Musique classique russe

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La musique classique russe est apparue relativement tardivement[Quand ?] en Russie. Depuis le XIXe siècle, cependant, elle a connu un développement dans tous les genres traditionnels[réf. nécessaire] de la musique classique. La Révolution russe de 1917 et le réalisme socialiste soviétique ont amplifié sa singularité et l'ont confrontée à une problématique spécifique.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les origines de la musique russe remontent à une période antérieure la christianisation de la Rus' de Kiev à la fin du premier millénaire[1]. Cependant, la musique savante ne s'est émancipée que lentement de la tutelle religieuse. Contrairement au christianisme romain, le christianisme orthodoxe a montré beaucoup de réticence face à la musique, voire une franche opposition, en particulier à l'endroit de la musique instrumentale. Dans un premier temps, seule la musique vocale est encouragée. De ce fait, la musique russe a connu un développement différent de la musique européenne occidentale.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

De la monophonie à la polyphonie[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIIe siècle, la musique instrumentale est victime d'un profond désamour de l'Église orthodoxe. En 1648, dans une atmosphère de troubles publics (« révolte du Sel » ou « révolte des estaminets[2] », pogroms antipolonais et antijuifs) et sous la pression religieuse, un oukaze du tsar Alexis Mikhaïlovitch interdit la musique, les jeux, les chansons et les spectacles[3]. On chassa les musiciens hors des villes et l'on brisa leurs instruments[3]. « Partout où l'on trouverait des domras, des sournas, des goudki des gousli, des masques, et toutes sortes d'instruments de musique, il faut les faire tous saisir, puis briser et brûler ces objets diaboliques. Et quant aux gens qui ne renonceraient pas après cela à leurs actions impies, il faut les faire bastonner[4] ». Selon l'oukase, la musique (populaire) est en concurrence avec la religion et conduit à l'ivrognerie et à l'obscénité[5]. « La cloche a été et reste le seul instrument non vocal de la liturgie russe[6]. »

En 1652 cependant, un petit groupe de moines fut transféré de Kiev à Moscou pour s'y installer. Cet événement marque le premier contact de la Moscovie avec la notation et le style musical occidental et provoque une vague de compositions (polyphonies chorales) nouvelles[7].

En 17 octobre 1672, la Comédie d’Artaxerses est le premier opéra[8] à avoir été joué sur la scène moscovite, au grand plaisir du tsar. Celui-ci avait pourtant autorisé les parties instrumentales avec la plus grande réticence. Un second opéra, Judith, suit en 1673, puis le rythme s’accélère. En 1673 encore, on donne un opéra-ballet Orphée et Eurydice (dont l’auteur était peut-être Heinrich Schütz)[9].

Apparaît alors Nikolaï Diletski (Kiev, 1630 - Moscou, après 1681), le premier « compositeur russe[10] » dont on ait quelques traces. Sa production musicale est assez réduite ; il est surtout connu pour son Idée de la grammaire musicale, dont il fut tiré quatre éditions (la première en polonais)[11]. Selon le musicologue Vladimir Protopopov, cet ouvrage est le plus important de l'époque sur le plan théorique[12]. Tenant école, Diletski a formé une génération de compositeurs. Le plus célèbre d'entre eux[13] est Vassili Titov (1650 - 1710/1715), à qui l'on doit, entre autres, le Concerto en l'honneur de la bataille de Poltava, une œuvre profane[14].

