Minatec

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Minatec
Image illustrative de l'article Minatec

Création 2006
Siège Grenoble
Pays France
Coordonnées 45° 11′ 44″ Nord 5° 42′ 33″ Est / 45.19556, 5.70917
Rattachement CEA, LETI, Grenoble INP
Directeur Jean-Charles Guibert
Disciplines Micro et nanotechnologies
Site web minatec.com

Géolocalisation sur la carte : Grenoble

(Voir situation sur carte : Grenoble)
Minatec

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Minatec

Minatec est un complexe scientifique d'envergure européenne situé sur le polygone scientifique de Grenoble. Acronyme de micro et nano technologie, ce centre ne possède pas de personnalité juridique mais uniquement un site, une marque déposée et un mode d’organisation basé sur une convention signée par tous les organismes présents sur le site, qui prévoit la désignation d’un directeur et d’un comité de pilotage[1].

Inauguré le par François Loos, ministre délégué à l’Industrie, ce complexe consacré aux nanotechnologies vise à atteindre une masse critique suffisante pour s'imposer comme un centre d'excellence de stature mondiale. Ce pôle d'innovation accueille un total de 4 800 personnes dont 3 000 chercheurs, 1 200 étudiants et 600 industriels[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Imaginé en 1999 par Jean Therme, alors directeur du CEA-LETI, le concept Minatec voit sa concrétisation par la signature le 18 janvier 2002 de la convention cadre donnant le coup d'envoi du projet d'un coût de 193,5 millions d'euros[3]. Piloté par le groupe Grenoble INP (ex Institut polytechnique de Grenoble) associé au CEA-LETI, le projet retient un site de huit hectares le long de la rue Félix-Esclangon et la pose de la première pierre se déroule le 27 septembre 2004. L'édifice est inauguré le 2 juin 2006[3].

En juin 2008, avec la signature d'une convention de fonctionnement entre les différents partenaires, Jean-Charles Guibert est nommé directeur de Minatec[4]. La même année, Minatec intègre le campus GIANT (Grenoble Innovation for new advanced technologies), une nouvelle entité regroupant l'ensemble des acteurs économiques des 250 hectares de la presqu'île grenobloise[5]. Installé à l'origine dans 45 000 m2 de locaux, Minatec voit en octobre 2015 la mise en service du bâtiment centre de compétences d'une surface de 10 000 m2 où travailleront des équipes du LETI et du laboratoire des technologies de la microélectronique[6],[7]. En janvier 2016, un nouvel immeuble de 2 900 m2 est opérationnel devant la place Nelson-Mandela afin d'héberger le Centre conception logiciel dont le rez-de-chaussée est dédié aux événements que gère la Maison MINATEC et dont les trois étages accueillent 140 collaborateurs de l'INRIA du CEA Grenoble et de la division architectures conception et logiciels embarqués du LETI[8].

Domaine de recherche[modifier | modifier le code]

Il est actuellement le premier centre européen consacré aux nanotechnologies, et le troisième au niveau mondial. Ses domaines de recherche sont les MIcro- et NAno-TEChnologies. L'un des objectifs est donc de repousser les limites de la micro-électronique en créant des objets à l'échelle nanométrique. Il est destiné à intégrer de nombreux laboratoires, une partie du Commissariat à l'énergie atomique, une école d'ingénieurs et une école doctorale du groupe Grenoble INP, Phelma et l'École doctorale d'électronique, électrotechnique, automatique et traitement du signal (EEATS). L'école Grenoble INP - Phelma est née de la fusion, en 2008, de l'ENSPG (École nationale supérieure de physique de Grenoble), l'ENSERG (École nationale supérieure d'électronique et de radioélectricité de Grenoble) et l'ENSEEG (École nationale supérieure d'électrochimie et d'électrométallurgie de Grenoble), sauf le département télécommunications (ENSERG/ENSIMAG). L'École nationale supérieure de création industrielle y possède une résidence d'étudiants et participe aux recherches en apportant son expertise dans le domaine du design industriel. Enfin, le campus Minatec accueille deux équipes parmi les vingt-trois que compte le Laboratoire d'informatique de Grenoble.

