Fribourg (ville suisse)

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Fribourg
Freiburg
Blason de Fribourg
Héraldique
Vue de la colline du Belzé avec les clochers de Notre-Dame et St-Nicolas, et le quartier du Schoenberg au fond à gauche.
Vue de la colline du Belzé avec les clochers de Notre-Dame et St-Nicolas, et le quartier du Schoenberg au fond à gauche.
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Fribourg
District Sarine[1]
Syndic Pierre-Alain Clément
NPA 1700
N° OFS 2196
Démographie
Gentilé Fribourgeois, Fribourgeoise
Population 37 485 hab. (31 décembre 2013)
Densité 4 031 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 48′ 22″ N 7° 09′ 46″ E / 46.806103, 7.16277546° 48′ 22″ Nord 7° 09′ 46″ Est / 46.806103, 7.162775  
Altitude 801 m (min. : 801 m) (max. : 801 m)
Superficie 930 ha = 9,3 km2
Divers
Langue Français et Allemand
Localisation

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Fribourg
Liens
Site web www.ville-fribourg.ch
Sources
Référence population suisse[2]
Référence superficie suisse[3]
Logo de la Ville de Fribourg depuis 2003

Fribourg (en allemand : Freiburg, en patois fribourgeois : Friboua[4] Friboua ) est une ville et une commune suisse du canton de Fribourg, sur la Sarine. C'est le chef-lieu du canton de Fribourg et celui du district de la Sarine.

Fribourg est une ville bilingue, avec près d'un cinquième de la population germanophone. Elle est située de chaque côté de la Sarine sur le plateau suisse à la frontière culturelle entre la Suisse alémanique et romande. Elle est un important centre économique, administratif et éducatif et comprend une Université.

Elle est placée sous le patronage de saint Nicolas de Myre, de sainte Barbe et de sainte Catherine d'Alexandrie. Fribourg fait partie du périmètre de l'AGGLO Fribourg-Freiburg.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Fribourg est située en Nuithonie, à l'ouest du plateau suisse (qui constitue l'une des trois principales aires géographiques de la Suisse), à 28 kilomètres au sud-ouest de Berne (la capitale fédérale), elle occupe une position majeure sur l'axe est-ouest d'importance nationale[5].

Au pied des Préalpes fribourgeoises, distantes d'une quinzaine de kilomètres, elle communique par l'ouest du plateau vers Genève et la France, par l'est du plateau vers la vallée du Rhin et l'Europe centrale. À vol d'oiseau, Fribourg se trouve à 100 kilomètres de Genève, 120 kilomètres de Zurich et 90 kilomètres de Bâle.

Fribourg est située à la frontière linguistique entre le français et l'allemand depuis le Haut Moyen Âge.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Givisiez Granges-Paccot Guin Rose des vents
Villars-sur-Glâne N Tavel

Saint-Ours

O    Fribourg    E
S
Marly Pierrafortscha

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Fribourg est de type tempéré continental (Dfb selon la classification de Köppen), avec des hivers relativement rudes et des étés frais. Située au pied du versant nord des Alpes bernoises, qui agissent comme une barrière pour les courants humides, la ville connaît des précipitations relativement abondantes et aucune période d'aridité. En revanche, lors des périodes anticycloniques, elle subit un courant de bise parfois soutenue, étant située sur la Plateau dont la configuration en entonnoir amplifie le phénomène. Les hivers sont très peu ensoleillés, en raison des vents d'ouest plutôt fréquents; ainsi que de la bise, qui soufflant entre le Jura et les Alpes, emprisonne l'air froid et humide sur le plateau, provoquant des brouillards pouvant persister toute la journée. L'été, en revanche, reste en moyenne assez frais à cause des vents d'ouest et de l'altitude, mais la ville n'exclut pas des vagues de chaleur, qui peuvent se poursuivre pendant plusieurs jours, souvent accompagnées d'orages en fin de journée. Le printemps et l'automne sont des saisons de transition, entre des vagues humides venant d'ouest et des périodes sèches, par la bise ou l'effet de fœhn.

Relevé météorologique de Fribourg (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −6,4 −2,8 −0,5 2,5 6,4 9,7 11,6 11,3 8,6 4,9 0,2 −3,5 3,1
Température moyenne (°C) −3,1 0,2 3,5 7,2 11,6 15 17,6 16,6 13,4 8,7 3,2 −0,1 8
Température maximale moyenne (°C) 2,1 4,7 8,5 12,6 17,1 20,6 23,5 22,7 19,7 14,3 7,5 3,4 13,1
Précipitations (mm) 68 63 75 91 124 128 113 129 93 78 88 70 1 118
Nombre de jours avec précipitations 10,3 10,6 11,5 11,5 14,4 12,3 10,6 10,9 8,4 8,5 10,4 10,1 129,5
Source : MétéoSuisse www.meteosuisse.ch


Site[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de la vieille ville de Fribourg, en mai 2013.

Située à environ 600 mètres d'altitude, la ville est caractérisée par un relief très accidenté. Le point le plus bas de la ville (au bord de la Sarine) est à 541 mètres d'altitude tandis que le point le plus haut (la colline du Guintzet) culmine à 691 mètres. On distingue ainsi quatre étages d'implantation qui ne correspondent pas forcément à la chronologie de leur fondation. De bas en haut, on a ainsi : les quartiers de l'Auge et de la Neuveville appelés Basse-ville (altitude moyenne : 550 mètres), le quartier du Bourg au sommet des falaises (altitude moyenne : 580 mètres), les quartiers des Places, de Pérolles, du Jura et de Bourguillon (altitude moyenne : 630 mètres) et les quartiers du Schoenberg et de Beauregard (altitude moyenne : 670 mètres).

La ville de Fribourg s'étend sur les deux rives de la Sarine, un affluent de l'Aar. La Sarine ayant creusé son cours dans la molasse du plateau, il en résulte un cours très sinueux avec de profondes gorges. Fribourg a été fondée sur un méandre surplombant la rivière. Certains quartiers modernes (Pérolles et Beauregard) ont été construits sur d'anciens ravins comblés mais dont les traces apparaissent encore aujourd'hui à la Rue Jacques-Gachoud ou au Chemin Monséjour par exemple.

Du fait de l'implantation de la ville sur un relief particulièrement accidenté et de part et d'autre de la Sarine, de nombreux ponts ont été construits depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours. La commune de Fribourg compte actuellement 15 ponts automobiles et piétonniers (le pont ferroviaire de Grandfey est situé sur les communes de Granges-Paccot et de Guin) en fonction. Le pont routier en construction de la Poya permettra dès 2014 de désengorger le centre historique surchargé.

