Pont Saint-Bénézet

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Pont Saint-Bénézet
Pont d’Avignon
Image illustrative de l’article Pont Saint-Bénézet
Géographie
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Avignon
Coordonnées géographiques 43° 57′ 14″ N, 4° 48′ 17″ E
Fonction
Franchit le Rhône
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 120 m
Largeur m
Matériau(x) Pierre
Construction
Architecte(s) Jean de Tensanges
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)

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Pont Saint-Bénézet Pont d’Avignon

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Pont Saint-Bénézet Pont d’Avignon

Le Pont Saint-Bénézet, couramment appelé Pont d'Avignon, est un vestige de pont sur le Rhône composé de quatre arches.

Il part du nord d' Avignon en direction du Gard mais ne permet plus de s’y rendre. Sur l'un des piliers est édifiée la chapelle Saint-Bénézet, et au-dessus d'elle, la chapelle Saint-Nicolas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Attribué à l'entourage de Nicolas Froment, Rétable des Pérussis (1480, détail), New York, Metropolitan Museum of Art[1].
Le pont avec 22 arches, détail d'une gravure de Mamigoz (XVIIe siècle).
Plan d'Avignon gravé en 1649 pour l'Atlas van Loon sur lequel l'on voit les parties manquantes du pont.

Un nommé Bénézet serait à l'origine de la construction de l'ouvrage en 1177[2] sur des restes de culées romaines[3]. A son achèvement en 1185, 22 arches enjambaient le Rhône en formant une courbe de 920 mètres de long pour une largeur de 4 mètres.

S'il fut longtemps le seul pont permettant de traverser le Rhône entre Lyon et la mer Méditerranée, son utilisation était pourtant bien spécifique.

Trop étroit pour permettre aux charrettes de se croiser, il n'a jamais pu être utilisé à de pures fins commerciales. Le transport de marchandises dut être assuré par barque ou par barge.

En revanche, il permettait de contrôler efficacement le trafic et prélever les droits de péage, conformément au rôle de poste-frontière entre l'État pontifical et le Royaume de France qui lui était dévolu.

Endommagé tant par les crues que par les guerres, l'ouvrage fut reconstruit plusieurs fois, notamment entre 1234 et 1237[4].

En 1479, à cause des inondations, deux arches furent entièrement détruites. Aussi le roi de France Louis XI ordonna-t-il sa réparation par lettre patente royale datée du 10 octobre[5].

À la suite de la modification du lit du fleuve à l’époque du petit âge glaciaire, une première arche s'effondre en 1603, ensuite trois autres en 1605, enfin toutes quatre sont rebâties vers 1628. En 1633, juste après la réouverture du pont, deux nouvelles arches s'effondrent. En 1669, une nouvelle crue du Rhône emporta plusieurs autres arches pour ne laisser pratiquement que celles qu'on lui connaît de nos jours[3].

Son entretien, fort coûteux à longue, explique qu'il ait été décidé de le laisser à l'abandon.

Panorama sur les bords du Rhône depuis le Pont Saint-Bénézet.

Quelques vues du pont[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le logotype de la ville d'Avignon représente le pont sur lequel est écrit en capitales « AVIGNON ». En dessous peut figurer la devise « ville d'esprit ». Il s'agit d'une photographie floutée et retouchée du pont, l'arche étant anormalement allongée pour ressembler à une ligne. De couleur jaune ocre contrastant avec le ciel et l'eau, le pont est reconnaissable par la chapelle Saint-Nicolas.

Illustration de la chanson sur un calendrier du XIXe siècle. En fond, la chapelle Saint Nicolas et le palais des papes.

Le pont Saint-Bénézet ou pont d'Avignon a été rendu célèbre par la chanson populaire Sur le pont d'Avignon.

