Forum économique mondial

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Forum économique mondial
Image illustrative de l'article Forum économique mondial

Création 1971
Type Fondation, Organisation à but non lucratif
Siège 91-93, route de la Capite
1223 Cologny
Drapeau de la Suisse Suisse
Coordonnées 46° 13′ 31″ N 6° 11′ 30″ E / 46.225269, 6.19168846° 13′ 31″ N 6° 11′ 30″ E / 46.225269, 6.191688  
Effectifs 300
Dirigeant(s) Klaus M. Schwab
Site web www.weforum.org

Le forum économique mondial (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève. Ce forum est connu pour sa réunion annuelle à Davos, en Suisse, qui réunit des dirigeants d’entreprise, des responsables politiques du monde entier ainsi que des intellectuels et des journalistes, afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, y compris dans les domaines de la santé et de l’environnement. Le forum organise également la « Réunion annuelle des nouveaux champions » en Chine et plusieurs réunions régionales qui se tiennent tout au long de l’année. Il a été créé en 1971 par Klaus M. Schwab, professeur d’économie en Suisse[1]. Parallèlement aux réunions, le forum publie un certain nombre de rapports économiques et implique ses membres dans différentes initiatives liées à des secteurs spécifiques[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Frederik de Klerk et Nelson Mandela échangent une poignée de main lors de la Réunion Annuelle du World Economic Forum à Davos en janvier 1992.

En 1971, Klaus M. Schwab, alors professeur d’économie à l’Université de Genève, invite 444 dirigeants d’entreprises d’Europe occidentale à participer au premier European Management Symposium organisé dans le nouveau Centre de congrès de Davos. Sous le patronage de la Commission européenne et de différentes associations industrielles du Vieux Continent, Klaus Schwab entend familiariser les entreprises européennes avec les pratiques de management en vigueur aux États-Unis. Il crée ensuite le European Management Forum sous la forme d’une organisation à but non lucratif sise à Genève et invite des dirigeants d’entreprises européennes à Davos, où se tient la réunion annuelle en janvier[3].

Klaus Schwab développe la "stakeholder management approach", qui lie le succès d’une entreprise au fait que ses dirigeants prennent en considération les intérêts de toutes les parties prenantes, à savoir non seulement les actionnaires et les clients mais également les employés et les communautés au sein desquelles l’entreprise évolue, y compris les gouvernements[4]. Après les événements de 1973, notamment la fin du système des taux de change fixe consacré par les accords de Bretton Woods et la guerre israélo-arabe, la Réunion Annuelle ne s’intéresse plus uniquement aux questions de management: elle porte désormais aussi son attention sur les problèmes économiques et sociaux. Des responsables politiques sont ainsi invités pour la première fois à Davos en janvier 1974[5].

L'European Management Forum est rebaptisé World Economic Forum en 1987[6]. Son objectif est d’élargir encore son rayonnement et de proposer une tribune pour résoudre les conflits internationaux. Les responsables politiques considèrent la manifestation de Davos comme une plateforme neutre susceptible de les aider à aplanir leurs différends[7]. En 1988, la Grèce et la Turquie signent la «Déclaration de Davos», éloignant ainsi le spectre d’une guerre qui semblait imminente. Lors de la Réunion Annuelle de Davos en 1992, le président sud-africain Frederik de Klerk, Nelson Mandela et le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi se rencontrent pour la première fois à l’étranger. En 1994, le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et le chef de l’OLP Yasser Arafat concluent un projet d’accord sur Gaza et Jéricho[8]. En 2008, Bill Gates tient un discours sur le ‘Creative Capitalism’, une forme de capitalisme qui vise tant à générer des bénéfices qu’à résoudre les injustices dans le monde et qui exploite les forces du marché pour répondre aux besoins des plus démunis[9],[10].

Organisation[modifier | modifier le code]

Klaus M. Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial.
Josette Sheeran, vice-présidente depuis 2012.