Article détaillé : Liste des ponts de Fribourg.

Selon l'Office fédéral de la statistique, Fribourg a une superficie de 9,3 km2. 63,2 % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructures, 13,4 % à des surfaces agricoles, 17,0 % à des surfaces boisées et 6,4 % à des surfaces improductives.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Signalisation routière bilingue en français et en allemand à Fribourg.

Au centre du Plateau suisse, Fribourg est célèbre pour ses ponts qui enjambent la Sarine. Elle est depuis longtemps un point de passage et occupe une position privilégiée sur l'axe est-ouest d'importance nationale[5].

Transport urbain[modifier | modifier le code]

Le réseau de transport en commun est exploité par les Transports publics fribourgeois (TPF); il est constitué de sept lignes. Trois lignes sont partiellement électrifiées et sont exploitées par des trolleybus bi-modes, c'est-à-dire pouvant également fonctionner au diesel. Les autres sont exploitées par des autobus. Le réseau est centré autour de la gare et dessert également les communes avoisinantes de Marly, Villars-sur-Glâne, Givisiez et Granges-Paccot.

Le réseau est complété par un funiculaire reliant la ville haute (place Georges-Python) à la ville basse (place du Pertuis). Particularité unique en Europe, il fonctionne depuis 1899 grâce aux eaux usées de la ville[6].

En 2010, les TPF ont lancé un projet de ligne de métro reliant Givisiez à Marly et desservant les principaux points de la ville, mais l'idée a été abandonnée en octobre 2011 car l'itinéraire prévu ne dessert pas les régions les plus peuplées du bassin de population d'environ 60 000 habitants[7].

Réseau cyclable et location de vélos[modifier | modifier le code]

Fribourg est relativement peu dotée en pistes cyclables (3,7 kilomètres) au contraire de la région. En 2010, une enquête de l'association Pro Velo Suisse la classait dernière sur un total de 19 villes suisses[8]. La commune a fait quelques efforts depuis notamment en adhérant au programme Newride[9] de promotion des deux-roues électriques et en inaugurant un système de vélos en libre-service, appelé Velopass[10]. D'avril à octobre 2013, la ville met des vélos électriques à disposition des entreprises locales afin de promouvoir la mobilité douce dans le cadre professionnel[11].

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Fribourg se situe sur l'autoroute A12 qui la relie sur un axe est-ouest à Zurich, via Berne d'une part et à Genève via Vevey-Lausanne d'autre part. L'autoroute contourne la commune dont les deux points d'accès – les sorties Sortie d'autoroute 7 (Fribourg-Sud) et Sortie d'autoroute 8 (Fribourg-Nord) – sont situés sur les communes avoisinantes (Granges-Paccot et Givisiez)[12]. Si avec une moyenne de 35 000 véhicules par jour[13], l'autoroute A12 est loin de sa saturation, la situation est différente en centre-ville. En effet, le quartier historique du Bourg souffre notamment du trafic pendulaire entre le quartier du Schoenberg et l'accès à l'autoroute. Le nouveau pont de la Poya, prévu pour 2014, devrait décharger le centre-ville d'une grande partie du trafic et soulager les monuments historiques comme la cathédrale qui souffre de la pollution[14].

Dès 2002, le conseil communal de la ville intensifie sa politique pour lutter contre le trafic pendulaire[15]. Des zones à 30 km/h, des chicanes et des bornes automatiques vont être introduites dans différents quartiers. Certaines modifications sont liées à la future ouverture du pont de la Poya en 2014. Celles-ci ne vont pas sans quelques désagréments et rencontrent un mécontentement de la part d'une partie de la population, comme le sens unique de l'avenue de la Gare.

Réseau ferroviaire et bus régionaux[modifier | modifier le code]

Fribourg est située sur l'une des principales lignes ferroviaires de Suisse, la ligne du Plateau qui relie Genève à Saint-Gall par Lausanne, Berne, Olten et Zurich. La gare de Fribourg est desservie toutes les heures par un InterCity CFF Genève-Aéroport – Saint-Gall et un InterRegio CFF Genève-Aéroport – Lucerne. Une ligne régionale partant de Fribourg vers Payerne et Yverdon-les-Bains, des trains régionaux CFF desservent également à partir de Fribourg Yverdon-les-Bains et Romont à raison d'un train par heure. Fribourg est également la tête de la ligne S1 du RER bernois qui dessert Berne et Thoune. En outre, Fribourg est l'une des gares principales du réseau des Transports publics fribourgeois (TPF). Un train régional TPF relie Fribourg à Neuchâtel par Morat toutes les heures.[16]

Depuis le 11 décembre 2011, Fribourg est le centre d'un nouveau réseau express régional (RER Fribourg|Freiburg)[17]. À partir de cette date, des RegioExpress CFF et TPF relient toutes les demi-heures Bulle par Romont. Une rame sur deux poursuit sa route jusqu'à Berne.[16]

Fribourg est enfin l'un des pôles principaux du réseau de bus régionaux et le centre névralgique des trolleybus urbains TPF[18]. La gare de Fribourg dispose, en plus de l'espace ferroviaire, d'une gare routière de quinze quais[19]. Les bus régionaux relient principalement Fribourg aux districts de la Singine et de la Sarine qui ne sont pas ou peu desservis par le rail[20].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Tissu urbain[modifier | modifier le code]

Le centre historique de Fribourg, qui s'étend des deux côtés de la Sarine et sur un méandre de la rive gauche, se caractérise par des rues typiquement médiévales, notamment dans le quartier du Bourg autour de la Cathédrale St-Nicolas et dans les quartiers de l'Auge et de la Neuveville. Près de 200 maisons ont d'ailleurs conservé leurs façades gothiques, ce qui en fait l'un des plus grands ensembles médiévaux d'Europe (note : petit guide de la ville de Fribourg).

Le centre historique de Fribourg

Dans le quartier du Bourg, l'organisation quadrillée des rues est caractéristique du plan zaehringien. Celui-ci ne put pas être reproduit dans les autres quartiers qui ne s'y prêtaient pas pour des raisons topographiques. Au sud-ouest s'étendent les quartiers industriels de la gare et de Pérolles. Le quartier de Pérolles, mi-industriel à son extrémité sud, mi-résidentiel dense vers le nord, est traversé de part en part par le boulevard de Pérolles. Cette large artère structurante débouche sur le pont de Pérolles qui relie la ville à la commune de Marly. De l'époque industrielle datent également les quartiers d'Alt, au nord, de Gambach et de Beauregard, à l'ouest, tous résidentiels. Les habitations de densité moyenne dominent dans le quartier de Gambach, avec des exemples d'architecture néogothique, néoclassique et Art nouveau.

