Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet

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48°50′57″N 2°21′1″E / 48.84917, 2.35028

Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
48° 50′ 57″ Nord
         2° 21′ 01″ Est
/ 48.849167, 2.350278
 
Pays France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris Ve
Culte Catholique (traditionaliste)
Type Église paroissiale
Rattaché à Archidiocèse de Paris mais occupé depuis 1977 par des catholiques traditionalistes
Début de la construction 1658
Fin des travaux 1703
Style(s) dominant(s) Classique

L'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet est située à Paris 23, rue des Bernardins à l'angle de la rue Saint-Victor dans le 5e arrondissement, dans le quartier Saint-Victor, à côté de la Maison de la Mutualité.

Depuis le 27 février 1977, date de son occupation par la force[1],[2],[3] par des proches de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[4], fraternité dont elle dépend officieusement depuis lors, cette église constitue le principal lieu de culte parisien du mouvement catholique traditionaliste — parfois qualifié d'« intégrisme[5] » — ainsi que, dans une certaine mesure, de la frange catholique de l'extrême droite française[6].

Sommaire

[modifier] Architecture

Construite au XIIIe siècle, l'église présente un clocher reconstruit en 1625, alors que l'ensemble de l'église actuelle est rebâti entre 1656 et 1763, notamment par Jacques Lemercier. Elle comporte une tour carrée latérale. C'est une des rares églises du XVIIe siècle qui ne soit pas orientée vers l'est. Les grandes-orgues dont le buffet date de 1725 a eu pour facteur François-Henri Clicquot.
À la suite de la construction du boulevard Saint-Germain suite aux grands travaux de modernisation de Hausmann, il fallut déplacer l'entrée, ce qui explique pourquoi la façade ne date que de 1934.

On peut voir près de l'entrée un des tableaux de jeunesses du peintre Charles Le Brun (1619-1690), l'un des fondateurs en 1648 de l'Académie française et premier peintre de Louis XIV. Il s'agit du Martyre de Saint Jean l'Évangéliste à la Porte Latine. Les tombeaux de Le Brun et de sa mère sont d'ailleurs situés dans l'église, réalisés par le sculpteur Jean Collignon[7].

Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet de nuit

On peut également y voir deux des premiers tableaux de Noël Nicolas Coypel : le Sacrifice de Melchisédech et La Manne, peints en 1713. On trouve aussi une grande peinture de Jean-Baptiste Corot, Le Baptême du Christ. Pierre-Marie Poisson, célèbre par ses sculptures décoratives sur les grands paquebots français, travaille sur le portail vers 1930.

[modifier] Histoire

[modifier] Le séminaire

En 1612, Adrien Bourdoise fonde le séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Talleyrand reçoit les ordres mineurs dans cette église en 1774.

Félix Dupanloup eut la charge du séminaire, qui comptait alors deux cents élèves, jusqu'en 1845. Il le réforme complètement dans l'intention d’en faire un creuset où se mêleraient les jeunes garçons de familles riches et l’élite des élèves pauvres des séminaires de province. Il y fit ainsi venir en 1848 Ernest Renan, issu du séminaire de Tréguier.

[modifier] L'occupation par les catholiques traditionalistes

Elle est occupée depuis 1977 par des catholiques traditionalistes proches de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui, menés par les abbés François Ducaud-Bourget, Louis Coache et Vincent Serralda, après neuf demandes auprès du cardinal François Marty, archevêque de Paris, s'emparent du lieu en y célébrant une messe le 27 février 1977[8]. Ils s'y installent ensuite, expulsant le prêtre Pierre Bellego, affectataire du lieu.

Les traditionalistes y demeurent depuis cette date, malgré un arrêté d'expulsion obtenu par l'archevêché de Paris, qui n'a cependant jamais souhaité l'appliquer. Jean Guitton, désigné comme médiateur par le Tribunal de grande instance, mit en avant le risque d'un trouble plus grand à l'ordre public, si cet arrêté était appliqué. Après y avoir exercé la fonction de curé (sans en avoir le titre officiel), Mgr François Ducaud-Bourget remit cette église entre les mains de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui la dessert encore aujourd'hui.

Le 21 décembre 1978, une bombe dans l'église y provoque des dégâts qui ne seront que superficiels. D'après des commentaires tardifs des milieux d'extrême droite, l'action aurait été revendiquée par un groupe s'intitulant les « Brigades juives[9] ».

L'abbé Philippe Laguérie ayant exercé les fonctions de curé entre 1983 et 1997, est un personnage relativement médiatique (il a participé à plusieurs Duels sur la Cinq) et figure emblématique des traditionalistes en France. Pendant cette période, de grandes processions furent relancées à l'occasion de la Fête-Dieu et de la Fête de l'Assomption (le 15 août), ainsi qu'une vie paroissiale. Le journal de gauche Libération estime qu'il « a flirté avec l'antisémitisme et l'islamophobie[10] ».

