René II de Lorraine

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René II de Lorraine
Statue de René II, Place Saint-Epvre, Nancy
Statue de René II, Place Saint-Epvre, Nancy
Titre
Duc de Lorraine
14731508
Prédécesseur Yolande d'Anjou
Successeur Antoine de Lorraine
Biographie
Titre complet Comte de Vaudémont, comte d'Aumale, baron d'Elbeuf, sire de Joinville, duc de Bar, baron de Mayenne
Dynastie Maison de Lorraine
Date de naissance 2 mai 1451
Date de décès 10 décembre 1508
Lieu de décès Fains
Père Ferry II de Vaudémont
Mère Yolande d'Anjou
Conjoint Jeanne d'Harcourt, Philippe de Gueldre
Enfant(s) (De Philippe de Gueldre) Charles, François, Antoine, Anne, Nicola, Isabelle, Claude, Jean, Louis, Claude, Catherine, François

René II de Lorraine
Liste des ducs de Lorraine

René II de Lorraine, né le 2 mai 1451, mort le 10 décembre 1508, fut duc de Lorraine à partir de 1470.

Fiefs[modifier | modifier le code]

Fils de Ferry II de Vaudémont et de Yolande d'Anjou, la fille de René d'Anjou, René II hérita plusieurs fiefs de divers membres de sa famille ; il fut ainsi :

Biographie[modifier | modifier le code]

Détail du tombeau de René II

Il passe sa jeunesse à la cour de son grand-père René d'Anjou, entre Angers et Provence, succède à son père en 1470 dans le Vaudémont, puis hérite début 1473 de son oncle des charges de capitaine d'Angers et de sénéchal et gouverneur d'Anjou.

René reçut une très bonne éducation, humaniste, parlant le latin avec aisance, il avait un très grand intérêt pour les lettres, les arts et les sciences, dont la géographie. Il est le mécène de plusieurs artistes dont l'enlumineur Georges Trubert, qui avait auparavant travaillé pour son grand-père.

En 1473, son cousin Nicolas d'Anjou, duc de Lorraine, meurt et le duché revient à sa tante Yolande d'Anjou, la mère de René II, qui le transmet immédiatement à son fils. Le duché de Lorraine est alors pris dans les luttes d'influence entre Louis XI, roi de France et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Il penche d'abord vers le Bourguignon, mais ce dernier commençant à placer des garnisons en Lorraine, les incidents se multiplient entre la population lorraine et les soldats bourguignons. René se rallie secrètement au roi de France le 9 juillet 1474 et les traités que le roi de France signe avec les Suisses, le roi Édouard IV d'Angleterre et l'empereur Frédéric III de Styrie isolent le Téméraire et permettent à René II de dénoncer son alliance bourguignonne en 1475.

Charles le Téméraire envahit le duché de Lorraine, occupe Nancy le 24 novembre 1475 et René se réfugie à Joinville. Il s'allie aux Suisses et combat à leur côté. La coalition défait Charles le Téméraire à Grandson, le 2 mars 1476, puis à Morat le 22 juin 1476, où son armée est taillée en pièces et son artillerie perdue.

Pendant que le Téméraire tente de reconstituer une armée, la Lorraine se révolte et René fait son entrée à Nancy le 22 août 1476. Mais Charles le Téméraire, à la tête d'une nouvelle armée, pénètre en Lorraine en octobre, et René II ne réussit pas à l'empêcher de faire la jonction avec les troupes de Campobasso, venues du Luxembourg. Après avoir obtenu l'assurance des Nancéiens de tenir la ville, René II part chercher des renforts auprès des Alsaciens et des Suisses. À son retour, il engage le 5 janvier 1477 la bataille de Nancy où est tué Charles le Téméraire.

Suite à cette victoire, il ordonne la construction de la gigantesque Basilique de Saint-Nicolas-de-Port et reconstruit le Palais Ducal de Nancy.

