynie et de xénophobie dus à sa naissance et sa religion, surtout par les auteurs qui écriront sur elle après le "Schisme d'Orient" en 1054.

Veuve au printemps 983, elle gouverne l'empire jusqu'à sa mort au nom de son fils, Otton III. Elle doit d'abord lutter - avec l'aide de sa belle-mère - contre le duc de Bavière Henri le Querelleur qui prétend à la tutelle d'Otton III et se fait même remettre un moment l'enfant-empereur. De retour d'Italie, Théophano parvient à récupérer son fils et la réalité du pouvoir en 984. En 987, cousine par alliance d'Hugues Capet, elle accueillit positivement son élection comme roi des Francs par ses pairs.

Elle meurt le 15 juin 991 à Nimègue, dans les Pays-Bas actuels, sa belle-mère assurant la régence à sa suite. Elle est inhumée dans l'église Saint-Pantaléon de Cologne.

Sources[modifier | modifier le code]

Annales Quedlinburgenses, (Annales de Quedlinbourg), in PL CXLI, col. 447-604 ou MGH Scriptores III, 1839, p. 22-90.

Gerbert, Etude sur sa vie et ses œuvres, Trad. de ses lettres, Edouard de Barthélemy, Paris, 1868, 317 pages.

Hrotsvitha, « Gesta Ottonis », éd. Paulus de Winterfeld, in Scriptores rerum Germanicarum XXIV, Berlin, 1902, p. 201-229.

Odilon de Cluny, « De Vita S. Adalheida Imperatrix Augusta », in Bibliotheca Cluniacensis, Bruxelles, 1915, p. 354-368. (204-212).

Thietmar von Merseburg (975-1018), Thietmar merseburgensis episcopi chronicon, prés. Fredericus Kurze, in Scriptores rerum            germanicarum, Hanovre, 1889, 320 pages rééd. NS. t. IX,  Berlin, 1935,       687 pages.

Widikundi(us) de Corvey, (ca. 976), Histoire de l’Empire d’Occident, trad., Cousin, 3 vol., Paris, 1684, numérisée et trad. Marc Szwajcer. Site :   Remacle.org