Père Fouettard

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le personnage du folklore d'Alsace et de Lorraine. Pour le personnage du folklore des Pays-Bas et de Belgique, voir Père Fouettard (Zwarte Piet).
Le Hans Trapp alsacien en 1953[1]

Le père Fouettard (Père La Pouque en Normandie, Hans Trapp en alsacien, Rubelz en Lorraine germanophone, Hanscrouf dans la région de germanophone de Belgique, Houseker au Luxembourg) est un personnage du folklore de la Saint-Nicolas. C'est un personnage sinistre, qui accompagne saint Nicolas lors de sa sortie, le 6 décembre ou la veille au soir. Alors que saint Nicolas distribue des cadeaux aux enfants sages, le père Fouettard dispense des coups de martinet aux vilains garnements. Dans certaines régions françaises et belges, les coups de martinet sont remplacés par une livraison de charbon ou de betteraves à sucre.

Origines[modifier | modifier le code]

Le père Fouettard connaît plusieurs variantes en fonctions des pays et des régions où la tradition existe, mais il est quasiment toujours représenté comme un personnage repoussant, couvert de fourrure, avec une longue barbe, le visage sombre et des cheveux hirsutes. Il est souvent équipé d'un fouet, d'un martinet ou de branchages. Il menace les enfants désobéissants ou ceux qui rechignent à réciter leurs prières de les emporter avec lui dans une hotte ou un grand sac de jute.

Le père Fouettard est également souvent un personnage associé au bruit. Le fouet qui claque, les chaînes, cloches ou grelots qu'il porte font également partie de son attirail. Équipé de sabots ou de grosses bottes, il râcle le sol bruyamment en se déplaçant.

En Alsace[modifier | modifier le code]

Visite du Christkindel et de Hans Trapp chez une famille alsacienne. Gravure de 1873.

Selon la légende, c'est en 1737, dans le Comté de Hanau-Lichtenberg qu'il apparaît pour la première fois. À l'origine de ce personnage, il y aurait pour les uns le maréchal Jean de Dratt (Hans von Trotha[2]), brute sanguinaire qui terrorisait la population. De son château de Berwartstein, près de Wissembourg, il rançonnait et pillait voyageurs et paysans. Il aurait laissé un tel souvenir qu'il serait devenu le père Fouettard dans toute la région et au-delà. Pour les autres, cela viendrait du mot trappen, bruit de ses pas pour chasser les esprits.

Dans la tradition alsacienne, le personnage d'Hans Trapp accompagne saint Nicolas et le Christkindel lors de la tournée du soir du 5 décembre. Hans Trapp joue le rôle du méchant, saint Nicolas est fidèle à son rôle de protecteur des enfants et le Christkindel est un personnage plein de bonté distribuant ses présents[3],[1],[4].

Jules Hoches écrit à propos de Hans Trapp en 1897 :

« À côté de sa blanche compagne (le Christkindel), il incarne, lui, une sorte de Lucifer, de délégué du diable, de croque-mitaine biblique, et il a pour attribut une verge à rameaux tricolores dont il menace les enfants qui ne sont pas disposés à tenir les promesses faites au Christkindel, son nom est Hans Tràpp et il ne parle que le patois d'Alsace[5]. »

À Wissembourg, le défilé du Hans Trapp, le soir du 4e dimanche de l'Avent[6], fait revivre chaque année ce sinistre personnage, précédé par les moines et de la population affolés. Il apparaît à cheval, hirsute et noir, avec d'autres cavaliers, sur un fracas de percussions.

En Lorraine[modifier | modifier le code]

Selon une autre version, il serait né à Metz en 1552 pendant le siège de la ville par l'armée de Charles Quint. Les habitants de la ville firent une procession avec un mannequin à l'effigie de l'empereur à travers les rues avant de le brûler[7]. Ce mannequin pourrait être à l'origine de la légende.

« Une des légendes raconte que le père Fouettard est né à Metz en 1552, lors du siège de la ville par les troupes de Charles Quint. Pour donner du courage aux habitants assiégés, la corporation des tanneurs invente un personnage grotesque, armé d’un fouet, qui poursuit jouvencelles et damoiseaux. L’année suivante, Metz est libérée. Le personnage au fouet est ressuscité. Son passage coïncide avec celui de saint Nicolas. Sa caricature restera dans les esprits sous l’appellation de père Fouettard, un tanneur de fesses, accompagnateur de saint Nicolas, un distributeur de cadeaux. »

Dans d'autres pays[modifier | modifier le code]

Représentation de la visite de Saint Nicolas et Krampus chez une famille autrichienne. Illustration de 1896.

Le nom et les caractéristiques de l'acolyte de saint Nicolas peuvent varier selon les régions ou les pays :

Bien que liés à d'autres fêtes, on peut retrouver des similitudes entre le Père Fouettard et d'autres personnages légendaires, comme les namahages au Japon ou les mariwines en Amazonie.

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.calixo.net/~knarf/almanach/nicolas/nicolas.htm
  2. http://www.merci-facteur.com/saint-nicolas/qui-est-pere-fouettard-pour-saint-nicolas_e25.html
  3. http://www.noel-alsace.fr/traditions_de_noel/christkindel.php
  4. http://fr.franceguide.com/special/fetes-de-fin-d-annee/Alsace-De-l-Avent-a-l-Apres-Noel.html?NodeID=1422&EditoID=128166
  5. http://petite-lanterne.over-blog.com/article-14584406.html
  6. http://www.cc-pays-wissembourg.fr/hanstrapp.html
  7. http://stnicolasfanclub.free.fr/fouettard.php

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]