Nouvelle-Amsterdam

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Maisons de style néerlandais, bâties au début du XXe sur William Street au bas de Manhattan, rappelant les origines néerlandaises de la ville. De la colonie du XVIIe, il ne reste que des vestiges archéologiques à la suite du Grand Incendie de New York de 1776 et de celui de 1835[1],[2].

La Nouvelle-Amsterdam (en néerlandais Nieuw-Amsterdam) était le nom de l'établissement néerlandais implanté au XVIIe siècle sur l’île de Manhattan par la Compagnie des Indes occidentales. Véritable tête de pont et capitale administrative de la colonie de la Nouvelle-Néerlande, elle fut rebaptisée New York par les Anglais lors de son acquisition en 1664.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières implantations[modifier | modifier le code]

Giovanni da Verrazano est le premier Européen à découvrir le site de la future Nouvelle-Amsterdam/New York, dès 1524. Ce navigateur italien était armé par le roi de France François Ier, de la maison Valois-Angoulême (né à Cognac, il est fils de la Duchesse d'Angoulême). Capitaine du vaisseau La Dauphine de la Royale française, Verrazano donne le nom de « Nouvelle-Angoulême » à la baie formée à l'embouchure du fleuve que Verrazano baptise « Vendôme », et qui deviendra plus tard le fleuve Hudson.

À la recherche d'un passage maritime vers l’Asie par le Nord-Ouest, l’explorateur anglais Henry Hudson visite la future baie de New York en 1609 et remonte l'Hudson, qui portait, et ce jusqu'au milieu du XVIIe siècle le nom néerlandais de Noort Rivier (« fleuve du Nord »). À son retour, il indique le fort potentiel du site, notamment en matière de castors dont la peau constituait une marchandise très prisée, notamment pour fabriquer des chapeaux imperméables. En 1614, Adriaen Block reste sur place plus d’un an.

La Nouvelle-Néerlande en 1664

Pendant les quinze premières années, l’ile de Manhattan est peu utilisée par les colons de la Nouvelle-Néerlande (Nova Belgica, Nouveaux-Pays-Bas). Les explorateurs préfèrent s’enfoncer dans les forêts giboyeuses, où ils pratiquent le troc des produits européens bon marché contre les fourrures rapportées par les chasseurs indiens. Une des monnaies d’échange utilisée était le wampum, ceintures ornées de coquillages et de perles. L'ornement des wampums codifiait les relations politiques entre les différents clans, aussi leur lecture était-elle une pierre angulaire pour les négociations, le marchandage et les alliances. Les wampums étaient au départ fabriqués par les tribus habitant près du rivage, et les européens approvisionnaient celles qui ne pouvaient en fabriquer à l’intérieur des terres. Disposant d’outils de métal, les néerlandais lancent la production de tels articles sur l’île de Long Island. L'offre dépasse toutefois rapidement la demande, et ce marché s'effondre.

En 1624, les premières familles de colons, appelées pour gérer les comptoirs de commerce, sont en majorité envoyées en amont dans la vallée de l’Hudson. Sur l’île de Manhattan, on ne trouve alors que quelques plantations et un peu d’élevage.

La fortification (1625)[modifier | modifier le code]

En 1625, sous la menace grandissante d’une attaque provenant d’autres puissances coloniales, les dirigeants de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales décidèrent de protéger l’embouchure de la rivière Hudson, et de regrouper les activités des comptoirs commerciaux dans une enceinte fortifiée. Dès 1620, une lettre de l’architecte anglais Inigo Jones, probablement contacté par la compagnie, préconise de construire un ouvrage en maçonnerie, selon un plan en forme d’étoile traditionnellement utilisé à cette époque.

Le directeur de la compagnie, Willem Verhulst, et l’ingénieur Cryn Fredericks choisirent un site approprié au sud de l’île, à l’emplacement actuel d’un bâtiment des douanes américaines (Alexander Hamilton U.S. Custom House), près de Battery Park.

1626-1673[modifier | modifier le code]

La Nouvelle-Amsterdam en 1664

Willem Verhulst était un directeur impopulaire, qui traitait les colons comme de simples employés et ne gérait pas correctement les finances de la colonie. En 1626, il est remplacé par Pierre Minuit. Ce dernier procède à l'importation des premiers esclaves africains à la Nouvelle-Amsterdam ; le premier arrivage compte onze esclaves.

