Âne

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Âne
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Âne » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Statue d'âne
Statue d'âne
Taxons concernés

Parmi les espèces du genre Equus :

Articles sur l'âne commun

Âne est le nom vernaculaire donné à certaines espèces de mammifères quadrupèdes de taille moyenne et à longues oreilles de la famille des équidés. Le plus connu des ânes est l'âne domestique (Equus asinus), issu de la domestication de l'âne sauvage d'Afrique (Equus africanus), et à partir duquel de nombreuses races ont pu être sélectionnées.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

De par son origine, l'âne n'a pas de nom indo-européen. Celui-ci est un héritage du Proche-Orient qui s'est répandu dans les langues européennes à partir du latin. Ainsi le latin asinus, dérivé du sumérien anshu, est passé dans l'ensemble des langues, sauf dans le roumain. Seul le « A » accentué est présent dans l'ensemble des langues, comme asino en italien, asno en espagnol et portugais, et âne en français. Dans le langage familier, le terme « bourrique » est issu de l'espagnol borrico, dérivé lui-même du bas latin burricus désignant un petit cheval[1].

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

  • L'âne est un « équidé ».
  • « Âne » est le nom vernaculaire généralement donné aux animaux mâles.
  • La femelle de l'âne est l'« ânesse ».
  • Le petit de l'âne est l'« ânon ».
  • Un âne mâle reproducteur est nommé « baudet ».
  • L'âne « brait ».

Caractéristiques communes[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques générales des ânes sont celles des équidés. Ce sont des mammifères terrestres herbivores et périssodactyles, c'est-à-dire avec dans leur cas un doigt unique, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur comportement ou leur physiologie respective.

Les ânes partagent toutefois plusieurs caractéristiques communes à l'ensemble des espèces. Leurs oreilles sont plus longues que celles des autres équidés. Bien irriguées, adaptées au désert, elles permettent le refroidissement du corps[2]. La queue ressemble à celle de la vache. Elle est pourvue de poils courts à l'exception de l'extrémité recouverte d'une touffe[2]. Leurs yeux sont plus dirigés vers l'avant que ceux des chevaux domestiques. Contrairement aux chevaux, les ânes ont des châtaignes quasiment inexistantes aux postérieurs[2]. Les ânes ne possèdent pas de cinquième vertèbre lombaire comme on le retrouve dans le squelette des autres équidés[2]. Leurs sabots sont également caractéristiques. Plus verticaux, plus petits et plus durs que ceux des chevaux, ils n'ont pas besoin d'être ferrés, sauf s'ils travaillent[2]. Leur poil est long, rude et présentent une grande variété de texture[2]. La crinière, au toupet quasiment inexistant, est courte, dressée sur l'encolure et ne dépasse que rarement les 12 cm[2]. Leur robe est généralement grise sauf sur le ventre, le museau et le contour des yeux qui sont blancs. Des races domestiques peuvent être à dominante noire, comme le Grand noir du Berry, ou brun, comme le Baudet du Poitou, ou blanc, comme l'âne blanc d'Égypte. Les races grises ont aussi une bande cruciale qui se dessine sur leur dos, appelée « croix de saint André ». Les espèces sauvages présentent une robe allant du gris au brun-sable, voire brun-rouge chez le kiang ou âne sauvage du Tibet. Leur cri est le braiment qui est une sorte de « Hi-Han » assez strident et puissant absolument caractéristique.

Espèces considérées comme étant des « ânes »[modifier | modifier le code]

Certaines différences morphologiques, comme la tête, le cou ou les pattes, permettent de distinguer les espèces différentes[3] :

  • l'Âne commun (Equus asinus), c'est l'âne domestique issu de l'âne sauvage d'Afrique, qui se trouve aujourd'hui sur tous les continents. Il est donc aujourd'hui souvent présenté comme une simple sous-espèce de Equus africanus : Equus africanus asinus,
  • l'Âne sauvage d'Afrique (Equus africanus) vit en Afrique de l'Est, en particulier en Somalie ;
  • l'Âne sauvage d'Asie ou hémione (Equus hemionus) qui vit en Asie centrale et a certainement été ponctuellement domestiqué ;
    • l'espèce inclut aussi l'âne sauvage de l'Inde ou onagre (Equus hemionus onager) qui vit en Inde et dans les pays limitrophes du nord-ouest ;
  • l'Âne sauvage du Tibet ou Kiang (Equus kiang) se rencontre dans l'Himalaya ;
  • l'Âne européen ou Hydrontin (Equus hydruntinus), aujourd'hui éteint, peuplait l'Europe du Sud et le Moyen-Orient ;

Les populations d’ânes sauvages sont menacées et certaines figurent sur la Liste rouge de l’UICN.

