Marché de prédiction

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Un marché de prédiction est un marché où des paris sont réalisés sur des pronostics d'évènements comme des élections[1], l'évolution de cours de bourse ou du chiffre d'affaires d'une entreprise. Il n'y a aucun besoin d'échantillonnages représentatifs au contraire d'un sondage. L'ensemble des paris forment une décision collective parfois reconnue comme plus performante qu'un sondage[2]. Les marchés de prédiction permettent en effet d'agréger des opinions et d'extraire des consensus non biaisés, ce en temps réel. Ils sont l'une des solutions les plus efficaces pour fournir une vue dynamique de l'intelligence collective. En lieu et place de marché de prédiction, on parle également de marché prédictif, de marché de l'information, de marché de la décision, de marché virtuel ou encore de marché de produit dérivés d'évènement ou de futures sur les idées.

Une des applications de ce type de marché est le marché d'analyse politique que le Pentagone a tenté de mettre en place en 2003 afin de recueillir du renseignement sur les probabilités d'événements déstabilisants dans huit pays du Moyen Orient[3]. Les objections et critiques ont été tellement nombreuses que ce projet a été désavoué le lendemain du jour où il a été dévoilé.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1988 fut créé le premier marché de prédictions : l'IEM - le marché électronique de l'Iowa. Ce système électronique a été conçu pour prévoir les résultats des prochaines élections. Les gens peuvent acheter et vendre les "contrats" en fonction de leur opinion sur le résultat des candidats. Par exemple si le prix de Bush est de 48 cents, cela signifie que le marché pense que Bush va glaner 48 % des suffrages de l'élection. Entre 1988 et 2000, 596 scrutins ont été comparés au prix de la prévision de l'I.E.M. le jour du scrutin.

Il s'avère que l'I.E.M. était plus précis que les sondages trois fois sur quatre.

Efficience[modifier | modifier le code]

Il y a trois raisons qui expliquent pourquoi les marchés de prédictions rivalisent avec les sondages[4] :

  • Premièrement, la transparence : la question posée aux parieurs est directement liée à ce que l'on veut prédire.
  • Deuxièmement, l’appât du gain : les parieurs s’investissent, et prennent des risques avec leur argent ou leur réputation si le pari est non monétaire. Ce qui a pour conséquence d'avoir des intervenants motivés et à la recherche de la bonne information.
  • Troisièmement, la « main invisible » : tous les parieurs essayent de maximiser leur profits et font évoluer leurs positions à l'achat ou à la vente chaque fois qu'ils y trouvent un intérêt, ce qui tend à rendre leur pronostic équilibré.

Marchés prédictifs les plus remarquables[modifier | modifier le code]

En 2007, parmi les marchés prédictifs les plus remarquables, on peut citer Iowa Electronic Markets (Le premier marché de prédictions mis en place par des chercheurs, voir ci-dessus), NewsFutures (le premier marché en français, sur toute l'actualité), Tradesports (sur les résultats sportifs), et Hollywood Stock Exchange (sur le box office américain). Le produit le plus couramment échangé sur ces marché est l'option binaire.

Les applications en entreprise[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, certaines entreprises utilisent les marchés prédictifs comme outils internes d'aide à la décision. Leurs champs d'application sont variés, allant des prévisions (probabilité de réalisation d'évènements futurs, estimations quantitatives d'indicateurs clés...) à la gestion de projet.

Il est rapidement apparu expérimentalement que les marchés de prédiction fournissaient des prévisions plus précises que les projections internes traditionnelles.

Aux États-Unis, Hewlett-Packard, Dentsu, Google, Lilly et Yahoo! font partie des précurseurs ayant adopté ces marchés prédictifs. En France, la société NewsFutures a développé ces types de marchés pour Arcelor et Renault.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article dans le Monde
  2. Article dans le Figaro
  3. Robert Looney, « DARPA's Policy Analysis Market for Intelligence: Outside the Box or Off the Wall? », Strategic Insights, Volume II, Issue 9 (September 2003) http://www.au.af.mil/au/awc/awcgate/nps/pam/si_pam.htm.
  4. Article d'Émile Servan-Schreiber sur Agoravox

Liens externes[modifier | modifier le code]