Rochonvillers

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Rochonvillers
Église Saint-Luc et monument aux mineurs.
Église Saint-Luc et monument aux mineurs.
Blason de Rochonvillers
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Thionville
Canton Algrange
Intercommunalité Communauté d'agglomération Portes de France-Thionville
Maire
Mandat
Laurent Brouillet
2014-2020
Code postal 57840
Code commune 57586
Démographie
Gentilé Rochonvillois
Population
municipale
202 hab. (2014)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 24′ 53″ nord, 6° 01′ 44″ est
Altitude Min. 321 m
Max. 412 m
Superficie 5,64 km2
Localisation

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Rochonvillers est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Dont le nom provient de l'eau :
    • Milfere : gué probablement près d'un moulin (Mühle)
    • Mees : déformation de l'allemand Moor (marais)
    • Solle : du moyen-haut-allemand Sul (lieu marécageux)
    • Lacheltier : de l'allemand Lache (lieu humide)
  • Dont le nom vient du relief :
    • Bikeltien : de l'allemand Buckel (petite hauteur)
    • Keltienne : de l'allemand Kehle (gorge)
  • Dont le nom vient de la flore :
    • Beuche : de l'allemand Busch (bois)
    • Buchelle : de l'allemand Buche (hêtraie)
    • Hesseltien : de l'allemand Hasel (noisetier)
  • Dont le nom a pour origine la culture :
    • Stoquetienne : de l'allemand Stock (souche d'arbre)
    • Aubenschette : de l'allemand Oben (en haut et de l'allemand Scheid (bois défriché).

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • D'un nom de personne Ruso ou Regezo(n) + villare[1].
  • Anciennes mentions[2],[3],[4] : Ruessonvillers et Ruswillre (1334), Rutzwilre (1427), Routzwilre (1430), Ruetzwyler (1450), Rexonvillers (1605), Roussonviller (1681), Rochonviller (1756), Rochouvillers (1793), Rochonviller (XIXe siècle), Ruxweiler (1871-1918).
  • Rotzweiler en allemand[2]. Rucksler et Rucksweller en luxembourgeois[5].
  • Rechonvlé en lorrain roman[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Dépendait de l'ancienne province de Luxembourg. Rochonvillers à dépendu de la baronnie de Fontoy. Était une annexe de la paroisse d'Ottange (diocèse de Trèves, doyenné de Luxembourg) et faisait partie de cette seigneurie lorsque celle-ci fut érigée en comté, en 1777.
  • Réunie entre 1812 et 1833, à Ottange.

La Mine[6][modifier | modifier le code]

La Mine de Rochonvillers exploitait deux concessions :

  • Rochonvillers (bien allemand mis sous séquestre après la guerre de 1914-1918, puis propriété de l'État, amodié en 1919 à la Société Minière de Rochonvillers).
  • Adélaïde, propriété de Cockerill.

C'est la "Rheinischstahlwerk" qui a débuté l'exploitation "Mine Pensbrünn" à flanc de coteau dans les concessions Pensbrünn (Pensbrunnen, concession obtenue le 28 juillet 1873 par Meurer à Cologne) et Œutrange (Oeutringen, obtenue à la même date par Dillinger-Hüttenwerke). L'entrée de la mine, d'un gabarit fort respectable (6 mètres de large et 2 mètres 80 de haut) est située sur le territoire de la commune d'Algrange. À l'époque le minerai était amené au jour à l'aide d'un câble sur une distance de plus de quatre kilomètres. Après épuisement de ces deux concessions, une galerie, traversant une couche stérile due à une faille frontale, permettra de poursuivre l'extraction dans la concession Rochonvillers qui s'étendait sous les communes de Rochonvillers, Escherange, la mine d'Angevillers effleurant le ban de Thionville.

C'est à Rochonvillers que le minerai était amené au jour et un téléphérique le transportait à Ottange, où, par wagons S.N.C.F., il était acheminé par voie privée à Rumelange (Luxembourg) puis vers la Société Métallurgique et Minière de Rodange-Athus (Belgique). À la fin des années 1970, l'effectif était de 166 personnes pour une production de 4 000 à 5 000 t/jour.

Les services administratifs, vestiaires, douches... se trouvaient également sur le territoire de la commune d'Algrange, dans un bâtiment construit en totalité en béton armé : piliers de soutien, ferme, toiture C'est l'œuvre d'Albert Caquot, ingénieur ardennais du début du XXe siècle, qui s'intéressa à l'aérostation et à la résistance du béton armé. C'est lui qui en vulgarisa l'emploi dans les travaux publics et une de ses premières réalisations fut les bâtiments de la mine de Rochonvillers, véritable gageure pour l'époque.