Enfin, sur la rive droite de la Sarine, à l'est, s'étend le nouveau quartier du Schoenberg, érigé dans les années 1960. Composé d'immeubles et de tours d'habitation, il héberge environ le quart de la population de la ville (source OFS). D'autres quartiers d'habitations denses sont situés au nord-ouest (Torry) et au sud-ouest (Beaumont).

Quartiers[modifier | modifier le code]

Carte des quartiers de Fribourg.

Selon l'Office fédéral de la statistique, la ville de Fribourg se compose de neuf quartiers[21]:

Architecture[modifier | modifier le code]

Bien que dominée par le style gothique, notamment dans la vieille ville, l'architecture de Fribourg est intéressante à plus d'un titre. Elle recèle en effet des exemples intéressants de plusieurs périodes historiques. Le centre historique regroupe de nombreuses maisons gothiques, notamment dans le quartier de l'Auge, à la rue d'Or. Certaines de ces maisons datent de la fondation du quartier au XIIIe siècle. De cette période datent encore entre autres la cathédrale Saint-Nicolas, les fortifications de la rive droite, l'Hôtel-de-Ville, l'ancienne commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et le chœur de l'église des Cordeliers. L'architecture de style Renaissance est magnifiquement représentée par l'hôtel Ratzé, à la rue de Morat et par les fontaines de la vieille ville, édifiées au XVe siècle. De l'époque baroque, il faut mentionner les maisons patriciennes de la Grand-Rue, l'ancien corps de garde (à côté de l'Hôtel-de-Ville) ainsi que plusieurs églises dont l'église de la Visitation, le couvent des Capucins, le collège et l'église Saint-Michel et l'ancien hôpital des Bourgeois. Dans les nouveaux quartiers, notamment le quartier de Pérolles et de Beauregard, l'architecture néoclassique est bien représentée, tandis que dans le quartier de Gambach, des exemples de villas Art nouveau et Heimatstil[22].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Fribourg provient directement de l'allemand *frei- (libre) et -burg (ville), littéralement ville libre, c'est-à-dire disposant de libertés, de franchises. En allemand, la ville s'appelle aussi Freiburg im Üchtland[23], Fribourg en Nuithonie, pour la distinguer des autres Fribourg (Fribourg-en-Brisgau notamment). Nuithonie ne semble cependant pas avoir une signification particulière ni désigner une région précise[24].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fribourg a été fondée sur une terrasse surplombant la Sarine en 1157[25] par le duc Berthold IV de Zaehringen. En voyage dans la région, sans doute pour mettre de l’ordre dans ses possessions et tenant compte d’un « ensemble de considérations politiques, militaires, géographiques et économiques », Berthold IV choisit une terrasse surplombant la Sarine, afin d’y établir une ville « nouvelle » qu’il fortifie : Fribourg (de l’allemand frei « libre » et Burg « lieu fortifié », nom provenant des libertés octroyées par le fondateur et à rapprocher de celui de Fribourg-en-Brisgau).

En 1218, à l'extinction de la famille des Zähringen, la ville passe sous la domination des Kybourg, puis elle est vendue en 1277 à la famille des Habsbourg, avant d'être cédée à la Maison de Savoie en 1452. Devenue quasi indépendante lors des Guerres de Bourgogne, la ville obtient l'immédiateté impériale en 1478. En 1481 Fribourg entre dans la Confédération suisse.

Remparts, tours fortifiées et porte de Berne

La ville originelle correspond au quartier actuel du Bourg. Il est formé de deux rues parallèles reliées par des petites ruelles; cela correspond au quadrillage typique des villes fondées par les Zaehringen. Très rapidement, au XIIIe siècle, la ville s'étend aux quartiers de l'Auge et de la Neuveville (au bord de la Sarine) d'une part, aux quartiers des Places (rue de Lausanne et rue de Morat) d'autre part. Le dernier agrandissement notoire a lieu en 1390; il englobe les quartiers d'Alt et de la rue de Romont et le faubourg de la rue de Morat. L'enceinte édifiée à ce moment-là délimitera la ville jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Ville francophone et catholique enclavée dans le canton de Berne protestant, elle s'allie avec la France, constituant notamment l'essentiel de la Garde suisse du roi de France avec qui elle a un contrat exclusif de louage de mercenaires. À la suite de la Révolution de 1789, 3 700 (sur une population de 5 000 habitants) religieux et aristocrates français émigrent à Fribourg. Certains y pratiquant la contre-révolution en essayant de ruiner la révolution par des faux assignats. Alors qu'une partie de ces réfugiés retournent en France sous la Restauration, d'autres s'installent définitivement[26].

La Place du Petit-Paradis en 1819 par Joseph de Landerset.

Deux événements vont provoquer de nouvelles extensions de la ville de Fribourg : l'arrivée du chemin de fer en 1862 et la création de l'université en 1889. Plusieurs faubourgs sont créés : les quartiers de l'avenue de la gare, de Gambach, de Miséricorde, de Beauregard et de Pérolles en 1903. En cinquante ans, la population de Fribourg passe de 9 000 à 20 000 habitants.

Dans les années 1950 à 1970, face à l'accroissement de la population, les nouveaux quartiers du Schoenberg (au nord), de Beaumont (au sud) et de Torry (à l'ouest) donnent à la ville son aspect actuel. Son extension se poursuit aujourd'hui principalement dans les communes avoisinantes.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

La ville est dirigée par un Conseil communal de cinq membres à plein temps (neuf avant 2001) dont le président ou maire porte le titre de syndic. Le pouvoir réglementaire est exercé par un Conseil général (législatif) de 80 membres, dont le président était le syndic jusqu'au début de 1982.

