Abbaye de la Novalaise

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Abbaye de la Novalaise
Image illustrative de l'article Abbaye de la Novalaise
Présentation
Nom local Abbazia di Novalesa
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre bénédictin
Début de la construction 726
Fin des travaux XIe - XVIIIe siècles
Style dominant Roman (remanié au XVIIIe siècle)
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Piémont
Commune Novalaise (Italie)
Coordonnées 45° 10′ 47″ N 7° 00′ 30″ E / 45.17968, 7.00845 ()45° 10′ 47″ Nord 7° 00′ 30″ Est / 45.17968, 7.00845 ()  

L'abbaye de la Novalaise est une abbaye bénédictine située dans la commune italienne de Novalaise Novalesa (en Val de Suse, dans la région du Piémont), aux pieds du Col du Mont Cenis, voisin de la France. Une chapelle de l'abbaye contient deux fresques du XIe siècle, l'une dédiée à saint Eldrade et l'autre à saint Nicolas de Bari (l'une des premières dédiée en Occident au saint de Myre).

Histoire[modifier | modifier le code]

La Fondation[modifier | modifier le code]

Fresque avec Saint Eldrade dans l'abbaye

L'abbaye de la Novalaise est fondée dans les années 720, par Abbon, recteur de la Maurienne et de Suse et futur patrice de Provence Cette fondation est d'abord connue par une charte d’immunité[1] concédée, le 30 janvier 726, par Abbon à la Novalaise, au nom des pouvoirs publics que lui conférait son titre de « recteur de la cité de Maurienne et de Suse », que l'historiographie considère traditionnellement comme l'acte de fondation de cet établissement religieux[2],[3]. Elle est connue, ensuite par le testament, daté du 5 mai 739, dont une copie du début du XIIe siècle a été insérée dans le cartulaire dit de saint Hugues[4], évêque de Grenoble, de ce même Abbon dont les principaux bénéficiaires ont été l'abbaye de la Novalaise, le diocèse de Saint-Jean-de-Maurienne et le diocèse de Gap.

Les années 720, en Provence et au Royame de Bourgogne sont caractérisées par l'affrontement de diverses factions de l'aristocratie qui s'appuient sur les puissances rivales que constituent le royaume d'Austrasie et l'Émirat de Cordoue. Au moment de la fondation de l'abbaye de Novalaise, Abbon s'affirme comme un soutient des Francs car l'acte de 726 indique que la vocation du monastère consiste « à implorer abondamment la miséricorde du Seigneur pour nous, pour la stabilité du royaume des Francs et pour tout le peuple du Christ, dans le creuset du baptême »[1]. Au moment de sa mort, vers 750, il apparait comme étant le principal soutient et officier de Charles Martel dans le sud-est du royaume des Francs.

Abbon, sans que l'on puisse réellement le démontrer n'a probablement pas d'héritier direct et fait du monastère son principal héritier dans trois perspectives au moins :

  • Pour assurer le salut de son âme. Son testament contient des dispositions qui caractérisent les donations « pro anima » de cette époque. Il y règle des dons, promis par des membres de sa famille, et qui n'ont jamais pu être réalisés, notamment une promesses que son oncle et tuteur, Semforianus, évêque de Gap, avait fait autrefois à l’église de son diocèse et qu'il n'avait pu tenir parce qu'il avait été évincé de son siège.
  • Afin de s'assurer le contrôle des hautes charges et des patrimoines ecclésiastiques et de leur usage « politique » au travers de leur patronage.
  • Dans l'objectif enfin, de créer un point d'ancrage et une continuité patrimoniale, à une parentèle élargie, autour d'une fondation ecclésiastique car la pratique de l'indivision ne suffit pas à contrer les effets des coutumes de partages des héritages en part égales qui fragmentent rapidement les patrimoines de l'aristocratie[5] .

Établie à 824 mètres d’altitude, à proximité de ce qui était probablement alors la limite du peuplement humain, l'abbaye de Novalaise occupe une position originale dans le paysage du monachisme du haut moyen-âge. Les grandes abbayes bénédictine des époques mérovingiennes et carolingiennes, comme Reichenau, Saint-Gall, Bregenz ou même, dans une certaine mesure, Saint-Maurice d'Agaune, qui se sont établies à proximité des passages transalpins, ont toujours choisi de s'établir à la périphérie des massifs où elles trouvaient les espaces susceptibles de fournir les ressources indispensables à leur économie domaniale. L'abbaye de Novalaise, à l'inverse, est installée sur les pentes de de la vallée de la Cenise (Cenischia) qui prend sa source dans le Massif du Mont-Cenis, et l'essentiel, sinon la quasi totalité de ses biens sont situés dans des vallées alpines. [1].

L'abbaye carolingienne[modifier | modifier le code]

La riche abbaye des saints Pietro et Andrea[2], placée sous la règle bénédictine[2], connaît une très grande renommée à l’époque carolingienne où elle accueille plus de cinq cents moines. Un de ses pères abbés, Eldrade, originaire du petit village d'Ambel, en Dauphiné, a été canonisé.


Fresque du XIe siècle dans la chapelle dédiée à Saint Eldrade et Saint Nicolas.

Des bandes sarrasines, en provenance du Dauphiné et passés par le col de Montgenèvre[6], incendient et pillent l'abbaye en 906[3],[7],[8]. Les moines se sont réfugiés, avec leur trésor, à Turin auprès du comte[8].


Elle devient un des centres culturels les plus importants du Moyen Âge.

L'église est reconstruite en 1710 et restaurée en 1890. Ses murs d’enceinte sont toutefois toujours les murs d’origine. Les fresques qui ornent la chapelle de Saint-Eldrade et Nicolas de Myre datent du XIe siècle, très importantes pour l'histoire de l'art roman.

En 1973 le monastère revient aux bénédictins de la congrégation de Saint Georges.

Photographies[modifier | modifier le code]

L’abbaye[modifier | modifier le code]


Chapelle dans le parc de l’abbaye[modifier | modifier le code]

Fresque de Saint Eldrade[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Laurent Ripart, Attraverso le Alpi: S. Michele, Novalesa, S. Teofredo e altre reti monastiche (Atti del convegno di Cervère-Valgrana, 12-14 marzo 2004) : La Novalaise, les Alpes et la frontière (VIIIe-XIIe siècle), Edipuglia s.r.l.,‎ 2008 (lire en ligne).
  2. a, b et c Léon Menabrea, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale,‎ 1865, 596 p., p. 107.
  3. a et b Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ 2005, 128 p. (ISBN 978-2-8774-7804-5), p. 18.
  4. Jules Marion, Cartulaires de l'église Cathédrale de Grenoble dits Cartulaires de Saint-Hugues, Cambridge, Cambridge University Press.,‎ 2010, 596 p. (lire en ligne).
  5. Eliana Magnani, Sauver son âme et se perpétuer : Don aux églises et don d’églises dans le sud-est de la Gaule : Du testament d’Abbon (739) aux chartes du début du xie siècle, Rome, Publications de l’École française de Rome,‎ 2013 (ISBN 9782728310142).
  6. Claude Muller, Les Mystères du Dauphiné, Éditions de Borée,‎ 2001, 423 p. (ISBN 978-2-84494-086-5), p. 111-112.
  7. P.A. Février (sous la direction de), La Provence des origines à l'an mil, p. 491.
  8. a et b Léon Menabrea, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale,‎ 1865, 596 p., p. 111.

Liens externes[modifier | modifier le code]