Slava

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Slava *
Logo ministere culture et communication (Marianne).png Inventaire du patrimoine culturel
immatériel en France
Slavski kolač
Slavski kolač
Domaines * Pratiques rituelles
Pratiques festives
Localisation Île-de-France
Paris
18e arrondissement de Paris
* Descriptif officiel Ministère de la Culture et de la Communication (France)

Slava (cyrillique : Слава) est une tradition religieuse de l'Église orthodoxe serbe qui célèbre le jour de la fête du Saint patron de la famille. Le mot slava pourrait être traduit par « gloire » ou « louange » ou « Glorieux ». La tradition religieuse de la Slava est très fortement liée à l'identité serbe ; toutes les familles serbes ont leur Saint Patron. Les Serbes sont le seul peuple chrétien à la pratiquer en majorité.

La Slava est aussi pratiquée par d'autres Orthodoxes mais la pratique n'est pas (ou n'est plus) généralisée comme chez les Serbes. On la retrouve chez les Macédoniens, chez les Bulgares, dans la minorité orthodoxe, mais aussi chez certains catholiques albanais, chez les Grecs et chez les Russes qui, avant la révolution de 1917, la pratiquaient aussi régulièrement que les Serbes[1].

La Slava est aussi une fête religieuse pour les Croates de l'Herzégovine du sud, de Bosnie centrale, de Dalmatie de Slavonie et de la région de la Lika : ils sont les seuls chrétiens catholiques à la respecter[1]. Mais aussi par les Gorans (une communauté musulmane précédemment orthodoxe serbe au XVIIIe siècle) et certains Valaques membres de l'Église orthodoxe serbe.

La Slava est également pratiquée dans les communautés serbes de France. C'est pour cette raison que la pratique est répertoriée à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[2].

Origine de la Slava[modifier | modifier le code]

Il existe deux théories qui expliqueraient la pratique de la Slava chez les Serbes. Selon certains auteurs[3], les Serbes auraient adopté la tradition de la Slava au moment de leur conversion au christianisme, vers la fin du IXe siècle. Ils auraient choisi un saint ou pris le saint du jour de leur baptême chrétien. Ce choix aurait été fait de façon individuelle ou collective : la conversion pouvait être individuelle ou collective, les baptêmes de conversion au christianisme étant parfois liés à la conversion de tout un village.

L'autre théorie désigne la Slava comme une tradition remontant aux croyances religieuses polythéistes slaves[3]. Dans la mythologie slave et dans la pratique courante de la religion, chaque famille avait son dieu protecteur, tout comme les Grecs et les Romains.

Le dernier temple païen en Serbie a été détruit par l'empereur Stefan Uroš IV Dušan au XIVe siècle ; ce temple était dédié à Svantovít. Selon les défenseurs de la théorie païenne, cela prouve que les Serbes avaient mis plusieurs siècles pour se convertir tous au christianisme et montrerait leur conservatisme religieux[réf. nécessaire]. Pour préserver leurs dieux païens, ils auraient choisi un saint protecteur familial chrétien en fonction de leur ancien dieu protecteur païen. Les variations de la Slava selon les différentes régions géographiques sont revendiquées comme une preuve supplémentaire par les défenseurs de cette théorie.

Ce qui paraît le plus vraisemblable, c'est que les deux théories sont valables en même temps : les Serbes furent convertis de façon collective ; et des païens adoptèrent le christianisme et leur Saint en fonction de l'ancienne religion. Le baptême et les démarches de christianisation individuelle seraient le fait de conversions plus « sincères ».

Héritage de la Slava[modifier | modifier le code]

Une Église prêt à accueillir la Slava à Trebinje en République serbe de Bosnie.

Contrairement aux autres fêtes de saints patrons, où le Saint est un saint protecteur collectif qui protège un peuple ou un corps de métier, la Slava est une fête religieuse qui remercie le patron protecteur de la famille. On hérite donc du saint patron de père en fils. Les filles en héritent seulement si elles restent dans la « maison ». Une femme mariée célèbre le saint patron de son mari.