Par la suite, René se brouille avec Louis XI, car celui-ci avait mis la main sur l'ensemble de l'héritage de René Ier en 1481, ne lui laissant que le duché de Bar. Par conséquent, le roi lui donne quelques droits concernant le duché de Luxembourg ainsi que le comté de Bourgogne, en juin 1478[1].

En 1485, il prend part à la première phase de la Guerre folle, mais se retire prudemment de la coalition des princes dès la paix de Bourges.

En 1488, les sujets du roi de Naples se révoltent et offrent la couronne à René II, qui monte une expédition pour prendre possession du royaume, mais le roi Charles VIII le lui interdit, voulant lui-même en faire la conquête (début des guerres d'Italie).

René II prend froid au cours d'une chasse près de Fains-Véel et meurt le 10 décembre 1508.

Son tombeau renaissance se trouve en l'église des Cordeliers de Nancy.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

René II épouse d'abord à Angers le 9 septembre 1471 Jeanne d'Harcourt, comtesse de Tancarville († 1488), fille de Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville, vicomte de Melun, et de Yolande de Laval. Quand en 1485, il devient évident qu'elle ne pouvait lui donner d'héritiers, René la répudie avec l'aide de son avocat Hugues des Hazards auprès des autorités pontificales à Rome.

Sur les instances d'Anne de Beaujeu[2], régente du royaume, il se remarie à Orléans le 1er septembre 1485 avec Philippe de Gueldre (1467 † 1547), et a :

Descendance[modifier | modifier le code]

Le duc René II à la tête de ses troupes suisses devant la ville de Saint-Dié (Liber Nanceidos (Pierre de Blarru, 1519)

René II de Lorraine est l'ancêtre dynastique par ordre de primogéniture mâle de l'actuelle Maison de Habsbourg-Lorraine, par le mariage en 1736 de son descendant à la 9e génération François III Etienne, duc de Lorraine et de Bar, grand-duc de Toscane, Empereur Germanique, avec l'Archiduchesse Marie-Thérèse, Reine de Hongrie et de Bohême. Il est également l'ancêtre de la même Maison par son fils Claude par les branches secondaires.

Sa descendance se retrouve également dans toutes les autres maisons souveraines d'Europe notamment des rois d'Espagne et de Belgique, du grand-duc de Luxembourg, du prince de Monaco.

Monuments[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

Gentil prince de renom, ou chant de René de Vaudemont.

Gentil duc de Lorraine
Prince de grand renom
Tu as la renommée
Jusque delà les monts
Et toi et tes gendarmes
Et tous tes compagnons
Du premier coup qu'il frappe
Abattit les donjons
Tirez tirez bombardes
Serpentines et canons.

Nous sommes gentilshommes
Prenez-nous en rançon
Vous mentez de par la gorge
Vous n'êtes que larrons
Et violeurs de femmes
Et brûleurs de maisons
Vous en aurez la corde
Par dessous le menton
Et si orrez matines
Aux chants des oisillons
Et si orrez la messe
Que les corbeaux diront.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA405 Lettres patentes de Louis XI, Arras, juin 1478
  2. Jean-Daniel Pariset, La Lorraine dans les relations internationales au XVIème siècle in Les Habsbourg et la Lorraine, Études réunies sous la direction de J.P. Bled, E. Faucher, R. Taveneaux Presses Universitaires de Nancy, 1988. (ISBN 2-86480-147-7). p. 47
  3. Inhumé dans la collégiale Sainte-Croix de Pont-à-Mousson.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry Bogdan, La Lorraine des ducs, sept siècles d'histoire, Perrin,‎ 2005 [détail des éditions] (ISBN 2-262-02113-9)
  • Georges Poull, La maison ducale de Lorraine, Nancy, Presses Universitaires de Nancy,‎ 1991, 575 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-86480-517-0)
  • Say Hélène & Schneider Hélène (dir.), 2010, Le duc de Lorraine René II et la construction d’un état princier. Actes de la journée d’étude organisée à l’occasion du 500e anniversaire de la mort de René II., Nancy (archives départementales de Meurthe-et-Moselle), le 12 décembre 2008, Lotharingia XVI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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