Michelle Bachelet

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Michelle Bachelet
Portrait officiel de Michelle Bachelet, 2014.
Portrait officiel de Michelle Bachelet, 2014.
Fonctions
39e présidente de la République du Chili
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&&&0431 mois et 12 jours)
Élection 15 décembre 2013
Prédécesseur Sebastián Piñera
Secrétaire générale adjointe de l'ONU
chargée de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes
Prédécesseur Poste créé
Successeur Lakshmi Puri (intérim)
Phumzile Mlambo-Ngcuka
Présidente pro tempore de l'Union des nations sud-américaines
Prédécesseur Poste créé
Successeur Rafael Correa
37e présidente de la République du Chili

(&&&&&&&&&&&014614 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection
Prédécesseur Ricardo Lagos
Successeur Sebastián Piñera
Ministre de la Défense
Président Ricardo Lagos
Prédécesseur Mario Fernández
Successeur Jaime Ravinet
Ministre de la Santé
Président Ricardo Lagos
Prédécesseur Álex Figueroa
Successeur Osvaldo Artaza
Biographie
Nom de naissance Verónica Michelle Bachelet Jeria
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Santiago (Chili)
Nationalité chilienne
Parti politique Parti socialiste du Chili
Conjoint Jorge Dávalos (divorcés)
Enfant(s) Sebastián Dávalos Bachelet
Francisca Dávalos Bachelet
Sofía Dávalos Bachelet
Diplômée de Université du Chili
Profession Médecin pédiatre

Signature

Michelle Bachelet
Présidents de la République du Chili

Verónica Michelle Bachelet Jeria (/βeˈɾonika miˈʃɛl baʃˈle ˈçeɾja/), née le à Santiago, est une femme d'État chilienne, membre du Parti socialiste, présidente de la République du Chili du au et de nouveau depuis le .

Elle est ministre de la Santé, puis de la Défense dans les gouvernements de Ricardo Lagos. De 2008 à 2009, elle est présidente de l'Union des Nations sud-américaines et de 2010 à 2013, elle est à la tête de l'ONU Femmes. En 2006, elle est classée comme la 17e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2007, elle est classée 27e.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet, alors adolescente, et son père Alberto.

Michelle Bachelet, dont le prénom a été choisi en hommage à Michèle Morgan[1], est la fille du général de l'armée de l'air Alberto Bachelet, de lointaine ascendance française (vignerons de Bourgogne, à Chassagne-Montrachet en Côte-d'Or, d'où émigra en 1869 son arrière arrière-grand-père, l'œnologue Louis-Joseph Bachelet), et de l'anthropologue Ángela Jeria. Son père est entré en franc-maçonnerie sur l'insistance de son grand-père maternel, pacifiste et lui-même maçon[2].

Durant le gouvernement du président Salvador Allende, le général Bachelet fut nommé à la tête du Bureau de distribution de produits alimentaires. Après le coup d'État du 11 septembre 1973, accusé de « trahison », il fut détenu et torturé par la dictature du général Pinochet. En mars 1974, il mourut d'un arrêt cardiaque sans doute dû aux mauvais traitements subis durant son emprisonnement, tandis que sa femme et sa fille étaient également incarcérées et torturées dans un autre centre de détention de Santiago.

Études[modifier | modifier le code]

Après avoir fréquenté un lycée pour jeunes filles dont elle est sortie avec le baccalauréat en 1969, elle a continué ses études en entrant, en 1970, à la faculté de médecine de l'université du Chili. En 1975, après avoir été libérées par le régime militaire, la veuve et la fille du général Bachelet se réfugièrent en Australie, où vivait son frère depuis 1969. Puis Michelle Bachelet partit étudier l'allemand à Leipzig et poursuivre ses études médicales à l'université Humboldt de Berlin.

Elle revint s'installer au Chili en 1979, pour y achever ses études, sanctionnées en 1982 par l'obtention d'un diplôme de chirurgien. De 1983 à 1986, elle s'est spécialisée dans la pédiatrie et la santé publique dans les services de l'hôpital pour enfants Roberto del Río.

C'est à cette époque qu'elle s'est engagée en politique, militant pour le rétablissement de la démocratie, tout en participant à des ONG d'aide aux enfants des personnes torturées et disparues : de 1986 à 1990, elle dirigea d'ailleurs l'une de ces organisations, la PIDEE (Protección a la Infancia Dañada por los Estados de Emergencia).

Michelle Bachelet adhère au Parti socialiste dans les années 1970. Elle est devenue membre de son comité central en 1995 et, de 1998 à 2000, fut également membre du bureau politique. En 1996, sous les couleurs socialistes, elle se présenta aux élections municipales à Las Condes, dans la banlieue de Santiago, mais n'y obtint que 2,35 % des suffrages.

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet, le 8 octobre 2002 au Pentagone (États-Unis), en tant que ministre chilienne de la Défense.

Après la restauration de la démocratie en 1990, elle a travaillé pour le ministère de la Santé et comme conseillère pour l'Organisation panaméricaine de la santé, l'Organisation mondiale de la santé et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ).

