Parti communiste unifié du Népal (maoïste)

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Parti communiste unifié du Népal
(maoïste)
(en)Unified Communist Party of Nepal
(Maoist)
(ne)एकीकृत नेपाल कम्युनिष्ट पार्टी
(माओवादी)
Image illustrative de l'article Parti communiste unifié du Népal (maoïste)
Logo officiel
Présentation
Président Pushpa Kamal Dahal
alias Prachanda
Fondation 1994
Siège Katmandou
Site web www.cpnm.org www.cpnm.org/ www.cpnm.org

Le Parti communiste du Népal (maoïste) en népalais : नेपाल कम्युनिस्ट पार्टी (माओवादी) – , rebaptisé en 2009 Parti communiste unifié du Népal (maoïste) [1], est un parti politique du Népal, fondé en 1994 et dirigé par Pushpa Kamal Dahal, plus connu sous son nom de guerre de Prachanda.

Fréquemment désigné sous les sigles PCN-M, puis PCUN-M ou sous ses sigles anglais - CPN(M) puis UCPN(M) - il ne doit être confondu avec le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (PCN-MLU).

La « Guerre populaire népalaise » : 1995-2006[modifier | modifier le code]

Le PCN-M a été désigné, jusqu'en 1995, sous l'appellation « Parti communiste du Népal (centre d'unité) », qui était celui d'une des formations s'étant fondues, en 1994, dans le PCN-M.

Le 13 février 1996, le PCN-M lance la révolution népalaise, via sa branche armée, l'Armée populaire népalaise.

L'insurrection maoïste commence d'abord dans les trois districts de Rolpa, Rukum, Jajarkot et, petit à petit se répand sur tout le Népal. Les guérilleros opéraient à des degrés divers, dans 68 des 75 districts qui composent le Népal où l'impact de leur influence varie d'une région à l'autre. Dans les districts de Rolpa, Rukum, Jajarkot, Salyan, Pyuthan, Kalikot et dans le centre-ouest du Népal, seul les chefs-lieux de district échappent à leur contrôle (Le gouvernement népalais ayant désigné ces régions comme « sensibles classe A »). Neuf districts, à savoir : Dolkha, Ramechhap, Sindhuli, Kavrepalanchowk, Sindhupalchowk, Gorkha, Dang, Surkhet et d'Achham, sont classées comme « sensibles classe B », tandis que 17 districts sont Khotang, Okhaldhunga, Udaypur, Makwanpur, Lalitpur, Nuwakot, Dhading, Tanahu, Lamjung, Parbat, Baglung, Gulmi, Arghakhachi, Bardiya, Dailekh, Jumla et Dolpa sont classées comme « sensibles classe C ». Ainsi, les maoïstes ont de très fortes bases dans l'ouest, le centre-ouest et en partie dans la région de l'est.

De 1996 à 2006, la Guerre populaire, au fil des affrontements avec l'armée régulière et des dégâts collatéraux, fait un nombre de victimes estimé à environ 13 000 : le Département d'État américain a classé le parti maoïste indien comme un groupe terroriste jusqu'en septembre 2012[2].

Accords de paix et participation gouvernementale : 2006-2009[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 2006, Prachanda finalise, à Katmandou, un accord de paix avec le Premier ministre Girija Prasad Koirala. Cet accord prévoit notamment le cantonnement des combattants maoïstes et leur future intégration dans l'armée régulière, la surveillance des armes jusque-là détenues par les rebelles et leur intégration dans les institutions régulières.

En 2007, un nouveau gouvernement de transition est mis sur pied. Dirigé par Girija Prasad Koirala, ce gouvernement est composé de représentants des principaux partis politiques népalais dont cinq ministres appartenant PCN-M. Cependant, face au refus des autres partis politiques de se prononcer pour l'abolition de la monarchie et l'instauration d'une république, les ministres maoïstes démissionnent en septembre 2007. L'élection d'une assemblée constituante, sous les auspices des Nations unies qui était initialement prévue pour le courant de l'année 2007, est reportée à une date ultérieure.

Finalement le 28 décembre 2007, les maoïstes obtiennent gain de cause grâce à un accord avec les autres partis politiques : contre leur réintégration au sein du gouvernement, le parlement provisoire approuve, à une très large majorité, une résolution prévoyant l'abolition de la monarchie après l'élection d'une assemblée constituante. Cet accord prévoit également qu'à partir de cette date, le Népal devienne un « État fédéral, démocratique et républicain ». Les premiers résultats de l'élection de cette assemblée organisée le 10 avril 2008, donne à la surprise générale, une majorité de sièges (220 élus sur 575) au parti maoïste, faisant de celui-ci la première formation politique népalaise[3], auxquels furent adjoint 9 sièges supplémentaires (nommés par le gouvernement) portant leur majorité à 229 députés.

Vendredi 15 août, au terme de tractations avec le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) et le Forum des droits du peuple madhesi, Népal (MJF), Prachanda est élu Premier ministre par l'Assemblée constituante, avec les voix de 464 députés sur 595 (113 ont voté contre)[4].

2009-2013 : retour dans l'opposition, retour au pouvoir, et défaite électorale[modifier | modifier le code]

Suite à des désaccords avec le président Ram Baran Yadav, en particulier sur l'incorporation des anciens guérilleros maoïstes dans l'armée nationale, ainsi que pour retrouver un soutien populaire altéré par son incapacité à résoudre la crise économique et sociale du pays, le CPN-M quitte le gouvernement le 4 mai 2009 et boycotte le parlement[5]. En décembre 2009[6] puis en mai 2010[7], le CPN-M, devenu le principal parti d'opposition, déclenche des mouvements de grève massifs (bandh), qui désorganisent le pays et fragilisent la coalition gouvernementale[8]. En août 2011, les maoïstes profitent de l'instabilité politique pour faire élire chef du gouvernement Baburam Bhattarai, l'ancien ministre des finances de Prachanda. Bhattarai reste premier ministre jusqu'en février 2013, date à laquelle il démissionne pour laisser la place à un gouvernement intérimaire dans l'attente que les élections puissent être organisées. Lors du scrutin de novembre 2013, les maoïstes sont très nettement battus, passant de la première à la troisième place et de 229 à 80 sièges[9] ; Prachanda lui-même perd son siège au parlement[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « "Les Népalais choisiront la révolution, par les urnes ou non" », Thomas Denis, Le Journal International, 4 avril 2013
  2. Delisting of the Communist Party of Nepal (Maoist), site du Département d'État, 6 septembre 2012
  3. « Les maoïstes premier parti du Népal avec 220 élus », L'Express, 25 avril 2008.
  4. LEMONDE.FR avec AFP, 15.08.08, Au Népal, le chef des maoïstes devient premier ministre
  5. « Soixante ans de révolutions », sur monde-diplomatique.fr,‎ mars 2012
  6. (en) Nepali Maoists hold protests to demand a place in government, World Socialist Website, 24 décembre 2009
  7. (en) Maoists call indefinite bandh from May 2, The Himalayan Times, 26 avril 2010
  8. (en) Nepal hit by Maoist bandh, peers seek PM's ouster, Times of India, 2 mai 2010
  9. Election Results in Nepal Signal a Political Right Turn, The New York Times, 25 novembre 2013
  10. Prachanda suffers humiliating defeat in Constituent Assembly elections, Times of India, 21 novembre 2013