Minatec

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Minatec
Image illustrative de l'article Minatec

Création 2006
Siège Grenoble
Pays France
Coordonnées 45° 11′ 44″ N 5° 42′ 33″ E / 45.19556, 5.7091745° 11′ 44″ Nord 5° 42′ 33″ Est / 45.19556, 5.70917
Rattachement CEA, LETI, Grenoble INP
Directeur Jean-Charles Guibert
Disciplines Micro et nanotechnologies
Site web http://www.minatec.com/

Géolocalisation sur la carte : Grenoble

(Voir situation sur carte : Grenoble)
Minatec

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(Voir situation sur carte : France)
Minatec

Minatec est un complexe scientifique européen situé sur le polygone scientifique de Grenoble. Inauguré le , ce complexe consacré aux nanotechnologies vise à atteindre une masse critique suffisante pour s'imposer comme un centre d'excellence de stature mondiale. Ce pôle d'innovation réunit au total plus de 4 000 personnes dont 2 400 chercheurs, 1 200 étudiants et 600 industriels[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Imaginé en 1999 par Jean Therme, alors directeur du CEA-LETI, le concept Minatec voit sa concrétisation par la signature le 18 janvier 2002 de la convention cadre donnant le coup d'envoi du projet d'un coût de 193 millions d'euros. Piloté par le groupe Grenoble INP (ex Institut polytechnique de Grenoble) associé au CEA-LETI, le projet retient un site de 8 hectares le long de la rue Félix-Esclangon et la pose de la première pierre se déroule le 27 septembre 2004. En juin 2008, avec la signature d'une convention de fonctionnement entre les différents partenaires, Jean-Charles Guibert est nommé directeur de Minatec[2].

Domaine de recherche[modifier | modifier le code]

Il est actuellement le premier centre européen consacré aux nanotechnologies, et le troisième au niveau mondial. Ses domaines de recherche sont les MIcro- et NAno-TEChnologies. L'un des objectifs est donc de repousser les limites de la micro-électronique en créant des objets à l'échelle nanométrique. Il est destiné à intégrer de nombreux laboratoires, une partie du Commissariat à l'énergie atomique, une école d'ingénieurs et une école doctorale du groupe Grenoble INP, Phelma et l'EEATS (École doctorale d'électronique, électrotechnique, automatique et traitement du signal). L'école Grenoble INP - Phelma est née de la fusion, en 2008, de l'ENSPG (École nationale supérieure de physique de Grenoble), l'ENSERG (École nationale supérieure d'électronique et de radioélectricité de Grenoble) et l'ENSEEG (École nationale supérieure d'électrochimie et d'électrométallurgie de Grenoble), sauf le Département télécommunications (ENSERG/ENSIMAG) . L'ENSCI, École Nationale de design industriel, possède une résidence d'étudiants et participe aux recherches en apportant son expertise dans le domaine du design industriel.

Rayonnement international[modifier | modifier le code]

Minatec organise les « Minatec Crossroads », séminaires annuels qui réunissent sur plusieurs jours des experts mondiaux dans le domaine des nanotechnologies[3]. Minatec reçoit une centaine de délégations par an et environ 40 000 visiteurs chaque année[4]. Minatec dispose d'un showroom dans un site sécurisé afin de montrer et valoriser ses innovations aux professionnels et industriels des différents séminaires et conférences. Dans une ambiance opaline au mobilier design en forme d'atomes, le visiteur découvre sur 400 m2 des produits dans le domaine de la santé, de la biologie, des énergies renouvelables, de l'habitat, des technologies de l'information et de la communication[5].

Laboratoires[modifier | modifier le code]

Minatec depuis la rue Félix-Esclangon

Minatec comprend dans ses bâtiments l'école d'ingénieur Phelma sur 9 000 m2, une salle blanche classe 1000/100, des laboratoires de fabrication et analyse. Minatec comprend différentes plateformes consacrées à différentes technologies : NEMS, MEMS, nanocarectérisation, plateforme Technologique Amont, Chimie, circuit intégrés, biotechnologie, etc. Minatec est le berceau d'un certain nombre de startup ou spinoff des laboratoires de Grenoble INP, CEA-LETI, ainsi que des groupes internationaux qui viennent à Grenoble profiter du savoir-faire.

