Poupée russe

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Poupées russes
Série de poupées russes

Les poupées russes ou matriochkas (russe : матрёшка, pluriel матрёшки matriochki) sont des séries de poupées de tailles décroissantes placées les unes à l'intérieur des autres. Le mot matriochka est dérivé du prénom féminin russe matriona, traditionnellement associé à une femme russe de la campagne, corpulente et robuste. On parle aussi parfois de poupée gigogne, en référence à la marionnette de la Mère Gigogne, qui représente une grande et forte femme entourée d'enfants.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Une poupée russe est une figurine creuse en bois qui s'ouvre en deux horizontalement, révélant ainsi à l'intérieur une figurine similaire mais de taille plus petite. Cette seconde figurine renferme elle-même une autre figurine, et ainsi de suite. Une série comporte 3 à 10 poupées ou plus. Elles sont presque exclusivement tournées, de forme ovale épaulée, arrondie vers le haut pour la tête et fuselée vers le bas. Elles ne possèdent pas de mains, exceptées celles qui sont peintes. La poupée la plus grande est traditionnellement une femme vêtue d'un sarafan (robe traditionnelle russe) et tenant un nid. Les autres poupées peuvent être des deux sexes, la plus petite étant habituellement un bébé qui ne s'ouvre pas. Le côté artistique réside dans les peintures de chaque poupée, qui peuvent être extrêmement élaborées. Les plus prisées sont en tilleul, mais la plupart sont en bouleau.

Une série de poupées russes suit souvent un thème particulier. Il peut s'agir par exemple de jeunes paysannes en robes traditionnelles, mais le choix du thème reste très libre, les poupées pouvant représenter des personnages de contes de fée tout comme des dirigeants soviétiques.

Ces poupées sont un symbole de fertilité.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

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D'après Le Trésor des Paradoxes (Philippe Boulanger & Alain Cohen, Éd. Belin, 2007) : « Le terme gigogne est lié au personnage du théâtre de marionnettes, « la Mère Gigogne », représentée avec de nombreux enfants. Symbole de fécondité, ce personnage de « Dame (ou Mère) Gigogne » est attesté dès 1602. On rapproche aussi « gigogne » du latin « gigas » (géant), à l’origine du préfixe « giga » et de « gigantesque ». En Russie, le concept de structure gigogne (à trois dimensions) a donné naissance à un artisanat spécifique, les poupées russes ou matriochkas. Selon l’agence de presse Novosti, on aurait conservé la première matriochka, façonnée à la charnière du XIXe siècle et du XXe siècle : une paysanne tenant un coq. La poupée « mère » fut appelée « matriona » et ses « filles » reçurent le diminutif de « matriochka ». Le coq était jadis un symbole de fécondité, en Russie et dans toute l’Europe, notamment en France : gage de prospérité et de fécondité, son effigie caracole en girouette sur les clochers. »

Les matriochkas sont une forme d'artisanat russe relativement récente. Les premières poupées datent de 1890, et on raconte[Qui ?] qu'elles ont été inspirées de poupées-souvenirs venant du Japon. Toutefois, le concept d'objet emboîté était déjà présent en Russie, ayant été appliqué aux pommes en bois et aux œufs de Pâques. On peut notamment citer le premier œuf de Fabergé, datant de 1885, qui renfermait un jaune, contenant une poule, renfermant à son tour un pendentif de rubis et une réplique miniature de la couronne impériale.

On raconte[Qui ?] que Serguei Malioutine, peintre dans une boutique d'artisanat populaire de la propriété d'Abramtsevo, appartenant au célèbre industrialiste et mécène russe Savva Mamontov, aperçut une série de poupées de bois japonaises représentant Shichi-fuku-jin, les Sept Divinités du Bonheur. La plus grande poupée représentait Fukurokuju, un dieu chauve à l'air heureux et au front particulièrement haut, et à l'intérieur étaient emboîtées les six autres divinités. Inspiré, Malioutine dessina le croquis d'une version russe du jouet. Ce dernier fut sculpté par Vasiliy Zvezdochkin dans une boutique de jouets de Serguiev Possad et peint par Serguei Malioutine. Il était composé de huit poupées: la plus grande était une fille portant un tablier, et les autres alternaient ensuite un garçon et une fille, pour finir avec un bébé.