Le Conseil communal de la ville de Fribourg 2011-2016[modifier | modifier le code]

Les Présidents du Conseil général (législatif) de la ville de Fribourg[modifier | modifier le code]

(Loi du 25 septembre 1980)

  • 1982-1983 : Roselyne Crausaz (PDC)
  • 1983-1984 : John Clerc (PS)
  • 1984-1985 : Denis Volery (PLR)
  • 1985-1986 : Michel Monney (PCS)
  • 1986-1987 : Emmanuel de Reyff (PDC)
  • 1987-1988 : Bernhard Flühmann (PS)
  • 1988-1989 : Bernard Garnier (PLR)
  • 1989-1990 : Joseph Jutzet (PCS)
  • 1990-1991 : Michel Passaplan (PDC)
  • 1996-1997 : Monika Thiébaud-Bachmann (PDC)
  • 1997-1998 : Irène Baeriswyl-Rouiller (PS)
  • 1998-1999 : François Merlin (PLR) (devenu PDC en 2001)
  • 1999-2000 : André Schönenweid (PDC)
  • 2000-2001 : Olivier Spang (PCS)
  • 2001-2002 : Nicolas Betticher (PDC)
  • 2002-2003 : Christine Müller (PS)
  • 2003-2004 : Jean-Pierre Largo (PLR)
  • 2004-2005 : Béatrice Ackermann-Clerc (PCSO)
  • 2005-2006 : Thierry Steiert (PS)
  • 2006-2007 : Laurent Praz (PDC)
  • 2007-2008 : Catherine Nusbaumer (PS)
  • 2008-2009 : Jean-Jacques Marti (PLR)
  • 2009-2010 : Eva Heimgärtner (PCS)
  • 2010-2011 : Thierry Gachet (PDC)
  • 2011-2012 : Oliver Collaud (Verts)
  • 2012-2013 : Jean-Pierre Wolhauser (PLR)
  • 2013-2014 : Pierre-Olivier Nobs (PCS)

Pour la législature 2011-2016, à la suite des élections générales de mars 2011, le Conseil général se compose de 25 PS, 17 PDC, 11 Verts, 10 PLR, 9 UDC, 6 PCS, 1 PVL et 1 indépendant. Suite à divers changements en cours de législature, la composition actuelle est la suivante: 25 PS, 15 PDC, 10 Verts, 10 PLR, 10 UDC (dont un élu sur la liste PDC), 6 PCS, 1 PVL et 3 indépendants (dont un élu sur la liste des Verts et un sur la liste du PDC)

Pendant la législature précédente, le Conseil général se composait de 23 PDC (démocrates-chrétiens), 22 PS (socialistes), 9 Verts, 9 PCSO (7 Parti chrétien social et 2 Ouverture), 9 UDC (Union Démocratique du Centre), 8 PLR (libéraux-radicaux)

Pour la période administrative 2001-2006, le conseil général se composait de 28 PDC (démocrates-chrétiens), 23 PS (socialistes), 11 PLR (libéraux-radicaux), 11 PCSO (8 Parti chrétien social et 3 Ouverture), 7 Verts (sous le nom de "Liste Citoyenne"). 1 PLR a passé au PDC portant l'effectif de ce groupe à 29 et réduisant celui du PLR à 10. La gauche a ainsi 41 sièges contre 39 à la droite et au centre. En 2006, la répartition est de 40 sièges pour la droite et le centre (23 PDC, 8 PLR, 9 UDC) contre 40 à la gauche (22 PS, 9 Verts, 7 chrétiens-sociaux, 2 Mouvement ouverture).

Jumelage[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, Fribourg compte 37 485 habitants en 2013[2]. Sa densité de population atteint 4 030,6 hab./km².

Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Fribourg entre 1850 et 2012 selon les données de l'Office fédéral de la statistique et de la ville de Fribourg[28],[29],[30].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Primaire et secondaire[modifier | modifier le code]

En 2012, Fribourg compte 13 écoles enfantines et primaires, 4 cycles d'orientation (3 francophones et 1 germanophone) et 6 écoles du secondaire supérieur (3 gymnases, 1 école de culture générale, l'École des métiers et le Centre professionnel).

  • Le Collège St-Michel, un établissement fondé en 1582 par Pierre Canisius, est un gymnase mixte français-allemand qui comprend plus de 1300 étudiants. Le site du collège abrite également l'église St-Michel.
  • D'autres gymnases, le Collège Sainte-Croix, anciennement collège de filles et le Collège de Gambach.
  • L'école de culture générale (ECG), anciennement Ecole Cantonale de Degré Diplôme (ECDD), propose une formation plus courte que le collège, afin notamment de poursuivre d'autres formations nécessitant un âge minimal.
  • L'école professionnelle artisanale et industrielle (EPAI) dispense les cours de l'enseignement professionnel à près de 3 000 apprentis en formation duale. Cette école est bilingue et accueille des jeunes de tout le canton.
  • L'École des métiers de Fribourg (EMF) assure la formation dans les branches techniques tel que l'informatique, l'électronique, l'automatique et la polymécanique.

Supérieur[modifier | modifier le code]

Les hautes écoles et l'Université de Fribourg sont bilingues et proposent des cours en allemand et / ou français dans tous les niveaux d'études.

Sport[modifier | modifier le code]

Manifestations sportives[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Ville bilingue, Fribourg dispose d'une riche palette culturelle, musicale, muséale et gastronomique.

La vieille ville depuis la cathédrale.
La vieille ville depuis le Pont du Milieu.
La cathédrale sous le soleil.
La cathédrale sous la neige.
L'église Saint-Jean des hospitaliers.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

Fribourg a conservé un ensemble médiéval unique en Europe de près de 200 bâtiments. Les plus anciens vestiges se trouvent à la rue d'Or dans le quartier de l'Auge et au Court-Chemin dans le quartier de la Neuveville. Cependant ce sont les fortifications, édifiées entre le XIIe siècle et le XVe siècle, qui forment encore aujourd'hui le plus important ensemble de l'architecture militaire médiévale en Suisse[22]. Onze tours, un boulevard (le belluard) et environ 900 mètres de murailles nous sont en effet parvenus. Ces tours ont été construites en molasse qui était extraite directement aux abords de la ville. Le belluard est aujourd'hui utilisé pour des manifestations culturelles.

Fribourg dispose d'un magnifique hôtel de ville de style gothique tardif. Il a été construit à la place de l'ancienne forteresse des Zähringen. Originellement destiné comme grenier, il fut haussé en 1504 d'un étage destiné à abriter les salles du Conseil. La tour a été rajoutée de 1641 à 1643 dans un style baroque. Elle est dotée d'une horloge et d'un jacquemart. Les escaliers monumentaux datent de 1663. L'intérieur, qui abrite aujourd'hui le Grand conseil (le parlement cantonal) et le Tribunal cantonal a été réaménagé en 1775. La salle du Grand Conseil est décorée d'une peinture de Gottfried Locher représentant une allégorie de la République et de deux imposants poêles d'André Nuoffer[22].

