Trouvère

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trouvère (homonymie).

Les trouvères sont des poètes et compositeurs de langue d'oïl au Moyen Âge. Les trouveresses sont les femmes trouvères.

Origine[modifier | modifier le code]

Les trouvères composaient des chants qu'ils pouvaient interpréter eux-mêmes ou faire jouer. Un musicien qui chante des poésies, s'accompagnant d'une vielle, est appelé un jongleur[1]. Des ménestriers ou ménestrels sont formés dans des écoles spécialisées de ménestrandie. De culture d'oïl, dans le Nord de la France, pendant le Moyen Âge, cet essor correspond à l'œuvre des troubadours, de langue d'oc, dans le Sud de la France[2]. Les trouvères utilisent la langue d'oïl au lieu du latin, qui commence à se perdre dans le domaine de la poésie, et contribuent par là à la création d'une poésie en langue française. Les trouvères inventent leurs mélodies et les accompagnent de ritournelles instrumentales. Ils écrivent, sur le thème de l'amour courtois (qui décrit la façon de se tenir en présence d'une femme), des pièces chantées le plus souvent par des chevaliers liés par le serment de l'hommage à leur femme.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « trouvère » partage la même étymologie que troubadour, à savoir un hypothétique verbe latin populaire *tropāre « composer, inventer un air » d'où « composer un poème », puis « inventer, découvrir », dérivé de tropus « figure de rhétorique » (cf. latin contropare, voir « controuver »). Le radical trop- a été associé en gallo-roman au suffixe d'agent -ātor, atōris, d'où les formes gallo-romanes *TROPĀTOR > trovere en ancien français (cas sujet) « trouvère » et *TROPATŌRE > troveeur « trouveur » (cas régime)[3]. Le terme est attesté de manière contemporaine au mots trobaire et trobador en langue d'oc, ce qui n'implique pas d'emprunt d'une langue à l'autre. La première mention du terme se trouve chez Benoît de Sainte-Maure dans son Roman de Troie au sens de « compositeur, auteur »[4]. En effet, les trouvères, comme les troubadours, sont des poètes-compositeurs.

Genres[modifier | modifier le code]

Les trouvères utilisent plusieurs genres de poésie. Ce sont entre autres le rotrouenge, chanson à refrain, le serventois, chanson badine, le rondeau, le tenson ou débat, le jeu-parti, discussion poétique ou amoureuse, la pastourelle, dialogue champêtre. C'est toujours d'amour courtois qu'il s'agit. Mais il y a également le lyrisme satirique de Rutebeuf[5].

Quelques trouvères célèbres[modifier | modifier le code]

Trouveresses[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Abry, Audic et Crouzet 1931.
  2. « À l'origine, le lyrisme français est indépendant du lyrisme provençal. Dans le midi (...) la poésie se développa rapidement. Les troubadours étaient fêtés dans les châteaux, où ils chantaient leurs chansons, leurs sirventès, leurs tensons. Mais au XIIe siècle, les poètes du Nord semblent avoir emprunté aux poètes du Midi la peinture de l'amour et certaines formes de poésie. » Abry, Audic et Crouzet 1931, chapitre VII, Note.
  3. Allières 1982, p. 49. 2) Imparisyllabiques β) Mots en -OR -ŌRE.
  4. Site du CNRTL : étymologie de "trouvère"
  5. Abry, Audic et Crouzet 1931, p. 53.

Références[modifier | modifier le code]

  • Émile Abry, Charles Audic et Paul Crouzet, Histoire illustrée de la littérature française : précis méthodique, Paris - Toulouse, Henri Didier et Édouard Privat,‎ 1931, XII+746 p..
  • Jacques Allières, La formation de la langue française, éditions PUF, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1982.

Liens externes[modifier | modifier le code]