Bernard Fixot

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Bernard Fixot, né le 6 octobre 1943 à Villejuif (Val-de-Marne), est un éditeur français, fondateur et président du Conseil de la maison XO éditions. Par ailleurs, il est président de la société Bernard Fixot LLC, basée à Los Angeles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance[modifier | modifier le code]

Bernard Fixot est un Breton qui a grandi dans la banlieue sud de Paris, à Arcueil. Son père était policier au commissariat de Gentilly, sa mère était gardienne dans une usine. C’est à l’école communale d’Arcueil qu’il a appris à lire. Il continue ses études au Cours complémentaire de Bagneux où il se découvre une passion pour les livres, passion qui va définitivement orienter sa vie professionnelle. Après un bref passage au Lycée Henri-IV, il décide de quitter prématurément l’école, avec l’idée de rejoindre, par quelque moyen que ce soit, le monde de l’édition. Son seul diplôme est le certificat d’études primaires.

Des années plus tard, il découvrira avec amusement qu’il a appris à lire avec la même institutrice – Madame Tap - que l’écrivain Jean Teulé et le créateur de mode Jean-Paul Gautier.

Parcours professionnel : sa passion pour les livres[modifier | modifier le code]

1960-1969 : Hachette[modifier | modifier le code]

Autodidacte, il commence sa carrière professionnelle à 17 ans, il sera pendant trois ans magasinier chez Hachette, puis devient, après son service militaire, représentant pour Le Livre de poche et le département jeunesse pendant deux ans, puis représentant Gallimard pendant les deux années suivantes.

1969-1978 : Gallimard[modifier | modifier le code]

En 1969, il quitte Hachette pour devenir représentant multicartes indépendant. Cette même année, les Éditions Gallimard se séparent du Groupe Hachette et lui proposent un poste d’attaché commercial qu’il accepte.

Il devient à 27 ans directeur des ventes puis directeur commercial du groupe Gallimard (Éditions Gallimard, Éditions Denoël, Mercure de France). Il organise alors la création des forces de vente de Gallimard et participe au lancement de Folio ainsi qu’à la création du Département Gallimard Jeunesse avec Pierre Marchand et Jean-Olivier Héron. Après 7 ans, le succès de la distribution autonome de Gallimard étant assuré, il quitte la rue Sébastien-Bottin.

1978-1987 : Hachette[modifier | modifier le code]

1978 : Édition no 1[modifier | modifier le code]

En 1978, Hachette, alors dirigé par Jacques Marchandise et Gérard Worms, lui propose de réorganiser les services commerciaux d’Hachette Livres et de créer Édition no 1, première maison d’édition qui associe un éditeur traditionnel (Hachette) à un média (Europe 1). Il accepte, à la condition de créer deux ans plus tard une maison d’édition à 50/50 avec Hachette.

Les principaux succès d’Édition no 1 seront Le Livre Guinness des Records, Le Livre Mondial des Inventions de Valérie-Anne Giscard d’Estaing, devenue depuis son épouse, les livres de Pierre Bellemare et de Paul-Loup Sulitzer.

1980 : Éditions BFB[modifier | modifier le code]

En 1980, tout en continuant à diriger Édition no 1, il crée comme prévu en association avec Hachette les Éditions BFB, qu’il partage avec son ami Bernard Barrault. Cette maison, d’un caractère littéraire, a publié notamment les livres de Philippe Djian, de Sylvie Caster, ainsi que Histoires brèves – plusieurs recueils de nouvelles inédites écrites par des auteurs français de renom.

1983 : Grande Diffusion Hachette[modifier | modifier le code]

En 1983, Jean-Luc Lagardère rachète Hachette et demande à Bernard Fixot de devenir directeur de la branche Grande Diffusion, comprenant notamment le Livre de poche et Hachette Jeunesse, tout en conservant ses deux maisons d’édition.

Il rénove les couvertures du Livre de Poche, en organisant un concours pour tous les graphistes de France, qui sera remporté par un jeune soldat appelé. Cette couverture sera utilisée pour créer la collection « Biblio ». Parallèlement, il relance également les collections « Bibliothèque rose » et « Bibliothèque verte ».

1984 : Grands Écrivains[modifier | modifier le code]

En 1984, il a créé la collection « Grands Écrivains », en coédition avec le Groupe de presse Filipacchi, en particulier Roger Thérond à Paris Match et la radio Europe 1. L’idée était d’intéresser le très grand public, y compris les non-lecteurs, à la littérature, en proposant dans le circuit de la presse un magazine racontant la vie d’un écrivain, accompagné d’un des romans de cet auteur. Cette collection comprendra 100 numéros, obtiendra le soutien et le concours de l’Académie Goncourt, et sera vendue dans les points de presse à plus de 10 millions d’exemplaires en 2 ans.