Le Forum économique mondial est une fondation à but non lucratif. Il ne défend aucun intérêt politique, partisan ou national et s'est donné pour mission « d’améliorer l’état du monde »[11],[12].

Il a son siège à Cologny, dans le canton de Genève, en Suisse. En 2006, il a ouvert des bureaux régionaux à Pékin (Beijing), en Chine, et à New York, aux États-Unis.

Il a le statut d’observateur auprès du Conseil économique et social des Nations Unies et est placé sous la supervision du gouvernement suisse. La plus haute instance du forum est le Conseil de fondation [13], constitué de 22 membres, parmi lesquels figurent majoritairement des chefs d'entreprise, tels que le PDG de Renault Carlos Ghosn, le publicitaire français Maurice Lévy, le PDG d'Alcatel-Lucent Ben J. Verwaayenet et le PDG de Goldman Sachs Peter D. Sutherland, mais aussi quelques personnalités politiques telles que la reine Rania de Jordanie, la Présidente du FMI Christine Lagarde[14], ou l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan.

Membres[modifier | modifier le code]

Le financement du forum est assuré par les 1 000 entreprises membres[6]. Le profil type de l’entreprise membre est une multinationale réalisant un chiffre d'affaires supérieur à cinq milliards USD (soit environ 3,7 milliards d'euros), un chiffre qui peut toutefois varier selon la branche et la région concernées. Par ailleurs, ces entreprises se classent parmi les meilleures dans leur secteur d’activité et/ou pays et jouent un rôle prédominant dans l’évolution future de leur secteur d’activité et/ou région.

Depuis 2005, les entreprises membres versent des droits d’adhésion annuels de 42 500 CHF (soit environ 34 000 euros), ainsi que des droits de 18 000 CHF (environ 14 500 euros), un montant qui couvre la participation de leur PDG à la réunion annuelle de Davos. Les Industry Partners et les Strategic Partners versent respectivement 250 000 CHF (soit plus de 200 000 euros) et 500 000 CHF (soit plus de 400 000 euros), ce qui leur permet de jouer un rôle plus important dans les initiatives du forum[15],[16].

Activités[modifier | modifier le code]

Réunion annuelle de Davos[modifier | modifier le code]

Klaus M. Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial et François Fillon le Premier ministre de la République française, 2008.

Evénement phare du Forum, la Réunion annuelle a lieu chaque année à la fin janvier à Davos. Cet événement organisé dans la célèbre station de sport d’hiver des Alpes suisses réunit les PDG des 1000 entreprises membres du Forum ainsi que des responsables politiques, des représentants des milieux universitaires et des ONG, des chefs religieux et des personnalités du monde des médias[17]. La participation à la Réunion Annuelle est uniquement sur invitation. Environ 2 200 personnes participent à cet événement de cinq jours et assistent aux quelque 220 sessions inscrites au programme officiel. Les discussions traitent de questions clés de portée mondiale (telles que les conflits internationaux, la pauvreté et les problèmes environnementaux) et des différentes solutions possibles[2]. Près de 500 journalistes (médias en ligne, presse écrite, radio et télévision) participent à la Réunion Annuelle. Les medias ont accès à toutes les sessions inscrites au programme officiel, dont certaines sont également diffusées en direct sur le Web[18].

Toutes les séances plénières de Davos peuvent être suivies sur YouTube[19], des images sont disponibles gratuitement sur Flickr[20] et les citations clés peuvent être consultées sur Twitter[21]. En 2007, le Forum a ouvert des pages sur des plateformes de réseau social telles que MySpace[22] et Facebook[23]. Lors de la Réunion Annuelle en 2008, le Forum a invité le public à répondre à la Davos Question sur YouTube[24], lui permettant ainsi d’interagir avec les dirigeants mondiaux présents à Davos, eux-mêmes conviés à répondre depuis un YouTube Video Corner situé dans le Centre de congrès[25]. En 2008, des conférences de presse ont été diffusées en direct sur Qik (en)[26] et Mogulus[27], donnant la possibilité à toutes les personnes intéressées de poser des questions aux intervenants. En 2006 et 2007, des participants sélectionnés ont été interviewés et la session de clôture a été diffusée dans l’auditorium Reuters de Second Life[28].