En 1900, M.A. Mamontova, la femme de Savva Mamontov, présenta les poupées à l'Exposition Universelle de Paris et le jouet remporta une médaille de bronze. Peu de temps après, de nombreuses autres régions de la Russie se mirent à élaborer divers styles de matriochkas. On distingue aujourd'hui plusieurs régions possédant un style notable : Serguiev Possad, Semionovo, Polkholvsky Maidan et Kirov.

Pendant la Perestroïka, les matriochkas représentant les dirigeants de l'Union des républiques socialistes soviétiques devinrent une variété courante. Les poupées représentaient, par ordre décroissant, Mikhaïl Gorbatchev, Léonid Brejnev, Nikita Khrouchtchev, Staline et enfin Lénine. Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko n'apparaissent presque jamais à cause de la brièveté de leurs mandats. Des versions plus récentes commencent avec Vladimir Poutine puis continuent avec Boris Eltsine, Gorbatchev, Staline et Lénine.

Métaphore[modifier | modifier le code]

Les matriochkas sont utilisées métaphoriquement comme exemple-type de conception (design paradigm) dans ce qu'on appelle le principe des poupées russes. On parle de ce principe lorsqu'on observe une relation de type « objet à l'intérieur d'un objet similaire », que l'on retrouve aussi bien dans la nature que dans des objets créés par l'homme. On peut citer entre autres le matrioshka brain, une mégastructure basée sur la sphère de Dyson.

Cette métaphore se rapproche de celle de l'oignon. Lorsqu'on épluche la couche extérieure de l'oignon, on trouve un oignon semblable à l'intérieur. Ce genre de structure est par exemple employée par les stylistes.

En informatique, par les concepteurs de base de données, lorsqu'une table est incluse dans une table plus grande et contient elle-même une table plus petite ou dans une procédure qui peut s'invoquer elle-même, on dit aussi procédure réentrante voir réentrance.[pas clair]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans Le Grand Blond avec une chaussure noire, le personnage principal possède une série de telles poupées, qui seront ouvertes une à une par les espions.
  • Dans La Machination Voronov des aventures de Blake et Mortimer, l'échantillon du virus, au cœur de l'intrigue serait dissimulé à l'intérieur de matriochkas.
  • Dans le dessin animé Higglytown Heroes, les personnages sont des matriochkas vivantes.
  • Dans la mini série télévisée Tinker, Tailor, Soldier, Spy, inspirée du roman La Taupe de John le Carré, quatre matriochkas apparaissent successivement pendant le générique. Il s'agit d'une référence à la Russie, l'intrigue impliquant des espions soviétiques. La dernière poupée, qui ne possède pas de visage, est une référence à la « taupe », un espion infiltré et dont l'identité reste inconnue.
  • Dans un des épisodes du jeu télévisé américain The Amazing Race, les participants doivent chercher des indices cachés parmi des milliers de matriochkas.
  • Le compositeur australien Julian Cochran a écrit une composition inspirée de la Russie intitulée Wooden Dolls, où il est question d'un groupe de matriochkas communiquant entre elles.
  • Dans le jeu vidéo Shin Megami Tensei: Devil Summoner: Raidou Kuzunoha vs. The Soulless Army, Grigori Raspoutine (qui est l'un des antagonistes principaux du jeu) enferme des démons dans des matriochkas.
  • Dans les dessins animés Toy Story et Toy Story 2, Andy possède une série de matriochkas représentant des animaux, la première étant un chien.
  • Dans le film Les Poupées russes, la philosophie de vie sentimentale est comparée à la découverte successive d'une nouvelle personne à la manière d'un jeu de poupées russes.
  • Dans le film L'Apprenti sorcier (film, 2010), la poupée gigogne sert de prison aux morganiens
  • Dans la chanson "Matryochka" de Hatsune Miku et de Megpoid Gumi, les deux chanteuses se comparent à des matriochkas.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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