S'il y a peu de bâtiments de style Renaissance à Fribourg, l'un des seuls représentants est l'hôtel Ratzé situé à la rue de Morat, du nom d'un marchand de drap et officier au service de la France, Hans Ratzé. Construit entre 1581 et 1585 dans le style de la Renaissance lyonnaise, il abrite depuis 1920 le Musée d'art et d'histoire de Fribourg.

Dans la basse-ville, les ponts médiévaux ont tous été reconstruits entre les XVIIe et XVIIIe siècles. Le pont de Berne est le dernier pont de bois couvert de Fribourg.

Article détaillé : Liste des ponts de Fribourg.

XVIIIe siècle et XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Fribourg abrite plusieurs témoins de cette époque. En 1737, un incendie ravage la Grand-Rue, quartier des principales maisons patriciennes à l'époque. La plupart sont reconstruites dans un style Régence, comme la maison Amman-Lanther (au no 59) édifiée vers 1750[22]. Les autres maisons sont de style baroque. À la même époque, le patriciat investit son argent dans des maisons de campagne. L'exemple le plus intéressant le château de la Poya, à quelques centaines de mètres de la porte de Morat. Il date de 1700 et est un remarquable exemple d'architecture palladienne[22].

De nombreux bâtiments administratifs de la période patricienne sont également remarquables. Parmi les plus importants, on peut citer la chancellerie de l'État à la rue des Chanoines construite entre 1734 et 1737, la maison de ville, voisine de l'hôtel de ville, qui date de 1730, le corps de garde à la place de l'hôtel de ville construit en 1782 dans un style Louis XVI et l'Albertinum à la place Georges-Python édifiée entre 1762 et 1767 dans un style rococo.

Dans les nouveaux quartiers issus de l'industrialisation, l'ancienne poste construite à la place Georges-Python est un bon exemple de l'architecture fédérale inspirée du classicisme français, tandis que la bâtiment de la Bibliothèque cantonale et universitaire, construit en 1908, se distingue par son style Louis XVI. Quelques villas et immeubles témoignent enfin de la période Art nouveau (no 19 de l'avenue Gambach ou à Pérolles au no 30).

Il faut enfin mentionner le bâtiment du siège de la banque cantonale de Fribourg, construit entre 1979 et 1982 par l'architecte tessinois Mario Botta.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Nicolas est l'un des édifices les plus emblématiques de Fribourg. Construite sur un éperon rocheux surplombant de 50 mètres la Sarine, elle domine la vieille ville par son clocher de 76 mètres. Les travaux commencent en 1283 à l'emplacement d'une église romane préexistante. Le porche est édifié au XIVe siècle. Le chœur, la nef principale, les nefs latérales et la chapelle du Saint-Sépulcre, tous de style gothique, sont achevés à la fin du XVe siècle. La tour est terminée en 1490[31].

La cathédrale de Fribourg est célèbre notamment pour ses vitraux d'Alfred Manessier, sa chapelle du Saint-Sépulcre qui abrite un ensemble de treize statues en molasse illustrant la mise au tombeau du Christ et ses grandes orgues d'Aloys Mooser datant de 1834.

En 1512, l'église devient collégiale. En 1924, elle devient cathédrale du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

Églises historiques[modifier | modifier le code]

Retable de l'église des Augustins

Fribourg possède de nombreuses églises historiques et monastères. La plus ancienne église est la Basilique Notre-Dame, construite à la fin du XIIe siècle, mais dont l'ossature fut habillée d'un revêtement Louis XVI. Restaurée entièrement entre 1990 et 2011, elle recèle une crèche napolitaine du XVIIIe siècle [22]. À deux pas, l'église des Cordeliers renferme de magnifiques œuvres d'art, dont des stalles parmi les plus anciennes de Suisse, un retable du Maître à l'œillet de 1480, le retable de Furno de Hans Geiler datant de 1509-1513, un des retables les plus précieux de Suisse et un retable de St. Antoine de Padoue réalisé par Hans Fries en 1506[22]. Un peu plus loin dans la rue de Morat, l'église du couvent de la Visitation est un petit joyau baroque construit entre 1653 et 1657 sur un plan en forme de croix grecque. Près de la porte de Morat se dresse l'église des Capucins édifiée au début du XVIIe siècle. Dans le quartier des Places, l'église du Collège Saint-Michel, de style gothique tardif, a été construite de 1606 à 1613. Outre de nombreux tableaux, elle abrite de magnifiques orgues du XVIIIe siècle. Mentionnons également l'église des Ursulines à l'architecture gothique, sise au haut de la rue de Lausanne.

Intérieur de l'église des Cordeliers

En Basse-Ville, l'église Saint-Jean et la chapelle de Sainte-Anne ont été édifiées au XIVe siècle. Elles font partie de l'ancienne Commanderie de Saint-Jean de l'Ordre des chevaliers de saint-Jean, dont les armes sont encore visibles dans l'église. La chapelle abrite un crucifix monumental réalisé par Hans Gieng au début du XVIe siècle. De l'autre côté du pont du Milieu, dans le quartier de l'Auge, l'église St-Maurice de l'ancient couvent des Augustins recèle elle aussi de nombreuses œuvres d'art, dont un retable maniériste de Peter Spring datant de 1593[22].

Abbaye de la Maigrauge, en basse-ville, au bord de la Sarine

Dans les quartiers récents de Pérolles et de Beauregard, de nouvelles églises sont construites pour répondre à la croissante population. L'église Saint-Pierre, construite dans les années 1930 dans un style néo-byzantin et l'église du Christ-Roi construite entre 1951 et 1953 (architecte : Denis Honegger, 1907-1981). Cette dernière combine béton armé et formes néo-classiques.

Plusieurs monastères historiques sont situés en ville de Fribourg. Parmi les plus intéressants, mentionnons l'abbaye de la Maigrauge, dont l'église ouverte au public abrite un Christ au tombeau du XIVe siècle. Par ailleurs, Fribourg recèle un grand nombre de petites chapelles dont la plus intéressante est la chapelle de Lorette édifiée en 1647 et dont la vue depuis l'esplanade offre un panorama exceptionnel sur la ville[22].