En 2011, Poma réalise sur le site de Minatec un véhicule unique au monde pour le domaine des nanotechnologies, appelé liaison blanc-blanc. Il s'agit d'un funiculaire desservant deux salles blanches distantes de 240 mètres, évitant ainsi au personnel de se déshabiller pour passer de l'une à l'autre[6].

Financement[modifier | modifier le code]

Minatec représente un investissement de 193 millions d'euros entre 2002 et 2005 principalement pris en charge par les collectivités territoriales et le CEA[7],[8]. Il s'agit selon Jean-Philippe Leresche de l'utilisation exemplaire d'un partenariat public-privé qui concentre des « capacités inégalées de R-D »[9].

Partenariats avec l'armée[modifier | modifier le code]

Minatec a des partenariats avec l'armée. Étant donné que leur travaux sont classés "Secret défense", il est difficile de savoir en quoi ils consistent réellement. Le budget de Minatec qui provient de l'armée ne dépasse cependant pas les 2-3 % du budget total de l'organisation.

Entreprises et brevets[modifier | modifier le code]

Intégrée au campus, une société d'économie mixte Minatec Entreprises accueille dans ses bâtiments haute technologie des startups dans de nombreux domaines comme la microélectronique, la santé, l’énergie, l’optique, la pharmacie, l’automobile ou la plasturgie. Minatec est un laboratoire à caractère privé qui dépose des brevets. La sécurisation de son entrée relativement haute pour un laboratoire a déjà été expliquée par le fait que des savoirs sont "protégés".

Opposition[modifier | modifier le code]

Le projet Minatec a fait dès l'origine l'objet d'une opposition locale et nationale conduite par un ensemble de collectifs[10],[11],[12], dont le grenoblois Pièces et Main d'Œuvre[13],[14], qui dénoncent le danger que font peser à leurs yeux les nanotechnologies sur l'environnement et les libertés individuelles. Cette opposition a donné lieu, la veille de l'inauguration de Minatec à Grenoble le , à une manifestation réunissant entre 800 et 1 000 personnes en présence des forces de l'ordre[15],[16],[17]. D'autres manifestations ont eu lieu et le site a été protégé à chaque fois par un important dispositif de sécurité[18].

Accès[modifier | modifier le code]

L'établissement est accessible en transport en commun par la ligne B du tramway.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.minatec.com/minatec/minatec-campus-innovation-en-micro-nanotechnologies
  2. Interview de Jean-Charles Guibert sur Télégrenoble Isère le 21 juin 2010.
  3. Site de Minatec Crossroads
  4. Dossier de presse de Minatec.
  5. Site de Minatec Showroom
  6. Vidéo liaison Blanc-Blanc sur le site du constructeur Poma.
  7. Marie-Andrée Buisson, Dominique Mignot, Concentration économique et ségrégation spatiale, De Boeck, coll. « Économie Société Région », 2005, p. 207.
  8. (en) Jurgen Schulte (dir), Nanotechnology: Global Strategies, Industry Trends and Applications, John Wiley & Sons, 2005, p. 61.
  9. Jean-Philippe Leresche, La fabrique des sciences : Des institutions aux pratiques, PPUR, 2006, p. 373.
  10. « Nanotechnologies : le 1er juin, inauguration de Minatec » et [PDF] « Pourquoi nous avons manifesté contre Minatec » sur decroissance.info.
  11. « Grenoble, zone interdite, inauguration policière » par le Comité d'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies.
  12. Communiqués de presse du Réseau Sortir du nucléaire.
  13. [PDF] « Inauguration de Minatec Chirac renonce, le techno-gratin recule, les opposants persistent », 3 mai 2006 par PMO.
  14. « Deux otages au tribunal », 17 nombre 2006 par PMO.
  15. « Nanotechnologies et mégadoutes », Le Courrier, 8 novembre 2006.
  16. « Les nanotechnologies déjà condamnées ? », Les Échos, 14 novembre 2006.
  17. « L’ouverture du pôle Minatec cristallise la critique des nanotechnologies », Le Monde, 2 juin 2006.
  18. « Grenoble lance le pôle Minatec », Le Figaro, 15 octobre 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Ballu, De Mélusine à Minatec : 1956-2006 50 ans d'histoires du CENG devenu CEA Grenoble, Le dauphiné libéré, Grenoble, 2010, ISBN 2-911739-81-7

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]