Théotokos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le titre de Théotokos (du grec Θεοτόκος, « qui a enfanté Dieu »), attribué à la Vierge Marie, apparaît sous la plume d’Alexandre d’Alexandrie en 325, l’année du Premier concile de Nicée, avant celui définitif du concile d'Éphèse (431). Dans l'Église latine, le titre de Mère de Dieu est parfois rendu par deipare.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mère de Dieu (ΜΡ ΘΥ), mosaïque dans Hagia Sophia, Sainte Sophie à Constantinople.

« Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, par l'Esprit Saint a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme » : c'est en ces termes qu'est proclamé le symbole de foi énoncé par le concile de Constantinople, en 381. Naturellement, le peuple chrétien a pris l'habitude de donner à Marie le titre de Mère de Dieu.

Ce titre donne lieu à une polémique entre le patriarche de Constantinople, Nestorius, qui souligne la distinction entre la divinité et l'humanité en Jésus ; il part en guerre contre ce qui lui apparaît comme une nouvelle hérésie :

« Je refuse de voir un Dieu formé dans le sein d'une femme ! »

Pour lui, Marie est la mère de l'homme Jésus, non du Verbe éternel. La querelle est profonde car elle touche aussi au dogme de la divinité de Jésus. Deux camps s'opposent, celui des partisans du titre de Theotokos (mère de Dieu) et celui des partisans d'Anthropotokos (mère de l'Homme). Dans un premier temps, Nestorius propose le titre de Christotokos (Mère du Christ) afin de concilier les deux camps et résoudre une querelle qui agite son Église.

Ses attaques contre le titre de Mère de Dieu se heurtent à Cyrille, évêque d'Alexandrie, grand défenseur de l'unité du Christ Dieu et homme. Ce qui est en jeu, ce n'est pas le statut de Marie, mais la réalité de l'Incarnation : Jésus fils de Marie est-il vraiment Dieu ? Si oui, sa mère peut véritablement être dite Mère de Dieu. Refuser le titre de Theotokos à Marie reviendrait donc à séparer la divinité de l'humanité de Jésus, ou à admettre que la divinité de Jésus est postérieure à sa conception, ce qui rejoindrait alors l'hérésie arienne. L'accusation d'arianisme pouvait aussi se retourner contre les partisans du titre de Theotokos, comme affirmation de la séparation des deux natures, divine et humaine du Christ, alors que le symbole de Nicée en affirmait la parfaite union (la consubstantialité). La controverse est donc importante et délicate. À cela s'ajoute la ferveur populaire, éloignée des querelles théologiques pointues, en faveur du titre de Theotokos.

Cyrille se dépense sans compter, écrit aux moines d'Égypte, aux évêques, au pape, à Nestorius lui-même. Après bien des péripéties, des échanges de lettres et de mémoires théologiques, un concile œcuménique se tient en 431 à Éphèse, ville mariale par excellence : c'est là que Marie aurait résidé avec Jean après la Pentecôte[réf. nécessaire]. Cent cinquante évêques d'Orient et d'Occident y consacrent la reconnaissance par l'Église de la maternité divine de Marie.

Liturgie[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier liturgique catholique[modifier | modifier le code]

À l'occasion du XVe centenaire du concile d'Éphèse, Pie XI[1] promeut une solennité universelle en l’honneur de la Maternité divine de Marie. Elle est fixée au 11 octobre.

Dans le cadre de la réforme issue du concile Vatican II, Paul VI[2] replacera cette solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu au 1er janvier, retrouvant l'ancienne coutume de la liturgie de Rome. Elle clôture ainsi l'octave de Noël, tout en coïncidant avec la journée mondiale de la paix, promue par ce même pape.

Dans le calendrier liturgique orthodoxe[modifier | modifier le code]

Les canons en l'honneur de la Théotokos sont regroupés dans le théotokarion.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]