L'âne domestique a formé des populations redevenues sauvages notamment en Australie et en Amérique : c'est le phénomène du marronnage.

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L'âne et l'homme[modifier | modifier le code]

L'âne et le transport[modifier | modifier le code]

À l'échelle de l'Histoire, l'âne demeure le second animal domestiqué mis au service du transport, après le bœuf. Selon les récentes études, il semblerait provenir d'Afrique, et sa présence à l'état sauvage est attestée dans la Vallée du Nil dès le Paléolithique Moyen (en Nubie, à Khor Musa). La présence, en Égypte, de l'âne domestique est effective dès le Ve siècle millénaire avant notre ère, à El-Omari, puis au début du IVe siècle millénaire à Maadi. Il faut attendre la fin du IVe siècle millénaire pour le voir apparaître en Mésopotamie (un signe pictographique rend compte de sa présence à l'époque d'Uruk)

Très vite, l'âne devient l'animal de transport terrestre privilégié en raison de ses larges qualités contrastant avec quelques défauts facilement contournables. Intelligent, frugal, rapide (jusqu'à 5 km/h). Néanmoins ses besoins journaliers en eau (40 L) et sa capacité de charge assez relative (entre 50 et 100 kg) ont très vite représenté des entraves non négligeables. Si l'archéologie nous renseigne peu sur son utilisation à la fin du Néolithique, l'épigraphie nous en raconte davantage. Ainsi existait-il, aux côtés de caravanes constituées d'une dizaine de bestiaux, de larges convois (jusqu'à 1000 têtes) destinés à acheminer les grains sur plusieurs centaines de km.

L'âne dans la culture[modifier | modifier le code]

Un amant affublé d'une tête d'âne dans Le Songe d'une nuit d'été (XVIe siècle).

Compagnon de l'homme depuis les temps les plus anciens, l'âne a très tôt été utilisé comme symbole. Mais c'est un animal à la symbolique ambigüe. Il peut en effet soit représenter le Bien et ses attributs sont alors l'humilité et la patience, soit le Mal et ce sont alors les adjectifs têtu, bête et borné qui le caractérisent[4]. Les égyptiens associaient ainsi l'âne au dieu Seth, à la couleur rouge et à l'esprit du mal. Les chrétiens tiennent, d'un côté, l'âne en estime lorsqu'il est représenté dans la crèche ou lorsqu'il porte Jésus, mais d'un autre côté ils l'associent à la lubricité et à l'obscénité[5]. Dans la langue française, de nombreuses expressions et proverbes font aussi référence à l'âne. Il est ainsi utilisé pour personnifier l'ignorance, la bêtise, la folie, la disgrâce, la débauche, l'hébétude et l'entêtement[6]. C'est également un animal fortement représenté dans l'ensemble des arts. C'est ainsi le cas en littérature, où l'âne apparaît depuis les temps les plus anciens, comme dans les Fables d'Ésope ou dans les contes d'Apulée, chez les auteurs classiques comme Jean de La Fontaine, Victor Hugo ou Alphonse Daudet, et jusqu'à nos jours avec Le Petit Âne blanc de Joseph Kessel[5]. On le retrouve en peinture dans des scènes de vie rurale ou dans les sujets bibliques[5]. Plus récemment, il trouve aussi sa place au cinéma, et ce, aussi bien dans les films dramatiques comme dans Au hasard Balthazar, que dans les films d'animations avec le personnage de l'Âne dans Shrek[7]. Enfin, il est présent en musique comme dans la chanson d'Hugues Aufray, Le Petit Âne gris[5].

Article détaillé : Âne dans la culture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Praneuf, « L'âne », dans Bestiaire ethno-linguistique des peuples d'Europe, Editions L'Harmattan,‎ 2002 (ISBN 9782296287426, lire en ligne), p. 51-62
  2. a, b, c, d, e, f et g Svendsen 2011, p. 48
  3. Farissier 2007, p. 14-15
  4. René Volot, L'esprit de l'âne : Mythes, symboles, traditions, Editions Cheminements,‎ 2001, 171 p. (ISBN 9782914474115), p. 10
  5. a, b, c et d Anne-Caroline Chambry, L'âne, le livre et l'enfant: La représentation de l'âne dans la littérature enfantine, Editions Cheminements,‎ 2003, 140 p. (ISBN 9782844782212)
  6. Sylvie Brunet, Petit livre de - Les proverbes, First,‎ 2012 (ISBN 9782754047678)
  7. (en) Staci Layne Wilson, Animal Movies Guide, Staci Wilson,‎ 2007, 421 p. (ISBN 9780967518534)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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