Frédéric Lordon

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Frédéric Lordon

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Frédéric Lordon en août 2011.

Naissance (53 ans)
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Frédéric Lordon est un économiste et sociologue français né le . Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE)[1]. Il est membre du collectif « Les Économistes atterrés ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de l'École nationale des Ponts et Chaussées (promotion 1985) et de l'Institut supérieur des affaires (promotion 1987)[2], devenu MBA HEC.

Il soutient sa thèse de doctorat en 1993 à l'EHESS sur les Irrégularités des trajectoires de croissances, évolutions et dynamique non-linéaire. Pour une schématisation de l'endométabolisme[3], sous la direction de Robert Boyer. Parallèlement à ses études doctorales, Frédéric Lordon est chargé d'étude à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et chargé d'enseignement à l'IEP de Paris[4].

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche « spinoziste »[5] en sciences sociales[6] et en sociologie économique[7]. Il vise à rapprocher étroitement la science économique de la sociologie[8].

Il décrit sa position dans le champ des sciences économique comme « hétérodoxe ». Il partage les thèses de l'école régulationniste et particulièrement celles qui considèrent le caractère ontologique des luttes au sein des faits sociaux. Il fait sienne la formule de Michel Foucault lorsqu'il considère que « la politique est la guerre continuée par d'autres moyens[9] », paraphrase retournée de la formule de Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. »

Il mobilise et réinterprète le conatus spinozien et, ce faisant, se dégage de l'emprise du structuralisme althusserien pour réintroduire la dimension de l'action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux, au cœur des sociétés[10]. Considérés comme des élans de puissance, les individus spinoziens sont déterminés par des affects extérieurs qui orientent leur comportement. Frédéric Lordon oppose cette thèse à l’humanisme subjectiviste autodéterminé qui forme le coeur de l’imaginaire néo-libéral[11].

Il participe au Manifeste d'économistes atterrés[12].

Interventions dans Le Monde diplomatique[modifier | modifier le code]

Collaborateur régulier au journal Le Monde diplomatique, il y a proposé la mise en place d'une taxe nouvelle, le SLAM, ainsi que, dans un autre article, la suppression de la Bourse[13]. Dans un article de mai 2010[14], il revient sur une notion traditionnellement rejetée par la gauche, puis par une grande partie de la droite institutionnelle depuis que le Front national en avait fait sa doctrine centrale, la notion de souveraineté en économie en prenant le cas japonais : « À rebours de l'idéologie de la mondialisation qui fait l'apologie de la suppression de toutes les frontières, et spécialement de celles qui pourraient être opposées aux mouvements de capitaux, le cas japonais […] offre l'exemple d'une configuration non seulement viable, mais dotée d'assez bonnes propriétés ». En rappelant que « l'histoire des XIXe et XXe siècle a donné suffisamment de raisons de se méfier de l'hypertrophie du principe national qui a pour nom nationalisme […] » il rappelle qu'en « détruisant l'idée de nation, le libéralisme détruit du même coup celle de souveraineté, en prenant bien soin, signe de sa parfaite hypocrisie, d'éviter toute reconstruction de souveraineté à des échelles territoriales élargies ».

Le SLAM[modifier | modifier le code]

Le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin, ou « marge actionnariale limite autorisée »)[15] est une proposition de « plafonnement par un écrêtement fiscal la rémunération des actionnaires »[16] émise par Frédéric Lordon[17] pour lutter contre ce qu'il considère être les « ravages de la finance » produits par les nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité et leur impact macroéconomique, découlant de la croyance dans le Théorème de Schmidt. Le SLAM consiste à fixer un niveau de rentabilité actionnariale maximale au-delà duquel est appliqué un taux d'imposition confiscatoire. Pour déterminer les profits générés, on inclut à la fois les dividendes versés mais aussi les plus-values réalisées lors de la cession.

Le niveau couperet se nomme TSR (Total Shareholder Return) et serait ainsi fixé : connaissant aisément le taux d'intérêt pour des actifs sans risque, on n'autoriserait qu'une prime maximum liée au risque (dont le montant doit être discuté). Frédéric Lordon propose pour l'heure un TSR de 6-7 %.

L'effet bénéfique attendu d'une telle mesure est de réduire la pression actionnariale sur les entreprises cotées[18] et par contre-coup sur les entreprises non cotées sous-traitantes des premières. Cela permet, tout en rémunérant correctement le capital, de ré-envisager plus sereinement la répartition des richesses et notamment le niveau d'emploi et de salaire, ainsi que d'améliorer les conditions sociales des salariés.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrage collectif[modifier | modifier le code]

Apparition vidéo[modifier | modifier le code]

Frédéric Lordon apparaît à plusieurs reprises en tant que commentateur dans le film documentaire français sorti en janvier 2012 : Les Nouveaux Chiens de garde, lui-même tiré de l'essai éponyme de Serge Halimi paru en 1997, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique et économique français.