De 1994 à juillet 1997, Bachelet a exercé les fonctions de conseillère au cabinet du secrétaire d'État à la Santé. Intéressée par les relations entre le monde civil et l'armée, elle entreprit des études de stratégie militaire à l'Académie nationale des études politiques et stratégiques (Anepe) au Chili, obtenant la première place de sa promotion, ce qui lui permit de continuer des études aux États-Unis, à l'Inter-American Defense College, tout en bénéficiant d'une bourse présidentielle. En 1998, elle revint au Chili pour travailler comme conseiller auprès du ministre de la Défense, et fut encore diplômée, après avoir suivi un cursus de science militaire auprès de l'Académie de guerre de l'armée chilienne.

Le , elle est nommée ministre de la Santé par le président Ricardo Lagos, puis, le 7 janvier 2002, ministre de la Défense, devenant la première femme à occuper ce poste en Amérique latine.

Campagne présidentielle de 2005[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 2004, constatant sa brusque hausse de popularité dans les sondages d'opinion, et avec les encouragements implicites du président Lagos, elle décide de se présenter à l'élection présidentielle devant se tenir le 11 décembre 2005, et démissionne du gouvernement afin de préparer sa campagne. Une élection primaire aurait normalement dû se tenir au sein de la Concertation afin de désigner le candidat unique des quatre formations coalisées. Toutefois, sa seule rivale potentielle, la démocrate-chrétienne Soledad Alvear, ancienne ministre dans les deux derniers gouvernements de la Concertation, se retira de la course en raison d'un manque de soutien au sein de son propre parti et de sa faible cote de popularité dans les sondages.

Les principaux rivaux de Michelle Bachelet, pour le premier tour de l'élection présidentielle du 11 décembre 2005, sont, à droite, Joaquín Lavín, soutenu par l'Union démocrate indépendante (UDI, Unión Demócrata Independiente) et, au centre-droit, Sebastián Piñera, soutenu par Rénovation nationale (RN). M. Lavin avait déjà été candidat à l'élection présidentielle de 1999, obtenant 47,52 % des voix au premier tour, et 48,69 % au second tour, face à Ricardo Lagos. Au soir du premier tour, Michelle Bachelet arriva en tête avec 45,96 % des voix devant le candidat de Rénovation nationale, Sebastian Piñera (25,41 %), celui de l'UDI Joaquín Lavín (23,23 %) et celui de l'extrême-gauche, Tomás Hirsch (5,40 %)[3].

Le 15 janvier 2006, Michelle Bachelet remporte la présidentielle par 53,5 % des voix contre 46,5 % à son adversaire de droite Sebastián Piñera. C'est une victoire historique car c'est la première fois en Amérique du Sud qu'une femme est élue présidente au suffrage universel direct.

Pendant sa campagne, elle était soutenue par la « Concertation des partis pour la démocratie » (CPD, Concertación de Partidos por la Democracia), coalition au pouvoir, qui regroupe le Parti socialiste du Chili (PSC, Partido Socialista de Chile), le Parti pour la démocratie (PPD, Partido por la Democracia), le Parti radical social-démocrate (PRSD, Partido Radical Socialdemócrata) et le Parti démocrate-chrétien du Chili (PDC, Partido Demócrata Cristiano de Chile).

Michelle Bachelet devient la cinquième femme parvenue à la magistrature suprême en Amérique latine, après Isabel Martínez de Perón (présidente de la Nation argentine de 1974 à 1976), Lidia Gueiler (présidente de la République de Bolivie de 1979 à 1980), Violeta Chamorro (présidente de la République du Nicaragua de 1990 à 1997) et Mireya Moscoso (présidente de la République de Panama de 1999 à 2004) et la quatrième en Amérique du Sud après les deux premières citées et Janet Jagan (présidente de la République coopérative de Guyana de 1997 à 1999).

Présidence de la République : 1er mandat (2006-2010)[modifier | modifier le code]

Gouvernement Bachelet[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet a annoncé la composition de son futur gouvernement le 30 janvier 2006, après avoir eu la confirmation officielle de son élection par le Tribunal Calificador de Elecciones.

Le gouvernement est composé de 10 hommes et de 10 femmes, comme elle l'avait promis durant sa campagne. Sept proviennent du parti chrétien démocrate (PDC), cinq du parti pour la démocratie, quatre du parti socialiste, un du parti radical social démocrate, tandis que trois sont indépendants.

Réforme des retraites[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet aux côtés de son successeur, Sebastián Piñera, en janvier 2010.

Bachelet a notamment réformé le système obligatoire de retraite par capitalisation instauré en 1980, en instaurant un « filet de sécurité » de 120 euros par mois, et un complément pour ceux recevant moins de 315 euros par mois (des millions de Chiliens ne recevaient que de 8 à 16 euros par mois de retraites grâce aux fonds de pension) [4].

Directrice exécutive de l'ONU Femmes[modifier | modifier le code]

Du [5] au [6], Michelle Bachelet est directrice exécutive de l'ONU Femmes, organisme de l'ONU qui défend les droits des femmes dans le monde.