Rayonnement international[modifier | modifier le code]

Minatec organise les « Minatec Crossroads », séminaires annuels qui réunissent sur plusieurs jours des experts mondiaux dans le domaine des nanotechnologies[9]. Minatec reçoit une centaine de délégations par an et environ 40 000 visiteurs chaque année[10]. Minatec dispose d'un showroom dans un site sécurisé afin de montrer et valoriser ses innovations aux professionnels et industriels des différents séminaires et conférences. Dans une ambiance opaline au mobilier design en forme d'atomes, le visiteur découvre sur 400 m2 des produits dans le domaine de la santé, de la biologie, des énergies renouvelables, de l'habitat, des technologies de l'information et de la communication[11].

Dans le cadre de la préparation de l'implantation du premier American Corner en France au sein de l'hôtel de Lesdiguières[12], l'ambassadeur des États-Unis, Charles Rivkin a visité Minatec le 4 mars 2011[13].

Laboratoires[modifier | modifier le code]

Minatec depuis la rue Félix-Esclangon

Le campus Minatec comprend l'école d'ingénieur Phelma sur 9 000 m2, une salle blanche classe 1000/100, des laboratoires de fabrication et analyse. Minatec comprend différentes plateformes consacrées à différentes technologies : NEMS, MEMS, nanocarectérisation, plateforme Technologique Amont, Chimie, circuit intégrés, biotechnologie et photonique. Minatec est le berceau d'un certain nombre de startup ou spinoff des laboratoires de Grenoble INP, CEA-LETI, ainsi que des groupes internationaux qui viennent à Grenoble profiter du savoir-faire.

En 2011, Poma réalise sur le site de Minatec un véhicule unique au monde pour le domaine des nanotechnologies, appelé liaison blanc-blanc. Il s'agit d'un funiculaire desservant deux salles blanches distantes de 240 mètres, évitant ainsi au personnel de se déshabiller pour passer de l'une à l'autre[14].

Financement[modifier | modifier le code]

Minatec représente un investissement de 193,5 millions d'euros entre 2002 et 2005 principalement pris en charge par les collectivités territoriales et le CEA[15],[16]. Il s'agit selon Jean-Philippe Leresche de l'utilisation exemplaire d'un partenariat public-privé qui concentre des « capacités inégalées de R-D »[17]. Son budget annuel consolidé est de 300 millions d’euros, dont 50 millions d’euros d’investissements[2].

Partenariats[modifier | modifier le code]

Minatec a des partenariats avec l'armée. Étant donné que leur travaux sont classés "Secret défense", il est difficile de savoir en quoi ils consistent réellement[réf. nécessaire]. Le budget de Minatec qui provient de l'armée ne dépasse cependant pas les 2-3 % du budget total de l'organisation. En 2016, un accord de partenariat signé entre Minatec, le LETI et le Shanghai Industrial and technology research institute, doit permettre de fournir des solutions dans le domaine du Silicium sur isolant au marché émergent de l'Internet des objets chinois[18],[19],[20].

Entreprises et brevets[modifier | modifier le code]

Intégrée au campus, une société d'économie mixte Minatec Entreprises accueille dans les 11 235 m2 de son bâtiment haute technologie (BHT) des startups dans de nombreux domaines comme la microélectronique, la santé, l’énergie, l’optique, la pharmacie, l’automobile ou la plasturgie. Minatec est un laboratoire à caractère privé qui dépose des brevets. La sécurisation de son entrée relativement haute pour un laboratoire a déjà été expliquée par le fait que des savoirs sont "protégés".

Certaines startups présentes comme Fluoptics[21] œuvrent dans le domaine de l'aide à la chirurgie. En novembre 2015, l'une de ses voisines, EnerBee, annonce pour la fin de l'année 2016, la sortie commerciale de mini générateurs d'électricité capables d'alimenter de nombreux objets de la vie quotidienne comme des montres ou des objets connectés en récupérant l'énergie de leurs mouvements[22]. Cette avancée technologique majeure devenant un sérieux concurrent aux piles et batteries[23],[24].

Face à la saturation du premier bâtiment, la construction d'un second bâtiment haute technologie (BHT2) de 4 598 m2 démarrera début 2017 en lisière du site du CEA Grenoble, sur la rue Félix-Esclangon[25].

Record de miniaturisation[modifier | modifier le code]

En octobre 2015, Minatec annonce l'établissement d'un record de miniaturisation pour un transistor CMOS mono-électron avec un fil de silicium de 3,4 nanomètres de diamètre, fonctionnant depuis les basses températures jusqu’à une température ambiante[26].

