Paul Séjourné

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Paul Séjourné
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Paul Séjourné en habits d'Académicien

Nom de naissance Paul Séjourné
Naissance
Orléans, France
Décès (à 87 ans)
Paris, France
Nationalité Français
Profession
Formation
Distinctions
Le pont Séjourné ou pont de Fontpédrouse, l'un des plus célèbres
Le viaduc de la Roizonne, dernier grand ouvrage de Paul Séjourné

Paul Séjourné, né le 21 décembre 1851 à Orléans et mort le 14 janvier 1939 à Paris, est un ingénieur français, et constructeur de grands ponts en maçonnerie, pour lesquels il a apporté d’importantes innovations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le à Orléans[1], fils de Jean-Aimé-Eugène Séjourné, professeur de mathématiques, et de Françoise-Eulalie Bignon.

Diplômé de l’École polytechnique en 1873 et de l’École nationale des ponts et chaussées en 1876, il est nommé Ingénieur des ponts et chaussées à Mende en 1877, puis à Toulouse en 1890. Dans ces deux postes il est chargé de la supervision de plusieurs lignes de chemin de fer en projet ou en construction. Ses méthodes innovantes le font remarquer. En 1886, il est décoré de l'Ordre national de la Légion d'honneur avec ce motif : « a conçu et construit, sur diverses lignes de chemin de fer, des ponts à grande ouverture dignes d'être cités comme modèles (...)»[2].

Il se met en congé de 1890 à 1893 pour travailler pour la Compagnie Fives-Lille en Espagne. En 1896, il quitte l’administration et entre à la compagnie du PLM comme ingénieur en chef à Dijon, ce qui ne l'empêche pas de procéder à d'autres travaux importants, comme la construction du célèbre pont Adolphe à Luxembourg. Il devient chef du service des constructions du PLM en 1909. En 1916, Lyautey lui confie la direction des lignes de chemins de fer au Maroc. Il est nommé sous-directeur de la compagnie PLM en 1919, et quittera la compagnie en 1927, à l'âge de 76 ans, avec le titre de directeur honoraire.

De 1901 à 1922 il est chargé du cours de ponts en maçonnerie à l'ENPC. Il publie entre 1913 et 1916 les six volumes de son ouvrage Grandes voûtes, traité qui rassemble toutes les connaissances sur les ponts en maçonnerie. En 1924 il est élu membre de l’Académie des Sciences, qui lui avait décerné en 1918 le prix Caméré[3]. En 1926 il est promu grand officier de la Légion d'honneur.

Paul Séjourné est enterré au Cimetière de Montmartre, à Paris. Un buste de Paul Séjourné se trouve dans le hall principal de l’École nationale des Ponts et Chaussées, rue des Saints-Pères, à Paris.

Apports techniques[modifier | modifier le code]

Paul Séjourné développe des techniques innovantes :

  • Sur le calcul et la conception des cintres : il démontre l’intérêt de la construction des voûtes par rouleaux successifs et du clavage par tronçons. Au lieu de construire un cintre unique et coûteux comme on le fait depuis la Renaissance, il met en place un cintre partiel plus léger de 20 à 70 %, retrouvant une technique empirique utilisée par les Romains et jusqu’au Moyen Âge. Sur les cintres retroussés, il réalise le raidissement à volonté par tirants d'acier à l'aide de tendeurs à vis[2].
  • Sur la construction de la voûte : mise en œuvre pour la première fois lors de la construction du pont Adolphe à Luxembourg, la voûte est dédoublée en deux anneaux reliés entre eux par le tablier, ce qui fait porter les efforts par deux structures séparées, plus légères à supporter par les culées. Il réutilisera sa technique des « ponts jumeaux » à Lyon (pont Wilson), à Toulouse (pont des Amidonniers)[4], et le procédé sera ensuite systématisé jusqu'à l'étranger, donnant lieu à la définition d’un « type Séjourné » caractéristique de l'époque[5].

Alors que plusieurs de ses contemporains, tel Gustave Eiffel, utilisent systématiquement le métal, Séjourné continua à construire ou à concevoir des ponts de grande portée en maçonnerie jusqu'à la fin des années 1920. Plus tard, les conditions économiques conduiront à l’abandon des ouvrages en maçonnerie de grandes dimensions au profit du béton.

Ouvrages d’art[modifier | modifier le code]

Paul Séjourné participe aux ouvrages d’art suivants en tant que :

Concepteur[modifier | modifier le code]

Le pont Antoinette (dit "pont de l'Aiguillou") sur l'Agout à Sémalens

Ingénieur[modifier | modifier le code]

Ingénieur en chef[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son père, Jean-Aimé-Eugène Séjourné, est nommé agrégé des lycées pour l'enseignement des sciences en 1856, il est alors chargé du cours de mathématiques pures et appliquées au lycée impérial de Vendôme, son père est né à La Ville-aux-Clercs, fils de Jean Séjourné et de Françoise-Claude Babillot.

Paul Séjourné épouse Marie-Rose-Antoinette Lesueur de Pérès le 8 mai 1881 à Marmande (acte no 19, vue 224/316 du registre 1878/1882), elle est née le 22 octobre 1854 à Marmande, (vue 169/784 du registre 1853/1862), fille de Jean-Louis-Antoine-Nicolas-Auguste Lesueur de Pérès, procureur impérial et de Marie-Louise-Inès Brousteau,

Paul Séjourné et Antoinette Lesueur de Pérès ont 5 enfants :

  • Françoise-Aimée-Madeleine Séjourné, née le 22 novembre 1882 à Marmande, elle épouse Stéphane-Henri Thouvenot, ingénieur des ponts et chaussées le 26 juin 1907 à Paris 6e
  • Jacques-Maurice-Louis-Jean Séjourné, né le 1er janvier 1886 à Marmande, courtier de change, trois mariages...
  • Solange Séjourné, née le 19 février 1887 à Marmande, elle épouse René-Gabriel Méchin, ingénieur des ponts et chaussées le 13 mai 1911 à Paris 6e
  • Maurice-Eugène Séjourné, ingénieur civil des ponts et chaussées, né le 15 septembre 1889 à Toulouse, décédé à Paris 6e, le 29 septembre 1941.
  • Louis-Aignan Séjourné, capitaine aviateur, frère jumeau de Maurice, né le 15 septembre 1889 à Toulouse, décédé à Fort de France (Martinique), le 6 février 1931

Les deux frères jumeaux feront la guerre 1914-1918 dans l'escadrille N 65 – SPA 65

Tombe de Paul Séjourné au cimetière de Montmartre

Paul Séjourné est inhumé au cimetière de Montmartre, 21e division, côte avenue Berlioz, avec son épouse, sa fille Françoise-Aimée-Madeleine Séjourné, dans la tombe repose aussi Joséphine D’Espeyron, épouse de Louis De Verdun, fille unique de Pierre D'Espeyron, lequel participe au siège de Yorktown en 1781, et qui finira sa carrière à l'armée des émigrés, soit l'armée de Condé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte no 1268, vue 424/652 aux Archives d’Orléans
  2. a, b et c Grands Constructeurs : Paul Séjourné - Technica no 76, p. 3, 6 et 14
  3. Nécrologie de Paul Séjourné dans la revue Le Génie civil no 294 du 28 janvier 1939, page 94
  4. In memoriam Paul Séjourné, revue Technica no 72, février 1939, p. 37
  5. Nécrologie de Paul Séjourné, revue Le Génie civil no 294 du 28 janvier 1939, p. 94

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]