Participants[modifier | modifier le code]

Christine Lagarde, Directrice Générale du FMI, 2013

En 2008, quelque 250 personnalités (chefs d’État ou de gouvernement, ministres, ambassadeurs, responsables ou hauts fonctionnaires d’organisations internationales) ont participé à la réunion annuelle. Citons notamment la présence d’Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy, Abdullah Ahmad Badawi, Alvaro Uribe Velez, Anders Fogh Rasmussen, Ban Ki-moon, Condoleezza Rice, Felipe Calderon, Ferenc Gyurcsany, François Fillon, Gloria Macapagal Arroyo, Gordon Brown, Hamid Karzai, Ilham Aliyev, Jan Peter Balkenende, Lee Hsien Loong, Pervez Musharraf, la reine Rania de Jordanie, Recep Tayyip Erdoğan, Salam Fayyad, Sali Berisha, Shimon Peres, Umaru Yar'Adua, Valdas Adamkus, Yasuo Fukuda, Viktor Iouchtchenko et Zeng Peiyan[29],[30].

Al Gore, Bill Clinton, Bill Gates, Bono, Paulo Coelho et Tony Blair sont également des fidèles de Davos. Les éditions précédentes ont été marquées par la présence d’Angela Merkel, Dmitry Medvedev, Henry Kissinger, Nelson Mandela, Raymond Barre et Yasser Arafat.

Samuel Huntington a décrit les participants à la réunion annuelle comme appartenant à l’espèce de « l’homme de Davos », en référence à une élite mondiale dont les membres se projettent dans une dimension purement globale[31],[32].

Liste des réunions annuelles[modifier | modifier le code]

Les dernières réunions du Forum[33] :

Réunion Annuelle des Nouveaux Champions[modifier | modifier le code]

En 2007, le Forum a introduit la "Réunion Annuelle des Nouveaux Champions" qui se tient tous les ans en Chine. Cet événement a été créé à l’intention des "Global Growth Companies". Il s’agit d’un groupe de «champions économiques» provenant essentiellement de différents pays émergents caractérisés par une croissance rapide tels que la Chine et l’Inde mais également d’un certain nombre de «locomotives» issues des pays développés. La Réunion s’adresse en outre à la prochaine génération de dirigeants mondiaux, aux régions à croissance rapide, aux villes compétitives et aux Technology Pioneers du monde entier[34],[35].

Réunions régionales[modifier | modifier le code]

Chaque année, une dizaine de réunions régionales sont organisées, favorisant l’établissement de contacts étroits entre les dirigeants d’entreprise, les chefs de gouvernement locaux et les ONG. Les réunions ont lieu en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au Proche-Orient. Les pays où se tiennent les réunions varient d’une année à l’autre, à l’exception de la Chine et de l’Inde qui ont régulièrement joué le rôle de pays hôtes au cours de la dernière décennie[36].

Liste de réunions régionales en 2011[37] :

  • Du 27 au 29 avril : Forum économique mondial pour l'Amérique Latine, Rio de Janeiro, Brésil
  • Du 4 au 6 mai : Forum économique mondial pour l'Afrique
  • Du 20 au 22 mai : Forum économique mondial pour le Moyen Orient
  • Du 8 au 9 juin : Forum économique mondial pour l'Europe Centrale et Orientale
  • Du 12 au 13 juin : Forum économique mondial pour l'Asie du Sud Est

Young Global Leaders[modifier | modifier le code]