Parmi les représentations, dans un style artistique différent, plusieurs peintres ont peint l'ensemble — Rhône, pont d'Avignon, palais des papes, rocher des Doms — mettant tour à tour en avant l'un ou l'autre. Lorsque James Carroll Beckwith peint Le Palais des papes et le pont d'Avignon, le palais en lui-même n'est en fait présent que dans le coin supérieur droit sur moins d'un 1/6e du tableau alors que le Rhône en couvre la moitié. Paul Signac, avec son tableau Le Château des Papes représente une vue sensiblement orientée de la même manière, mais même si la proportion accordée au pont d'Avignon (sur la gauche du tableau) reste sensiblement la même, l'angle choisi recentre le palais, le rendant beaucoup plus important et gommant presque du fait le rocher des Doms. Les proportions choisies par l'auteur semblent même exagérées afin de lui donner une importance plus grande. Avec une orientation différente, vraisemblablement depuis l'ile de la Barthelasse ou Villeneuve-lès-Avignon, Adrian Stokes (1854-1935) pour son Palais des papes d'Avignon réduit le palais et le pont sur la moitié droite du tableau pour faire ressortir la colline du rocher des Doms, et y ajoute même de la végétation.

Le feuilleton télévisé français La Demoiselle d'Avignon, sorti à l'écran en 1972, commence par une panne de voiture à côté du fameux pont.

Dans Hypocrite, bande dessinée de Jean-Claude Forest parue en 1972, l'héroïne est une espionne dans une histoire fantaisiste tournant autour du pont d'Avignon.

En 1974, les postes de l'île de Man émettent un timbre représentant le pont Saint-Bénézet[6].

La Prophétie d'Avignon est une série télévisée en huit épisodes diffusée à partir d'août 2007.

En 1997, dans l’épisode 9 de la série Les Repentis, les deux nettoyeurs (Camier et Murphy) racontent une histoire du pont d'Avignon ayant été détruit durant la Seconde Guerre mondiale ; on y aurait repêché un side-car.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.metmuseum.org/collection/the-collection-online/search/436336 metmuseum.org
  2. musée du pont et exposition permanente, salle dédiée aux découvertes de 2016
  3. a et b le Pont Saint-Bénézet
  4. Florian Mazel, Féodalités, collection « Histoire de France » sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2010, p.423.
  5. https://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA502 Ordonnances des rois de France de la troisième race, tome XVIII, 1828, p. 502
  6. Émission postale de l'île de Man, en 1974, représentant le pont Saint-Bénézet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française, du XIe au XVIe siècle, t. VII, A. Morel, (lire en ligne), p. 221-228
  • Noël Marmottan, Le Pont d'Avignon. Le Petit pâtre Benezet, l'histoire et la légende, la poésie et la chanson, préface de Sylvain Gagnère et couverture d'Eugène Yvan, Cavaillon, Impr. Mistral, 1964, 112 p.
  • Musée du Petit Palais (Avignon), Saint Bénézet : dossier publié à l'occasion de l'exposition tenue au Musée du Petit-Palais de novembre 1984 à février 1985, Académie de Vaucluse, 1986, 27 p.
  • Bibliothèque Calvet d'Avignon : P. Pansier, Notes et documents sur le pont Saint-Bénezet, I 1226-1450, ms 5703, II 1451-1807, ms 5704. Beaucaire-Tarascon.
  • Alain Breton, « Les restaurations du pont Saint-Bénézet », Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes et des monuments d'Avignon, 1986-1987, pp.87-94.
  • Jean-Maurice Rouquette, Provence romane. La Provence rhodanienne, t.1, La Pierre-qui-Vire, Éditions Zodiaque, collection « La nuit des temps », n°40, 1980, pp.219–233 (ISBN 978-2736901387).
  • Jean Mesqui, Le pont en France avant le temps des ingénieurs, Paris, Picard, coll. « Grands manuels Picard », , 303 p. (ISBN 9782708403222).
  • Collectif, Dossiers d'Archéologie. Hors-série. Le Pont d'Avignon. Dix siècles d'histoires, no 30, juin 2016, 74 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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