Le kant[modifier | modifier le code]

Le kant (en russe кант, du latin cantus) est une forme paraliturgique du chant a cappella et représente l’autre voie de l’occidentalisation de la musique russe[15] Influencés par le choral allemand, Ils permettent le passage de la musique sacrée à la musique profane. Les kanty se présentent d’abord sous forme polyphonique avant de se transformer en mélodie accompagnée. De même, leur thématique, d’abord religieuse, devient patriotique et sous Pierre le Grand en panégyriques des victoires militaires[16], puis se laïcise complètement avant de devenu une partie du folklore citadin[17] . Selon Felix Roziner, « le kant est considéré comme le baroque russe en musique[16] ». coome

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les nombreux groupes ethniques vivant en Russie possèdent des traditions folkloriques très variées. La musique russe du XIXe siècle est caractérisée par l’existence de deux courants musicaux : celui représenté par le compositeur Mikhaïl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des éléments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la Société de musique russe dirigée par Anton et Nikolaï Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnée par Tchaïkovski ou encore Rimski-Korsakov (bien qu’également successeur de Glinka), fut prolongée au XXe siècle par Serge Rachmaninov, l’un des derniers grands compositeurs de musique romantique.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les compositeurs du XXe siècle de renommée mondiale comprennent Alexandre Scriabine, Igor Stravinski, Serge Rachmaninov, Aram Khatchatourian, Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l’époque soviétique, la musique décrétée officielle, sous surveillance constante du régime, devait respecter les normes idéologiques du réalisme socialiste pour éduquer les masses populaires, et ne devait pas être influencée, selon la propagande officielle, « par la décadence bourgeoise » en produisant une musique formaliste. Les conservatoires de Russie ont engendré des générations de solistes de renommée mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David Oïstrakh et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Guilels et la cantatrice Galina Vichnevskaïa.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Efim Etkind, op. cit., p. 616.
  2. Michel Heller, Histoire de la Russie et de son empire, p. 330.
  3. a et b Michel Heller, p. 329.
  4. André Lischke, Histoire de la musique russe, p. 76.
  5. Ibid.
  6. Felix Roziner, article « La musique russe des origines au XVIIIe siècle » in Efim Etkind, Histoire la littérature russe, tome I, p. 619.
  7. Efim etkind, Histoire de la littérature russe, tome 1, p. 622.
  8. Livret et musique perdus
  9. André Lischke, p. 78.
  10. André Lischke, p. 81.
  11. Une édition fut établie en 1979, pour le tricentenaire de la parution de l'ouvrage (André Lischke, p. 82.
  12. cité par André Lischke, p. 82.
  13. André Lischke, p. 92.
  14. Efim Etkind, Histoire la littérature russe, tome I, p. 623.
  15. André Lischke, Histoire de la musique russe, p. 84.
  16. a et b Felix Roziner, article « La musique russe des origines au XVIIIe siècle » in Efim Etkind, Histoire la littérature russe, tome I, p. 624.
  17. André Lischke, Histoire de la musique russe, p. 85.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • André Lischke, Histoire de la musique russe : Des origines jusqu'à la révolution, Paris, Fayard,‎ 2006, 792 p. (ISBN 978-2213623870) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Efim Etkind, Georges Nivat, Ilya Serman et Vittorio Strada, Histoire de la littérature russe, t. 1 : Des origines aux lumières, Paris, Fayard,‎ 1992, 895 p. (ISBN 9782213019857) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Heller (trad. Anne Coldefy-Faucard), Histoire de la Russie et de son empire, Paris, Flammarion, coll. « Champs Histoire »,‎ 2009 (1re éd. 1997), 985 p. (ISBN 2081235331)
  • La Musique russe des origines à nos jours, Paris, Buchet-Chastel,‎ 1968
  • Petite Histoire de la musique russe, Paris, Bordas,‎ 1973
  • V. I. Seroff, Le Groupe des Cinq, Paris,‎ 1949
  • P. Souvtchinski, La Musique russe, Paris,‎ 1953
  • F. C. Lemaire, La Musique du XXe siècle en Russie et dans les anciennes Républiques soviétiques, Paris, Fayard,‎ 1994
  • F. C. Lemaire, Le destin russe et la musique: Un siècle d'histoire de la Révolution à nos jours, Paris, Fayard,‎ 2005 (ISBN 978-2-213-66522-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]