Les fontaines sculptées[modifier | modifier le code]

L'une des principales curiosités de la vieille ville réside dans ses fontaines sculptées dont la quasi-totalité a été réalisée par Hans Gieng au début du XVIe siècle. Les fontaines dispersées dans la vieille ville sont composées de grands bassins au centre desquels s'élèvent des colonnes surmontées d'une figure allégorique ou biblique. Les colonnes et les statues étaient à l'origine polychromes, comme on peut d'ailleurs en voir à Berne par exemple[22]. Les onze fontaines sculptées de Fribourg :

  • La fontaine de Saint-Georges (1524-1525, par Hans Geiler), place de l'Hôtel-de-Ville ;
  • La fontaine de la Vaillance (1549-1550, par Hans Gieng), près du chœur de la cathédrale, rue du Pont-Suspendu ;
  • La fontaine de Samson (1547, par Hans Gieng), place Notre-Dame ;
Fontaine de la Fidélité
  • La fontaine de la Force (1549-1550, par Hans Gieng), Court-Chemin, représentée sous les traits d'une jeune femme casquée ;
  • La fontaine du Sauvage (1626-1627, par Stefan Ammann), place du Pertuis ;
  • La fontaine de Saint-Jean (1547, par Hans Gieng), Planche-Supérieure; il s'agit de saint Jean-Baptiste ;
  • La fontaine de Sainte-Anne (1557-1559, par Hans Gieng), place du Petit-Saint-Jean ;
  • La fontaine de la Samaritaine (1550-1551, par Hans Gieng), rue de la Samaritaine ;
  • La fontaine de la Fidélité (1606, par Stefan Ammann), rue des Forgerons, représentée sous les traits d'un banneret accompagné d'un chien ;
  • La fontaine de Saint-Pierre (1592, Stefan Ammann), rue du Criblet, originellement placée à la place Georges-Python ;
  • La fontaine de Notre-Dame (1935, François Baud sur un modèle de la fin du XVIIIe siècle), rue Pierre-Aeby, au-dessus du marché au poisson[22].

On peut également mentionner la fontaine réalisée par Jean Tinguely en 1984, en hommage au coureur automobile Jo Siffert. Elle se dresse aux Grands-Places.

Vie culturelle[modifier | modifier le code]

Théâtres et salles de spectacle[modifier | modifier le code]

Depuis décembre 2011[32], une nouvelle salle, nommée Équilibre et sise aux Grands-Places, offre aux 690 spectateurs[32] musique, opéra, danse et théâtre[33]. En attendant, la saison de spectacles se déroule dans la salle Nuithonie[34] de 476 places, à Villars-sur-Glâne. Celle-ci propose une trentaine de spectacles par saison. La programmation de la salle Nuithonie et celle d'Équilibre se voudront complémentaires et sont financées non seulement par la ville de Fribourg mais également par les communes membres de l'AGGLO[35].

Fribourg abrite d'autres structures comme le théâtre de la Cité[36], un petit théâtre de 120 places et le Kellertheater[37], de 75 places. Ces deux petits théâtres sis en basse-ville abritent des troupes amateurs qui proposent une dizaine de spectacles par saison. Le théâtre de la marionnette, dans le quartier de l'Auge, propose également une dizaine de spectacles par année[38].

Le café-théâtre et l'humour sont représentés avec le Bilboquet[39] dans le quartier de Pérolles.

Musique[modifier | modifier le code]

L'Opéra de Fribourg[40] est né en 1986 et propose chaque année en janvier une production d'une dizaine de représentations en collaboration avec l'Orchestre de chambre fribourgeois[41]. Ce dernier a été fondé en 2008 et propose une saison de 8 concerts, seul ou en collaboration avec d'autres acteurs culturels. Fribourg dispose également d'un orchestre amateur, l'orchestre de la ville et de l'université de Fribourg[42] qui propose deux à trois concerts par année, et d'un orchestre de jeunes, l'orchestre des jeunes de Fribourg[43], qui présente 10 concerts par année, un par mois.

Les musiques d'aujourd'hui sont également très diffusées grâce à Fri-Son. Ce lieu inauguré en 1985 sur une friche industrielle est devenu, malgré sa taille modeste un lieu renommé avec près de 200 concerts par an. Sa programmation est très éclectique. Fribourg abrite d'autres petites salles, comme le Cintra ou la Spirale[44] qui sont essentiellement consacrés au jazz. Le centre culturel du Nouveau Monde possède une salle de 300 places et accueille théâtres, spectacles de danse, concerts et meetings politiques. La salle est attenante au café de l'ancienne gare.

Événements culturels[modifier | modifier le code]

Musiques, danse et théâtre[modifier | modifier le code]

Fribourg accueille plusieurs festivals musicaux de renommée internationale. Le plus ancien, les Rencontres de folklore internationales, a été créé en 1975. Il rassemble chaque année en août des groupes folkloriques du monde entier sur une dizaine de jours[45]. Le Festival international de musiques sacrées de Fribourg[46], créé en 1986, a lieu une année sur deux et propose une dizaine de concerts dans l'église du Collège Saint Michel. Le Festival du Lied propose chaque année depuis 2001 une série de concerts à l'aula de l'Université[47]. Le Festival International de la Guitare de Fribourg est plus thématique et propose des concerts de tous les styles : ethno, classique, expérimental, flamenco ou folk[48].

L'été est également la saison de deux manifestations importantes qui se déroulent en plein air : la Jazz Parade[49], créée en 1988, qui rassemble sur la place Georges-Python plus de 300 artistes et de milliers de spectateurs et le Belluard Bollwerk International[50], un festival très éclectique qui a lieu dans le belluard, une partie de l'enceinte médiévale située dans le quartier d'Alt.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Fribourg accueille un important Festival international de Films, consacré sur les films du Sud et que fréquentent 30'000 spectateurs. L'édition 2011 a par exemple proposé plus de 100 films sur 7 jours.

Manifestations religieuses et populaires[modifier | modifier le code]

Trois manifestations majeures rythment le calendrier fribourgeois. La première, la Fête-Dieu, a lieu en mai-juin (60 jours après Pâques). C'est une fête religieuse catholique marquée par une messe en plein-air dans la cour du Collège Saint-Michel et une procession à travers la ville haute. Les premiers communiants de l'année sont à l'honneur et défilent auprès de l'Evêque qui s'avance d'un pas solennel, portant l'ostensoir. Viennent ensuite fanfare et autorités politiques. Le cortège s'arrête devant chaque reposoir pour prier et chanter, puis retourne à la cathédrale[51].

La Saint-Nicolas a lieu le premier samedi de décembre. En fin de journée, Saint-Nicolas déambule sur un âne et salue la foule, escorté des pères fouettards qui distribuent des friandises aux enfants. En fin de parcours, depuis le balcon de la cathédrale, il adresse au peuple de Fribourg venu le célébrer un discours moralisateur inspiré des événements de l'année écoulée[51]. Près de 10'000 personnes assistent au cortège.