En 2005, le Forum a fondé la communauté des Young Global Leaders, qui succède aux Global Leader of Tomorrow. Cette communauté regroupe plus de 750 dirigeants du monde entier âgés de moins de 40 ans, issus de disciplines et de secteurs très variés. Ses membres s’investissent dans la 2030 Initiative, c'est-à-dire l’établissement d’un plan d’action permettant de définir ce que sera le monde en 2030. Parmi ses membres figurent[38] Shai Agassi, Anousheh Ansari, Maria Consuelo Araujo, Sergey Brin, Tyler Brûlé, Patrick Chappatte, Olafur Eliasson Rahul Gandhi, Haakon de Norvège, Silvana Koch-Mehrin, Tariq Krim, Irshad Manji, Princesse Mathilde de Belgique, Aditya Mittal, Gavin Newsom, Larry Page, Andrea Sanke, Anoushka Shankar, Peter Thiel, Karim Meïssa Wade, Jimmy Wales, Gabriel Naouri et Niklas Zennström. Entre 100 et 200 nouvelles personnalités sont désignées chaque année, ce qui portera le nombre des membres de la communauté à 789[39],[40],[41],[42].

Global Shapers[modifier | modifier le code]

En 2011, le Forum a mis en place le Global Shapers Community, une communauté de jeunes dirigeants de 20 à 30 ans dotés d’un grand potentiel pour jouer un rôle dans l'avenir de la société et qui travaillent à améliorer la situation des populations autour d’eux.

Entrepreneurs sociaux[modifier | modifier le code]

Depuis 2000, le Forum a défendu des modèles développés par les principaux entrepreneurs sociaux au monde, en étroite collaboration avec la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship[43]. Cette fondation considère l’entrepreneuriat social comme un élément clé pour faire progresser la société et résoudre les problèmes d’ordre social[44],[45]. Des entrepreneurs sociaux sélectionnés sont invités à participer à des réunions régionales ainsi qu’à la Réunion annuelle du forum où ils ont l’occasion de rencontrer de hauts représentants du monde économique et politique. Lors de la réunion annuelle de 2003, Jeroo Bilimoria a ainsi rencontré Roberto Blois, Vice-Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications, une entrevue qui a débouché sur un partenariat clé pour son organisation Child Helpline International[46].

Technology Pioneers[modifier | modifier le code]

Tous les ans le Forum choisit ses Technology Pioneers, une trentaine de jeunes entreprises à la pointe de la recherche dans le secteur biomédical, des télécommunications et de l’Internet. Depuis 2003, 391 entreprises ont ainsi été récompensées[47].

Études économiques[modifier | modifier le code]

Le Forum sert aussi de laboratoire d’idées et publie différents rapports économiques annuels[48] (date de la première publication entre parenthèses) :

  • Le Global Competitiveness Report (1979) mesure la compétitivité des pays et des économies.
  • Le Global Information Technology Report (2001) évalue leur compétitivité en fonction de leur propension à utiliser les technologies de l’information (networked readiness).
  • Le Global Gender Gap Report (2005) analyse les domaines critiques d’inégalité entre les hommes et les femmes
  • Le Global Risk Report (2006) soupèse les principaux risques globaux
  • Le Travel and Tourism Competitiveness Report (2007) apprécie la compétitivité en termes de voyage et de tourisme.
  • Le Global Enabling Trade Report (2008) présente une analyse internationale portant sur un large éventail de mesures utiles aux échanges commerciaux entre les pays.

Initiatives[modifier | modifier le code]

La Global Health Initiative (GHI) a été lancée par Kofi Annan lors de la Réunion Annuelle de 2002. Cette initiative a pour mission d’inciter les entreprises à conclure des partenariats publics-privés afin de lutter contre le HIV/sida, la tuberculose, le paludisme et de renforcer les systèmes de santé.

Lancée lors de la Réunion Annuelle de 2003, la Global Education Initiative (GEI) a mis en présence des multinationales spécialisées dans les technologies de l’information et les gouvernements de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Inde. La rencontre a débouché sur la mise à disposition de matériel informatique neuf dans les écoles et un nombre plus élevé d’enseignants locaux formés aux méthodes de e-learning. L’impact sur la vie des enfants est important. Le modèle GEI, qui est évolutif et s’inscrit dans la durée, sert désormais de projet éducatif dans d’autres pays tels que le Rwanda.

