Jean-Louis Servan-Schreiber

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Jean-Louis Servan-Schreiber, ou JLSS, né le 31 octobre 1937 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste, patron de presse, et essayiste français.

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

Fils d'Émile Servan-Schreiber (1888-1967), journaliste, et de Denise Bresard (1900-1987), il est le frère de Jean-Jacques Servan-Schreiber (1924-2006), journaliste et homme politique, de Brigitte Gros (1925-1985) femme politique, et de Christiane Collange (1930), journaliste et essayiste.

JLSS est marié à Perla Danan, publicitaire et écrivain. D'un premier mariage avec Claude Sadoc, il a quatre enfants : Pascaline, Florence, Éric et Camille, et huit petits-enfants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires chez les jésuites de Saint-Louis-de-Gonzague et des études supérieures à Sciences Po, JLSS entre dès 1960 au quotidien économique Les Échos créé par son père et son oncle en 1908. Il en prend la direction de la rédaction deux ans plus tard. À la suite d'un stage approfondi dans la presse magazine américaine, il intègre en 1964 L’Express, fondé par son frère Jean-Jacques en 1953. Ensemble ils transforment cet hebdomadaire en premier newsmagazine de France. La formule remporte un succès immédiat. Toutes les créations ultérieures de “newsmagazines” français (Le Nouvel Observateur, Le Point, Marianne) ont été le fait d’anciens de L’Express.

En 1967, désireux de lancer sa propre entreprise de presse, JLSS crée avec Jean Boissonnat L’Expansion, autour duquel il développe au cours des 27 années suivantes le premier groupe de presse économique français, le Groupe Expansion, qui comprend aussi L’Entreprise, La Lettre de L’Expansion, La Vie Financière, La Tribune et des activités d’édition et de séminaires. Au début des années 90, JLSS, par une série de rachats et de lancements, étend l’activité de son groupe à l’Europe. Le groupe devient Eurexpansion et rassemble des titres et des participations dans une quinzaine de pays. Mais à la suite de la première guerre du Golfe, la baisse brutale des recettes de publicité contraint JLSS à céder le contrôle de son groupe endetté. Il le vend à la CEP dirigée par Christian Brégou en 1994. Il demeure Président du Conseil de Surveillance du Groupe Expansion jusqu’en 1999.

En plus de ses activités de presse, JLSS a enseigné à l'Université Stanford, en Californie, de 1971 à 1973). En 1972, il présente dans Italiques, "Le pouvoir d'informer" et débat avec sa femme Claude, sur l'importance du pouvoir de la presse, son indépendance et son avenir[1]. De 1972 à 1981, il anime Questionnaire sur TF1. À la même époque, il est également chroniqueur sur France Inter et Europe 1 (Club de la presse).

De 1994 à 1997, JLSS rachète et dirige La Vie Économique à Casablanca, dont il fera le premier hebdomadaire d’information du Maroc.

Début 1997, il le revend pour acheter Psychologies magazine à Bernard Loiseau. À partir de mars 1998, avec son épouse Perla, il en fait un succès de presse incontesté : la diffusion passe de 75 000 à 350 000 exemplaires et Psychologies magazine devient, en dix ans, le second mensuel féminin haut de gamme français (derrière Marie-Claire) en diffusion et en recettes de publicité. À la suite d’une prise de participation minoritaire d’Hachette (Groupe Lagardère) en 2004, Psychologies magazine est lancé dans huit pays, de l'Angleterre à la Chine en passant par la Russie et l'Afrique du Sud. Des sites Internet sont créés et développés autour de la marque Psychologies. En juin 2008, Lagardère Active achète 100 % de la SA Groupe Psychologies dont JLSS devient Président du Conseil de Surveillance. De 1999 à 2001, JLSS anime Psycho Philo sur LCI. En 2010, il lance, avec sa femme Perla, le magazine "CLES" dont le thème est "trouver du sens, retrouver du temps". Sa diffusion dépasse vite les 50 000 exemplaires.

Parallèlement à son intérêt pour le comportement humain, JLSS est un défenseur actif des droits de l'homme. Depuis 2006, il préside le comité de soutien de l'organisation Human Rights Watch en France, qui alerte quotidiennement gouvernements et média sur les atteintes aux droits humains dans 70 pays. Robert Badinter, Tahar Ben Jelloun, David de Rothschild, Christine Ockrent, Costa-Gavras figurent parmi les membres du comité. Il est également membre du Conseil d'Administration International de Human Rights Watch.

Pendant l'été 2008, interpellé par plusieurs articles à propos l'impact des activités humaines sur leur environnement, il décide de mener une enquête sur les conséquences du court-termisme sur le fonctionnement des sociétés contemporaines. Cette réflexion aboutit en mai 2010 à un essai, Trop Vite !, où il passe en revue les effets du court-termisme dans plusieurs dimensions de la vie : politique, économique, financier, environnemental, psychologique, personnel, sentimental. Son dernier ouvrage Aimer, quand même, le XXIe siècle (2012), traite du manque de visibilité sur l'avenir. Il trouve des raisons d'optimisme en comparant ce siècle encore jeune à une nouvelle « Renaissance ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de dix livres :

  • Le Pouvoir d'informer (1972), Robert Lafont.
  • L'Entreprise à Visage Humain (1973), Robert Lafont.
  • A Mi-Vie (1977), Stock.
  • Questionnaire pour Demain (1977), Ramsay.
  • L'Art du Temps (1983), Fayard.
  • Le Retour du Courage (1986), Fayard ; réed. Albin Michel (1992).
  • Le Métier de Patron (1990), Fayard.
  • Le nouvel art du Temps (2000), Albin Michel.
  • Vivre Content (2002), Albin Michel.
  • Une vie en plus, avec Joël de Rosnay et François de Closets (2005), Seuil.
  • Trop Vite ! (2010), Albin Michel.
  • Aimer, quand même, le XXIe siècle (2012), Albin Michel.
  • Pourquoi les riches ont gagné (2014), Albin Michel. Il montre à travers ce livre le risque sociétal de l'accroissement accéléré des inégalités et du règne sans partage de la valeur de l'argent sur le monde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 24 novembre 1972

Liens externes[modifier | modifier le code]

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