Hélas, la catastrophe du 3 janvier 1919 à la Mine de Pensbrünn vint jeter une ombre au tableau. Provoquée par l'effondrement, au quartier 7, de 250 000 mètres cubes de minerai, elle causa la mort de vingt-cinq personnes. Tous les quartiers avaient ressenti la secousse comme un véritable tremblement de terre. La déflagration provoquée par cet éboulement avait projeté plusieurs mineurs à 75 mètres de leur poste de travail. L'équipe de secours, organisée aussitôt, aidée par les équipes des mines voisines : Röchling (Mine d'Angevillers) et Moltke (Mine de la Paix), réussit à sauver six mineurs et sortit deux blessés graves et six blessés légers ainsi que cinq corps. Le 8 janvier, un survivant Franz Riva, fut retrouvé sous un wagonnet qui s'était renversé sur lui, le sauvant d'une mort certaine. Le malheureux y était resté quatre jours avant l'arrivée de l'équipe de secours du porion Wagner. Le 11 janvier encore, un sauveteur sera tué par une "chandelle".

Après l'abandon des travaux par le service des mines, les responsables de Pensbrünn prendront à leur charge les frais de sauvetage et de déblaiement; le 25 janvier, onze corps seront remontés au jour et deux autres le seront le 31.

Quelles furent les causes de cette catastrophe ? On accuse une exploitation excessive pendant la guerre, période durant laquelle on ne s'occupait que du rendement sans se soucier des règles de sécurité et ceci avec un personnel inexpérimenté.

À la fin des années 1970, la direction de la Mine de Rochonvillers, consciente de l'approche de la fermeture (fin de concession) a entrepris des travaux préparatoires en vue d'exploiter la Mine Ottange II. Devant la situation critique de la Société Métallurgique et Minière de Rodange-Athus (usine mère) ces travaux furent arrêtés.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rochonvillers Blason Coupé de gueules à deux tourterelles affrontées d'or, et d'or fretté de gueules.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
04.11.1876 03.11.1891 Jean Laurent Aucun Maire
03.11.1891 27.11.1918 Johann Kreicher Aucun Maire
27.11.1918 10.12.1919 Adolphe Kreicher Aucun Maire
10.12.1919 17.05.1929 Georges Kreicher Aucun Maire
17.05.1929 08.04.1932 Jean-Pierre Creutz Aucun Maire
08.04.1932 12.06.1932 Eugène Platen Aucun 1er adjoint
12.06.1932 05.08.1940 Eugène Platen Aucun Maire
01.10.1945 15.03.1965 Félicien Haux Aucun Maire
15.03.1965 19.12.1987 Gérard Kreicher Aucun Maire
19.12.1987 24.03.2001 Jean Ledrans Aucun Maire
24.03.2001 14.03.2008 Jean-Denis Frantz Aucun Maire
14.03.2008 23.07.2015 Patrick Want UDI Maire
24.07.2015 24.09.2015 Gilles Dolenc Aucun 3e adjoint
25.09.2015 Aujourd'hui Laurent Brouillet Aucun Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[8].

En 2015, la commune comptait 197 habitants[Note 1], en diminution de 7,94 % par rapport à 2010 (Moselle : -0,06 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1836 1841 1861 1866 1871 1875
258 254 259 309 288 308 330 315 313
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
315 302 291 269 283 276 284 246 222
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
308 244 178 195 197 189 179 196 165
1999 2006 2007 2012 2015 - - - -
207 217 218 208 197 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[9]. |recens-prem=2007.)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Luc.
  • Église Saint-Luc 1957, par Martinez.
  • De même, à la sortie du village est présente une grotte honorant la Vierge Marie, entretenu et par les services communaux et par les croyants du village.
  • Le cimetière communal, à côté de la grotte

Ligne Maginot[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs fortifications françaises construites pendant l'entre-deux-guerres et faisant partie de la ligne Maginot, notamment :

  • l'ouvrage de Rochonvillers, l'un des plus gros ouvrage de la ligne, encore propriété de l'Armée ;
  • l'abri du Gros-Bois, également appelé abri X1, qui est en cours de restauration par l'association La Lorraine à travers les siècles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes - Ernest Nègre
  2. a, b et c Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  3. Martina PITZ, Genuine Übersetzungspaare primärer Siedlungsnamen an der lothringischen Sprachgrenze, Onoma 36
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Zesummegestallt vum Henri Leyder (Lëtzebuerger Marienkalender 1997; iwwerschaft 3/2011)
  6. Source : "Le canton du fer", Eugène Gaspard et Alain Simmer, 1978
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.