L’Environmental Initiative porte sur les changements climatiques et l’eau. Dans le cadre du “Gleneagles Dialogue on Climate Change”, le gouvernement du Royaume-Uni a demandé au World Economic Forum, lors du 31è Sommet du G8 à Gleneagles en 2005, de favoriser le dialogue avec le milieu des affaires afin de formuler des recommandations visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Approuvées par un groupe international de CEO, ces recommandations ont été présentées aux dirigeants avant le Sommet du G8 à Toyako/Hokkaidō qui s’est tenu en juillet 2008[49],[50]. La Water Initiative réunit différents acteurs tels que Alcan Inc., l’agence suisse Direction du développement et de la coopération, USAID India, UNDP India, la Confederation of Indian Industry (CII), le gouvernement du Rajasthan et la NEPAD Business Foundation. Son objectif est de promouvoir les partenariats publics-privés sur la gestion de l’eau en Afrique du Sud et en Inde.

Désireux de lutter contre la corruption, différents CEO émanant des secteurs de l’ingénierie et de la construction, de l’énergie et des métaux et de l’exploitation minière ont lancé la Partnering Against Corruption Initiative (PACI) lors de la Réunion Annuelle de Davos en janvier 2004. La PACI est une plateforme d’échanges fondée sur des expériences pratiques et des situations conflictuelles. Quelque 140 entreprises ont signé cette initiative[51].

Critiques[modifier | modifier le code]

De simple réunion informelle de chefs d'entreprise européens, le forum de Davos s’est peu à peu transformé en club planétaire de décideurs. Il a acquis sur la scène économique mondiale un poids et un pouvoir impressionnants, ce qui fait dire à ses détracteurs qu’il est l’incarnation d’un impérialisme économique[réf. nécessaire]. La puissance du forum économique mondial est telle que, malgré son caractère non-démocratique (il n’est pas une instance élue), l’ONU a mis en place depuis 1998 un partenariat avec lui, permettant une implication croissante des entreprises dans le règlement des affaires économiques mondiales[réf. nécessaire]. Réseau de dirigeants organisés pour conforter la mondialisation libérale, le forum entend donc aussi faire jouer un rôle de plus en plus important aux dirigeants d’entreprises au détriment du rôle de régulation des Etats. Il œuvre à affirmer la légitimité d’une nouvelle « gouvernance globale » des affaires économiques mondiales, où les entreprises, par la prise en compte d’impératifs éthiques, par une implication citoyenne, seraient aptes à remplacer le rôle jugé défaillant et obsolète des Etats[52].

Le Forum économique mondial, comme le G8, peuvent être considérés comme des institutions impérialistes puisque, alors qu’elles constituent des instances non élues, et qu’elles représentent non pas les intérêts de la population mondiale mais seulement des très grandes entreprises, banques et des Etats les plus riches, elles s’arrogent le droit de prendre des décisions majeures sur les orientations économiques du monde[52].

À la fin des années 90, le Forum, le G7, la Banque mondiale, l’OMC et le FMI sont sévèrement critiqués par des activistes antimondialistes qui accusent le capitalisme et la mondialisation d’accroître la pauvreté et de détruire l’environnement. Près de 1500 manifestants perturbent le World Economic Forum à Melbourne, en Australie, barrant le passage à 200 délégués qui se rendent à la réunion[53]. A Davos, des manifestants protestent régulièrement contre la réunion des «nantis dans la neige» (fat cats in the snow), selon les termes du chanteur de rock Bono[54].

En janvier 2000, un millier de personnes manifestent dans les rues de Davos, faisant voler en éclats la vitrine du McDonald's[55]. Depuis que des mesures de sécurité plus sévères empêchent les manifestants de se rendre dans la station grisonne, la plupart des démonstrations anti-Davos ont lieu à Zurich, Berne ou Bâle[56]. Les médias suisses ont critiqué à maintes reprises les coûts des mesures de sécurité, supportés conjointement par le Forum, les autorités cantonales et la Confédération[57].