Opposition[modifier | modifier le code]

Le projet Minatec a fait dès l'origine l'objet d'une opposition locale et nationale conduite par un ensemble de collectifs[27],[28],[29], dont le grenoblois Pièces et Main d'Œuvre[30],[31], qui dénoncent le danger que font peser à leurs yeux les nanotechnologies sur l'environnement et les libertés individuelles. Cette opposition a donné lieu, la veille de l'inauguration de Minatec à Grenoble le , à une manifestation réunissant entre 800 et 1 000 personnes en présence des forces de l'ordre[32],[33],[34]. D'autres manifestations ont eu lieu et le site a été protégé à chaque fois par un important dispositif de sécurité[35].

Accès[modifier | modifier le code]

L'établissement est accessible en transport en commun par la ligne B du tramway.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cairn.info, Jean-Charles Guibert, Ressources technologiques et innovation, Un grand campus d’innovation technologique : de MINATEC à GIANT, paragraphes 22 et 61.
  2. a et b Minatec campus d'innovation en micro-nanotechnologies.
  3. a et b Captiv magazine N°97 d'avril 2016, page 19.
  4. Interview de Jean-Charles Guibert sur Télégrenoble Isère le 21 juin 2010.
  5. giant-grenoble.org
  6. « Minatec se dote d'un centre de compétences multifonctionnel », sur Place Gre'net (consulté le 17 novembre 2015)
  7. minatec.org Minanews de février 2015, Deux nouveaux bâtiments MINATEC bientôt livrés
  8. minatec.org Le CCL livré avec 10 semaines d’avance.
  9. Site de Minatec Crossroads
  10. Dossier de presse de Minatec, page 3.
  11. Site de Minatec Showroom
  12. 20minutes.fr du 8 février 2013, Un petit coin d'Amérique à Grenoble
  13. Archives municipales de Grenoble, cote 1 BIB 2802.
  14. Vidéo liaison Blanc-Blanc sur le site du constructeur Poma.
  15. Marie-Andrée Buisson, Dominique Mignot, Concentration économique et ségrégation spatiale, De Boeck, coll. « Économie Société Région », 2005, p. 207.
  16. (en) Jurgen Schulte (dir), Nanotechnology: Global Strategies, Industry Trends and Applications, John Wiley & Sons, 2005, p. 61.
  17. Jean-Philippe Leresche, La fabrique des sciences : Des institutions aux pratiques, PPUR, 2006, p. 373.
  18. businesswire.com du 16 mars 2016, SITRI, CEA-Leti and MINATEC Agree to Cooperate in Developing New “More Than Moore” Technologies. (en)
  19. electroiq.com SITRI, CEA-Leti and MINATEC to cooperate in “More than Moore” technology development. (en)
  20. laoyaoba.com du 18 mars 2016 SITRI和CEA-LETI、MINATEC签署合作协议 共研创新技术 (zh)
  21. azooptics.com du 5 novembre 2013, Fluoptics Become Key Player in the Development of Fluorescence Imaging Technology for Cancer Surgery. (en)
  22. france3-regions.francetvinfo.fr du 10 novembre 2015, Inventer Demain 2015 : un générateur miniature d'électricité.
  23. latribune.fr du 19 novembre 2015, Vers la disparition des piles et des batteries grâce à EnerBee.
  24. pulse.edf.com « EnerBee », l’énergie sans faux mouvement.
  25. info-economique.com du 3 mai, Grenoble : la construction du BHT 2 de Minatec doit débuter en 2017.
  26. minatec.org
  27. « Nanotechnologies : le 1er juin, inauguration de Minatec » et [PDF] « Pourquoi nous avons manifesté contre Minatec » sur decroissance.info.
  28. « Grenoble, zone interdite, inauguration policière » par le Comité d'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies.
  29. Communiqués de presse du Réseau Sortir du nucléaire.
  30. [PDF] « Inauguration de Minatec Chirac renonce, le techno-gratin recule, les opposants persistent », 3 mai 2006 par PMO.
  31. « Deux otages au tribunal », 17 nombre 2006 par PMO.
  32. « Nanotechnologies et mégadoutes », Le Courrier, 8 novembre 2006.
  33. « Les nanotechnologies déjà condamnées ? », Les Échos, 14 novembre 2006.
  34. « L’ouverture du pôle Minatec cristallise la critique des nanotechnologies », Le Monde, 2 juin 2006.
  35. « Grenoble lance le pôle Minatec », Le Figaro, 15 octobre 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Ballu, De Mélusine à Minatec : 1956-2006 50 ans d'histoires du CENG devenu CEA Grenoble, Le dauphiné libéré, Grenoble, 2010, ISBN 2-911739-81-7

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]