Sigurimi

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La Drejtoria e Sigurimit të Shtetit (Direction de la sureté de l’État), communément appelée Sigurimi, était le service de renseignement de la République populaire socialiste d'Albanie. Créé en 1943 durant l'occupation du pays durant la Seconde Guerre mondiale, il a fonctionné jusqu’à la chute du régime communiste en 1991, date à laquelle il a été remplacé par la ShIK.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le noyau de la Sigurimi a été constitué pendant la guerre par Enver Hoxha, chef du mouvement de résistance communiste et futur dirigeant du pays. Il s’en servit notamment pour évincer ses concurrents. Il a par la suite constitué un instrument essentiel de la mise en place et de la pérennisation d’un régime connu pour avoir été l’un des plus fermés au monde. On estime qu’un Albanais sur trois y a été confronté.

Le Sigurimi a été créé le 20 mars 1943. Enver Hoxha a reconnu que le rôle de l’organisation fut primordial pour la prise de pouvoir de sa faction contre celles des autres groupes de la résistance. La Division pour la défense du peuple, créée par Hoxha en 1945 et composée par les combattants jugés les plus fiables, est considérée comme le précurseur du futur Sigurimi, composée de 5 000 hommes. En 1989 la Division pour la défense du peuple fut organisée en cinq régiments d’infanterie mécanisée, pouvant être utilisés pour éliminer les ennemis internes. Les effectifs du Sigurimi s’élevaient à l’époque, selon une estimation[Laquelle ?], à 10 000 officiers (dont 2 500 commissaires politiques affectés à l’Armée populaire).

L’organisation cessa toute activité, officiellement, en juillet 1991 et fut remplacée par le Service national de renseignement (ShIK). Durant les premiers mois de 1992 les informations sur l’organisation, les responsabilités et les fonctions du ShIK n’étaient toujours pas consultables sous forme de publications dans les pays occidentaux. Certains observateurs occidentaux pensèrent néanmoins que plusieurs officiers et dirigeants du ShIK avaient fait partie du Sigurimi et que les structures étaient similaires.

Activité[modifier | modifier le code]

La mission du Sigurimi était la défense de la révolution prolétarienne et la répression contre les opposants du régime. Même si des immigrés albanais demandèrent l’aide des Occidentaux pour renverser le régime d'Enver Hoxha dans les années quarante et cinquante, leur action devint de plus en plus marginale grâce, notamment, aux agissements du Sigurimi.

Le personnel de l’organisation était principalement composé de volontaires, sur recommandation de membres fiables du Parti du travail d'Albanie et soumis à des contrôles politiques et psychologiques très approfondis avant de faire partie du Sigurimi. Ils formaient un groupe d’élite et jouissaient de multiples privilèges destinés à garantir leur fidélité au régime.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le Sigurimi avait un quartier général national et des antennes locales dans chacun des 21 districts du pays. Ils étaient en outre organisé en sections : contrôle politique, censure, archives, gestion des camps de prisonniers, troupes de sûreté intérieure, intégrité physique, contre-espionnage et renseignements.

La fonction primordiale de la section s’occupant de la surveillance politique était de contrôler la fidélité idéologique des membres du parti et des autres citoyens. Elle était responsable de tenir éloignés du parti, du gouvernement, de l'armée et de ses mêmes apparats, tous les individus considérés comme proches de la Yougoslavie, de l'Union soviétique, ou de la République populaire de Chine après la rupture des alliances de l'Albanie avec ces pays. Une estimation[Laquelle ?] indique qu'au moins 170 membres du comité central et du bureau politique du parti ont été exécutés à la suite d'enquêtes du Sigurimi. La section du contrôle politique était impliquée dans un vaste programme d'espionnage notamment par le biais des écoutes de conversations téléphoniques privées.

La section qui s'occupait de la censure opérait vis-à-vis de la presse, de la radio et de tout autre moyen de communication, à l'intérieur de sociétés culturelles, écoles et autres organisations publiques.

La section des archives administrait les statistiques et documents du gouvernement, surtout les statistiques économiques et sociales, gérées comme des secrets d'État.

La section concernant les camps de prisonniers avait le devoir de rééduquer les internés et d'évaluer le degré de dangerosité de ces derniers dans la société. La police locale fournissait les gardes pour les quatorze structures carcérales dispersées dans tout le pays. Les camps de Burrel et de Spaç étaient les plus durs.

La section pour l'intégrité physique était composée d'hommes chargés de défendre l'intégrité des officiers du parti et du gouvernement ainsi que la protection des installations civiles et militaires.

La section du contre-espionnage était responsable de la neutralisation des opérations de renseignements réalisées par les puissances étrangères, ainsi que la surveillance des partis opposés au régime.

La section d'espionnage enfin recueillait les renseignements concernant les moyens et les intentions d'autres pays pouvant potentiellement menacer la sûreté nationale de l'Albanie. Ses officiers avaient des couvertures dans les missions diplomatiques, culturelles et commerciales que le pays avait de par le monde.

Référence[modifier | modifier le code]