Vittore Carpaccio

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Le Rêve de sainte Ursule, 1495
Cycle de sainte Ursule.
La Fuite en Égypte, 1500
National Gallery, Washington.
Présentation de Jésus au temple, 1510
Gallerie dell'Accademia, Venise.
La Prédication de saint Étienne à Jérusalem, v. 1515
Musée du Louvre.

Vittore Carpaccio (ca 1460 à Venise - ca 1526), de son vrai nom Scarpazza, est un peintre italien narratif de l'école vénitienne, émule de Gentile Bellini et de Lazzaro Bastiani, influencé par la peinture flamande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vittore Carpaccio fut l'un des premiers à utiliser la présence de l'architecture, préfigurant un genre, les vedute (paysages urbains). Il traitera invariablement de manière grave et naïve, parfois pittoresque, la réalité vénitienne, en marge de la mode picturale de son époque.

Il fut toute sa vie au service des Scuole (écoles), confréries charitables et de bienfaisance qui employaient des artistes dont les mécènes étaient d’illustres familles vénitiennes, ce qui explique que leurs emblèmes figurent en bonne place dans ses œuvres. Le système des commandes, s'organise à l'intérieur d'un réseau complexe d'échanges et de conflits, d'intérêts économiques corporatifs et contributions patriciennes occasionnelles. Dans ce processus très élaboré, le parti pris décoratif compte peu au regard de la volonté d'affirmation du prestige d'un particulier, d'un groupe ou d'une institution. Cela explique l'abondance des portraits dans les grands cycles, commanditaires, bienfaiteurs et figures de l'autorité en place.

Pour la Scuola di Sant'Orsola

Le goût de Vittore Carpaccio pour les histoires peut se développer librement dans le cycle de peintures consacré aux épisodes de la vie de Sainte Ursule, destiné à la Scuola di Sant'Orsola. On sait grâce aux dates des cartouches, qu'il a peint les différentes épisodes dans le désordre entre 1490 et 1495. Selon la Légende dorée, cette princesse bretonne, fiancée au Prince d'Angleterre, fut tuée à Cologne par les Huns, à son retour d'un pèlerinage.

Pour la Scuola Grande di San Giovanni Evangelista

Il a collaboré avec Gentile Bellini et deux autres représentants de la tradition narrative vénitienne, Lazzaro Bastiani et Giovanni Mansueti, au cycle de tableaux réalisé pour la Scuola Grande di San Giovanni Evangelista, conservé aujourd'hui à la Gallerie dell'Accademia. Il était à l'époque très occupé par le cycle de Sainte Ursule, mais il a du trouver le temps de répondre à l'appel de Gentile Bellini dont il était peut-être l'élève. Il réalise en 1500 le Miracle de la relique de la croix (guérison miraculeuse d'un possédé au Rialto). L'événement est décentré à gauche dans le tableau, comme une scène qui s'inscrit dans la vie quotidienne de la ville.

Pour la Scuola Dalmata di San Giorgio degli Schiavoni

Entre 1501 et 1503 il exécute pour la Scuola Dalmata di San Giorgio degli Schiavoni, consacrée à Saint Georges et à Saint Tryphon, deux grandes toiles représentant Saint Georges et le dragon, les deux peintures de saint Jérôme et le lion et Les Funérailles de saint Jérôme, ainsi que La Vision de saint Augustin. Quelques années plus tard, il termine le cycle par un Baptême des Sélénites et réalise Saint Tryphon exorcise la fille de l'empereur Gordien, confié pour une grande part à un peintre de son atelier.

Retables d'autels

Entre 1510 et 1520 il exécute un certain nombre de retables d'autels et réalise en particulier le retable de la Crucifixion et apothéose des Dix Mille Martyrs du mont Ararath en 1515. Cette scène ornait autrefois l'autel élevé en l'honneur des martyres par Ettore Ottobon, neveu du prieur Francesco, dans l'église de Sant'Antonio di Castello. Ce tableau très particulier, construit à la verticale représente l'épisode de soldats romains convertis au christianisme et exécutés par leur propre empereur allié pour l'occasion aux rois païens d'Orient. Il a une importance historique car il a été commandé au moment où l'empereur Maximilien cherche à s'allier avec le sultan ottoman Sélim Ier pour attaquer Venise[1].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

1490 à 1500[modifier | modifier le code]