Les obsèques de nombreuses personnalités furent célébrées dans cette église : ainsi Rolande Birgy, Jacques Audiberti (en 1965), Michel Boutin et un nombre important de personnes connues pour leur engagement à l'extrême droite, dont Georges-Paul Wagner, Paul Touvier, François Duprat, Maurice Bardèche, Jean-Pierre et Marie-France Stirbois. Lors d'une cérémonie organisée à l'occasion du 10e anniversaire de l'occupation de l'église, de nombreux représentants de l'extrême droite française sont présents : Pierre Pujo (Aspects de la France), François Brigneau (Minute), Pierre Sidos (L'Œuvre française), Jean Madiran et André Figueras (Présent) et Roland Gaucher (National-Hebdo)[11].

Parmi les fidèles de la paroisse, on compte (ou on a compté) des personnalités de milieux divers, telles que Alain de Lacoste-Lareymondie, Jean-François Chiappe, Paul Guth, Michel de Saint-Pierre, Jacques Perret, Paul Vialar, Michel Droit ou encore Jean Dutourd[12].

Le 8 décembre 2003, près de 200 étrangers en situation irrégulière menés par Sylvain Garel et Romain Binazon occupent quelques heures l'église. Ils finissent par quitter les lieux avant l'arrivée de fidèles qui viennent défiler pour la traditionnelle procession aux flambeaux de l'Immaculée conception.

Depuis 2005, le mouvement indépendant des Scouts Saint François-Xavier est implanté à Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

[modifier] Messes et cérémonies

Quatre grandes processions religieuses rassemblent les fidèles lors de fêtes religieuses catholiques, aux Rameaux, à la Fête-Dieu, à l'Assomption le 15 août, et pour la procession aux flambeaux en l'honneur de l'Immaculée conception le 8 décembre.

Outre ces fêtes religieuses, des messes commémoratives sont célébrées chaque année :

[modifier] Curés

S'ils portent le titre officieux de « curé », car ils en assurent les fonctions, ces prêtres ne sont toutefois pas « curé de la paroisse » puisque l'église est occupée sans l'accord de l'ordinaire. Aux yeux de l'archevêché de Paris, et donc aux yeux du droit français, l'affectataire du lieu est le curé de la paroisse Saint-Séverin-Saint-Nicolas, l'abbé William-Jean de Vandière.

[modifier] Personnages enterrés à Saint-Nicolas-du-Chardonnet

[modifier] Notes et références

  1. « Les trente ans de l'occupation de Saint-Nicolas-du-Chardonnet », Le Nouvel Observateur, 12 février 2008.
  2. Question écrite n° 17269 de M. Michel Dreyfus-Schmidt, senat.fr
  3. L'Eglise confirme la rupture avec Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la-croix.com, 2007
  4. Les catholiques traditionnels, sur le site du Quid.
  5. Terme utilisé par Henri Tincq (in « Le pape rallie ses intégristes », Le Monde, 29 septembre 2006) ou par L'Express (« La PME de Le Pen », 28 avril 2002).
  6. « Saint-Nicolas-du-Chardonnet », in Erwan Lecoeur (dir.), Dictionnaire de l'extrême droite, Paris, Larousse, coll. « À présent », 2007, p. 259.
  7. Sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, mort en 1702
  8. « Les 30 ans d'occupation de Saint Nicolas-du-Chardonnet », Le Nouvel observateur, 27 février 2007.
  9. Emmanuel Ratier, Les guerriers d'Israël, Facta, 1995 (ISBN 2-9508318-1-8) p. 234. Antérieurement, cette attribution avait également fait l'objet d'une brève citation dans un article publié en juin 1991 par le mensuel politique français d'extrême droite Le Choc du mois (n° 41, p. 7) , sous le titre « Milices juives : quinze ans de terrorisme », sous la plume de A. Malek.
  10. Cf. article « Vade retro soutanas » de l'édition du 11 octobre 2006.
  11. Ariane Chebel d'Appollonia, L'Extrême-droite en France. De Maurras à Le Pen, Bruxelles, Éditions Complexe, « Questions au XXe siècle », 1996, p. 358-360, (ISBN 978-2870277645).
  12. Francis Bergeron et Philippe Vilgier, De Le Pen à Le Pen. Une histoire des nationaux et des nationalistes sous la Ve République, éd. Dominique Martin Mortin, 1986, p.137

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens et documents externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

[modifier] Bibliographie

Sur l'église et son histoire 
  • Yvan Christ, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris, Éditions du Cerf, 1948
  • Paul Biehler, Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Son histoire, ses œuvres d'art, les édifices religieux voisins détruits : foi et beauté, photos de Jean-Pierre Yvon, Paris, P. Biehler, 1979
Sur sa communauté catholique traditionaliste 
Sur ses liens avec l'extrême droite 

[modifier] Documentaire

  • Abbé Bernard Lorber (réalisateur), St-Nicolas-du-Chardonnet, 30 ans après. Chardons toujours ardents, documentaire de la Procure de St-Nicolas-du-Chardonnet retraçant la « (re)prise » de cette église par la Fraternité Saint Pie X, avec des interview de Mgr Ducaud-Bourget, l'abbé Louis Coache, Mgr Marcel Lefebvre et du Père Congar, Paris, Procure Saint-Nicolas, 2007, (DVD, 115 minutes).

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