Apparitions radios[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, Frédéric Lordon a participé à de nombreux numéros de Là-bas si j'y suis[22]. En 2010, son livre Capitalisme, désir et servitude est présenté par Sylvain Bourmeau dans l'émission La Suite dans les idées[23] sur France Culture et Laure Adler lui consacre un portrait dans son émission Hors-champs en 2013[24].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Sa pièce de théâtre D'un retournement l'autre à propos de la crise des subprimes est adaptée au cinéma par Gérard Mordillat dans le film Le Grand Retournement, sorti en salles le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Lordon sur le site du Centre de sociologie européenne.
  2. Dominique Berns, « « La crise du capitalisme de basse pression salariale » », Le Soir, 24 novembre 2008.
  3. [PDF] Liste des publications sur le site personnel de Frédéric Lordon, consulté le 17 mars 2013.
  4. Pour une socionoétique des objets économiques. Entretien avec Frédéric Lordon, Frédéric Lordon, Mickaël Clévenot, Agnès Labrousse, Thomas Lamarche et Sabine Montagne, Revue de la régulation [En ligne], 2 | janvier / January 2008.
  5. "Ca fait dix ans que je me suis engagé dans ce programme de recherche qui vise à importer des concepts philosophiques, et notamment ceux de Spinoza dans une économie politique institutionnaliste." Vidéo de Frédéric Lordon de 1:40 à 1:50
  6. Voir sur son site
  7. EHESS, Centre de sociologie européenne, Présentation de Frédéric Lordon.
  8. Notes de lecture : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme Thomas Lamarche, Revue de la régulation - Capitalisme, institutions, pouvoirs, janvier 2008 : « Cette posture au sein des sciences sociales et des sciences économiques nous renvoie à ce double projet d’unidiscipline dans les sciences sociales et de théorie générale des institutions, que l’on retrouve particulièrement chez André Orléan et Frédéric Lordon. Sociologues et économistes travaillent ici de concert. L’économie politique hétérodoxe, comme le précise Frédéric Lordon, "joue à fond le rapprochement des disciplines." »
  9. Foucault M., 1975-1976 : Il faut défendre la société, Gallimard, Paris, 1997, 283 p. p. 16 (ISBN 2-02-023169-7)
  10. Lordon F., 2008, « Métaphysique des luttes », p. 23-54, in Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Presses de la Fondation des Sciences Politiques, Paris, coll. Gouvernances, dir., 339 p.
  11. Frédéric Lordon, La société des affects : pour un structuralisme des passions,, Paris, Éditions du Seuil, coll. L'ordre philosophique,‎
  12. http://atterres.org/page/manifeste-d%C3%A9conomistes-atterr%C3%A9s
  13. Frédéric Lordon, « Et si on fermait la Bourse... : Pour relancer l’économie », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  14. Frédéric Lordon, « Et si on commençait la démondialisation financière ? : Pour soumettre les choix économiques à la délibération politique », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  15. La crise de trop - Reconstruction d'un monde failli, Frédéric Lordon, Paris, Fayard, 2009 (ISBN 978-2-213-64410-3) (Chapitre 5 et annexe).
  16. Frédéric Lordon « Des idées pour arraisonner la finance, il y en a ! », entretien réalisé par Rosa Moussaoui, l'Humanité du 21 mars 2008.
  17. « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! », Le Monde diplomatique, février 2007.
  18. La crise du capitalisme de basse pression salariale], entretient de Dominique Berns dans Le Soir du 24 novembre 2008, page 16.
  19. Notes de lecture : L’intérêt souverain : essai d’anthropologie économique spinoziste Matthieu Montalban, Revue de la régulation : capitalisme, institutions, pouvoirs, janvier 2008
  20. Note de lecture : Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza Jean-Marie Harribey, Revue de la régulation : capitalisme, institutions, pouvoirs, 6 juin 2011
  21. L'ouvrage et son sommaire, sur le site de l'éditeur, PUF.
  22. Frédéric Lordon dans Là-bas si j'y suis
  23. La Suite dans les idées, par Sylvain Bourmeau, France Culture, émission du 2 octobre 2010.
  24. Hors-champs, France Culture, émission du 26 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]