Réserve naturelle de Scandola

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Réserve naturelle de Scandola
Image illustrative de l'article Réserve naturelle de Scandola
Catégorie UICN IV (aire de gestion des habitats/espèces)[1]
Identifiant 7168
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Corse-du-Sud
Ville proche Galéria, Osani
Coordonnées 42° 21′ 32″ Nord 8° 33′ 36″ Est / 42.358889, 8.56
Superficie 1 669 ha[1]
Création [1]
Administration Parc naturel régional de Corse
Site web http://www.parc-naturel-corse.com/
Remarque inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco

Géolocalisation sur la carte : Corse

(Voir situation sur carte : Corse)
Réserve naturelle de Scandola

Géolocalisation sur la carte : Corse-du-Sud

(Voir situation sur carte : Corse-du-Sud)
Réserve naturelle de Scandola

La Réserve naturelle de Scandola (RNC24) est une réserve naturelle en Corse à la fois marine et terrestre, également inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, et faisant partie des aires marines protégées de la France. Classée en 1975, elle occupe une surface de 1 669 hectares et protège une biodiversité remarquable entre l’étage médiolittoral et l'étage circalittoral de sa partie sous-marine. Elle a été jugée représentative des écosystèmes et biocénoses de la façade maritime du Parc naturel régional de Corse qui en est le gestionnaire.

Localisation[modifier | modifier le code]

Panneau maritime de la réserve

Le territoire de la réserve naturelle est dans le département de Corse-du-Sud, sur la commune d'Osani, à l'ouest de la Corse. Il n'est accessible que par la mer et comprend une partie terrestre (919 ha) qui forme une presqu’île au nord du golfe de Porto et une partie maritime périphérique (750 ha) pour un total de 1 669 hectares. Une réserve intégrale de 70 ha à l'extrémité nord-ouest complète ce dispositif. La réserve naturelle est au cœur de la façade littorale du Parc naturel régional de Corse, pour partie classée en site Natura 2000 pour la richesse de son patrimoine et la présence d'espèces et d'habitats d'intérêt européen.

Histoire du site et de la réserve[modifier | modifier le code]

Le site a d'abord été classé pour son grand intérêt paysager et son degré de naturalité, puis en réserve naturelle nationale pour ses intérêts floristiques et faunistique et notamment en raison de sa contribution à la protection des espèces endémiques à la Corse. Il fut l'un des premiers sites classé pour son double intérêt, terrestre et maritime.

Écologie (biodiversité, intérêt écopaysager…)[modifier | modifier le code]

L'intérêt principal de cette réserve réside dans les bioformations et bioconcrétionnements de surface (trottoirs à Lithophyllum) et sur les fonds coralligènes. Ces formations offrent des habitats à de nombreuses espèces, pour partie protégées. La réserve naturelle est également représentative des biocénoses de la façade maritime du PNRC.

Un herbier à Posidonia (Posidonion oceanicae) est suivi depuis la fin des années 1970 au Nord de la réserve (Baie d’Elbu). Le reste de la réserve marine est marqué par la prédominance des bio concrétionnements qui se développent en surface (présence de trottoirs à Lithophyllum) mais surtout plus en profondeur (coralligène). Ces bio-formations profondes abritent de nombreuses espèces dont certaines sont protégées[2].

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La presqu’île dite « de Scandola » est constituée de structures rocheuses en caldeira qui correspondent à un ancien volcan effondré en mer. On y trouve de nombreuses formations liées à ce volcanisme : lahars, orgues rhyolitiques, pyroclastites ainsi que des falaises de granite rouge.

Flore[modifier | modifier le code]

Le site abrite 33 espèces végétales endémiques sur les falaises dont 16 sont des espèces protégées.[Lesquelles ?]

Faune[modifier | modifier le code]

Nid de balbuzards pêcheurs dans la Réserve de Scandola

Les falaises, peu accessibles, protègent les nids de nombreux oiseaux dont le Balbuzard pêcheur (alpana en langue corse[3]), le Cormoran huppé méditerranéen. On y trouve aussi le Puffin cendré, le Faucon pèlerin, le Goéland et le Gypaète barbu.

Parmi les mammifères fréquentant le site, on trouve le Grand dauphin. Les derniers Phoques moines présents en Corse avaient trouvé refuge dans la Scandola, avant la création de la réserve.

Pour les reptiles et amphibiens, on trouve vers le Fango des tritons, des salamandres, des truites, des tortues cistude (au barrage des tortues à Galéria où on peut facilement les observer), des grenouilles...