Le Carnaval des Bolzes envahit la basse-ville chaque année en février. Cortèges, Guggenmusiks, déguisements et chaude ambiance dans les bars durent une dizaine de jours.

Musées[modifier | modifier le code]

Le Musée d'art et d'histoire expose des œuvres d'art et relate l'histoire du canton et de la ville. Une annexe, l'Espace Jean Tinguely - Niki de Saint Phalle, installée en 1998 dans l'ancien dépôt des tramways, est consacrée aux deux artistes en particulier[52]. Le Musée d'histoire naturelle consacré essentiellement à la flore et au patrimoine naturel fribourgeois, notamment une baleine naturalisée. Le centre Fri-Art, installé en 1990 dans une ancienne cartonnerie du quartier de la Neuveville. Le Musée Gutenberg, situé dans l'ancien grenier de la ville, est consacré à l'histoire de l'imprimerie.

Le Musée suisse de la marionnette possède une collection de 30000 pièces historiques ou contemporaines issues du monde entier. Le Musée de la bière Cardinal retrace l'histoire de la bière et de la marque Cardinal en particulier. Quant au Musée Wassmer, il expose près de 250 machines à coudre et autres objets insolites dans une bâtisse médiévale de la Grand-Rue.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

La Bibliothèque cantonale et universitaire conserve environ 3,5 millions de documents de toutes natures dont 537 incunables dans sa centrale et ses 21 bibliothèques décentralisées. Elle a été fondée en 1848. Elle propose également des expositions et des activités culturelles sous forme de conférences ou de lectures.

La Bibliothèque de la Ville, plus orientée vers les loisirs, propose un fonds de 45'000 documents en français et en allemand, dont plus de 13'000 sont destinés au jeune public[53]. Créée en 1978, elle est située dans l'ancien hôpital des Bourgeois. Elle organise également des expositions et des activités de lecture pour les enfants.

La ville abrite également une Bibliothèque interculturelle[54] qui propose des ouvrages dans 150 langues. Elle est installée à l'avenue du Midi.

Fribourg dans la littérature[modifier | modifier le code]

La ville et le canton de Fribourg ont été décrits ou évoqués par de nombreux écrivains et voyageurs, parmi lesquels Alexandre Dumas (père) (Impressions de voyage : Suisse, 1832), George Sand (Lettres d’un voyageur, 1836), Léon Savary (Fribourg, 1929), Gonzague de Reynold (Le génie de Berne et l’âme de Fribourg, 1934), Charles-Albert Cingria (Musiques de Fribourg, 1945), Niklaus Meienberg (Reportagen aus der Schweiz, 1975), Michel Butor (Don Juan à Fribourg, 1981), Antoine Dousse (La nuit, la source, 1985), Jacques Chessex (Jonas, 1987, ainsi que Monsieur), Nicolas Bouvier (Démons et merveilles, 1987) et bien d'autres[55].

Médias[modifier | modifier le code]

La presse locale est dominée par deux quotidiens cantonaux édités par le groupe St-Paul : La Liberté, en français, tiré à 38 000 exemplaires et les Freiburger Nachrichten, en allemand, tiré à 16 000 exemplaires.

La commune édite chaque mois un bulletin d'information gratuit distribué dans les boîtes aux lettres : 1700.

Deux chaînes de radio sont en outre installées à Fribourg :

  • Radio Fribourg, une radio privée généraliste dont les studios sont situés à la rue de Romont. Elle diffuse une programmation musicale axée pop rock ;
  • Radio Freiburg, son pendant germanophone.

Enfin, en plus d'un studio décentralisé de la RTS, Fribourg abrite au boulevard de Pérolles des studios de la chaîne de télévision régionale privée La Télé, créée en 2009.

Cinémas[modifier | modifier le code]

La ville de Fribourg compte 13 salles de cinéma réparties dans un multiplexe de 10 salles, Cap'Ciné situé sur l'Avenue de la Gare, et 3 autres regroupées dans le cinéma du Rex sur le boulevard de Pérolles. Le Rex compte 573 places pour les trois salles et Cap'Ciné dispose de 1872 places. Les deux cinémas sont à vocation généraliste; le Rex offre cependant une programmation moins axée sur les blockbusters et un peu plus art et essai.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Fribourg est l'un des hauts lieux de la gastronomie et du terroir suisse. Fribourg possède environ une dizaine de restaurants gastronomiques dans la ville même. On en trouve presque autant dans le canton. Le Restaurant des Trois-Tours à Bourguillon et le Pérolles sont les fleurons de la gastronomie fribourgeoise, étoilés au Guide Michelin et gratifiés d'un 17 dans le Gault&Millau 2012. Mais ils sont accompagnés du Restaurant de l'Hôtel de ville, dont le chef Frédéric Kondratowicz a été promu Romand de l'année par le Gault&Millau 2011, du Restaurant du Schild, du Restaurant du Grand-Pont et de l'Aigle Noir, tous détenant des notes égales ou supérieure à 14 dans ce dernier guide.

Par ailleurs, Fribourg regorge d'enseignes servant des plats traditionnels dont le plus célèbre est bien entendu la fondue. Parmi les plus renommés, on peut citer dans le quartier du Bourg le Restaurant du Gothard, restaurant agréé Produit du Terroir du Pays de Fribourg[56].

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason de Fribourg Blason D'azur à la tour crénelée d'argent, senestrée d'un avant-mur crénelé du même et s'abaissant en deux degrés ; un demi-anneau d'argent mouvant en pointe de la tour et du mur[57].
Détails La tour l'avant-mur et l'anneau apparaissent dès le XIIIe siècle, néanmoins à partir du XVIIe siècle le fonds est souvent celui des armoiries du canton de Fribourg[57].
Les armoiries de la commune sont adoptées par le canton de Fribourg en 1803[57].

Le logotype créé début 2013 dans une version francophone[58] est abandonné à la suite de nombreuses réactions des élus germanophones[59]. La ville, qui prône le bilinguisme depuis des années, revoit sa copie et reporte la nouvelle identité visuelle de deux ou trois ans[60].