Á la demande de son ami Pierre Barret, Président d’Europe 1, il devient parallèlement Directeur général de Promotion et Spectacles d’Europe 1. Il animera, une heure par semaine avec la complicité de Michel Drucker, une émission hebdomadaire où il racontera la vie de l’écrivain de la semaine. Fort du succès de « Grands Écrivains », Bernard Fixot lancera trois ans plus tard, avec les mêmes partenaires, la collection « Grands Peintres » qui sera vendue à de 5 millions d’exemplaires après un lancement mémorable : un concours dont le 1er lot était un authentique tableau de Renoir.

1987 : Éditions Fixot[modifier | modifier le code]

En 1987, à la suite d’un différend avec Jean-Claude Lattès, Directeur général de l’édition d’Hachette, Bernard Fixot prend la décision de quitter le groupe pour créer sa propre maison, les Éditions Fixot. C’est le seul moment de sa carrière où il s’arrêtera de travailler pendant deux mois.

Avec les Éditions Fixot, Bernard Fixot crée une maison d’édition traditionnelle axée sur les documents ; il s’entoure d’Antoine Audouard, Directeur général et associé, et d’Anne Gallimard, Directeur Littéraire. Edith Leblond est Directeur Financier, Susanna Lea est responsable des Droits étrangers.

Le premier grand succès sera Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody, acheté le dernier jour de la foire du livre de Francfort et refusé par tous les éditeurs mondiaux. Ce livre fera carrière ensuite dans de nombreux pays (Allemagne, Suède, etc..) et sera adapté au cinéma par Brian Gilbert, avec Sally Field dans le rôle de Betty Mahmoody. Bernard Fixot en vendra en France plus de 3,5 millions d’exemplaires.

Les Éditions Fixot publieront des documents, les vies extraordinaires de gens ordinaires, tels que :

  • Le saut de l’ange de Maud Marin (première autobiographie d’une transsexuelle)
  • Seule tout en haut à droite de Yann Piat (autobiographie de la première députée du Front National)
  • J’avais 12 ans de Nathalie Schweighoffer (premier grand témoignage sur l’inceste)

Cela lui donnera l’idée de « produire » des documents en allant chercher des auteurs dans le monde, notamment :

  • Vendues de Zana Muhsen, jeune anglaise de Birmingham vendue à l’âge de 15 ans au Yémen par son père : Bernard Fixot partira 2 jours avec Jean-Pierre Foucault au Yémen pour tenter de la libérer.
  • Mon seigneur et maître de Temina Durrani (Pakistan)
  • Je suis né avec du sable dans les yeux de Mano Dayak (autobiographie du chef touareg)

Bernard Fixot publiera aussi de nombreuses biographies et autobiographies, notamment :

Il publiera les livres de Roger Vadim, de Frédéric Mitterrand.

Parallèlement à ces livres de très grande diffusion, Bernard Fixot crée une collection de jeunes écrivains, la collection « Bleu Nuit », avec les premiers romans de deux Américains, Jonathan Franzen La 27e ville, Michael Chabon Les Mystères de Pittsburgh, et des Françaises Yolaine Destremau A l’ombre des jacarandas, Pascale Gautier Moribondes ou Marie-Ange Guillaume Ils s’en allaient faire des enfants ailleurs. Il publiera aussi le théâtre de Patrick Besson.

Voulant renouveler la belle aventure de la collection Grands Écrivains – faire lire des livres à ceux qui n’en lisent pas -, il crée en 1992 la collection « Bibliothèque », dont les 3 premiers volumes sont Baudelaire, Zola et Stendhal, préfacés respectivement par Marcel Jullian, Jacques Duquesne, et Michel Déon.

Il s’agit de proposer à des non lecteurs les grandes œuvres françaises, dans l’esprit de la Bibliothèque Verte et du Reader's Digest, mais différemment. Par exemple, Le Rouge et le Noir de Stendhal comprend 45 chapitres, seuls 19 sont publiés. Les 26 autres chapitres sont résumés, ce qui permet sans jamais trahir l’auteur de se passionner par l’histoire. Bernard Fixot fut vilipendé par la totalité de la presse d’avoir osé dénaturer « leur » Stendhal, et la collection « Bibliothèque » fut un échec commercial. 5 ans plus tard pourtant, Marabout reprenait l’idée avec succès.

1988 : TF1 Éditions[modifier | modifier le code]

En 1988, il crée une nouvelle maison, TF1 Éditions, au sein de laquelle il publie des livres en rapport avec la chaine de télévision : ouvrages sur la santé avec la collection Santé à la Une et la publication du Grand livre de la santé de Mayo Clinic, livres de cuisine de Joël Robuchon, alors présentateur de l’émission « Cuisinez comme un grand chef », novélisations de feuilletons, albums consacrés aux grands évènements sportifs, etc.