Chaque ménage a une ou deux célébrations par an, voire trois pour les familles qui ont pour saint patron saint Jean Baptiste, car on célèbre non seulement son martyre mais aussi le baptême du Christ. Mais un seul jour est le principal jour de fête du saint patron et ce jour n'est pas nécessairement le même pour toutes les familles. Chaque famille choisit le jour principal de célébration parmi les jours disponibles pour le Saint. Le deuxième ou troisième jour de célébration est dénommé Preslava.

Certaines familles peuvent aussi célébrer un autre saint, cela arrive souvent lorsque la femme qui se marie est la seule descendante de sa parenté. Sa nouvelle famille peut accepter de prendre sa Slava comme Preslava.

Généralement la Slava se pratique dans la maison du patriarche. Par patriarche, on l'entend dans son sens "antique" « père, chef de famille » qui est souvent la descendance mâle la plus âgée dans la maison. Mais si jamais le ménage du fils se trouve déplacé trop loin de la maison du Patriarche, il est autorisé à pratiquer la Slava sous son toit.

Célébration de la Slava[modifier | modifier le code]

La Slava rassemble toute la famille ainsi que tous les amis proches. Dans les villages serbes, le jour de la Slava, la porte du domaine est ouverte à tout le monde : n'importe qui peut venir se restaurer même s'il n'est pas invité. La maison est sanctifiée par le Prêtre orthodoxe ; elle est alors considérée comme une église et donc ouverte à tous. Aujourd'hui, dans les villes et de plus en plus dans les villages, on est invité à la Slava.

La Slava est l'occasion de réunir toute la famille au cours d'un repas où certains aliments traditionnels sont présents tels que : slavski kolač (славски колач) et koljivo (кољиво). Littéralement, slavski kolač signifie « le gâteau de la slava » (il est en réalité du pain), un gâteau dont le sommet est décoré avec le signe de la Croix. Il peut être préparé de diverses manières, mais plus généralement avec des noix, et, éventuellement, des clous de girofle et du miel. Le blé est un symbole de la résurrection du Christ.

Selon que la célébration se situe dans une période de jeûne ou pas, le reste du repas peut contenir de la viande et des produits laitiers, repas « gras » (en serbe : mrsni), ou sans viande qui est remplacée par du poisson et sans produits laitiers, repas « maigre » (en serbe : posni). Ainsi, on dira donc que la Slava peut être mrsna (grasse) ou posna (maigre).

Le jour de la Slava, la famille assiste à des services religieux et participe à la sainte communion. Après le service, le prêtre de la paroisse est reçu dans la maison familiale. Il joue un petit service qui implique la bénédiction du slavski kolač et koljivo, ainsi que de la bougie de la Slava, une haute bougie en cire d’abeille. Bien que cela ne soit pas nécessaire, il est courant que le prêtre, pour bénir la maison, effectue une petite cérémonie pour le souvenir des morts de la maison.

Les saints patrons de Slava les plus courants se déterminent en fonction des jours de la fête :

  • Saint Nicolas, 19 décembre (Свети Никола, Никољдан),
  • Saint Georges, 6 mai (Свети Георгије, Ђурђевдан),
  • Saint Jean-Baptiste, 20 janvier le baptême du christ mais aussi, le 11 septembre le martyr, le 7 juillet la naissance) (Свети Јован Крститељ, Јовањдан),
  • Saint Dimitri, 8 novembre (Свети Димитрије Солунски, Митровдан)
  • et Saint Michel, le 21 novembre (Свети Apaнђел Mихајло, Аранђеловдан).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dusan T.Batakovic, Histoire du peuple serbe, 2005, éditions L'Âge d'Homme (ISBN 2-8251-1958-X), p. 8
  2. Fiche d'inventaire de "La Slava" au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr" (consulté le 13 avril 2015)
  3. a et b http://www.orlovi.com/code/slava.php

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lioubomir Mihailovitch, La Slava ou la fête baptismale serbe : préparation et célébration de la Slava, recueil de textes de différents auteurs, traduits du serbe par l’auteur, 19p., 2010.
  • Père Dr. Radomir Popvic, L’Église serbe à travers l’histoire, Belgrade : Les Théologiens Orthodoxes de formation universitaire, 112p., 1998.
  • Mgr. Danilo (Krstic) et Mgr. Amphiloque (Radovic), Rien n’est plus beau que la foi chrétienne, Monastère de Hilandar, 128p., 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]