État, pressions ou menaces, réponses[modifier | modifier le code]

Les risques pour la réserve, outre ceux de pollution maritime (marée noire, pollution toxique…) sont liés à la fréquentation, saisonnière, qui est importante et en forte augmentation, en visite individuelles ou guidées. La plaisance peut poser problème par les déchets rejetés en mer, le dérangement de la faune et surtout par les ancrages anarchiques qui dégradent les fonds. La pêche et la plongée, en forte augmentation depuis les années 1970, doivent être maîtrisées. La pêche professionnelle demanderait à être mieux organisée et associée à la gestion des ressources en périphérie de la réserve. Les réserves marines, notamment lorsqu'elles sont relativement isolées ou excentrées comme celle-ci sont difficiles à garder (coûts élevés). Une télésurveillance pourrait être envisagée.

Le PNR contribue à rechercher des solutions de type tourisme durable et valorisation pédagogique et scientifique qui devraient permettre de conforter le caractère de sanctuaire de la partie réserve intégrale.

Espèces invasives[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne les espèces invasives, les menaces peuvent être terrestre ou marine.

Les algues du genre Caulerpa sont surveillées dans le secteur et tout autour de la Corse. Pour l'instant il a été trouvé des Caulerpa racemosa (var cylindracea ou Caulerpa cylindracea selon certains spécialistes) dans la baie de Galéria toute proche. En ce qui concerne la fameuse algue tueuse Caulerpa taxifolia, elle n'a pas atteint les côtes Corse (hormis un petit spécimen prés de Calvi qui a été arraché). Le principal vecteur de ces algues serait lié au mouillage, certains plaisanciers oubliant de nettoyer leurs ancres et pouvant ainsi transporter ces algues qui contaminent un endroit encore préservé.

En ce qui concerne les menaces terrestres, les populations de Rat noir (Rattus rattus) peuvent avoir un effet néfaste sur le succès reproducteur de certaines espèces d'oiseaux dont le rat prélève les œufs.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

Le site est d'un grand intérêt paysager, et l'île de Gargalo, la plus imposante, est dominée par une tour génoise.

Administration, plan de gestion, règlement[modifier | modifier le code]

Marine d'Elbo

La gestion de la réserve naturelle et du site classé, est assurée par le Parc naturel régional de Corse. L’opérateur local du DOCOB n’a pas été choisi, mais le PNRC s'est proposé pour en assurer le pilotage.

Une grande partie septentrionale de la réserve est la propriété du Conservatoire du littoral. Depuis le 1er janvier 1992, les acquisitions du Conservatoire portent sur 502 ha de terrains compris entre Punta Palazza (Osani) et Punta Nera (« à cheval » sur Osani et Galéria), des côtes rocheuses et falaises maritimes, y compris les îlots, bancs rocheux et récifs, couvertes en partie d'un maquis silicicole méso-méditerranéen[4]. Les terrains acquis, tous situés dans les limites du Parc naturel régional de Corse, sont un site naturel classé. Seule la partie orientale, à partir de Marina d'Elbo, soit environ la moitié des biens du Conservatoire, se trouve dans la réserve.

Perspectives[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle en particulier sa partie intégrale pourrait être étendue. Sa réglementation pourrait être modifiée pour mieux tenir compte d'activités nouvelles susceptible de perturber le milieu ou les espèces. La gestion et le monitoring du site pourraient évoluer pour mieux l'inscrire dans la perspective du réseau écologique paneuropéen, du réseau Natura 2000, des perspectives de modifications climatiques et de l'évolution des missions des parcs naturels régionaux (réorientées vers la protection et moins prioritairement vers le développement économique et touristique local).

Des contractualisations pourraient être proposées aux usagers de la nature (pêche professionnelle, plongée, plaisance et batellerie) dans les zones périphériques à la réserve, avec l'espoir d'un créer une zone-tampon réduisant les impacts des activités humaines autour de la réserve.
La pose de « mouillages « écologiques » »[5] disposés dans les abris naturels périphériques (mais hors réserve naturelle) pourrait diminuer les impacts de la plaisance.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Pour la partie terrestre, sont interdits la chasse, le camping, le bivouac, l'arrachage des végétaux, la destruction des nids et des œufs, les prises de vues photographiques trop proches, le rejet de détritus, les feux, le survol à moins de 1 000 mètres d'altitude, la publicité ainsi que toute activité industrielle ou commerciale.

Pour le domaine marin sont interdits la plongée en scaphandre autonome, la pêche de plaisance, le ramassage de végétaux et d'animaux marins, le rejet de détritus. La pêche professionnelle et le mouillage sont réglementés dans la zone et interdits dans les 70 hectares de la réserve intégrale.

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par le décret no 75-1128 du [6]. Elle est également un site classé en 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en tant que partie du Golfe de Porto et avec les calanche de Piana et le golfe de Girolata.

La réserve correspond à un site Natura 2000 (p.SIC et à une ZPS).

Enfin, c'est une aire marine protégée (AMP) comprenant la réserve naturelle de Scandola mais qui pourrait être étendue au site Natura 2000 « golfe de Portu ». Deux arrêtés (du préfet maritime) y réglementent pêche (professionnelle) et mouillage (facteur de dégradation des fonds).

Galerie de photo[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]