Depuis la Réunion Annuelle en janvier 2003, un Open Forum Davos est organisé parallèlement à la réunion principale afin d’ouvrir au public le débat sur la mondialisation. Réunissant personnalités politiques et dirigeants d’entreprise, l’Open Forum se tient chaque année dans l’enceinte de l’école locale. Le public peut assister gratuitement à tous les débats[58],[59]. La Réunion Annuelle a en outre été décriée pour son «déploiement de fastes et de platitudes». Ses détracteurs lui reprochent de s’éloigner des grandes questions économiques et de fournir des résultats peu probants, en particulier depuis la présence toujours plus importante d’ONG peu compétentes en matière d’économie. Selon eux, Davos se penche sur des questions politiques du moment, très prisées des médias (réchauffement climatique, sida en Afrique, etc), au lieu de débattre de l’économie mondiale en présence d’experts renommés, de grands dirigeants économiques et d’acteurs politiques clés[60].

Derniers rapports du Forum économique mondial[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lewis Lapham, La montagne des vanités; Les secrets de Davos, traduit de l'anglais par Marie-José Capelle, publié chez Maisonneuve & Larose, ISBN 2-7068-1436-5. (récit humoristique et mordant de sa participation aux programmes de Davos par le rédacteur en chef du Harper's Magazine. Une peinture politiquement très incorrecte des "grands" qui nous gouvernent)
  • Barbara Kellerman, Reinventing Leadership: Making the Connection Between Politics and Business, publié chez SUNY Press, 1999, ISBN 0-7914-4072-9, 268 pages.
  • David Bornstein, How to Change the World: Social Entrepreneurs and the Power of New Ideas, publié chez Oxford University Press US, 2007, ISBN 0-19-533476-0, 358 pages.
  • David Rothkopf, Superclass: The global power elite and the world they are making, publié chez Farrar, Straus and Giroux, 2008, ISBN 0-374-27210-7, 400 pages
  • Geoffrey Allen Pigman, Global Institutions: The World Economic Forum – A multi-stakeholder approach to global governance, publié chez Routledge, 2007, ISBN 978-0-415-70204-1, 175 pages.
  • Klaus M. Schwab and Hein Kroos, Moderne Unternehmensführung im Maschinenbau, publié chez Verein Dt. Maschinenbau-Anst. e.V. ; Maschinenbau-Verlag, 1971
  • Mike Moore, A World Without Walls: Freedom, Development, Free Trade and Global Governance, publié chez Cambridge University Press, 2003, ISBN 0-521-82701-9, 292 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pigman p6-22
  2. a et b Pigman p41-42
  3. Kellerman p229
  4. Schwab and Kroos
  5. Interview: Klaus Schwab'', Financial Times, 22 janvier 2008, consulté le 29 août 2008
  6. a et b (fr) Frédéric Lemaître, « Forum économique mondial : des élites en quête de sens », Le Monde,‎ 22 janvier 2008 (consulté le 23 janvier 2008)
  7. (fr) Frédéric Lemaître, « Une activité intense, des résultats mitigés », Le Monde,‎ 22 janvier 2008 (consulté le 23 janvier 2008)
  8. WEF and Davos: A brief history, Telegraph, 16 janvier 2008: 12:09AM, consulté le 29 août 2008
  9. Gates pushes ‘creative capitalism’, Financial Times, 25 janvier 2008, consulté le 29 août 2008
  10. Gates calls for creative capitalism, Reuters (video)
  11. Pigman p58-59
  12. About, Forum économique mondial
  13. http://www.weforum.org/content/leadership-team-klaus-schwab
  14. http://www.weforum.org/contributors/christine-lagarde