Minuit négocie également l'achat de l'île de Manhattan (Manhatte à l'époque en français) aux Indiens Lenapes, pour 60 florins de marchandises. Même si cet acte est devenu légendaire (New York fut achetée aux Indiens pour 24 dollars), on sait maintenant que les Lenapes ne connaissaient pas de concept de propriété foncière permanente (ils étaient nomades), ce qui diminue la portée du geste.

Lors de la construction du fort, la guerre entre les Agniers et les Mohicans contraint la compagnie à précipiter le déplacement des colons à l’intérieur de Fort Amsterdam. L’urgence et le manque de moyens (la compagnie était déficitaire), entraînent une révision à la baisse des plans de fortification initiaux. On se contenta d’un simple fortin entouré d’une palissade de bois. Une scierie fut installée sur l’île qui s’appelle actuellement Governors Island. La colonie compte alors 270 habitants, enfants compris. En 1992, on a retrouvé dans les archives de la bibliothèque nationale autrichienne, une aquarelle représentant la colonie de la Nouvelle-Amsterdam vers le milieu du XVIIe siècle.

Nouvelle-Amsterdam à établi le premier système de lutte contre les incendies en 1647[3].

Le , la Nouvelle-Amsterdam octroie la liberté de culte aux juifs. Les vingt-trois premiers sépharades des anciennes possessions néerlandaises du Brésil, et qui avaient constitué à Recife la Synagogue Kahal Zur Israel, arrivent à la Nouvelle-Amsterdam dès 1654. En 1658 est fondée la colonie de Nieuw Haarlem.

Durant la deuxième guerre Anglo-néerlandaise, qui oppose l’Angleterre aux Provinces-Unies, la Nouvelle-Néerlande est conquise par les Anglais. Le directeur général Pieter Stuyvesant livre la Nouvelle-Amsterdam le . La colonie est rebaptisée New York, en l’honneur du duc d’York, frère du roi Charles II.

En 1667 les Néerlandais renoncent à leurs revendications sur cette portion du territoire américain, lors du Traité de Breda, et obtiennent en retour la souveraineté sur le Suriname. Cependant, cinq ans plus tard, opposés aux Anglais de nouveau, les Néerlandais reprennent brièvement la colonie. En 1673, la ville change de nom de nouveau (Nouvelle-Orange, en l'honneur de Guillaume III d'Orange-Nassau, stathouder de cinq des sept provinces néerlandaises) avant que les Anglais ne la récupèrent avec le traité de Westminster, le et consacrant définitivement le nom de New York.

Héritage et reconnaissance[modifier | modifier le code]

De l'occupation néerlandaise, il reste aujourd'hui un certain nombre de noms de lieux new-yorkais, tels que Coney Island (Konijnen Eiland), Brooklyn (Breukelen), Harlem (Nieuw Haarlem), Flushing (Vlissingen) et Staten Island (Staaten Eylandt).

  • La baie de Gowanus tire son nom d'Owanus (nom latin de Ohain, village du Brabant-Wallon).
  • La baie de Wallabout, au nord de Brooklyn, vient de Waal bocht qui signifie, en néerlandais « baie wallonne ».
  • Wall Street, dont le nom vient de Wal Straat, fait référence au mur que les Néerlandais y avaient érigé pour protéger la colonie d'attaques étrangères.
  • Le nom de Hoboken, dans le New Jersey, provient d'une commune homonyme de l'agglomération d'Anvers en Flandre.
  • Communipaw, à Jersey City, est la contraction de Community of Pauw.

Le 20 mai 1924, à l'occasion du tricentenaire de la fondation de New York, un monument commémoratif est érigé en l'honneur des colons wallons, sur le site de Battery Park, à la pointe sud de Manhattan. Une pièce de monnaie en argent de 50 cents, ainsi que des timbres-poste de 1, 2 et 5 cents sont émis pour commémorer l’arrivée des colons wallons et flamands.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. NY Public Library Picture Collection, « Map of Great Fire 1776 » (consulté en 2011-02-02)-
  2. CUNY, « Map of Damages - 1835 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2011-02-02.
  3. Maria Mudd-Ruth, Scott Sroka. Firefighting: Behind the Scenes, Houghton Mifflin Harcourt, 1998, p. 7

Voir aussi[modifier | modifier le code]