Personnalités liées à Fribourg[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités sont nées à Fribourg, tels le peintre Hans Fries, le naturaliste et explorateur Georges Claraz, le commandant de la Garde Suisse Pontificale Jules Repond, l'artiste Jean Tinguely ou le coureur automobile Jo Siffert. La ville a accueilli des personnages historiques comme saint Pierre Canisius, fondateur du collège Saint Michel ou Louis d'Affry, premier Landamann de la Suisse. Le Collège Saint Michel et l'université ont en outre accueilli sur leurs bancs de nombreuses personnalités comme l'écrivain Léon Savary, le Père Joseph-Marie Timon-David, l'abbé compositeur Joseph Bovet, l'avocat Antoine E. Böhler, conseiller jurdique honoraire de la Grande-Bretagne, décoré à ce titre en 2004 par SM Elizabeth II au grade d'officier de l'Ordre de l'Empire Britannique[réf. nécessaire], l'écrivain Jacques Chessex, l'animateur Michel Dénériaz, l'ancien Conseiller fédéral Joseph Deiss, le poète Emile Gardaz, le chef d'orchestre Armin Jordan, le cardinal Charles Journet, le conseiller d'État Georges Python, principal fondateur en 1891 de l'Université de Fribourg, le comte Gonzague de Reynold, historien et écrivain, le botaniste Ernest Wilczek, le philosophe Tariq Ramadan, le physicien Alfred Gockel[61], le premier président d'Israël Chaim Weizmann, le roi Juan Carlos Ier d'Espagne, l'architecte Mario Botta, Slava Bykov, joueur professionnel de hockey sur glace russe naturalisé suisse, devenu entraineur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. [xls] « Liste officielle des communes de la Suisse - 01.01.2008 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 13/01/2009)
  2. a et b « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le sexe, l'état civil et le lieu de naissance, en 2013 », sur Office fédéral de la Statistique.
  3. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  4. Dikchenéro dou patê gruvèrin è di j'alintoua : patê - franché = Dictionnaire du patois gruérien et des alentours : patois - français. Société des patoisants de la Gruyère, 1992. Fribourg : Fragnière) ; Voir également Arpitania.ch - Le Portail de l'Arpitan
  5. a et b Joël Chételat, Pierre Dessemontet, Mix&Remix, Géographie de la Suisse, Ed. LEP, 2010
  6. Funiculaire de Fribourg sur le site de Fribourg Tourisme.
  7. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/164d808c-fc1f-11e0-a7da-c06a5542bd34
  8. Détail du résultat de l'enquête
  9. Page relative sur le site de la ville
  10. Page de l'entreprise VeloPass
  11. Francis Granget, « Au boulot à vélo électrique », La Liberté,‎ 12 avril 2013, p. 11
  12. http://map.geo.admin.ch/ Site de la Confédération suisse, map.geo.admin.ch
  13. [http://www.astra.admin.ch/dokumentation/00119/04504/index.html?lang=fr Site de l'Office fédéral des routes, rapport 2011
  14. Site de l'État de Fribourg, Pont de la Poya
  15. [PDF] Eggenberger Julien et Kirudd Johanna, « Evaluation du Plan Directeur de la ville de Fribourg »
  16. a et b « Grille des départs de la gare de Fribourg », sur cff.ch (consulté le 30 avril 2013) et « Grille des arrivées en gare de Fribourg », sur cff.ch (consulté le 30 avril 2013)
  17. La Liberté du 10.12.2011, page 11: "Et soudain le RER relia Bulle à Fribourg"
  18. Plan du « Réseau Agglo Fribourg », sur tpf.ch
  19. « Plans de la gare de Fribourg », sur cff.ch (consulté le 30 avril 2013)
  20. « Plan des liaisons régionales des TPF », sur tpf.ch (consulté le 30 avril 2013)
  21. Office fédéral de la Statistique
  22. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Hermann Schöpfer, Petit Guide de la ville de Fribourg, Ed. Saint-Paul, 1990
  23. (de) « Entdecken Sie Freiburg im Üchtland », sur ville-fribourg.ch
  24. Wulf Müller, Ernst Tremp, « Nuithonie » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  25. Selon l'historien Pierre de Zurich
  26. Perrine Kervran et Véronique Samouiloff, documentaire « Du gruyère royaliste. La contre révolution à Fribourg », La Fabrique de l'histoire, 8 novembre 2011
  27. http://www.fr.ch/ville-fribourg/informations/1700/196_juin03.pdf
  28. [zip] « Evolution de la population des communes 1850-2000 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 13/01/2009)
  29. « Bilan de la population résidente permanente (total) selon les villes 2000-2008 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 17/07/2010)
  30. http://www.ville-fribourg.ch/vfr/fr/pub/actuel/statistiques.htm
  31. http://www.fribourgregion.ch/
  32. a et b Dominique Meylan, « La salle Equilibre, à deux jours de son inauguration », La Gruyère,‎ 17 décembre 2011 (lire en ligne)
  33. Éric Bulliard, « Le plein pour l'ouverture », La Gruyère,‎ 2011 (lire en ligne)
  34. Site des salles Nuithonie et Équilibre
  35. Depuis janvier 2010, voir le site de l'agglo
  36. http://www.tcf.ch/
  37. http://www.kellerpoche.ch/
  38. http://www.marionnette.ch/theatre.html
  39. http://www.lebilboquet.ch/
  40. Site de l'opéra de Fribourg
  41. Site de l'OCF
  42. Site de l'OVUF
  43. Site de l'OJF
  44. Site de la Spirale
  45. Site des Rencontres de folklore internationales
  46. Site du Festival de musiques sacrées
  47. Site du Festival du Lied
  48. Site du Festival de la Guitare
  49. Site de la Jazz Parade
  50. Site du Belluard Bollwerk International
  51. a et b Description de la fête sur le site de Fribourg Tourisme
  52. Site du Musée d'art et d'histoire
  53. Site de la bibliothèque de la ville
  54. Site de la bibliothèque interculturelle
  55. Fribourg vu par les écrivains, BCU Fribourg, Éditions de l’Aire, Fribourg-Vevey, 2001, ISBN 978-2-88108-591-8
  56. Page des restaurants agréés par le site du Produit du Terroir du Pays de Fribourg
  57. a, b et c « Armoiries - Statistiques - Bibliographie / Netographie : Armoiries de la Ville de Fribourg », sur ville-fribourg.ch (consulté le 18 avril 2013)
  58. [PDF] « Une nouvelle identité visuelle pour la Ville de Fribourg », sur ville-fribourg.ch,‎ 28 février 2013
  59. [radio] « Le nouveau logo de Fribourg fâche les Alémaniques », sur RTS.ch,‎ 5 mars 2013
  60. « Le nouveau logo "francophone" de la ville de Fribourg abandonné », sur RTS.ch,‎ 30 avril 2013
  61. Article sur spacebridges.com, spécialisé dans les sciences et l'espace.