  • Soldats et Orientaux, fragment d'une Crucifixion, v. 1490, huile sur toile, 68 × 42 cm, Musée des Offices, Florence[2]
  • Deux Dames vénitiennes (Les Deux Courtisanes), 1490, tempera et huile sur bois, 94 × 64 cm, Musée Correr, Venise[3]
  • Chasse au canard sur la lagune, 1490, J. Paul Getty Museum. Partie supérieure du tableau des Deux dames vénitiennes[4].
  • Neuf toiles de La Légende de sainte Ursule à la Gallerie dell'Accademia de Venise :
    • Les Ambassadeurs d'Angleterre reçoivent la réponse du roi de Bretagne, 1497-1498, 275 × 586 cm
    • Départ des ambassadeurs de la cour d'Angleterre, 1497-1498, 275 × 586 cm
    • Retour des ambassadeurs à la cour d'Angleterre, 1497-1498, 297 × 527 cm
    • Le Rêve de sainte Ursule, 1495, 274 × 267 cm
    • La Rencontre des fiancés et le départ de pèlerins, 1495, 280 × 611 cm
    • La Rencontre des pèlerins avec le pape à Rome, 1493-1494, 281 × 307 cm,
    • L’Arrivée de sainte Ursule à Cologne
    • Le Martyre des pèlerins et les funérailles de sainte Ursule, 1493, 271 × 561 cm
  • Le Miracle de la relique de la Croix, 1494-1495, 365 × 389 cm, Gallerie dell'Accademia
  • Méditation sur la Passion du Christ, v.1480-1510, huile et détrempe sur bois, 70,5 x 86,7 cm, Metropolitan Museum of Art, (New York) ;

1500 à 1510[modifier | modifier le code]

  • La Fuite en Égypte, 1500, huile sur bois, 72 × 11 cm, National Gallery of Art, Washington
  • Portrait du doge Leonardo Loredan[5], 1501-1502, Académie Carrara, Bergame
  • Métamorphose d'Alcyone, v. 1502-7, huile sur bois, 69 5 × 125 9 cm, Philadelphia Museum of Art[6]
  • Cycle de la Scuola di San Giorgio degli Schiavoni illustrant la vie de trois saints : Georges, Jérôme et Tryphon :
    • Saint Georges et le dragon, 1501-1502, toile, 141 × 360 cm
    • Saint Georges triomphant du dragon à Silenà, 1501-1502, 141 × 360 cm
    • Baptême des Sélénites, 1506-1507 ou 1511-1512, toile, 141 × 285 cm
    • Saint Jérôme ramenant le lion au monastère, 1502, toile, 141 × 211 cm
    • Funérailles de saint Jérôme, 1502, toile, 141 × 211 cm
    • Saint Augustin dans sa cellule recevant la vision de saint Jérôme, 1503, toile, 141 × 210 cm
  • Nativité de la Vierge, 1504, toile, 126 × 129 cm, Académie Carrara, Bergame

1510 à 1520[modifier | modifier le code]

Sans date[modifier | modifier le code]

  • Cycle de Saint Jean l'Évangéliste
  • Sainte Conversation, Musée du Petit Palais (Avignon)
  • Mise au tombeau, Berlin
  • Six saints (Jacques le Majeur, Antonio Abate, André l'apôtre, Dominique de Guzman, Laurent et Nicolas de Bari), Accademia Carrara, Bergame
  • Saint Roch (et portrait du donateur), Accademia Carrara, Bergame
  • Cycle de la Scuola degli Albanesi illustrant des scènes de la vie de la Vierge ;
  • La Vierge trônant et quatre saints (Vicence) ;
  • Christ (Udine) ;

Anecdote[modifier | modifier le code]

En 1950, le nom du peintre est donné à un plat, le carpaccio, composé de très fines tranches de filet de bœuf cru servies avec un assaisonnement[8]. L'appellation viendrait de la prédominance des tons rouge vif dans la peinture de Vittore Carpaccio, mais d'aucuns affirment que c'est la scène du triomphe de saint Georges qui en serait à l'origine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Augusto Gentili, « Carpaccio », dans Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Paris, Editions Place des Victoires,‎ 2008 (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 158 à 184
  2. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires,‎ 2000 (ISBN 2-84459-006-3), p. 146
  3. Musée Correr, Venise
  4. John Walsh, Chefs d’oeuvre du J. Paul Getty Museum : Peintures, Thames & Hudson,‎ 1997 (ISBN 2-87811-128-1), p. 18
  5. Doge Loredan, Carrara
  6. Alcyone, Philadelphie
  7. St Etienne, Brera, Milan
  8. Carpaccio, Le Petit Robert, 2004, p. 359

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
et le cite sous le nom de Vittore Scarpaccia, page ?? - édition 1568
081 le vite, vittore carpaccio.jpg

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Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Conférence de M-H.Viviani : Vittore Carpaccio - Venise au temps de Carpaccio (toiles et commentaires) ;
  2. Fondation Berger : Carpaccio
  3. Web Gallery of Art
  4. Catalogue illustré de l'Accademia Carrara de Bergame