  15. Pigman p.23-30
  16. Rothkopf p.272
  17. Q&A: World Economic Forum 2006, BBC, 23 janvier 2006 : 11:15AM GMT, consulté le 29 août 2008
  18. Site web officiel
  19. http://www.youtube.com/user/WorldEconomicForum
  20. http://www.flickr.com/photos/worldeconomicforum
  21. http://twitter.com/worldeconomicforum
  22. http://www.myspace.com/worldeconomicforum
  23. http://www.facebook.com/group.php?gid=2440681615
  24. http://www.youtube.com/user/thedavosquestion
  25. The Super-Awesome YouTube Room At Davos, Techcrunch, 26 janvier 2008, consulté le 29 août 2008
  26. http://qik.com/worldeconomicforum
  27. http://www.mogulus.com/worldeconomicforum
  28. Getting a Second Life in Davos, CNN, 26 janvier 2007: 10:07AM EST, consulté le 29 août 2008
  29. (fr) Vincent Fertey, « Combien coûte Davos ? », Le Figaro,‎ 23 janvier 2008 (consulté le 23 janvier 2008)
  30. http://www.weforum.org/pdf/AM_2008/AM08_PublicFiguresList.pdf Davos 2008 guest list, Telegraph, 19 janvier 2008: 1:07AM GMT, consulté le 29 août 2008
  31. Davos man's death wish, The Guardian, 3 février 2008, consulté le 29 août 2008
  32. In Search of Davos Man, Time, 23 janvier 2005, consulté le 29 août 2008
  33. http://www.weforum.org/events
  34. World Economic Forum: The Inaugural Annual Meeting of the New Champions, China.org, consulté le 29 août 2008
  35. Summer Davos to put Dalian on business map, People's Daily, 1 août 2007, consulté le 29 août 2008
  36. http://www.weforum.org/en/events/index.htm
  37. http://www.weforum.org/s?filters=type:event%20ds_field_start_datetime:[2011-01-03T09:29:44Z%20TO%20*]
  38. Meet some of the under-40s selected to join forces to shape a better future, Newsweek, 29 May 2005, consulté le 29 août 2008
  39. http://www.younggloballeaders.org/index.html
  40. http://www.sohochina.com/en/news/detail.asp?id=21842&cid=11
  41. http://www.youtube.com/watch?v=SGrOAyvjMWI
  42. http://www.weforum.org/s?filters=type:young_global_leaders
  43. (en) http://www.schwabfound.org/index.htm Site officiel], Schwab Foundation for Social Entrepreneurship
  44. Davos diary: Meetings of minds, BBC, 31 janvier 2005: 09:18 GMT, consulté le 29 août 2008
  45. Mike Moore, p.209
  46. Bornstein p.272
  47. http://www.weforum.org/techpioneers
  48. Pigman p.43, 92-112
  49. Business chiefs urge carbon curbs, BBC, 20 June 2008, consulté le 3 September 2008
  50. Business chiefs call for G8 climate leadership, Reuters, 19 June 2008, consulté le 3 September 2008
  51. Pigman p115
  52. a et b Chloé Maurel, Géopolitique des impérialismes, Paris, Studyrama, 2009
  53. Economic Talks Open Minus 200 Delegates: Demonstrators Harass Melbourne Conference, International Herald Tribune, 12 September 2000, retreived on 29 août 2008
  54. Bono Teams Up With Amex, Gap For Product Red, Forbes, 21 janvier 2006, consulté le 29 août 2008
  55. The Davos Buzz, Forbes, 22 janvier 2008: 12:30PM ET, consulté le 29 août 2008
  56. Police arrest 100 Davos protesters, CNN, 28 janvier 2001: 8:24AM EST, consulté le 29 août 2008
  57. Tight security surrounds Davos, CNN, 25 janvier 2001: 4:37 AM EST, consulté le 29 août 2008
  58. Pigman p130
  59. Open Forum (YouTube)
  60. Davos: beanfeast of pomp and platitude, Times Online, 22 janvier 2006, consulté le 29 août 2008 ; cf. Michel Weber, « Peurs et angoisses en politique — A propos de Davos », Kairos 13, avril-mai 2014, p. 7.