Campagne présidentielle de 2013[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet le aux côtés de leaders étudiants dont ceux du mouvement lancée en 2011, Camilo Ballesteros et Camila Vallejo.

Peu après son départ de l'ONU, elle se déclare prête pour une nouvelle candidature à l'élection présidentielle de novembre 2013[7],[8]. Elle est officiellement intronisée comme candidate des partis de gauche en avril 2013[9]. Le 30 juin suivant, elle remporte les élections primaires en s'imposant avec 74,92% des voix de la coalition de gauche regroupant notamment socialistes, démocrates-chrétiens, sociaux-démocrates et radicaux[10],[11].

Soutenue par la « Nouvelle majorité », une coalition regroupant communistes, démocrates-chrétiens et divers courants socialistes, elle est opposée à huit autres candidats dont Evelyn Matthei, la première femme candidate conservatrice à une présidentielle chilienne, présentée comme sa principale rivale[12].

Bachelet promet de mettre en place des réformes qu’elle n’a pu opérer lors de son premier mandat : révision d'une Constitution issue de la période dictatoriale, une refondation du système éducatif public financé par réforme fiscale augmentant l’impôt des sociétés de 8 milliards de dollars, l’amélioration du réseau de la santé et des services publics, réforme de la loi sur l’avortement[12]

L'élection présidentielle est combinée avec des élections législatives qui renouvellent la totalité des 120 sièges de la Chambre et 18 sièges sur 38 au Sénat[12].

La semaine précédant le scrutin, Michelle Bachelet est créditée en moyenne de 47 % des intentions de vote, devant Evelyn Matthei, candidate de l'Alliance, qui rassemble 14 % des sondés[12]. Finalement, au terme d'un premier tour marqué par une forte abstention, elle obtient 46,67 % contre 25,01 % à sa rivale, qu'elle doit affronter 15 décembre 2013[13]. Par ailleurs, avec 68 sièges remportés sur 120 au Parlement[14] ainsi que 12 sur les 18 mis en jeu au Sénat[15], la « Nouvelle majorité » remporte les élections législatives, sans pour autant assurer à Michelle Bachelet la majorité qualifiée des 2/3 permettant la réforme constitutionnelle sans alliance ou négociation avec la droite[16].

Le 15 décembre 2013, elle est élue à nouveau à la présidence de la République au deuxième tour avec 62,16 % des voix, contre 37,83 pour Evelyn Matthei.

Présidence de la République : 2e mandat (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Michelle Bachelet entame son second mandat de présidente de la République le [17].

Opinions[modifier | modifier le code]

Sur le plan religieux, elle se définit agnostique[2]. Elle entretient des relations chaleureuses avec la franc-maçonnerie qu'elle tient pour « défenseur de la liberté de conscience »[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Bachelet, présidente du Chili, Radio-Canada.ca, 3 mars 2006
  2. a et b Noticia Cristiana, La nueva relación que quiere establecer la presidenta Bachelet con las iglesias, 17 avril 2006
  3. Résultats officiels du premier tour (2005)
  4. Manuel Riesco, Séisme sur les retraites en Argentine et au Chili, Le Monde diplomatique, décembre 2008
  5. « L'ex-Présidente du Chili Michelle Bachelet nommée à la tête de l'ONU Femmes », Centre d'actualités de l'ONU, 14 septembre 2010
  6. « L'ex-présidente Michelle Bachelet démissionne de l'ONU Femmes pour rentrer au Chili », Radio France internationale, 17 mars 2013.
  7. « Michelle Bachelet à la reconquête du Chili », Le Figaro, 26 mars 2013.
  8. « Michelle Bachelet de nouveau candidate à la présidence au Chili », Le Monde, 28 mars 2013.
  9. Chili : Michelle Bachelet se réinvente en présidentiable, Le Figaro, 14 avril 2013.
  10. Primaires au Chili : victoire écrasante de Bachelet à gauche, Le Monde, 1er juillet 2013.
  11. Chili : Bachelet gagne les primaires, Le Figaro, 1er juillet 2013.
  12. a, b, c et d « Le Chili aux urnes, Michelle Bachelet promise à un nouveau mandat », Le Soir, 17 novembre 2013, en ligne
  13. (es) « Servicio electoral elecciones 2013 », sur eleccionservel.cl,‎ 18 novembre 2012
  14. (es) « Servicio electoral elecciones 2013 », sur eleccionservel.cl,‎ 18 novembre 2012
  15. (es) « Servicio electoral elecciones 2013 », sur eleccionservel.cl,‎ 18 novembre 2012
  16. Romain Lemaresquier, « La revue de presse des Amériques - Un second tour pour la présidentielle au Chili », RFI,‎ 18 novembre 2013 (lire en ligne)
  17. Jean-Jacques Kourliandsky, « Michelle Bachelet, présidente du Chili : symbole féministe ou cache-sexe latino-américain ? », sur Le Huffington Post,‎ 25 février 2014
  18. Gran Logia de Chile, Bachelet: “La Masonería ha sido una firme defensora de la libertad de conciencia y la autonomía de pensamiento”

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]