1990 : Berlitz[modifier | modifier le code]

En 1990, il crée avec Berlitz une collection d’apprentissage des langues qui connaîtra un réel succès : Yes I can pour l’anglais, Si yo puedo pour l’espagnol, Si io posso pour l’italien.


1993-1999 : Éditions Robert Laffont[modifier | modifier le code]

En 1993, Christian Brégou, Président de la CEP (qui deviendra plus tard le groupe Editis), lui demande de reprendre les prestigieuses Éditions Robert Laffont. Celles-ci étaient depuis plusieurs années en décroissance, Robert Laffont, qui les avait créés en 1941, avait été obligé de s’en éloigner pour des raisons de santé. Bernard Fixot accepte avec enthousiasme, et fusionne sa maison - les Éditions Fixot - avec les Éditions Robert Laffont. Il devient alors Président des Éditions Robert Laffont, Seghers, Julliard et Fixot. Il réorganise la maison avec Antoine Audouard, et confie la direction de Julliard à Bernard Barrault qui, en cinq ans, lui redonnera tout son lustre.

En 6 ans, le groupe Robert Laffont reprend sa place parmi les grands éditeurs de littérature générale. Ces années verront notamment la renaissance du feuilleton historique avec :

Ces 6 années verront également la poursuite de la publication des documents « Fixot » :

  • On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson (premier témoignage sur le sida)
  • Le Journal de Zlata de Zlata Filipovic, jeune adolescente croate de 12 ans ; Bernard Fixot s’est démené avec succès pour la faire sortir avec ses parents de Sarajevo en guerre. Traduit en 32 langues, best-seller aux États-Unis. Droits de cinéma cédés à Universal.
  • Noa Rabin, à la suite de l’assassinat de son grand-père, Yitzhak Rabin
  • Phûlan Devî, La Reine des bandits (Inde)

ainsi que la poursuite des grandes biographies et autobiographies: James Goldsmith, Olivier de Kersauson ou encore Catherine Allégret avec Des souvenirs et des regrets aussi et l’enrichissement de la collection « Best-sellers » avec de nouveaux auteurs étrangers tels que Nicholas Sparks, Preston & Child, Kathy Reichs, Daniel Silva.

En 1997, Bernard Fixot publie l’ouvrage collectif dont il a eu l’idée : Le Livre noir du communisme. La sortie de l’ouvrage, qui dressait pour la première fois un bilan complet des victimes des régimes communistes, fut accompagnée de violentes polémiques, et connaîtra un succès mondial, avec plus de 26 traductions. A souligner également la publication du titre Le Scaphandre et le Papillon de Jean-Dominique Bauby, et la signature du premier roman de Marc Levy Et si c’était vrai, tous deux vendus à Steven Spielberg qui a produit les films.

Depuis 1999 : XO Éditions[modifier | modifier le code]

Ayant accompli sa mission chez Laffont, Bernard Fixot crée en 1999 avec Edith Leblond et le groupe EDITIS les Éditions XO, qu’il installe dans la Tour Montparnasse, et dont la politique éditoriale repose sur une production volontairement limitée (15 à 20 titres par an) pour concentrer sur chaque ouvrage un maximum de moyens et en optimiser ainsi la diffusion, en France et à l’étranger.
Cette politique éditoriale, très innovante et ambitieuse, a pour objectif de découvrir de nouveaux talents et de réintroduire des auteurs français dans les listes des meilleures ventes mondiales. Ce qui fut fait en 13 ans avec:

  • 297 titres publiés
  • 230 titres classés dans les listes de best-sellers
  • 173 titres vendus à l’international

Parmi les auteurs publiés chez XO, on peut citer:

À noter que Guillaume Musso, qui a publié 10 romans chez XO, est le romancier français numéro un des ventes depuis deux ans avec plus de 1,5 millions de livres vendus chaque année en France (source GFK[1]).

Parallèlement à XO, Bernard Fixot crée en 2002, avec Edith Leblond et Philippe Robinet, Oh ! Éditions et publie des témoignages exemplaires sur la condition des femmes dans le monde (crimes d’honneur, mariages forcés, femmes battues, inceste) ainsi que des documents sur divers phénomènes de société (drogue, alcoolisme, anorexie, euthanasie, précarité, etc.).

En 2013, il crée à Los Angeles la société Bernard Fixot LLC afin de s’impliquer complètement dans la vente des livres de XO au cinéma.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié avec Valérie-Anne Giscard d'Estaing, galeriste. Ils ont deux enfants, Guillaume et Iris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Musso, Levy, Pancol toujours en tête des ventes Le Figaro, 16 janvier 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]